Rev 19-05-2002
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Les "artistes" égyptiens qui ont contribué à l'élaboration des palais et des tombeaux n'ont pas laissé leur nom, mais leur oeuvre. C'est ainsi qu'on sait uniquement quel Pharaon a commandité les temples et les réalisations somptueuses. L'exposition décrit la vie de ces artisans sculpteurs, dessinateurs ou peintres.

Nous évoquerons un élément de la vitrine "Médecine" qui montre que les problèmes ophtalmologiques ne datent pas d'aujourd'hui.
Un ostracon (du grec coquille) est un morceau de calcaire sur lequel le scribe écrivait un bref passage d'un texte plus long (péricope). Ces ostraca étaient souvent employés pour ne pas se servir d'un papyrus trop rare ou trop précieux.
Ces calcaires sur lesquels étaient écrits des suppliques complétaient la pharmacopée égyptienne.

Celui-ci dit au recto:
"Ce qu'a dit le dessinateur Pay à son fils, le dessinateur Parâ[emheb(?)]:
Ne m'abandonne pas car je ne suis pas bien. Ne sois pas éco[nome] de tes larmes pour moi, car je suis dans la [situation où] mon maître Amon [s'est détourné] de moi."
Au verso:
"Veuillez me quérir un peu de miel pour mes yeux, ainsi que de l'ocre jaune fraîchement moulée (en bâtonnet) et de la galène [kohol] véritable. Fais bien attention ! Ne suis-je pas ton père? Je suis faible. Je recherche mes yeux, mais ils n'existent plus."

Ostracon verso
On ressent dans ces quelques phrases toute la détresse de ce dessinateur qui ne peut plus travailler et qui sombre dans le noir. Il n'y a pas de différence avec les patients de notre siècle qui ont ce même problème et pour lesquels on ne peut parfois rien faire. Des millénaires n'ont pas toujours permis d'offrir aux Hommes des solutions à leurs malheurs.
Toute l'exposition est remarquable, ainsi que le catalogue (39 euros).
Le Louvre a même créé quelques pages web en Flash.