FICHE d'information n° 55
Madame, Mademoiselle, Monsieur,
A l'issue de l'examen ophtalmologique qui vient d'être réalisé, et en confrontation avec l'ensemble des examens complémentaires qui ont été jugés nécessaires par votre ophtalmologistes, le diagnostic de tumeur orbitaire a été porté.
C'est une région anatomique située autour du globe oculaire, délimitée par un cadre osseux auquel participent de nombreux os. Elle comprend 7 muscles, la glande lacrymale, le globe oculaire et son nerf optique. L'ensemble de ces tissus est entouré de la graisse orbitaire elle-même parcourue par des vaisseaux et des nerfs.
C'est un processus pathologique anormal dans sa localisation et sa nature. Cette tumeur peut être bénigne ou maligne.
Une tumeur maligne est un cancer, c'est-à-dire une tumeur composée de cellules se multipliant de façon anarchique, envahissant et détruisant les structures avoisinantes. Elle est susceptible d'essaimer à distance dans d'autres organes, constituant des métastases.
La tumeur maligne comporte donc un risque vital.
Il s'agit essentiellement d'examens radiologiques : scanner et/ou imagerie par résonance magnétique nucléaire (IRM) sont dans la grande majorité des cas indispensables. Une échographie orbitaire peut également être pratiquée.
Au terme de ces examens, la confrontation de l'examen clinique et des caractéristiques radiologiques permettra dans plus de 50% des cas d'avoir une idée assez précise du diagnostic. Ce diagnostic ne sera toutefois confirmé que par l'analyse directe d'un échantillon (c'est la biopsie) ou de la totalité de la tumeur.
Parfois votre ophtalmologiste ne jugera pas nécessaire d'effectuer cette biopsie. En effet, si les signes cliniques et radiologiques sont suffisamment caractéristiques d'une tumeur bénigne, que sa localisation est difficilement accessible sans risque (par exemple proche du nerf optique), que cette lésion n'altère pas la fonction visuelle et est peu évolutive, votre praticien pourra se contenter d'une surveillance régulière.
L'intervention est rendue nécessaire pour connaître la nature exacte de votre tumeur, et pour empêcher une extension régionale et/ou générale.
Il faut bien comprendre que la chirurgie orbitaire est difficile car le chirurgien doit extirper une masse d'un cadre solide étroit (30 cm3) avec une structure noble et fragile en son centre, c'est le globe oculaire (7 cm3). Il faut éviter toute blessure irréversible du nerf optique et de son pédicule vasculo-nerveux. Toute difficulté dépendra donc de la localisation de la tumeur.
Une tumeur antérieure sera en général facilement dégagée. L'incision est habituellement située dans une zone cutanée "camouflable" : pli palpébral, sourcil Il existe également des voies d'abord qui ne sont pas cutanées mais conjonctivales sans cicatrice externe visible (la conjonctive est l'enveloppe muqueuse qui recouvre le globe oculaire et la face postérieure des paupières).
Pour accéder à une tumeur plus postérieure, c'est-à-dire plus au fond de l'orbite, la voie d'abord est plus complexe. Il faut en général agrandir la cadre osseux orbitaire pour pouvoir accéder aux structures concernées : c'est la dépose osseuse (la plus fréquemment utilisée est celle de la paroi externe).
Pour ce type de chirurgie plus lourde, le praticien peut être amené à faire une voie coronale. Il s'agit de faire une incision à distance, masquée dans les cheveux, et, à rabattre le "scalp" pour pourvoir accéder à la boîte crânienne et à l'orbite. La cicatrice est donc invisible. Pour déposer le toit de l'orbite l'ophtalmologiste sera en général assisté par un neurochirurgien. La chirurgie orbitaire peut d'ailleurs aussi faire intervenir le chirurgien maxillo-facial, ou oto-rhino-laryngiste en fonction de la localisation tumorale.
Dans tous les cas la pièce d'exérèse sera adressée à l'anatomopathologiste.
L'ensemble des ces interventions se passe sous anesthésie générale sauf parfois pour les petites tumeurs antérieures. Le temps d'hospitalisation est en général assez bref pour les petites tumeurs antérieures, mais peut être plus long pour les tumeurs postérieures avec dépose osseuse.
Après une phase transitoire d'inflammation et d'hématome, votre région orbitaire retrouve un aspect extérieur normal. Les fils cutanés seront généralement retirés 4 à 7 jours après l'intervention. L'ophtalmologiste vous fera part plus ou moins rapidement du diagnostic définitif établi par l'anatomo-pathologiste.
En cas de tumeur maligne, une prise en charge multidisciplinaire avec chimiothérapie et/ou radiothérapie devra être mise en route en fonction du type de tumeur. Certaines tumeurs ont une prise en charge plus spécifique :
Bien qu'elle soit standardisée, l'opération des tumeurs de l'orbite n'échappe pas à la règle générale selon laquelle il n'existe pas de chirurgie sans risque. Il n'est donc pas possible à votre ophtalmologiste de garantir formellement le succès de l'intervention.
Les complications sont rares. Il peut s'agir :
Les dispositions réglementaires
font obligation au médecin de prouver qu'il a fourni
l'information au patient. Aussi vous demande-t-on de signer
ce document dont le double est conservé par votre
médecin. Je soussigné
...........................................................................reconnais
que la nature de l'examen ou de l'intervention, ainsi que
ses risques, m'ont été expliqués en
termes que j'ai compris, et qu'il a été
répondu de façon satisfaisante à toutes
les questions que j'ai posées. donne mon accord ne donne pas mon accord pour la réalisation de l'acte qui
m'est proposé.
J'ai disposé d'un délai de réflexion
suffisant et
Date et Signature:
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STRASBOURG - TÉL 03 88 35 01 09 - FAX 03 88 25 51
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JMM 12/99
