Retour à la page d'accueil du site snof.org

Semaine du 1 au 7 janvier 2007

Rétinopathies cristallines : mise au point (Survey of Ophthalmology. 2006 ; 51-6 : 535-549, Kimberly Drenser et al.)
Les rétinopathies cristallines, correspondant à la présence de cristaux réfringents au sein des couches de la rétine, ont été observées en association à différents types de pathologies : toxicité de certaines drogues, maladies systémiques héréditaires ou non, pathologies rénales chroniques. Les cristaux peuvent être localisés dans l'espace sous-rétinien, intra-rétinien, ou pré-rétinien. Les cristaux peuvent être concentrés au niveau de la macula ou dispersés à tout le pôle postérieur. La détermination de l'étiologie prend en compte ces facteurs ainsi que l'histoire du patient. Un article relate les différentes étiologies possibles de cette affection en fonction de la présentation clinique. Les principales étiologies sont : une toxicité médicamenteuse (tamoxifène, canthaxanthine, méthoxyflurane), ainsi qu'une toxicité du talc chez les patients utilisant des drogues intra-veineuses, une étiologie héréditaire, ou la conséquence de télangiectasies rétiniennes.

Amblyopie de l'oeil phaque après chirurgie de cataracte congénitale unilatérale (J. AAPOS. 2006 ; 10 : 587-588, Ruth AL, Lambert SR.)
Cet article rappelle les difficultés qui sont l'apanage de la prise en charge d'une cataracte congénitale unilatérale, en particulier du fait de l'amblyopie de déprivation. Le pronostic fonctionnel après chirurgie s'est cependant amélioré, grâce à la chirurgie précoce, la correction soigneuse de l'aphaquie (lentille de contact ou lentille intraoculaire) et le traitement de l'amblyopie par occlusion intermittente de l'oeil phaque. Ainsi, il a été publié une revue montrant que 88% d'une série de patients opérés entre 1988 et 2004 avec implantation ont une vision de l'oeil opéré de plus d'1/10 et 20% plus de 5/10. Ceci est permis par une chirurgie la plus précoce possible (le pronostic est meilleur si la chirurgie survient avant la 6 e semaine). Le traitement de l'amblyopie par occlusion est efficace, mais il doit être conduit avec un suivi attentif de l'autre oeil, comme le démontre le cas clinique présenté d'un enfant opéré d'une cataracte congénitale à l'âge de 8 semaines et dont la vision finale était meilleure dans l'oeil opéré.

Effets de la ténotomie chez des enfants présentant un nystagmus infantile isolé : amélioration de la fovéation (J AAPOS. 2006 ; 10 : 552-560, Wang Z, Dell'osso LF, Jacobs JB, Burnstine RA, Tomsak RL.)
Cette étude présente les résultats fonctionnels d'une chirurgie musculaire à type de ténotomie des quatre muscles droits chez des patients présentant un nystagmus infantile isolé. Neuf patients ont été inclus. Les résultats fonctionnels ont été étudiés par l'analyse de l'acuité visuelle et par la mesure de l'amplitude de fovéation à l'aide d'une technique de photo -oculographie. La durée de fovéation était améliorée chez tous les patients de même qu'on retrouvait une diminution de l'amplitude du nystagmus. La mesure de l'acuité visuelle en position primaire montrait une amélioration chez six patients. Cette série suggère, par des mesures objectives, l'intérêt de ce procédé chirurgical peu invasif puisque ne touchant pas les muscles oculomoteurs dans l'amélioration de la fonction visuelle de ces patients.

Diminution de l'activation corticale en réponse à un stimulation visuelle en mouvement en cas d'amblyopie anisométropique : étude en IRM fonctionnelle (J AAPOS. 2006 ; 10 : 540-546, Bonhomme GR, Liu GT, Miki A, Francis E, Dobre MC, et al.)
L'amblyopie n'est pas seulement un défaut d'acuité visuelle d'un oeil par rapport à l'autre, mais elle touche d'autres fonctions visuelles de niveau supérieur, en particularité des anomalies de la perception du mouvement. Cette étude compare grâce à l'IRM fonctionnelle l'activation des aires extra-striées par un stimulus visuel en mouvement chez 3 patients amblyopes (deux par anisométropie avec une vision du moins bon oeil de 20/60 et 20/800 et un avec suppression monoculaire et vision de cet oeil à 20/25) et chez 4 sujets contrôles avec une vision à 20/20 des deux yeux. L'appareil utilisé était une IRM de 1,5 teslas. Le stimulus visuel consistait en des anneaux concentriques augmentant et diminuant de diamètre, le contrôle étant des anneaux fixes. On retrouvait une activité équivalente pour la stimulation des deux yeux dans les aires V3a et V5 chez les patients normaux et chez le patient présentant une suppression monoculaire (forme légère d'amblyopie). En revanche dans les deux cas d'amblyopie par anisométropie, on retrouvait une activité diminuée lors de la stimulation de l'oeil amblyope par rapport à l'oeil sain. Ces résultats montrent que l'amblyopie atteint les aires extra-striées, et en particulier les voies magnocellulaires.

Test de stéréoacuité Random Dot E : test et retest chez des enfants de 3 à 5 ans (J. AAPOS. 2006 ; 10 : 507-514, Vision in Preschoolers Study Group)
Cette étude cherche à établir la faisabilité du test de stéréoacuité Random Dot E (RDE) chez des enfants d'âge préscolaire. 1237 enfants ont été recrutés dans cette étude et ont réalisé le test deux fois, avec la supervision de professionnels de la vision. Le test était d'abord réalisé à 50 cm, puis 100 et 150 cm, ce qui correspond à la vision de disparités de 504, 252 et 168 secondes d'arc. Les résultats montrent que la faisabilité du test augmente avec l'âge (86% des 3 ans, 89% des 4 ans et 93% des 5 ans ; p = 0.02) et est meilleure pour le second test du fait de l'apprentissage (90% des 3 ans, 94% des 4 ans et 98% des 5 ans ; p = 0.0001). On retrouvait de meilleurs résultats lors du second test chez tous les enfants, avec des résultats concordants faibles (59% de scores identiques), et d'autant meilleurs que l'âge était élevé (résultats identiques chez 53% des 3 ans, 59% des 4 ans et 63% des 4 ans). Ces résultats montrent que le test Random Dot E est réalisable chez des enfants d'âge préscolaire mais que les résultats doivent tenir compte de la courbe d'apprentissage, avec des résultats pas toujours concordants lors du re-test.

Analyse clinique de patients présentant des symptômes oculaires de pemphigoïde (Neuro Endocrinol. Lett. 2006 ; 27, Moneta-Wielgos J, Kecik D, Brydak-Godowska J, Samsel A, Drobecka-Brydak E, Kecik M.)
Cette étude a analysé les caractéristiques cliniques de 21 patients présentant des symptômes oculaires évocateurs de façon typique de pemphigoïde. Cette étude s'est déroulée de 1998 à 2004. Les paramètres étudiés comprenaient les manifestations oculaires et extra-oculaires, les manifestations systémiques, l'étude immunologique et le traitement reçu. Au plan ophtalmologique, on retrouvait des manifestations oculaires à type d'oeil sec et de conjonctivite chronique. L'étude immunohistochimique a retrouvé des anticorps locaux spécifiques de pemphigoïde dans 68,2% des cas. Tous les patients avaient un traitement anti-inflammatoire à la fois local et général, malgré lesquels la survenue de cicatrices conjonctivales a nécessité le recours à la chirurgie. Ces données montrent la nécessité du diagnostic précoce de la pemphigoïde oculaire cicatricielle, afin de démarrer au plus vite le traitement médical, qui n'évite cependant pas toujours de graves complications potentiellement cécitantes.