Rev 19-09-2004
jmm
(suite de la page 1)
Toxocarose cachée (covert toxocariasis)
Un groupe d'enfants présentant des douleurs abdominales, des céphalées et une toux se sont révélés porteurs de d'anticorps dirigés contre les larves de Toxocara canis.
Certains n'avaient pas d'hyperéosinophilie.
=> Il faut donc se méfier de cette absence d'hyperéosinophilie qui n'exclut en rien une toxocarose.
Toxocarose et allergies
Il semble que la toxocarose ait un effet amplificateur sur les manifestations allergiques des sujets atopiques et favorise ainsi les crises d'asthme.
Toxocarose oculaire
C'est le syndrome oculaire qui amène parfois à consulter. Il s'agit de phénomènes inflammatoires qui peuvent toucher toutes les tuniques.
![]() Cliché du à l'obligeance du Dr Laurence Lesueur CHU Purpan, Toulouse France |
![]() Cliché du à l'obligeance du Dr Antoine Brézin et du journal 'Réalités Ophtalmologiques' Service d'Ophtalmologie Hôpital Cochin Paris France |
On décrit quatre lésions possibles (du plus fréquent au moins fréquent) :
Il s'agit d'une lésion pseudo-tumorale située entre la macula et la papille, ou même attenante à la papille. Cette anomalie est surélevée, peut plisser la rétine et être néovascularisée.
Il s'agit là d'une leucocorie (pupille blanche) qui fait craindre une tumeur et particulièrement un rétinoblastome. Il n'en est rien et on assiste à la création d'une masse blanchâtre dans le vitré qui va venir l'envahir entièrement. La vision de l'oeil est quasi nulle, mais ces jeunes enfants ne s'en rendent pas compte; c'est plutôt l'entourage qui a remarqué la leucocorie (un reflet 'bizarre' dans l'oeil). Il faudra recherche une toxocarose. En principe le rétinoblastome se voit avant deux ans et la toxocarose après cet âge, mais ce n'est pas une règle formelle.
Il s'agit d'une uvéite à hypopion et l'examen du fond d'oeil va amener à découvrir la lésion postérieure blanchâtre
On remarque des granulomes de petite taille près de l'ora serrata associés à une fibrose nette qui part vers la papille ou dans le vitré
On peut parfois découvrir une uvéite antérieure dans le cadre d'une toxocarose générale bruyante. Cette inflammation d'origine immunoallergique signe alors un phénomène inflammatoire général.
Le diagnostic de certitude repose sur la découverte de la larve ou des granulomes dans le tissu (pièce d'autopsie, d'énucléation erronée par exemple).
Une absence d'hyperéosinophilie peut se voir avec une toxocarose oculaire.
La ponction de chambre antérieure permettra la recherche d'anticorps spécifiques sur humeur aqueuse et donnera une très bonne orientation diagnostique.
![]() Larves de Toxocara canis en milieu de culture Cliché Pr J-F Magnaval, Service de Parasitologie, CHU Rangueil, Toulouse, France |
![]() Grossissement (les larves sont mieux visibles) Cliché Pr J-F Magnaval, Service de Parasitologie, CHU Rangueil, Toulouse, France |
En 1979 De Savigny mit au
point une test immunodiagnostique par ELISA, mais des
réactions croisées avec d'autres helminthiases
furent constatées. En 1992, Magnaval et al.
publièrent une technique immunodiagnostique par
western-blot. La positivité des fractions de
faible poids moléculaires (24/28/30/35 kDa) s'est
avérée corrélée avec la
toxocarose. Les positivités isolées concernant
les fractions de poids moléculaires supérieurs
peuvent être vues dans d'autres
helminthiases. En début d'infestation on ne met
en évidence que les fractions de haut poids
moléculaire; c'est seulement au bout de quelques
semaines que la positivité pour les faibles poids
apparait. Un western-blot peut rester positif 10
ans chez des patients guéris (Magnaval).
Les
travaux de De Savigny sur le maintien en survie des
larves de Toxocara canis (photos ci-dessus) permirent
de produire les Ag-ES contre lesquels l'hôte
s'immunise.
La toxocarose peut être soignée par la diéthylcarmabazine (Notézine®) pendant 21 jours en deux cures parfois ou le mébendazole (Vermox®). Il est de temps en temps nécessaire d'ajouter un corticoïde quand une inflammation importante est présente.
Concernant la toxocarose oculaire, le premier (et souvent le seul) traitement à instituter est la corticothérapie, pendant plusieurs semaines.
En cas d'échec ou d'amélioration partielle, on peut alors effectuer un traitement anthelminthique, mais il ne faut jamais associer corticoïdes et anthelminthiques : l'usage de ces molécules doit être séquentiel, non simultané.
Dans les tableaux oculaires sévères on peut envisager une vitrectomie en connaissant les avantages et les risques de cette technique chirurgicale.
On s'attachera à
Pour combattre la toxocarose et la toxoplasmose, l'AFNOR a édicté des règles qui sont très strictes :
La norme AFNOR NF S 54-206 d'Avril 1995 précise les conditions à remplir pour l'implantation, la conception et l'entretien des bacs à sable :
La norme AFNOR XP S 54-207 de Mars 1996 définit les conditions dans lesquelles doivent s'effectuer les contrôles parasitologiques et bactériologiques évoqués dans la norme d'Avril 1995 ainsi que les seuils à respecter. Les exigences retenues s'établissent ainsi :
On a calculé qu'il faudrait employer 30 personnes à temps complet pour entretenir ceux de Paris dans les règles de l'art... Les municipalités préfèrent le plus souvent enlever définitivement l'ensemble des bacs à sable.
Celles qui veulent les garder utilisent parfois le système stéri-ondes qui traite les bacs par micro-ondes.
Amin HI, McDonald HR, Han DP, Jaffe GJ, Johnson MW, Lewis H, Lopez PF, Mieler WF, Neuwirth J, Sternberg P Jr, Werner JC, Ai E, Johnson RN. Vitrectomy update for macular traction in ocular toxocariasis. Retina. 2000;20(1):80-5.
Brasseur G., Charlin J.F., Brasseur P., Langlois J. Toxocarose oculaire. Acquisitions diagnostiques et thérapeutiques. J Fr. Ophtalmol. 1984; 7: 221-6.
Calhoun F.P. Intraocular invasion by the larva of Ascaris. Arch. Ophtalmol., 1937, 18, 963-970.
Caucanas JP, Magnaval JF, Pascal JP Prevalence of toxocaral disease Lancet 1988 May 7;1(8593):1049
Glickman LT., The epidemiology of human toxocariasis . In Toxocara and toxocariasis. J.W. Lewis et R.M. Maizels ed; British Society for Parasitology, Londres, 1993, p3-10.
Hunt L. Ocular toxocariasis. Insight. 1995 Dec;20(4):32-3.
Magnaval JF, Michault A, Calon N, Charlet JP Epidemiology of human toxocariasis in La Reunion Laboratoire de Parasitologie, CHU Purpan, Toulouse, France. Trans R Soc Trop Med Hyg 1994 Sep-Oct;88(5):531-3
Magnaval JF, Galindo V, Glickman LT, Clanet M Human Toxocara infection of the central nervous system and neurological disorders: a case-control study Service de Parasitologie, CHU Purpan, Toulouse, France. magnaval@cict.fr Parasitology 1997 Nov;115 ( Pt 5):537-43
Maguire A.M., Green W.R., Michels R.G., Erozan Y.S. Recovery of intraocular Toxocara canis by pars plana vitrectomy. Ophthalmology, 1990; 97 : 675-80.
Park SP, Huh S, Magnaval JF, Park I Korean J A case of presumed ocular toxocariasis in a 28-year old woman Department of Ophthalmology, Kangdong Sacred-Heart Hospital, College of Medicine, Hallym University, Seoul, Korea Ophthalmol 1999 Dec;13(2):115-9
Romeu J, Roig J, Bada JL, Riera C, Munoz C. Adult human toxocariasis acquired by eating raw snails. J Infect Dis. 1991 Aug;164(2):438.
Saint-Blancat P., Morand I., Clabaut F.X., Boissonot M., Risse J.F. Toxocarose canis. Deux cas de granulome périphérique chez l'adulte. J. Fr. Ophtalmol., 1997; 20: 252-7.
Shields J.A. Ocular toxocariasis. A review. Surv. Ophthalmol., 1984; Mar-Apr; 28 (5): 361-81.
Wolach B, Sinnreich Z, Uziel Y, Gotesman G, Pomerantz A. Toxocariasis: a diagnostic dilemma. Isr J Med Sci. 1995 Nov;31(11):689-92.
Yamasaki H, Araki K, Lim PK, Zasmy N, Mak JW, Taib R, Aoki T. Development of a highly specific recombinant Toxocara canis second-stage larva excretory-secretory antigen for immunodiagnosis of human toxocariasis. J Clin Microbiol. 2000 Apr;38(4):1409-13.
