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Rev 25-01-2002
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Nous tenons à remercier chaleureusement les personnes qui ont accepté de nous aider dans la réalisation de ce chapitre, et particulièrement:
Nous ne présentons qu'un survol d'une discipline très complexe. En parcourant la génétique et la biologie moléculaire nous rencontrerons plusieurs prix Nobel, et nous décrirons les derniers progrès de la génétique moderne.
L'embryologie de l'oeil présente de multiples intérêts. En effet, l'oeil est un organe facilement accessible, formé par le cerveau et le revêtement ectodermique. Par ailleurs il se prête bien aux expérimentations animales. La génétique de son développement commence à être très partiellement comprise et ouvre de nombreuses voies de recherche (cellules souches, transdifférenciation).

L'embryologie a été étudiée par différents chercheurs, mais nous n'évoquerons que des personnages célèbres:
L'embryologie est étroitement liée à la génétique qui étudie le fonctionnement des gènes, et à la biologie moléculaire qui s'intéresse aux cellules et à leur devenir.
On va dire que tout a commencé avec Léonard de Vinci qui eut du mal à faire accepter à ses contemporains de lui laisser examiner un foetus. C'étaient les débuts de l'embryologie descriptive.
Ce n'est que bien plus tard, en 1866 que Mendel découvrit les lois de l'hérédité mais ces informations furent surtout redécouvertes en 1900.
La théorie chromosomique fut établie par Morgan qui comprit que les gènes étaient localisés sur les chromosomes. C'est lui qui utilisa la mouche du vinaigre Drosophila melanogaster pour étudier la génétique parce que cette mouche n'a que 4 paires de chromosomes, et que la femelle pond des centaines d'oeufs tous les neufs jours.
C'est avec Sturtevans que Morgan va établir les premières cartes génétiques en précisant l'emplacement de certains gènes. Cela va permettre à Morgan d'obtenir le prix Nobel de physiologie et de médecine en 1933.
Darwin étudia l'Evolution et, dans son livre "L'origine des espèces", et il pensait que ce sont des modifications progressives des espèces d'animaux qui vont entraîner l'apparition de nouvelles espèces.
Enfin, Watson et Crick découvrirent la structure en double hélice de l'ADN, ce qui leur valut le Prix Nobel de médecine en 1962.
Tous ces personnages fameux ont contribué à la compréhension de l'hérédité et du développement des organismes au cours des différents stades de l'embryologie, mais il faut savoir qu'il reste encore aujourd'hui beaucoup de mystères et d'inconnu. Ces points d'interrogation apparaissent dès qu'on évoque l'évolution des espèces (la phylogénèse) ou le développement de l'individu (l'ontogénèse).
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Le précurseur fut Léonard de Vinci qui, dès les années 1500, étudia l'embryologie humaine ainsi que la cardiologie. Il essayait d'étudier "l'âme [...] de la mère qui commence par construire dans la matrice la forme de l'Homme". Il concevait l'esprit de la mère comme la source du développement du foetus. Il comprenait que "l'enfant [...] tire vie et subsistance de la vie et de l'alimentation maternelle [...] et une âme unique gouverne les deux corps". Il étudia précisément les organes féminins et les foetus dans les années 1510-1512, et l'on pense que c'est dans cette période qu'il obtint un foetus de 7 mois qu'il utilisa pour les dissections et l'étude anatomique. |

Dame Ida Mann fut une pionnière dans l'étude de l'embryologie de l'oeil et utilisa son énergie pour développer l'ophtalmologie durant de nombreuses décennies. Cette femme dynamique naquit à Londres en 1893. Sa biographie commence par "I don't remember being born...".
Ses ancêtres maternels étaient meuniers et fermiers. L'un de ses oncles émigra en Australie en 1880, ce qui la rapprochera plus tard de ce pays.
Sa scolarité se déroula à West Hampstead. L'élève était douée et curieuse de tout. Son père tenait à ce qu'elle travaillât et l'a fit embaucher deux ans dans l'administration postale dans laquelle il était employé.
Mais son but était de réaliser des études universitaires et elle commença à étudier dans la seule Université accessible aux femmes, the London School of Medicine for Women fondée en 1874. Elle fut enrôlée en 1914, au début de la guerre, et alla travailler à l'hôpital St Mary où elle termina ses études en 1920.
Elle fut attirée par l'enseignement du Professeur Frazer qui étudiait l'embryologie et possédait une collection célèbre d'embryons humains. Il lui disait souvent "Don't believe the books; go and look for yourself" (Ne crois pas les livres; va et explore toi-même).
En 1920 elle participa aux cours du Professeur Vogt à Zurich qui avait organisé un enseignement en allemand, français et anglais. L'année suivante, en 1921, elle rencontra le Professeur Axenfeld qui opérait les cataractes avec juste une anesthésie topique par collyre à la cocaïne. Son parcours l'amena à voir le Professeur Jules Gonin à Lausanne qui excellait en chirurgie rétinienne.
En 1925 elle obtint un poste de chirurgien assistante au Central London Ophthalmic Hospital, puis en 1927, au Moorfields Eye Hospital et en 1928 au Royal Free Hospital.
Elle écrivit The Development of the Human Eye (1928, 1949,1950 & 1964) et Developmental Abnormalities of the Eye (Cambridge 1937, 2nd ed.London 1957)
Elle tenait toujours à dessiner elle-même les illustrations de ses livres :

A la fin de la deuxième guerre, en 1939, associée au pathologiste Davidine Pullinger, elle étudia les effets du gaz moutarde sur les yeux Sa carrière se poursuivit et lui permit d'obtenir de nombreuses distinctions ( le Gifford Edmonds Prize en 1927, the Harrison Gale Lecture in 1929, le Doyne Memorial Lecture en 1928, le Nettleship Lecture en 1932, et le Montgomery Lecture en 1935).
En 1942 elle devint professeur à l'Université d'Oxford. Elle consultait alors et travaillait au Oxford Eye Hospital et au Nuffield Laboratory of Ophthalmology. En 1944 elle se maria avec le professeur William Ewart Gye, directeur de l'Imperial Cancer Institute de Londres.
Elle étudia les carences vitaminiques et leurs incidences sur la vision de l'avitaminose A. Son intérêt pour de nombreux sujets se retrouve dans ses publications sur l'insuffisance de convergence, les lentilles cornéennes, les thyrotoxicoses ou son fameux livre "The Science of Seeing" en 1946. Il s'opposait au livre "Art of Seeing" d'Aldous Huxley.
Ida Mann raconte dans sa biographie comment elle opérait les animaux du zoo de cataracte, tentait d'équiper un singe albinos avec des lunettes ou plaçait une prothèse oculaire à un énorme python.
En 1945 elle devint Senior Surgeon au Moorfields Eye Hospital, et elle fut la première femme à occuper un tel poste.
Accompagnée de son mari, elle partit en Australie en 1949, embauché par le Royal Perth Hospital. Elle alla étudier l'incidence du trachome chez les aborigènes du nord du pays et pendant dix ans s'occupa de ces populations. Elle décrivit les pathologies locales, la prévalence du trachome qu'on croyait éteint.
Elle continua à travailler par la suite en Papouasie Nouvelle Guinée et à Taiwan; ces longs voyages et son expérience lui permirent d'écrire Culture, Race, Climate and Eye Disease en 1966. Elle explora aussi l'Inde et l'Afrique du Sud.
Consultante pour l'OMS, elle parcourut le monde et participa à la fondation de la Society of Geographic Ophthalmology. Sa connaissance et son expérience lui permirent d'écrire The Cockney and the Crocodile et China 13 sous son nom d'épouse, Caroline Gye.
En 1980 elle fut élevée à l'ordre de Dame of the British Empire (DBE) et fut couverte d'honneurs.
Ida Mann continua à pratiquer l'ophtalmologie jusqu'à ce qu'elle ait 85 ans ! Nous ne pouvons qu'engager le lecteur à lire au moins sa biographie The Chase, Fremantle Arts Centre Press 1983, qui révèle un auteur plein d'humour, d'humilité et de charme.
Elle termine sa vie en repensant à ce qu'elle écrivait déjà en 1910 :
