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Semaine du 18 au 24 décembre 2006
Prevention
de l'endophtalmie après chirurgie de cataracte en Australie et en Nouvelle
Zélande (Clin. Experiment. Ophthalmol. 2006 ; 34 : 535-44, Rosha
DS. et al.)
Cette étude rapporte les habitudes des ophtalmologistes d'Australie et
de Nouvelle Zélande dans la prevention de l'endophtalmie après
chirurgie de cataracte et cherche à déterminer s'il existe une
différence d'incidence d'endophtalmie en fonction de ces pratiques. L'étude
a été réalisée par interrogatoire des 896 praticiens
du Royal Australian and New Zealand College of Ophthalmologists. 731 médecins
soit 81.6% ont répondu. L'analyse statistique a été faite
selon une analyse multivariée avec modèle de régression
de Poisson. Il a été rapporté un total de 162120 procédures
chirurgicales et 92 cas d'endophtalmies en 2003, soit une incidence cumulative
de 0.057%, avec des variations allant de 0.034% dans l'Etat du Victoria à
0.56% dans le Territoire du Nord. 46.7% des praticiens ont recours à
des antibiotiques locaux en préopératoire et 97.4% en postopératoire
; seuls 44.21% des praticiens utilisent une injection sous conjonctivale d'antibiotique,
ce qui réduit de moitié l'incidence des endophtalmies (ratio des
taux d'incidence à 0.53, avec un intervalle de confiance à 95%
de 0.30-0.92). Cette étude conclue à l'intérêt d'une
injection sous conjonctivale d'antibiotique dans la prévention de l'endophtalmie
après chirurgie de la cataracte.
Endophtalmie
retardée à Propionibacterium Acnes chez un enfant (Ophthalmic
Surg. Lasers Imaging. 2006 ; 37 : 314-6, Huynh TH, Johnson MW.)
Cet article rapporte le cas clinique d'un enfant de 7 ans présentant
une uvéite granulomateuse unilatérale, 2 mois après un
traumatisme oculaire perforant passé inaperçu. Le traitement local
corticoïde, une chirurgie de cataracte sans implantation avec vitrectomie
antérieure et injections sous conjonctivales de vancomycine n'ont pas
permis de résoudre l'inflammation oculaire. Ce n'est que la chirurgie
par voie postérieure à type de vitrectomie par la pars plana,
d'ouverture capsulaire postérieure avec lavage du sac, et injection intravitréenne
de vancomycine qui a permis la résolution complète de l'inflammation
oculaire. La mise en culture et l'examen histologique des fragments capsulaires
ont permis de mettre en évidence la présence de Propionibacterium
Acnes. Ce cas démontre qu'une endophtalmie chronique due à Propionibacterium
Acnes peut résulter de la séquestration de germes dans les résidus
capsulaires après chirurgie de cataracte sans implantation.
Incidence
et devenir des endophtalmies après chirurgie de la cataracte et implantation
d'une lentille en silicone 3 pièces, avec un suivi de 6 ans (J.
Cataract Refract. Surg. 2006 ; 32(6) : 1018-21, Patwardhan A, Rao GP, Saha K,
Craig EA.)
Cette étude rapporte 44 cas d'endophtalmie après chirurgie de
la cataracte et implantation d'une lentille intraoculaire, sur une période
de 6 ans au cours de laquelle 12362 procédures de cataracte ont été
réalisées. L'incidence d'endophtalmie est donc de 0.36% ; elle
est significativement plus élevée (P<.0005) en cas de pose
d'un implant en silicone (0.67%) qu'en cas de pose d'un implant en PMMA (0.24%).
Trente six patients ont eu un prélèvement de vitré et 8
une vitrectomie complète. Les cultures étaient positives dans
45.5% des cas. L'acuité visuelle finale était supérieure
à 5/10 dans 68.8% des cas : 30 patients. On ne retrouvait pas de corrélation
entre la vision initiale et la vision finale, pas plus qu'entre la vision finale
et la positivité ou non des cultures. Cette étude retrouve une
incidence d'endophtalmie supérieure à la majorité des séries
publiées, et une incidence plus forte en cas d'implantation par une lentille
en silicone.
Endophtalmie
après traumatisme perforant de l'oeil : spectre microbiologique et antibiogramme
des germes (Am. J. Ophthalmol. 2006 ; 142 : 852-4, Chhabra S, Kunimoto
DY, Kazi L, Regillo CD, Ho AC, Belmont J, Maguire J, Vander J, Brown GC.)
Cette étude cherche à définir le spectre microbiologique
et la sensibilité aux antibiotiques des germes en cause dans l'endophtalmie
post traumatique, à partir d'une série rétrospective et
d'une revue de la littérature. La série présentée
comporte 1182 cas de traumatisme perforant du globe parmi lesquels 10 patients
ont présenté une endophtalmie pour laquelle les prélèvements
microbiologiques ont permis d'identifier un germe. Treize germes ont été
identifiés au sein des 10 yeux étudiés, avec en majorité
Streptococcus species (46.2%), Staphylococcus coagulase-negative (23.1%), et
Bacillus cereus (15.4%). Tous les germes étaient sensibles à la
vancomycine et à la tobramycine. Ces résultats concordent avec
les données de la littérature, puisqu'une méta analyse
de 372 cas retrouve dans 21.5% des cas un staphylocoque et dans 18.5% des cas
Bacillus cereus. Ces résultats soulignent la forte proportion de germes
cocci gram + et leur sensibilité à la vancomycine et à
la tobramycine.
Endophtalmie
exogène chez l'enfant (Ocul. Immunol. Inflamm. 2006 ; 14 : 285-92,
Al-Rashaed SA, Abu El-Asrar AM.)
Cette étude cherche à établir le spectre microbiologique
et le devenir visuel des enfants présentant une endophtalmie exogène,
à partir d'une etude retrospective de cas entre 1980 et 2004 de deux
hôpitaux : King Khaled Hospital et King Abdulaziz University Hospital
en Arabie saoudite. Parmi 49 cas d'enfants de 1 à 13 ans, en moyenne
5.7+/- 2.8 ans, 35 cas étaient dus à un traumatisme perforant
et 14 cas à une chirurgie endoculaire. Une vitrectomie a due être
pratiquée de première intention dans 29 cas. Le suivi moyen était
28.4 +/- 28.4 mois (1.2 à 98.5 mois). Cinquante six germes ont été
identifiés. Un seul germe par oeil a été identifié
dans 42 cas et plusieurs germes ont été identifiés dans
les sept autres cas. Les germes les plus fréquents étaient des
cocci gram+ : streptocoque species dans 44.6% des cas et sphaphylocoque coagulase
negative dans 21.4% des cas. Le devenir visuel de ces yeux est mauvais puisque
seuls 15 cas ont obtenus une vision supérieure à 1/10. La vitrectomie
première permet un meilleur pronostic fonctionnel que le traitement antibiotique
seul.
Tuberculose
oculaire et SIDA (Am. J. Ophthalmol. 2006 ; 142 : 413-8, Babu RB, Sudharshan
S, Kumarasamy N, Therese L, Biswas J.)
Cette étude présente les caractères cliniques, histopathologiques
et d'étude de biologie moléculaire de 15 cas de tuberculose oculaire
chez des patients présentant une séropositivité VIH au
stade de SIDA. Parmi 766 cas de patients vus en ophtalmologie entre 1993 et
2005, présentant un stade avancé de la maladie (CD4+<200) ou
des signes oculaires, il a été retrouvé 15 cas de tuberculose
oculaire, bilatérale dans 4 cas, avec des granulomes choroïdiens
dans 10 yeux, des abcès sous rétiniens dans 7 yeux évoluant
vers la panophtalmie dans 3 cas. Dans tous les cas on retrouvait des signes
radiologiques de tuberculose pulmonaire. Deux cas avaient une atteinte du système
nerveux central et un cas une atteinte abdominale. Le taux de CD4+ variait de
14 à 560 cellules/microl (moyenne 160.85). Cette étude montre
le caractère polymorphe de la présentation clinique de la tuberculose
oculaire, pouvant survenir même dans les cas où l'immunodépression
est peu sévère avec un taux de CD4 supérieur à 200.
Aspect
"pseudo-glaucomateux" du nerf otique en cas de tumeur supra-sellaire
de progression lente (Neuro-Ophthalmology 2006 ; 30-5, Eytan Z. Blumenthal
et al.)
Le glaucome chronique correspond à une hypertonie oculaire chronique
(pression intra-oculaire supérieure à 22 mm de Hg) responsable
d'une destruction progressive des fibres optiques se traduisant cliniquement
par un amincissement de l'anneau des fibres optiques au niveau de la tête
du nerf optique. L'épaisseur de cet anneau se mesure par le rapport Cup/Disc
qui est normalement de 0,1, et qui augmente jusqu'à 0,9 voir 1 en cas
de glaucome chronique avancé. Les tumeurs situées au niveau de
la selle turcique, notamment adénome de l'hypophyse, peuvent être
responsables d'une compression du chiasma optique, entraînant classiquement
une hémianopsie bi-temporale. Un article relate les cas de 4 patients
atteints d'une tumeur intra-crânienne supra-sellaire, pour lesquels l'analyse
de la papille révélait un aspect de Cup/Disc identique à
celui rencontré en cas de glaucome chronique, alors que ces patients
présentaient une pression intra-oculaire normale.
Cas familiaux
de syndrome de Brown et de syndrome de Duane (Neuro-Ophthalmology 2006
; 30-5, F. J. Rowe et al.)
Le syndrome de Duane est une forme congénitale de strabisme caractérisé
par une limitation du mouvement horizontal de l'oeil, une rétraction
du globe avec rétrécissement de la fente palpébrale lors
de l'adduction. Cette maladie est provoquée par l'innervation paradoxale
du muscle latéral droit. Trois types sont distingués selon la
présence d'une anomalie lors de l'adduction, l'abduction, ou des deux.
L'incidence est d'environ 1% de tous les cas de strabisme. Ce syndrome peut
être isolé ou associé à des anomalies oculaires (hétérochromie,
dysplasie de l'iris, colobomes, phénomène de Marcus-Gunn...),
et à des anomalies systémiques (syndrome de Goldenhar, syndrome
Klippel-Feil, surdité de perception). Le syndrome de Brown est un désordre
oculaire, le plus souvent constitutionnel, consistant en une restriction de
l'élévation en adduction. Un article rapporte des cas familliaux
de ces syndromes.
Manifestations
ophtalmologiques de la maladie de Marfan (Survey of Ophthalmology 2006
; 51-6 : 561-575, Current. Arie Y. Nemet et al.)
La maladie de Marfan est une dystrophie du tissu élastique et du collagène.
D'origine génétique, généralement héréditaire,
l'incidence est de 4 à 6 pour 100 000, sans prédominance raciale.
La maladie de Marfan est une maladie génétique autosomique dominante.
L'affection peut cependant résulter de nouvelles mutations (25 % des
cas). Elle est due dans environ 80% des cas, à l'atteinte du gène
de la fibrilline (FBN1) situé sur le chromosome 15. Les signes cliniques
de la maladie de Marfan sont présents dans tous les tissus où
les fibres élastiques jouent un rôle de résistance mécanique
majeure (tissu cardiovasculaire et oculaire, et membranes du système
nerveux central) et accessoire (au niveau squelettique, pulmonaire et cutané).
Un article rapporte les manifestations ophtalmologiques associées à
cette maladie.
Mise
au point sur les causes de madarose (Survey of Ophthalmology. 2006
; 51-6 : 550-560, Madarosis. J.J. Khong MBBS et al.)
La madarose correspond à la chute des cils des paupières qui entraîne
une calvitie du bord palpébral. Ce type d'anomalies peut se rencontrer
dans diverses pathologies, certaines bénignes, d'autres plus sévères,
pouvant mettre en cause le pronostic oculaire ou même vital. Parmi ces
étiologies, retenons l'atteinte herpétique palpébrale,
le trachome, les tumeurs malignes du rebord libre palpébral, le lupus
discoïde, la sclérodermie, l'hypothyroïdie, le syndrome d'immunodéfiscience
humaine acquise. La perte des cils peut survenir secondairement à un
mécanisme cicatriciel, ou non. Dans certaines pathologies, il n'existe
pas de possibilité de repousse des cils, et la chute est définitive.
Un article détaille les différents aspects de cette pathologie
en fonction des étiologies.