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Semaine du 19 au 25 février 2007

Détermination du pouvoir réfractif de la cornée après chirurgie au laser excimer, à l'aide d'une vidéokératographie (J Cataract Refract Surg. 2007 ; 33-1 : 21-30. Mujtaba A. Qazi et al.)
Au cours de la chirurgie de la cataracte, le cristallin est remplacé par une lentille intra-oculaire. La puissance de cette lentille est adaptée pour chaque patient, et est calculée en tenant compte du rayon de courbure de la cornée, de la longueur axiale de l'oeil, et de la profondeur de la chambre antérieure. Or, après une chirurgie réfractive au laser, ces paramètres (notamment le rayon de courbure cornéen) sont modifiés. Il est alors impossible d'utiliser les techniques classiques afin de calculer la puissance de l'implant. Une équipe a proposé d'utiliser la videokératographie (Orbscan II) afin de calculer la puissance de l'implant nécessaire. Les résultats étaient satisfaisants, avec un taux de calcul d'implant satisfaisant (à 0,50 dioptries prés) de 81 % (versus 42 % pour la technique « classique »).

Anneaux intra-cornéens dans le traitement du kératocône : résultats à deux ans de suivi (J Cataract Refract Surg. 2007 ; 33-1 : 69-74. Joseph Colin et al.)
Le kératocône est une dystrophie cornéenne se manifestant par une protrusion non inflammatoire de la cornée dans sa région axiale, apparaissant généralement dans l'adolescence et entraînant une diminution de l'acuité visuelle du fait d'un important astigmatisme irrégulier et souvent de la survenue d'opacités cornéennes. Initialement, l'astigmatisme irrégulier induit peut se corriger par lentilles de contact rigides, puis dans un deuxième temps, seule la chirurgie permet de restaurer une acuité visuelle correcte. Une alternative à la réalisation d'une greffe de cornée consiste à mettre en place des anneaux à l'intérieur du stroma cornéen, de façon à compenser au mieux cet astigmatisme. Une étude publie les résultats à deux ans réalisés sur 100 yeux présentant un kératocône. Ces résultats sont satisfaisants, permettant dans tous les cas une amélioration de l'acuité visuelle.

Comparaison de la biomicroscopie et de l'angiographie à la fluorescéine pour le dépistage de la rétinopathie diabétique (Eur J Ophthalmol. 2007 ; 17(1) : 84-8, Khalaf SS et al.)
Une étude prospective a comparé les résultats obtenus avec deux techniques de dépistage de la rétinopathie diabétique : la biomicroscopie et l'angiographie à la fluorescéine. Au total, 189 patients consécutifs ont été examinés dans le cadre de cette étude et ont bénéficié d'un examen de la rétine par biomicroscopie. Une angiographie à la fluorescéine a ensuite été réalisée sur 376 yeux par un autre ophtalmologiste et les deux méthodes comparées. La sensibilité de la biomicroscopie pour diagnostiquer le grade de rétinopathie a été de 91,2% avec une spécificité de 97,9%. Les auteurs en concluent que la biomicroscopie est un examen très sensible pour le dépistage de la rétinopathie chez les patients diabétiques et qu'une angiographie à la fluorescéine n'est pas nécessaire, à ce stade, pour confirmer le diagnostic.

Effet à court et long terme sur la fonction et la structure des muscles extra oculaires (Neurobiol Dis. 2007 Croes SA, Baryshnikova LM, Kaluskar SS, von Bartheld CS.)
La toxine botulique est une arme thérapeutique du traitement du strabisme, en particulier du strabisme précoce. Cet article présente une étude expérimentale sur les effets de l'injection de toxine botulique dans les muscles extraoculaires de poulet, afin de déterminer les effets à court et long terme, à la fois sur la structure et la fonction de ces muscles. Les paramètres étudiés étaient la force conctractile au plan fonctionnel, et au plan morphologique la morphométrie des myofibrilles, leur innervation, l'analyse en microscopie électronique des mitochondries et des types de fibre musculaire. Cette étude montre à court terme une diminution de la force contractile mais peu de modifications morphologiques. La force musculaire est récupéré au 4e mois, ce qui suggère que l'effet permanent retrouvé dans l'expérience clinique serait du à une réorganisation du système nerveux central, par des phénomènes adaptatifs.

Toxine botulique en ophtalmologie (Surv. Ophthalmol. 2007 ; 52 : 13-31. Dutton JJ, Fowler AM)
Cet article fait une revue de l'utilisation de la toxine botulique en ophtalmologie, avec ses différentes utilisations, depuis son introduction dans les années 1980. Les applications de ce traitement sont nombreuses, et incluent les mouvements dystoniques, le strabisme, le nystagmus, certaines céphalées comme la migraine, les syndromes d'hypersécrétion lacrymale, la rétraction palpébrale, l'entropion spastique, la neuropathie optique compressive, et, plus récemment, l'ésthétique orbitaire. La toxine botulique est une neurotoxine agissant au niveau de la jonction neuromusculaire, bloquant le relargage de l'acétylcholine. Elle peut diminuer la force musculaire, inhiber la sécrétion glandulaire. Son action est transitoire avec récupération en 3 à 4 mois, par pousse nerveuse, et régénération des protéines inactivées. Les complications sont rares si l'utilisation est raisonnée.

Chirurgie combinée cataracte et strabisme (J AAPOS. 2006 ; 10 : 430-4. Ticho BH, Ticho KE, Kaufman LM.)
La chirurgie combinée de cataracte et de strabisme permet d'éviter des chirurgies itératives, ce qui a engagé les auteurs de cette étude à évaluer cette double procédure. La série présentée comprend trente patients de 22 mois à 91 ans, présentant dans 15 cas une ésotropie, dans douze cas une exotropie, dans 4 cas une déviation verticale, dans 1 cas une déviation à la fois verticale et horizontale. Dans 28 cas la chirurgie de cataracte et la chirurgie musculaire étaient réalisées sur le même oeil, et dans 5 cas la chirurgie de strabisme était réalisée sur l'oeil controlatéral. Le suivi moyen était de 23,2 mois (1-94 mois). Des sous corrections (de plus de 12 Dioptries en horizontal et de plus de 5 Dioptries en vertical) sont survenues dans 37% des cas. Le résultat visuel était inférieur à 20/50 chez six patients du fait de l'amblyopie préexistante.

Influence des phénomènes adaptatifs sur l'exploration visuelle de l'environnement, chez des patients traités par injection de toxine botulique pour une paralysie chronique du VI (Strabismus. 2006 ; 14 : 129-35. Shallo-Hoffmann J, Acheson J, Bentley C, Bronstein AM.)
Cet article rapporte une étude des phénomènes adaptatifs, dans l'exploration visuelle de l'environnement, chez des patients traités par injection de toxine botulique pour une paralysie chronique unilatérale du VI. Le test psychophysique utilisé, chez les cinq patients traités et chez les patients contrôle, avec étude de chaque oeil séparément, consistait en l'exploration d'une cible d'abord fixe puis se déplaçant dans une direction horizontale avec une accélération progressive. Après traitement, il a été constaté une amélioration des seuils de détection du déplacement de la cible, ce qui constitue pour les auteurs un mécanisme de compensation des oscillopsies et de la désorientation visuovestibulaire, dans ces cas de strabisme paralytique.

Ajustement peropératoire de la chirurgie du strabisme sous anesthésie topique (Yonsei Med. J. 2006 ; 47 : 667-71, Chang YH, Ryu IH, Han SH, Lee SJ, Lee JB)
Cette étude évalue les résultats de la chirurgie du strabisme avec des sutures ajustables chez 71 patients opérés entre 1997 et 2003. Il s'agit d'une étude rétrospective. Parmi ces patients, 48 présentaient une exotropie, 16 une ésotropie et 7 une déviation verticale. L'ajustement était réalisé sous anesthésie topique. Les succès globaux, c'est-à-dire une déviation verticale de moins de 4 dioptries ou une déviation horizontale de moins de 10 dioptries, ont été de 85,9 % à 1 semaine, de 83 % à 1 mois, de 78,9 % à 3 mois et de 76,1 % à 6 mois après la chirurgie. La procédure d'ajustement a été possible chez tous les patients et aucune complication sévère per ou postopératoire n'est survenue. Cette étude suggère la possibilité de la chirurgie ajustable et la prédictibilité pour le long terme des résultats initiaux.

Chirurgie combinée de cataracte et de strabisme avec des sutures ajustables (Ophthalmic Surg. Lasers Imaging 2006 ; 37 : 198-203, Basmak H., Sahin A., Yildirim N.)
Cette étude rapporte une série de 20 patients opérés entre 1999 et 2004 de procédure combinée associant chirurgie de la cataracte et chirurgie de strabisme avec des sutures ajustables. L'ajustement des sutures a été réalisé sous anesthésie topique chez tous les patients sauf 1 et la chirurgie de la cataracte était réalisée par phacoémulsification chez 18 patients (2 patients étant aphaques par chirurgie réalisée auparavant) et implantation dans tous les cas. La vision préopératoire variait entre 20/8000 et 20/400. La déviation préopératoire qui s'échelonnait entre 30 et 45 dioptries devenait en postopératoire de 2 à 8 dioptries. Cette étude montre que la procédure combinée est utile, en gain de temps et de coût, tout en permettant des résultats tout à fait appréciables, au plan fonctionnel et esthétique.