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Semaine du 26 février au 04 mars 2007

Diplopie binoculaire après chirurgie de la cataracte (Klin Monatsbl Augenheilkd. 2006 May ; 223(5) : 382-5. Boldea R, Klainguti G.)
La diplopie binoculaire après chirurgie de la cataracte est une complication sérieuse et non négligeable car source de troubles gênants. Cet article rapporte une étude de 11 patients ayant présenté après chirurgie de la cataracte par phacoémulsification, avec anesthésie rétrobulbaire. Le suivi variait entre 1 et 31 mois. Trois types d'étiologie à la diplopie ont été retrouvés : blessure musculaire ou nerveuse dans 7 cas, décompensation d'hétérophorie latente dans 2 cas, et strabisme préexistant avec correspondance rétinienne anormale dans les 2 autres cas. Le traitement a du être chirurgical dans 3 cas ; une correction prismatique a été nécessaire dans 6 cas. Dans 5 cas, une récupération spontanée a été retrouvée. Si la diplopie après chirurgie de la cataracte demeure rare, elle nécessite une prise en charge adéquate, pouvant comprendre la chirurgie.

Résultats à un an de l'étude TVT (Am J Ophthalmol. 2007 ; 143(1) : 141-2. Gedde SJ, Schiffman JC, Feuer WJ, Herndon LW, Brandt JD, Budenz DL.)
Cet article présente les résultats à un an de l'étude randomisée prospective multicentrique TVT qui compare deux techniques chirurgicales chez des patients glaucomateux déjà opérés et en échec thérapeutique. La trabéculectomie avec application de mitomycine C est ainsi comparée à l'implantation d'un tube de dérivation non valvé dans une population de 212 patients glaucomateux ayant déjà subi une trabéculectomie ou une phakoémulsification avec implant de chambre postérieure et dont la PIO n'était plus contrôlée sous traitement local maximal. La réduction pressionnelle est équivalente dans les deux groupes à un an. L'implantation d'un tube s'est accompagnée d'une meilleure stabilité pressionnelle, de moins d'hypotonie postopératoire et de moins d'échecs conduisant à une réintervention. Après tabéculectomie, le recours au traitement médicamenteux a été moins fréquent.

Utilisation de la toxine botulique dans le strabisme (Curr Opin Ophthalmol. 2006 ; 17 : 435-40. Crouch ER.)
Cette revue fait le point sur les utilisations de la toxine botulique dans le traitement de différents types de strabisme. L'histoire, la pharmacologie, les indications, les résultats et les complications de ce traitement sont rappelés. Cela fait plus de trente ans que cette thérapeutique est utilisée, puisque c'est Alan Scott qui en 1973 a le premier étudié les effets de l'injection de toxine botulique dans les muscles extra oculaires. Depuis lors, les indications dans le strabisme se sont portés sur le traitement des déviations horizontales et verticales, du nystagmus, de la déviation verticale dissociée, de l'ophtalmoplégie, de la diplopie. L'utilisation de toxine botulique est donc une alternative séduisante à la chirurgie conventionnelle dans de nombreux cas ; il est cependant nécessaire d'évaluer plus avant cette technique et ses résultats par des études prospectives, afin de mieux comparer cette approche à la chirurgie conventionnelle.

Résultats de la topographie cornéenne par Orbscan dans la kératoconjonctivite vernale (Am J Ophthalmolol. 2007 ; 143 : 250-254.)
Dans cette étude, les auteurs ont comparé la topographie cornéenne par Orbscan de 50 patients atteints de kératoconjonctivite vernale (KCV) à celle de 54 patients sains. Dans le groupe KCV, les cartes d'élévation antérieure et postérieure étaient plus fréquemment anormales, avec des valeurs plus élevées ; la pachymétrie était significativement plus faible et les cartes kératométriques ont été plus fréquemment anormales avec des valeurs moyennes plus élevées. Les patients atteints de KCV présentaient des anomalies de topographie cornéenne plus nombreuses que le groupe témoin. Ces anomalies étaient évocatrices d'un profil cornéen prédisposant au développement d'un kératocône plus répandu dans cette population.

Réfraction cible optimale après pose d'un implant intraoculaire monofocal chez des patients myopes forts ou modérés (J Cataract Refract Surg. 2007 ; 33(2) : 240-6. Hayashi K, Hayashi H.)
Cette étude a permis de déterminer la réfraction cible optimale de l'implant intraoculaire chez des patients myopes afin d'assurer à ces patients une acuité visuelle d'au moins 20/30, de près et en vision intermédiaire, sans lunettes. Les auteurs ont simulé différentes valeurs réfractives totales de l'oeil (-1,0 ; -1,5 ; -2,0 ; -2,5 et -3,0 dioptries) chez 69 patients myopes répartis sur trois groupes d'âge (50 à 59 ans, 60 à 69 ans et plus de 70 ans) afin de déterminer quelle réfraction cible préférer lors du choix de la puissance de l'implant intraoculaire en vue d'une chirurgie de la cataracte. Une myopie de -2 dioptries a permis d'assurer un bon confort visuel de près et en vision intermédiaire chez tous les patients quel que soit le groupe d'âge. Ainsi, il semble judicieux de choisir une réfraction cible post-opératoire de -2 dioptries chez les patients myopes opérés de cataracte qui souhaitent ne pas porter de lunettes en vision de près et intermédiaire.

Traitement par photothérapie dynamique (PDT) de néovaisseaux choroïdiens extrafovéolaires chez 100 yeux myopes forts (Am J Ohthalmol. 2007 ; 143(1): 77-82, Virgili G, Varano M, Giacomelli G, Arena MC, Tedeschi M, Pascarella A, Catalano S, Menchini U.)
Dans cette étude interventionelle multicentrique les auteurs ont étudié les résultats anatomiques et fonctionnels du traitement de néovaisseaux choroïdiens (NVC) extrafovéolaires de 100 yeux myopes forts par PDT. Les critères d'évaluation ont été l'acuité visuelle (AV), la taille de la lésion et l'apparition d'une extension rétro-fovéolaire. Le suivi moyen a été de 16,5 mois, les patients ont reçu en moyenne 3 scéances de PDT la première année. L'AV et la taille de la lésion sont restées stables (respectivement 5/10e et 710 microns en moyenne). La probabilité de survenue d'une extension rétro-fovéolaire de la lésion s'est stabilisée à 10% après deux ans de suivi. Le traitement par PDT permettrait une stabilisation des NVC extrafovéolaires du myope fort avec une bonne conservation de l'AV dans la majorité des cas.

Association entre réflexe oculocardiaque et nausées postopératoires chez des enfants opérés de strabisme avec anesthésie à l'halothane et au NO (Paediatr Anaesth. 2006 ; 16 : 948-54. Karanovic N, Carev M, Ujevic A, Kardum G, Dogas Z.)
Les nausées postopératoires sont fréquentes après chirurgie du strabisme, et il demeure une controverse entre l'association de ces nausées postopératoires avec le réflexe oculocardiaque ; cette étude propose de l'évaluer. Une étude récente ayant montré que l'utilisation du rocuronium (un curare) atténue le réflexe oculocardiaque. L'idée de cette étude est de montrer que si les deux entités sont liées, l'utilisation de curare diminue aussi les nausées postopératoires. 119 enfants de 3 à 10 ans ont donc été opérés avec anesthésie utilisant 0,4 mg/Kg de rocuronium chez 59 patients et rien dans 60 cas. L'anesthésie était induite par halothane et maintenue par un mélange 50/50% de N2O et d'O2. Les résultats ne montraient pas de différence significative entre les deux groupes en ce qui concerne la survenue de nausées, mais moins de réflexe oculocardiaque en cas d'utilisation de curare, ce à quoi on s'attendait. Cette étude montre donc qu'il n'y aurait pas forcément de lien entre réflexe oculocardiaque et nausées postopératoires.