Alors je vis: au milieu du trône et
des quatre animaux, au milieu des anciens,
un agneau se dressait qui semblait immolé. Il avait sept
cornes et
sept yeux qui sont les sept esprits de Dieu
envoyés sur toute la Terre.
Apocalypse de Jean
Rev 24-12-2001
jmm
L'Histoire commence quand
Prométhée, qui venait de donner le feu
aux Hommes, vit venir vers lui un étrange animal,
qu'il reconnut aussitôt comme Io, une jeune
prêtresse dont Zeus était tombé
amoureux. Elle lui raconta que la femme de Zeus,
Héra était très jalouse d'elle,
ce qui poussa Zeus à se cacher avec Io
en enveloppant la Terre d'un nuage épais et
sombre. Héra chercha son
époux dans les cieux puis descendit sur Terre en
ordonnant au nuage de disparaître. Elle vit
aussitôt Zeus qui se tenait à
côté d'une ravissante génisse
blanche qu'il affirma ne pas connaître, mais qui
était Io qu'il venait de changer en animal.
Héra demanda la génisse à
Zeus qui dut se résoudre à lui donner.
Héra alors confia Io à
Argus, un gardien géant qui possédait
cent yeux (Argus panoptès, celui qui voit
tout). Il pouvait dormir en ne fermant que quelques yeux
et en gardant les autres ouverts. Devant la détresse de Io,
Zeus alla trouver son fil Hermès, le
messager des dieux, et lui demanda de trouver un moyen de
tuer Argus. Déguisé en paysan,
Hermès alla trouver Argus et
réussit à raconter une histoire suffisamment
ennuyeuse pour endormir le gardien. Tous ses yeux se
fermèrent alors, ce qui permit à
Hermès de couper la tête d'Argus.
Héra fut désespérée de
cette mort et prit les yeux d'Argus pour les
répartir sur le plumage de son animal favori, un
paon, qui en garda à tout jamais
l'image. De dépit, Héra
envoya un taon qui devait piquer sans cesse Io,
à la rendre folle. La mer qu'elle longera dans son
délire affolé sera un jour appelée
Ionienne, et en son honneur le Bosphore, le
gué de la vache, rappelerait que Io avait
traversé à cet endroit, dans sa course
éperdue qui l'amènerait à rencontrer
Prométhée sur le Caucase. De nos jours encore, un argus est
celui qui voit tout, qui sait tout.

Argus, le gardien au cent yeux


Le terme séraphin vient du mot hébreu seraphim qui signifie "les brûlants " car ces créatures bibliques peuvent utiliser le feu dont elles brûlent pour exprimer la colère de Dieu et devenir alors destructrices.
Le séraphin occupe le premier rang dans la hiérarchie des anges qui a été atttribuée à Denys l'Aréopagite. Mais celui-ci vécut au Ière siècle, alors que les textes sont apparus au Vème siècle. On ne sait donc pas qui a créé cette organisation des anges.
On décrit :
Le séraphin a six ailes: une paire couvre son visage, pour éviter la contemplation directe de Dieu, qui est une chose impossible pour tous, et même pour eux. Une paire d'aile lui couvre les pieds (euphémisme correspondant aux parties sexuelles, la question du sexe des anges étant ainsi résolue), et une paire lui sert à voler.
Les six ailes sont parsemées d'yeux de gloire.
Certaines représentations des chérubins ajoutent aussi des yeux de gloire sur leurs ailes.
(Fama en latin et Phème en grec)
Virgile fit une description de la Rumeur dans l'Enéide, et la décrit comme couverte d'yeux qui voient tout:
"La Renommée, toujours à l'affût, répandant partout le vrai et le faux, divulgue à travers la Libye la liaison de Didon et Énée (173-195). Finalement la nouvelle parvient à Iarbas, le prétendant éconduit de Didon; fou de rage, le roi, fidèle adorateur de Jupiter, reproche au dieu cette situation imméritée (196-218).
Aussitôt, la Renommée parcourt les grandes villes de Libye, la Renommée, de tous les maux le plus véloce : la mobilité accroît sa vigueur et la marche lui donne des forces; petite d'abord par peur, elle s'élève bientôt dans les airs, et, tout en foulant le sol, tient la tête cachée dans les nuages. La Terre sa mère, par colère contre les dieux, l'a mise au monde pour donner, selon la légende, une dernière soeur à Céus et Encélade; rapide car dotée de pieds et d'ailes agiles, monstre horrible, gigantesque; autant porte-t-elle de plumes sur son corps, autant possède-t-elle sous ces plumes d'yeux vigilants, autant de langues, autant de bouches sonnantes, autant d'oreilles dressées. La nuit, elle vole entre le ciel et la terre, grinçant dans l'ombre, et ne ferme point les yeux pour se livrer au doux sommeil; Le jour, elle guette, postée au sommet d'un toit ou sur de hautes tours, et sème la terreur dans les grandes cités, opiniâtre messagère d'inventions, de faux et de vérité."
ou en latin:
"Extemplo Libyae magnas it Fama per urbes -Fama, malum qua non aliud velocius ullum; mobilitate viget, viresque adquirit eundo, parva metu primo, mox sese attollit in auras, ingrediturque solo, et caput inter nubila condit. Illam Terra parens, ira inritata deorum, extremam (ut perhibent) Coeo Enceladoque sororem progenuit, pedibus celerem et pernicibus alis, monstrum horrendum, ingens, cui, quot sunt corpore plumae tot vigiles oculi subter, mirabile dictu, tot linguae, totidem ora sonant, tot subrigit aures. Nocte volat caeli medio terraeque per umbram, stridens, nec dulci declinat lumina somno; luce sedet custos aut summi culmine tecti, turribus aut altis, et magnas territat urbes; tam ficti pravique tenax, quam nuntia veri."
Ovide, dans Les Métamorphoses, reprend ce thème de La Renommée (XII, 39-63) et le développe, comme le feront plus tard différents peintres (Lorenzo Lotto par exemple).
"Une foule empressée sans cesse assiège ces portiques, sans cesse va, revient, semant mille rumeurs, amas confus de confuses paroles, mélange obscur du mensonge et de la vérité. Les uns prêtent une oreille attentive à ces récits frivoles; les autres les répandent ailleurs. Chacun ajoute à ce qu'il vient d'entendre, et le faux croît toujours. La résident la Crédulité facile et l'Erreur téméraire, la vaine Joie, la Crainte au front consterné, la Sédition en ses fureurs soudaine, et les Bruits vagues qui naissent des rapports incertains. De là, la Renommée voit tout ce qui se passe dans le ciel, sur la terre, et sur l'onde, et ses regards curieux embrassent l'univers."
