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Semaine du 5 au 11 février 2007
Nerfs
cornéens proéminents dans un cas de myélome multiple (Cornea
2007 ; 26 : 220-2, Parghi C, McKnight GT, Pflugfelder SC.)
Cet article rapporte l'observation d'une patiente de 65 ans présentant
un myélome multiple traité depuis 3 ans avec une rémission
sous traitement par chimiothérapie intensive, adressée en ophtalmologie
pour une épithéliopathie chronique unilatérale de l'oeil
gauche. L'examen attentif du segment antérieur a permis de mettre en
évidence des nerfs cornéens très visibles et proéminents,
que ce soit à droite ou à gauche . Ce tableau s'accompagnait d'une
insensibilité cornéenne totale bilatérale. Cette observation
suggère une atteinte cornéenne dans le myélome multiple
soit par infiltration néoplasiques directement dans les nerfs. Il peut
être également évoqué une toxicité médicamenteuse
des polychimiothérapies intensives mises en oeuvre.
Kératite
amibienne rapidement progressive après traumatisme cornéen chez
un patient ayant été opéré de Lasik (Cornea.
2007 ; 26 : 212-4, Kaur H, Maguire LJ, Salomao DR, Cameron JD.)
Il est dans cet article rapporté l'observation d'un patient de 42 ans
ayant été opéré de Lasik un an auparavant, avec
un excellent résultat fonctionnel de 20/20. Après un simple traumatisme
par un bris de glace, il a présenté une kératite sévère
d'évolution rapidement progressive, ayant conduit 17 jours après
le traumatisme à l'excision du volet de chirurgie réfractive,
dans lequel a été mis en évidence des kystes amibiens.
Un traitement a été débuté par polyhexamethylene
biguanide à 0.02% (1 goutte par heure). Malgré ce traitement ciblé,
la situation a évolué vers une inflammation intraoculaire avec
hypopion stérile. Au bout de six mois sont apparus des nodules iriens
et des kystes intrastromaux, ayant conduit à une kératoplastie
transfixiante , dont le résultat fonctionnel à 15 mois du traumatisme
est limité à la vision des mouvements de la main. Cette observation
montre la fragilité d'un oeil opéré de Lasik face à
un traumatisme et à une infection en particulier amibienne.
Effets
de l'épaisseur et de la courbure cornéenne sur la mesure de la
pression intra-oculaire au tonomètre à aplanation (Ophthalmology
2007 ; 114-1 : 20-26, Francis B A. et al.)
Le glaucome chronique se caractérise par une pression intra-oculaire
(PIO) trop élevée (supérieure à 22 mm de Hg), qui
entraîne une altération progressive des fibres optiques, ce qui
se traduit par des altérations du champ visuel. Il est très important
de dépister le plus tôt possible cet excès de PIO afin de
traiter et éviter l'altération irréversible des fibres
optiques. La mesure de cette PIO s'effectue à l'aide d'un tonomètre.
Il existe des tonomètres à applanation, nécessitant un
contact avec la cornée, et des tonomètres à air, sans contact
cornéen. Plus récemment son apparus sur le marché de nouveaux
tonomètres avec contacts dits «à contour dynamique »
(DCT). Un article conclut que la PIO mesurée avec le DCT était
globalement plus élevée que lorsqu'elle était mesurée
avec un tonomètre à applanation classique, et ceci d'autant plus
que la cornée était fine.
Détection
des angles étroits par l'OCT du segment antérieur (Ophthalmology
2007 ; 114-1 : 33-39, Nolan WP. et al.)
L'humeur aqueuse, sécrétée par le corps ciliaire en arrière
de l'iris, s'évacue au niveau du trabéculum, en chambre antérieure,
au niveau de l'angle irido-cornéen. En cas d'angle irido-cornéen
étroit, le risque de glaucome par fermeture de l'angle est majoré.
Il est alors important de réaliser chez ces patients à risque
un iridectomie périphérique au laser afin de prévenir la
fermeture de l'angle. Un angle étroit se dépiste classiquement
en réalisant un examen en gonioscopie, utilisant un verre qui permet
de visualiser l'angle. Depuis quelques années, il est possible d'analyser
le segment antérieur de l'oeil en OCT (optical coherent tomography).
Un article portant sur 342 yeux de 200 patients a retrouvé que l'OCT
était plus sensible pour dépister un angle étroit que la
gonioscopie (70,9 % de sensibilité pour l'OCT versus 49,5 % pour la gonioscopie).
Images
de la bulle de filtration de trabéculectomie vue en OCT (Ophthalmology.
2007 ; 114-1 : 47-53, Mandeep Singh et coll.)
Le glaucome chronique est une pathologie dans laquelle il existe une pression
intra-oculaire trop élevée, responsable d'une détérioration
progressive des fibres optiques, se traduisant par une altération du
champ visuel, et tardivement par une cécité. Le traitement consiste
à instiller des collyres hypotonisants (agissant soit en diminuant la
production d'humeur aqueuse, soit en augmentant son élimination). En
cas d'échec des traitements médicaux, la chirurgie est indiquée.
Elle consiste à réaliser une nouvelle voie d'élimination
de l'humeur aqueuse en réalisant un orifice au niveau du trabéculum
(trabéculectomie), de façon à ce que l'humeur aqueuse s'élimine
sous la conjonctive en réalisant une « bulle de filtration ».
Dans certains cas, cette bulle se bouche et c'est un échec de la trabéculectomie.
Un article rapporte qu'il est possible de visualiser l'état de cette
bulle de filtration à l'aide d'un OCT (optical coherent tomography) du
segment antérieur.
Mise
en place de lentilles intra-oculaires toriques dans la correction de l'astigmatisme
(Ophthalmology. 2007 ; 114-1 : 54-61, Sanders DR et al.)
L'astigmatisme est une cause de baisse d'acuité visuelle due à
une différence de rayon de courbures entre les différents méridiens
de la cornée. Il est bien entendu possible de corriger par lunette ou
par lentille (rigides si l'astigmatisme est important) l'astigmatisme. Néanmoins,
certains patients préfèrent avoir recours à la chirurgie
réfractive afin de corriger cette amétropie. La chirurgie au laser
(LASIK ou PKR) ne permet pas de corriger des astigmatismes supérieurs
à 4 dioptries, ou inférieurs lorsqu'il existe un fort degré
de myopie associée. On peut alors proposer de mettre en place un implant
de chambre antérieure torique (lentille intra-oculaire). Un article rapporte
les résultats satisfaisants de cette technique pour 210 yeux de 124 patients
qui présentaient un astigmatisme compris entre 1 et 4 dioptries, associé
à une myopie comprise entre 2,38 et 19,5 dioptries.
Incidence
cumulative de la DMLA sur 15 ans : résultats de la « Beaver Dam
Eye Study » (Ophthalmology. 2007 ; 114 : 253-62, Klein R, Klein
BE, Knudtson MD, Meuer SM, Swift M, Gangnon RE.)
Cet article rapporte les derniers résultats de la « Beaver Dam
Eye Study ». Il est rappelé que cette étude concerne 3917
personnes âgés de 43 à 89 ans lors de l'examen initial entre
1988 et 1990. Au bout de 15 ans, l'incidence cumulative de Maculopathie Liée
à l'Age (présence de drusen ou d'anomalies pigmentaires) était
de 14,3% et l'incidence cumulative de Dégénérescence Maculaire
Liée à l'Age (maculopathie exsudative ou zones d'atrophie géographique)
était de 3,1%. La présence de lésions quelles qu'elles
soient augmentait avec l'âge (P<0.05), ce qui est un résultat
évidemment attendu. La présence de drusen à l'inclusion
était également un facteur de risque de développer une
forme exsudative ou une forme atrophique sévère de la maladie.
(17.8% vs 1.2%). Cet article par sa force épidémiologique souligne
le problème de santé publique majeur que constitue la DMLA.
Transplantation
rétinienne (Chem Immunol Allergy. 2007 ; 92 : 300-16, Ng TF,
Klassen HJ, Hori J, Young MJ.)
Cet article fait le point sur les possibilités théoriques et les
difficultés inhérentes à la transplantation rétinienne.
L'idée de réaliser à terme une transplantation rétinienne
vient du fait que de très nombreuses pathologies dégénératives
affectent la rétine et sont cécitantes. L'idée serait de
remplacer les photorécepteurs, par exemple à partir de cellules
souches. De telles transplantations nécessitent de prendre en compte
le statut immunitaire privilégié de l'espace sous rétinien,
le privilège immunitaire de l'épithélium pigmentaire, de
la neurorétine et des cellules souches neurales elles-mêmes. Ce
n'est en effet qu'à travers une meilleure compréhension des propriétés
immunitaires du tissu receveur (neurorétine et épithélium
pigmentaire) et du tissu donneur (cellules souches) qu'il pourra être
imaginé à l'avenir des stratégies permettant la transplantation
rétinienne.
Rôle
des propriétés des bactéries et des propriétés
propres de l'oeil dans la physiopathologie des endophtalmies infectieuses (Chem
Immunol Allergy. 2007 ; 92 : 266-75, Gregory M, Callegan MC, Gilmore MS.)
L'endophtalmie est la complication majeure et redoutée de tout traumatisme
oculaire perforant mais bien évidemment aussi de toute chirurgie intraoculaire
; il s'agit en effet d'une pathologie pouvant conduire à la perte fonctionnelle
de l'oeil. Il est indispensable de comprendre que la progression de l'infection
dépend à la fois de la bactérie en cause et de ses toxines,
mais aussi des caractères propres de l'organe atteint ; or, il est bien
connu que l'oeil dispose d'un privilège immunitaire, et les données
de physiopathologie des infections extraoculaires ne peuvent pas être
appliquées à l'oeil. Ainsi, certains facteurs qui suppriment l'environnement
immunitaire intraoculaire contribuent de façon inattendue à l'activation
de phagocytes du système immunitaire inné en réponse à
l'invasion bactérienne. Cet article fait le point sur les connaissances
actuelles en immunologie et infectiologie de l'oeil.
Uvéite
intermédiaire et uvéite postérieure (Chem Immunol
Allergy. 2007 ; 92 : 228-43. Forrester JV.)
Les maladies inflammatoires du segment postérieur de l'oeil peuvent atteindre
de façon prédominante la partie périphérique de
la rétine et le vitré (il s'agit d'une uvéite intermédiaire),
et/ou la partie rétroéquatoriale, atteignant alors la rétine,
les vaisseaux rétiniens, le nerf optique, la choroïde, la macula
siège d'un oedème maculaire. Cet article fait le point sur la
physiopathologie de ces uvéites mettant en jeu des lymphocytes T CD4+,
des macrophages, des cytokines pro inflammatoires. Les modèles d'inflammation
à partir de souris transgéniques ayant des délétions
de gènes permettent de mieux comprendre comment dans ces cas d'uvéite
le privilège immunitaire de l'oeil est perturbé. Ces données
théoriques permettent d'envisager de façon raisonnée les
nouvelles thérapeutiques immunosuppressives, de même que les thérapies
cellulaires adaptées à chaque patient, selon une « customisation
» bénéfique.