Retour à la page d'accueil du site snof.org

Semaine du 17 au 24 juillet 2006

Une pression intra-oculaire en oxygène basse pourrait favoriser le développement de la cataracte chez les patients diabétiques (Am. J. of Ophthalmol. 2006 ; 141-6 : 1027-1032, Nancy M. Holekamp et al.)
Le développement d'une cataracte survient plus précocement et plus fréquemment chez les patients diabétiques que dans la population générale. La forme la plus fréquente de cataracte liée au diabète est la cataracte en « cupule postérieur » (la partie postérieure du cristallin est opacifiée). Une équipe a mesuré la pression en oxygène à l'aide d'un capteur optique à oxygène, au cours d'une vitrectomie. Ce geste a été réalisé sur 50 yeux (21 de patients diabétiques et 29 non diabétiques). La pression en oxygène était mesurée avant de démarrer la vitrectomie, une mesure juste en arrière du cristallin, et une autre au centre du vitré. Les résultats retrouvaient une pression en oxygène plus basse chez les patients diabétiques, que la mesure ait été effectuée à proximité du cristallin, ou en plein vitré. Les auteurs concluaient à un rôle possible de cette pression en oxygène diminuée dans le développement d'une cataracte.

Autogreffe de conjonctive avec application d'antimitotique pour éviter les récidives de ptérygion (Am. J. of Ophthalmol. 2006 ; 2006 ; 6-1044, Joseph Frucht-Pery et al.)
Le ptérygion est une pathologie de la surface oculaire correspondant à une invasion de la cornée par du tissu issu de la conjonctive. Cette pathologie serait en fait du au limbe (zone de transition entre la conjonctive et la cornée), qui ne jouerait plus son rôle de barrière. Un ptérygion de petite taille peut être tout à fait bien toléré pendant des années. Néanmoins, dans certains cas, il peut être responsable d'une baisse d'acuité visuelle par différents mécanismes : par apparition d'un astigmatisme évolutif du fait de la déformation imposée à la cornée, ou bien par envahissement de l'axe visuel central. Dans ces cas, le recours à la chirurgie s'impose. Le traitement consiste à retirer le ptérygion et à « gratter » la cornée envahie. Une autogreffe de conjonctive est souvent rajoutée. Une équipe a démontré que l'application locale d'un produit anti-mitotique avant de réaliser la greffe de conjonctive réduisait le risque de récidive du ptérygion.

Manifestations ophtalmologiques chez les enfants atteints de trisomie 13 (Am. J. of Ophthalmol. 2006 ; 141-6 : 1057-1060, Gregg T. Lueder et al.)
La trisomie 13 est la plus rare des trisomies pouvant aboutir à une naissance à terme d'un enfant vivant. L'incidence est de 1/24 856 naissances en moyenne. 80 % des foetus atteints meurent in utero et la moitié des nouveaux-nés décèdent avant 3 mois. Un article rapporte les manifestations cliniques ophtalmologiques chez 4 enfants atteints de trisomie 13. Tous les enfants présentaient un colobome irien inféronasal (malformation sous forme d'une perte de substance au niveau de l'iris), associé à une cataracte unilatérale adjacente au colobome. Deux patients présentaient également une pigmentation des tissus oculaires du coté de la cataracte. Un patient a été opéré de cataracte avec de bons résultats. Ce patient a néanmoins développé plus tard un décollement de rétine exsudatif secondaire à la présence de télangiectasies rétiniennes périphériques (maladie de Coats), résolutif après traitement par cryothérapie.

Progression des anomalies du champ visuel dans la neuropathie optique de Leber (Am. J. of Ophthalmol. 2006 ; 141-6 : 1061, Nancy J. Newman et al.)
La Neuropathie optique héréditaire de Leber est due à des mutations de l'ADN mitochondrial maternel ; la prévalence est d'environ 1 cas pour 55 000. Différents auteurs ont décrit 18 mutations différentes qui peuvent être isolées ou associées entre elles, et sont liées à une pénétrance variable de la pathologie. La maladie commence autour de 30 ans, par une perte de la vision centrale, un scotome, sans aucune douleur. L'évolution de la maladie peut se faire soit vers la perte progressive de la vision, soit vers une cécité brutale ou vers une amélioration spontanée. L'atteinte bilatérale est la règle avec un décalage moyen de deux mois entre les deux côtés. L'examen met en évidence des télangiectasies péripapillaires, une microangiopathie, un pseudo-oedème et des tortuosités vasculaires. Puis apparaît une atrophie optique. Une étude montre l'aggravation progressive du champ visuel de l'oeil « sain » après atteinte d'un premier oeil dans cette pathologie.

Manifestations ophtalmologiques des patients atteints de neurofibromatose de type 2 (Am. J. of Ophthalmol. 2006 ; 141-6 : 1068, Martina M. Bosch et al.)
La neurofibromatose de type II (NF2) est une affection héréditaire qui se transmet sur un mode autosomique dominant. Cependant dans la moitié des cas environ, elle est due à une nouvelle mutation. Son incidence est estimée à 1/50.000. Cliniquement, La NF2 peut présenter trois groupes de manifestations : - des schwannomes bilatéraux multiples des nerfs crâniens (le nombre et l'âge d'apparition de ces tumeurs sont variables d'un sujet à l'autre), ou d'autres tumeurs nerveuses centrales, des méningiomes essentiellement, plus rarement des épendymomes ; - des schwannomes sous-cutanés et des neurofibromes ; - des manifestations oculaires (opacités cristalliniennes) présentes la plupart du temps dès l'enfance. Une étude réalisée sur 23 patients a retrouvé une atteinte ophtalmologique dans 83 % des cas : 67 % avaient une cataracte, 40 % une membrane épirétinienne, 3 % un hamartome, 27 % un méningiome et 13 % un gliome du nerf optique.

Histoire familiale de pathologie digestive inflammatoire associée à une inflammation intra-oculaire idiopathique (Am. J. of Ophthalmol. 2006 ; 141-6 : 1097-1104, Phoebe Lin et al.)
L'inflammation intra-oculaire (uvéite) est liée à une pathologie systémique dans plus de la moitié des cas. Certaines pathologies digestives comme la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique (RCH) sont classiquement associées à la présence d'une uvéite. Une équipe a cherché à déterminer la prévalence d'une histoire familiale de maladie digestive inflammatoire (HFMDI) chez les patients atteints d'uvéite. Pour cela, tous les cas d'uvéite ont été répertoriés sur 10 ans dans leur service. L'uvéite était idiopathique pour 33 % des patients. Parmi ces patients, 3,6 % avaient une histoire familiale de RCH et 1,4 % de maladie de Crohn. La prévalence d'une HFMDI était 3 à 15 fois plus élevée chez les patients présentant une uvéite idiopathique que dans la population générale. Le groupe tissulaire HLA B27 était plus fréquent chez les patients ayant eux mêmes une pathologie inflammatoire digestive, mais pas pour ceux ayant une HFMID.