La netteté est la résultante de trois processus :
La réfraction statique, fruit de la convergence de la cornée et du cristallin.
La réfraction dynamique ou accommodation qui modifie la convergence selon la position de l'objet par rapport à l'oeil.
La correction de l'aberration marginale par lejeu du diaphragme irien.
1/ La réfraction statique
Elle est telle que, dans l'oeil emmétrope, les objets
situés à plus de 5 mètres donnent une image
exactement sur la rétine, autre ment dit la rétine se
trouve au foyer du dioptre oculaire. Il n'est pas le lieu, ici, de
reconstruire l'oeil théorique et d'étudier le
cheminement des rayons lumineux dans les différentes
structures de l'oeil. Supposant cela acquis, ne considérons
que les différences spécifiques.
La première différence oppose les animaux terrestres aux animaux aquatiques car chez ces derniers, par suite de la similitude de réfraction eau-cornée, la cornée n'intervient pas. La cristallin est donc seul responsable de la réfraction statique. Pour assumer cette fonction, le cristallin est très globuleux et parfois même sphérique ; en outre, il se situe le plus loin possible de la rétine, c'est-à-dire presque au contact de la cornée ; la chambre antérieure est alors presque virtuelle.
Le problème est plus complexe chez les amphibiens et les poissons partiellement immergés tels que l'anableps. Ce dernier, improprement qualifié de « tétrophtalme », possède une pupille divisée en deux par des expansions latérales de l'iris : une pupille ventrale et une dorsale. Le cristallin est ovale à grand axe oblique, de telle sorte que les rayons lumineux venant d'objets immergés passent par la pupille ventrale, traversent le cristallin suivant le plus grand axe et convergent sur la rétine dorsale.


A l'inverse, les rayons venant d'objets aériens sont réfractés par la cornée puis par le petit axe du cristallin et convergent sur la rétine ventrale.
L'étude de la réfraction statique chez les vertébrés terrestres n'a pas encore bénéficié de tous les moyens techniques dont on dispose aujourd'hui. D'une façon générale, on admet que les espèces pourvues de petits yeux sont hypermétropes, tandis que les gros yeux sont myopes.
A la vérité, il n'y a pas eu d'étude très poussée sur ce sujet en raison de l'absence d'intérêt pratique sauf peut-être pour le cheval et notamment le cheval d'obstacle. Chez celui-ci, la mesure de la réfraction a été faite par rétinoscopie et par skiascopie.
On a pu mettre en évidence, à côté de chevaux parfaitement emmétropes, la présence de myopes et d'hypermétropes. Ces examens cependant n'ont pas tendance à se généraliser en l'absence de sanction thérapeutique.
Il en ira différemment le jour où l'on pourra pratiquer chez le cheval une chirurgie réfractive correcte.
Les affirmations générales concernant le chien ne peuvent relever que de la plus grande fantaisie. Il suffit de regarder l'oeil des différentes races pour comprendre le danger de toute généralisation. On peut affirmer qu'il existe dans toutes les races des emmétropes et des amétropes qui mériteraient d'être corrigés.
2/ La réfraction dynamique ou accommodation
Elle permet à l'animal de diminuer ou d'augmenter la convergence de l'oeil, par un phénomène actif ou par un phénomène passif.
=> La diminution de convergence
Elle est surtout observée chez les poissons téléostéens par un mouvement de recul ou de retrait du cristallin. Le retrait s'effectue par contraction du muscle Retractor lentis. Il faut noter que le retrait par mouvement latéral n'est jamais complet et l'ouverture pupillaire n'est que partiellement aphaque.
=> L'augmentation de convergence
Elle est beaucoup plus fréquente que la première et permet la vision des objets rapprochés.
Elle peut être passive ou active.
* Réfraction passive :
La rétine en pente
La distance de la rétine à la cristalloïde
postérieure varie selon le méridien vertical : plus
éloignée dans la région supérieure pour
la vision des objets rapprochés ; plus rapprochée en
bas pour la vision des objets lointains. Cette disposition s'observe
chez les sélaciens
(raie, requin) et chez le
cheval.
Ce dispositif est plus facilement admis pour les sélaciens que
pour le cheval. Chez les
poissons,
les rayons incidents traversent la cornée sans être
déviés ; le cristallin sphérique dévie de
la même manière tous les rayons incidents, tous
convergent sur une même partie de la rétine et la rampe
joue bien son rôle optique .

Chez le cheval au contraire, la cornée dévie les rayons incidents et le cristallin se comporte comme un prisme, ramenant les rayons en direction de l'arca striaeformis, bande horizontale, à la limite inférieure du tapis, de plus grande sensibilité rétinienne .

Les papilles choroïdiennes (fig.
4)
Chez les
chiroptères
(grandes chauves-souris frugivores et roussettes). Elles donnent
à la rétine un aspect ondulé et aux
photorécepteurs un éloignement plus ou moins grand
selon leur position sur ou dans un pli.

* Réfraction active :
Par modification de. la courbure cornéenne, elle intervient chez les oiseaux. Le muscle ciliaire est divisé en deux portions : l'une postérieure peut modifier la courbure de la cornée, c'est le muscle de Crampton, l'autre antérieure modifie le cristallin, c'est le muscle de Brücke.
Par modification de la courbure du
cristallin
Augmentation de la courbure des cristalloïdes par
relâchement de la zonule après contraction du muscle
ciliaire. C'est le phénomène que l'on observe chez les
mammifères ;
Transformation sphérique d'un cristallin mou par striction exercée par le sphincter irien. Cela permet une accommodation maximale chez les chéloniens (tortue) et chez les oiseaux, notamment les rapaces.
Par changement de position du
cristallin
Tiré vers l'avant, chez les
amphibiens
(grenouilles) ou poussé vers l'avant par action du
vitré chez les
ophidiens
(serpents).
Poussé vers l'arrière par pression sur la cornée du muscle extra-oculaire cornéen chez les cyclostomes (lamproies) et les lacertiliens (lézards) ;
Tiré en arrière par le muscle rétracteur, campanule de Haller des téléostéens.
3/ Le diaphragme irien et la pupille
Le rôle du diaphragme irien est double:
éliminer les rayons marginaux et protéger la rétine d'un excès de luminosité. Les animaux nocturnes ont une pupille ronde et large.

Les nocturnes qui émergent le jour ont une pupille en fente, qui, beaucoup mieux qu'une pupille ronde, peut s'obturer complètement.
Tous les oiseaux ont une pupille ronde. Les reptiles terrestres ont une pupille en fente verticale.

Les amphibiens ont des pupilles aux formes curieuses.
Chez les mammifères, seuls le chat, certains renards et le loir ont une pupille en fente verticale. Le cheval a une pupille en fente horizontale et, de surcroît, le bord libre supérieur possède une ou deux excroissances noires, les corpora nigra, ou grains de suie, auxquels on attribue le pouvoir de protéger la rétine des rayons venant du ciel.
