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Semaine du 29 janvier au 5 février 2007
Effet
à long terme de la photokératectomie thérapeutique dans
le traitement des érosions cornéennes récidivantes (Cornea.
2006 ; 25(10) : 1150-1152, Baryla J et al.)
La cornée est composée de 3 couches : épithélium,
stroma et endothélium. La membrane basale épithéliale (membrane
de Bowman) est reliée aux cellules du stroma par des desmosomes. Au cours
d'un traumatisme oculaire même minime (type doigt dans l'oeil), il peut
se produire une ulcération épithéliale qui cicatrise rapidement.
Dans certains cas, la cicatrisation est pathologique, avec des liaisons desmosomes
fragiles. Ainsi, cette zone épithéliale reste fragile et va se
« re-décoller » facilement, réalisant un tableau d'ulcérations
cornéennes récidivantes, classiquement le matin au réveil,
parfois pendant des années après le traumatisme initial. En cas
de récidives fréquentes, on peut proposer de traiter la zone fragiliser
au laser de surface afin de reconstituer un épithélium sain :
il s'agit de la photokératectomie thérapeutique (PKT). Un article
rapporte les résultats très satisfaisant à long terme de
la PKT.
Perforation
cornéenne secondaire à la réalisation d'ultraviolets (lampe
à bronzer) (Cornea. 2006 ; 25(10) : 1224-6, Funnell, Charlotte
et al.)
Les ultraviolets (UV) sont des radiations émises par le soleil, non perçues
par l'oeil humain, mais dont les effets peuvent être toxiques. Il existe
3 sortes d'UV selon leur longueur d'onde. Les UV A sont les plus toxiques, puisqu'ils
sont très peu arrêtés par la couche d'ozone, et pénètrent
au plus profond de l'oeil. Les UV ont une toxicité sur la cornée
(il s'agit de la classique « kératite des neiges », provoquant
une douleur quelques heures après l'exposition solaire non protégée,
due à de multiples micro-ulcérations cornéennes), sur le
cristallin (provoquant une cataracte plus précoce), et sur la rétine
(facteur de risque de développer une dégénérescence
maculaire). Le kératocône est une pathologie ou se produit un amincissement
progressif de la cornée. Un article rapporte la survenue d'une perforation
cornéenne chez un patient porteur d'un kératocône, 30 minutes
après le début d'une séance d'UV dans une cabine à
bronzer.
Dépôts
cornéens d'immunoglobulines chez un patient souffrant d'un myélome
multiple (Cornea. 2006 ; 25(10) : 1237-1239, Font R L et al.)
Le myélome multiple (plus connu sous le nom de maladie de Kahler) est
du à une anomalie des plasmocytes qui prolifèrent et sécrètent
des immunoglobulines de façon anormale. Biologiquement, la vitesse de
sédimentation est augmentée, il existe une hyperprotidémie,
et un pic monoclonal de gamma-globulines à l'électrophorèse.
Un article rapporte le cas d'un homme de 52 ans, souffrant d'un myélome
multiple, qui a présenté une baisse d'acuité visuelle progressive
due à une perte progressive de la transparence cornéenne due à
l'accumulation de dépôts cornéens anormaux. Cet homme a
bénéficié d'une greffe de cornée par kératoplastie
transfixiante. Une analyse en immunohistochimie a mis en évidence la
nature de ces dépôts : il s'agissait d'immunoglobulines. Après
contrôle de la maladie, aucune récidive n'était notée
sur le greffon, et le patient retrouvait une bonne acuité visuelle.
Incidence
de la neuropathie optique héréditaire de Leber chez les enfants
(Invest Ophthalmol and Vis Sci. 2006 ; 47 : 5303-5309, Piero Barboni
et al.)
La neuropathie optique héréditaire de Leber est une neuropathie
optique héréditaire à pénétrance variable
due à des mutations de l'ADN mitochondrial maternel du patient. L'âge
moyen de survenue de la maladie est de 27 à 34 ans, bien qu'on ait décrit
des extrêmes entre 1 et 70 ans. Tout commence par une perte de la vision
centrale, un scotome, sans aucune douleur. L'évolution de la maladie
peut se faire soit vers la perte progressive de la vision en parfois deux ans,
soit vers une cécité brutale ou vers une amélioration spontanée.
L'atteinte bilatérale est la règle avec un décalage moyen
de deux mois entre les deux côtés. L'examen met en évidence
des télangiectasies péripapillaires, une microangiopathie, un
pseudo-oedème et des tortuosités vasculaires. Puis apparaît
une atrophie optique. Une étude réalisée chez 180 patients
atteints de la maladie retrouvait 11,5 % de patients atteints avant l'âge
de 10 ans.
Greffe
de membrane amniotique associée à une micropuncture stromale antérieure
dans le traitement de la kératopathie bulleuse de mauvais pronostic visuel
(Cornea 2007 ; 26 : 227-229, Sonmez B, Kim BT, Aldave AJ.)
Cette étude rapporte l'utilisation de la greffe de membrane amniotique
associée à une micropuncture stromale antérieure dans le
traitement de la kératopathie bulleuse chez des patients dont le pronostic
visuel de cet oeil est mauvais. Cette étude rétrospective rapporte
5 cas traités entre 2003 et 2005 par cette technique. Les cinq patients
avaient un antécédent de chirurgie rétinienne ou de chirurgie
de glaucome ne permettant pas d'avoir une conjonctive suffisante et de bonne
qualité pour procéder à un recouvrement conjonctival. Dans
tous les cas la cornée était devenue régulière après
un mois et on ne retrouvait pas de récurrence de bulles au terme du suivi
d'en moyenne 21 mois (11 à 34 mois). Cette double technique est recommandée
par rapport à chaque procédure isolément.
Vascularisation
cornéenne progressive par maladie du greffon contre l'hôte (Cornea
2007 ; 26 : 225-6, Mohammadpour M.)
Cet article rapporte l'observation d'un patient de 50 ans ayant présenté
une leucémie aiguë myéloblastique, dont le traitement curatif
a consisté en une chimiothérapie intensive permettant la destruction
totale des cellules souches hématopoïétiques, et suivie de
façon consécutive par une greffe allogénique de moelle
osseuse. Ce patient a présenté une maladie du greffon contre l'hôte
(GVH « Graft Versus Host ». Au plan ophtalmologique, il a présenté
une baisse de vision progressive avec photophobie, et lorsque l'examen ophtalmologique
a été pratiqué, il a mis en évidence un syndrome
sec sévère avec néovascularisation cornéenne déjà
présente, réfractaire au traitement médical, ce qui souligne
la nécessité dans ces cas d'une surveillance ophtalmologique attentive
pour débuter un traitement approprié avant le stade de séquelles.