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Semaine du 16 au 22 octobre 2006
Uvéite
postérieure ou "pseudo-uvéite" : la confusion est fréquente
(Ocular Immunol Inflamm. 2006 ; 14-1 : 13-20, Nagpal et al.)
L'uvéite correspond à une inflammation ou infection intra-oculaire
pouvant être due à une multitude d'étiologies. Le terme
de « pseudo-uvéite » est utilisé lorsque la présentation
ophtalmologique « mime » une uvéite (cellules dans l'humeur
aqueuse, vitré « chargé », infiltrats rétiniens),
sans qu'il y ait de véritable inflammation (absence de rupture de la
barrière hémato-aqueuse, absence d'oedème rétinien,
absence de synéchies irido-cristalliniennes). Dans un centre spécialisé
en uvéite, 1,12 % des cas adressés pour uvéite postérieure
étaient en fait des « pseudo-uvéites » (32 sur 2846).
Ces 32 cas de « pseudo-uvéite » étaient en fait des
cas de : choriorétinite séreuse centrale, néovascularisation
choroïdienne, dégénérescence maculaire liée
à l'âge, rétinite pigmentaire, fibres à myéline,
mélanome choroïdien, décollement rétinien ancien,
hémorragie rétrohyaloïdienne.
Perte
du champ visuel chez les patients ayant un glaucome : des biais dans les études
longitudinales (Arch. Ophthalmol. 2006 ; 124 : 1405-1408, Henson et
al.)
La majorité des études cliniques prospectives longitudinales rapporte
chez des patients ayant un glaucome une perte progressive du champ visuel dans
2,5 à 7,5% des cas chez les sujets traités et par an. Ces chiffres
relativement bas ont conduit les auteurs à suggérer l'existence
de biais dans ces travaux. 66 patients ayant un glaucome inclus dans une étude
prospective (suivi de 3,4 ans ; nombre moyen de champs visuels réalisées
: 8,3) a été apparié avec 66 autres patients non inclus
dans une étude longitudinale (suivi de 3 ans, nombre moyen de champs
visuels : 3,7). Chaque patient à été comparé sur
la base de la date d'inclusion, la durée du suivi et l'extension de la
perte du champ visuel. Les résultats montrent que le risque relatif de
la progression de la perte du champ visuel est en moyenne 368% plus élevé
chez les patients ne participant pas à une étude prospective longidutinale.
Les auteurs soulignent que les patients inclus dans un tel essai sont généralement
plus attentifs à leur pathologie et présente une meilleure compliance
au traitement. Ils notent par ailleurs que les différences de traitements
et de prise en charge entre ces deux catégories de patients peuvent conduire
à des biais. Ces derniers sont potentiellement à l'origine de
la réduction du risque de perte progressive du champ visuel observée
dans cette étude chez les patients inclus dans les études longitudinales.
Modifications
de la face postérieure de la cornée après chirurgie réfractive
au laser (J. Cataract. Refract. Surger. 2006 ; 32-9 : 1426-1431, Joseph
B. Ciolino et al.)
La chirurgie réfractive effectuée au laser consiste à remodeler
la face antérieure de la cornée afin de restituer un pouvoir réfractif
correct. Il existe deux techniques principales : la PKR (photokératectomie
réfractive) dans laquelle le laser est effectué directement au
niveau de l'épithélium cornéen, et le LASIK (laser in situ
kératomeleusis) au cours duquel un capot cornéen est découpé
de façon mécanique à l'aide d'un microkératôme,
de manière à réaliser le laser directement au niveau du
stroma cornéen. Une étude a analysé les modifications de
la face postérieure de la cornée après ces deux techniques
de chirurgie réfractive. L'étude était réalisée
sur 121 yeux (1034 opérés en LASIK et 18 en PKR). Les modifications
de la surface postérieure ont été évaluées
en comparant les topographies d'élévation avant et après
chirurgie. Les résultats ne retrouvaient aucune différence significative
entre ces deux techniques.
Correction
de l'astigmatisme cornéen par le site d'incision dans la chirurgie de
la cataracte (J. Cataract. Refract. Surger. 2006 ; 32-9 : 1432-1437,
Sudarshan Khokhar et al.)
L'astigmatisme d'un oeil peut être du soit au cristallin, soit à
la cornée, soit aux deux. Au cours de la chirurgie de la cataracte, il
est possible de corriger en partie l'astigmatisme d'origine cornéenne
en jouant sur le site de l'incision cornéenne. En effet, l'astigmatisme
cornéen est du à une différence de rayon de courbure selon
les axes de la cornée envisagés. Pour réduire cet astigmatisme,
il faut « relâcher » un peu la cornée dans son axe
le plus cambré. Pour cela, on choisit de placer le site de l'incision
cornéenne dans cet axe le plus cambré. Certains ont proposé
de réaliser une autre incision de « relâchement » à
180 degrés du site d'incision afin de « relâcher »
encore plus la cornée. Un article démontre en effet que la réalisation
de deux incisions diamétralement opposées réduit de façon
plus importante l'astigmatisme qu'une seule incision.
Chirurgie
réfractive après chirurgie de la cataracte afin de corriger une
hypermétropie résiduelle (J. Catarac. Refract. Surger.
2006 ; 32-9 : 1445-1451, Pascual J. Claramonte et al.)
Au cours de la chirurgie de la cataracte, le cristallin est remplacé
par un implant intra-oculaire. La puissance de cet implant est adapté
à l'oeil du patient (en fonction de la longueur axiale de l'oeil et du
rayon de courbure de sa cornée) de façon à restaurer l'emmétropie
(le patient verra bien de loin sans lunettes). Dans de rares cas, il peut y
avoir une erreur dans le calcul de l'implant, et le patient peut se retrouver
myope ou hypermétrope après la chirurgie. Certes, cette amétropie
est corrigeable par des lunettes, mais dans certains cas, le patient tient à
ne plus porter de lunettes de loin. On peut alors lui proposer une chirurgie
réfractive afin de corriger l'erreur résiduelle. Une étude
réalisée sur 16 yeux qui présentaient une hypermétropie
résiduelle après chirurgie de la cataracte retrouve des résultats
satisfaisants pour cette technique sans aucunes complications.
Injection
intraoculaire de corticoïdes retard au cours de la chirurgie de la cataracte
chez les patients présentant une arthrite chronique juvénile
(J. Cataract. Refract. Surger. 2006 ; 32-9 : 1535-1539, Jin Li et al.)
L'arthrite chronique juvénile (ACJ) est une pathologie touchant les enfants,
classiquement à partir de l'âge de 3 ans, qui se manifeste par
une atteinte articulaire à type de mono ou oligo-arthrite, une augmentation
des anticorps anti-nucléaires, et une atteinte ophtalmologique. L'atteinte
ophtalmologique consiste en une cataracte, une kératite en bandelette,
et une uvéite chronique. Cette uvéite se manifeste par une inflammation
intra-oculaire modérée, sans rougeur oculaire. Lorsque la cataracte
est évoluée et entraîne une baisse d'acuité visuelle,
il faut l'opérer. Cette intervention se complique souvent d'un rebond
inflammatoire. Afin d'éviter cela, on peut réaliser une injection
intravitréenne de corticoïdes retard en fin d'intervention ou des
bolus de corticoïdes. Un article démontre que les injections intraoculaires
sont plus efficaces que les bolus.
Implantation
en chambre postérieure pour la chirurgie de cataracte congénitale
lors de la première année de vie : résultat à long
terme (Br J Ophtalmol. 2006 ; 90(8) : 975-8, T. Gouws, H. M. Hussin,
R. H. C. Markham.)
La bonne tolérance des implants intra-oculaire chez les enfants est un
fait maintenant bien établi. En revanche, l'implantation en chambre postérieure
chez les enfants de moins d'un an reste controversée, bien que les résultats
des premières études soient plutôt encourageants. Il s'agit
là d'une étude rétrospective portant sur 18 enfants (28
yeux) opérés pour une cataracte congénitale avant l'âge
de 1 an avec implantation en chambre postérieure. Les mesures de la réfraction
36 mois après la chirurgie montrent une erreur réfractive par
rapport à la réfraction post opératoire immédiate
de - 3,44 dioptries en moyenne avec un écart type allant de + 2 à
-15. En conclusion : L'implantation en chambre postérieure chez les enfants
de moins de 1 an est une procédure chirurgicale sûre. Subsiste
le problème de la réfraction finale qui reste sujet à très
large variation.
Modifications
de la pression intra-oculaire après phakoémulsification chez des
patients atteints du syndrome de pseudo exfoliation capsulaire (Br.
J. Ophtalmol. 2006 ; 90 : 1014-1018, Damji KF et al.)
Le syndrome de pseudo exfoliation capsulaire (PEC) est la cause identifiable
la plus fréquente de glaucome dans le monde. Il s'agit d'un désordre
systémique retrouvé principalement chez les patients âgés
de plus de 50 ans et qui est caractérisé par des dépôts
de matériel extra cellulaire au niveau du segment antérieur. Ces
dépôts entraînent plusieurs complications et notamment l'apparition
d'une cataracte précoce, d'un glaucome à angle ouvert et d'une
fragilité zonulaire avec risque de subluxation du cristallin. Cet article
présente une étude prospective multicentrique incluant 180 patients
: 71 avec un syndrome de PEC et 112 patients témoins. Tous les patients
ont été opérés de cataracte selon la technique de
phakomulsification. Le but est d'évaluer la réduction du tonus
intra-oculaire à 2 ans post chirurgie. Les résultats montrent
que la baisse tensionnelle est plus importante chez les patients atteints de
syndrome de pseudo-exfoliation capsulaire et que cette baisse semble être
corrélée au volume d'eau utilisé lors de la chirurgie.
Ces résultats plaident en faveur de l'hypothèse physiopathologique
selon laquelle l'hypertonie serait liée au moins en partie à des
dépôts de matériel provenant du frottement iriens sur le
capsulaire antérieur. Chez les patients ayant un tonus oculaire limite,
dans le cadre d'un syndrome de PEC, la chirurgie de la cataracte est d'une aide
avant la chirurgie filtrante.
Implant
sous-rétinien chez le rat P23H (Br. J. Ophtalmol. 2006 ; 90
: 1183-1197, J. Salzmann)
La dégénérescence maculaire liée à l'âge
est une dystrophie maculaire acquise qui représente la première
cause de cécité chez les patients de plus de 60 ans dans les pays
développés. Il a été démontré que
dans cette pathologie, les cellules ganglionnaires rétiniennes étaient
préservées. Aussi, de nombreux modèles d'implants sous-rétinien
ou intra-rétiniens destinés à restaurer la vision ont été
développés. Les auteurs présentent ici une technique visant
à implanter une électrode dans l'espace sous-rétinien et
à stabiliser celle-ci par une attache crânienne. L'imagerie rétinienne
in-vivo et l'étude histologique ont confirmé la bonne tolérance
de l'implant, sans réaction tissulaire majeure, et sa bonne stabilité.
Conclusion : cette étude démontre qu'un implant peut être
introduit dans l'espace sous-rétinien avec une bonne tolérance.
Cela permettra secondairement d'évaluer l'efficacité d'électrodes
implantées sur des rétines dystrophiques.
Suivi
à long terme de naevi choroïdiens et de leur transformation en mélanome
en échographie (Br. J. Ophtalmol. 2006 ; 99 : 294-998, I. Kaiserman
et al.)
Les naevi choroïdiens sont des lésions communes du pole postérieur
qui se transforment très rarement en mélanome malin, même
si la plupart de ces derniers proviennent probablement de la transformation
de naevi. Cette étude rétrospective concerne 659 yeux de patients
ayant bénéficié d'une échographie oculaire pour
une suspicion de naevus choroïdien. Parmi eux, 165 patients présentaient
effectivement un naevus choroïdien et ont alors bénéficié
d'une surveillance échographique. Cette étude a pour but d'établir
des facteurs de mauvais pronostic, prédictifs d'une transformation maligne
des naevi. Au total 2,6 % des naevi suspects ont dégénérés
en mélanome malin. Les facteurs de mauvais pronostic échographique
sont : une épaisseur supérieure ou égale à 2 mm,
un diamètre basal supérieur ou égal à 7 mm, une
localisation nasal ou au pole postérieur. Un suivi au minimum de 1,5
an semble nécessaire pour détecter la transformation d'un naevus
en mélanome malin.