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Semaine du 15 au 21 mai 2006
Effet
de l'épaisseur cornéenne centrale, de la courbure cornéenne,
et de la longueur axiale sur la mesure de la pression oculaire au tonomètre
à aplanation (Arch. Ophthalmol. 2006 ; 124 : 471-6, Markus Kohlhaas
et al.) http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=pubmed&dopt=Abstract&list_uids=16606871&query_hl=1&itool=pubmed_docsum
La mesure de la pression intra-oculaire (PIO) est très importante afin
de dépister un glaucome. Cette mesure peut s'effectuer au tonomètre
à air (pas de contact direct avec la cornée) ou au tonomètre
à aplanation (contact avec la cornée). Une équipe a évalué
l'impact de l'épaisseur cornéenne centrale (ECC, mesurée
par pachymétrie), de la courbure cornéenne (CC, mesurée
par kératométrie), et de la longueur axiale (LA, mesurée
par échographie en mode B) sur la mesure de la pression oculaire au tonomètre
à applanation, au cours d'une étude prospective menée sur
125 patients. La PIO réelle a été mesurée par une
canule directement en chambre antérieure juste avant une chirurgie de
la cataracte. La PIO réelle était influencée par l'ECC,
mais pas par la CC, ni par la LA. Le facteur de correction de la PIO était
de 1-mm Hg pour 25-µm de déviation par rapport à une ECC
de 550 µm.
Le syndrome
des tâches blanches évanescentes (Arch. Ophthalmol. 2006
; 124 : 493-500, Nicole E. Gross et al.) http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=pubmed&dopt=Abstract&list_uids=16606874&query_hl=7&itool=pubmed_docsum
Le syndrome des tâches blanches évanescentes (ou multiple evanescent
white dot syndrome : MEWDS en anglais), est une pathologie bénigne, spontanément
résolutive, presque toujours unilatérale, survenant souvent dans
les suites d'une infection respiratoire, le plus souvent chez la femme. Aucun
traitement n'est nécessaire. Cette maladie se traduit par une baisse
d'acuité visuelle et par l'apparition de petites tâches blanches
au fond d'oeil. Ces tâches apparaissent hyperfluorescentes dès
les temps précoces sur l'angiographie à la fluorescéine.
Une étude réalisée chez 5 patients atteints de MEWDS a
permis de localiser les tâches blanches au niveau des couches internes
de la rétine (superficielles), alors que les spots plus larges visibles
uniquement en angiographie au vert d'indocyanine étaient situés
dans les couches externes, quasiment au niveau de l'épithélium
pigmentaire (plus profond).
Evaluation
du système « Pediatric Vision Screener III » (PVS) dans la
détection des troubles visuels chez l'enfant (Arch. Ophthalmol.
2006;124 : 509-513, Deborah S. Nassif et al.) http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=pubmed&dopt=Abstract&list_uids=16606876&query_hl=9&itool=pubmed_docsum
La mesure de l'acuité visuelle chez un enfant d'âge pré-verbal
peut s'effectuer selon deux types de méthodes : des méthodes comportementales
telle la méthode du regard préférentiel (ou "bébé
vision"), et des méthodes objectives : poursuite visuelle de mires
structurées, PEV, plus rarement le nystagmus optocinétique. Le
PVS (ou tamis pédiatrique de vision en français), est un dispositif
qui détecte automatiquement les facteurs de risque d'amblyopie via la
déviation d'alignement et de défocus oculaire. Le PVS utilise
un système de balayage rétinien binoculaire de biréfringence.
Une étude menée sur 77 enfants âgés de 2 à
18 ans a évalué les résultats de cette technique. Une bonne
vision binoculaire était mesurée pour 65 % des sujets contrôles
et pour moins de 20 % chez les patients avec strabisme. Ce système pourrait
être utilisé dans le dépistage des anomalies de vision chez
les enfants d'âge pré-scolaire.
Kératite
fongique (Cornea. 2006 ; 25(3) : 264-267, Ritterband, David et al.)
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=pubmed&dopt=Abstract&list_uids=16633023&query_hl=13&itool=pubmed_docsum
Les kératites infectieuses peuvent avoir un retentissement sévère
sur la vision, avec un risqué non négligeable de perte fonctionnelle
totale en cas de perforation et d'endophtalmie. Les kératites peuvent
être d'origine bactérienne, virale, ou fongique. Une étude
réalisée à New York a analysé les prélèvements
bactériologiques effectués en cas de kératite infectieuse
entre 1987 et 2003. Sur 5083 prélèvements effectués, 61
(1,2 %) étaient d'origine fongique. Dans 3 cas, l'infection était
bilatérale. Le Candida albicans était retrouvé dans 48
% des cas. Les facteurs de risque principaux exposant au risque de développer
une kératite fongique étaient : une infection par le VIH (15 yeux),
une pathologie oculaire de surface chronique type syndrome sec sévère
(14 yeux), et une notion de traumatisme oculaire récent (7 yeux), et
moins fréquemment, la présence d'une kératite herpétique
ou le port de lentilles de contact.
Quels
sont les facteurs influençant l'évolution d'un kératocône
? (Cornea 2006 ; 25(3) : 296-305, McMahon, Timothy et al.). http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=pubmed&dopt=Abstract&list_uids=16633030&query_hl=15&itool=pubmed_docsum
Le kératocône (KC) est une pathologie entraînant un amincissement
progressif central de la cornée, induisant une déformation en
« cône », avec majoration progressive d'un astigmatisme irrégulier
et augmentation de la courbure cornéenne. Cette affection bilatérale
touche essentiellement l'adulte jeune. Une équipe a mesuré les
variations de la courbure cornéenne au cours du temps, chez 1032 patients
suivis pour kératocône sur une durée de 8 ans. Seuls les
patients n'ayant pas eu de greffe de cornée ont été inclus.
L'âge moyen était de 38 +/-10 ans. La courbure cornéenne
augmentait en moyenne de 1, 60 dioptries sur 8 ans. Dans 24 % des cas, cette
augmentation était supérieure à 3 dioptries. Cette augmentation
était d'autant plus grande que les patients étaient jeunes et
avaient une acuité visuelle initiale basse.
Kératite
interstitielle périphérique : nouvelle manifestation de la mastocytose
? (Cornea 2006 ; 25(3) : 364-7, Magone, M. Teresa et al.) http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=pubmed&dopt=Abstract&list_uids=16633043&query_hl=17&itool=pubmed_docsum
Les mastocytoses sont des maladies rares caractérisées par un
infiltrat mastocytaire. On observe des formes cutanées (90 %) et des
formes systémiques (10 %), plus fréquentes chez l'adulte. Les
risques évolutifs de ces mastocytoses systémiques sont la transformation
maligne à long terme (33 % des cas) et le choc vasoplégique avec
flush généralisé lors des crises d'histamino-libération
(20 à 33 % des cas). Une équipe rapporte le cas d'une patiente
de 22 ans ayant présenté une atteinte oculaire à type de
kératite interstitielle au cours d'une mastocytose de type urticaria
pigmentosa. Il existait un infiltrat inflammatoire profond au niveau du stroma
cornéen, avec néovascularisation, en regard d'un chemosis conjonctival.
Une biopsie conjonctivale a mis en évidence un infiltrat de cellules
mastocytaires. La mise en route d'une corticothérapie locale a permis
une régression des lésions.
Uvéite
postérieure ou "pseudo-uvéite" : la confusion est fréquente
(Ocular Immunology Inflammation 2006 ; 14-1 : 13-20, Nagpal et al.)
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=pubmed&dopt=Abstract&list_uids=16507486&query_hl=1&itool=pubmed_docsum
L'uvéite correspond à une inflammation ou infection intra-oculaire
pouvant être due à une multitude d'étiologies. Le terme
de « pseudo-uvéite » est utilisé lorsque la présentation
ophtalmologique « mime » une uvéite (cellules dans l'humeur
aqueuse, vitré « chargé », infiltrats rétiniens),
sans qu'il y ait de véritable inflammation (absence de rupture de la
barrière hémato-aqueuse, absence d'oedème rétinien,
absence de synéchies irido-cristalliniennes). Dans un centre spécialisé
en uvéite, 1,12 % des cas adressés pour uvéite postérieure
étaient en fait des « pseudo-uvéites » (32 sur 2846).
Ces 32 cas de « pseudo-uvéite » étaient en fait des
cas de : choriorétinite séreuse centrale, néovascularisation
choroïdienne, dégénérescence maculaire liée
à l'âge, rétinite pigmentaire, fibres à myéline,
mélanome choroïdien, décollement rétinien ancien,
hémorragie rétrohyaloïdienne.
Causes
et facteurs de risque de rejet de greffe de cornée (Cornea.
25(3) : 251-6, Alexandre et al.) http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=pubmed&dopt=Abstract&list_uids=16633021&query_hl=2&itool=pubmed_docsum
Dans certaines pathologies entraînant une perte de transparence cornéenne,
la greffe de cornée est le seul moyen permettant de restaurer une acuité
visuelle correcte. Différents types de greffes de cornée (kératoplasties)
sont actuellement réalisées. La plus classique est la kératoplastie
transfixiante (KT) dans laquelle la cornée est retirée et greffée
dans toute son épaisseur. Le risque principal après cette chirurgie
est le rejet de greffe. Une étude a analysé les causes de survenue
d'un rejet de greffe après KT. Sur 213 KT effectuées entre 1995
et 2001, 54 (25,3 %) ont été rejetées, au cours d'un suivi
d'en moyenne 29 mois. Le risque de développer un rejet de greffe augmentait
en cas de reprise de greffe (seconde tentative), d'antécédents
de traumatisme oculaire, d'herpès ou de glaucome, et en cas de procédure
combinée (c'est à dire lorsque la greffe était réalisée
dans le même temps opératoire qu'une chirurgie de la cataracte).
Utilisation
des greffes de membranes amniotiques : une nouvelle indication (Br.
J. Ophthalmol. 2006 ; 90 : 417-9, G. Ainsworth et al.) http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=pubmed&dopt=Abstract&list_uids=16547316&query_hl=7&itool=pubmed_docsum
Initialement, les greffes de membranes amniotiques (GMA) ont été
utilisées en ophtalmologie dans le traitement des problèmes de
surface oculaire tels que les insuffisances limbiques, les chirurgies de reconstruction
du segment antérieur (après brûlures cornéennes sévères
ou conjonctivites fibrosantes auto-immunes). Une équipe rapporte une
nouvelle indication des GMA utilisées pour recouvrir des valves posées
afin de traiter un glaucome réfractaire, qui parfois « transpercent
» la conjonctive, exposant à un risque d'infection intra-oculaire.
Ces valves sont posées de manière a créer un shunt entre
la chambre antérieure et l'espace sous-conjonctival. Les auteurs rapportent
3 cas de GMA après exposition d'une valve, ayant permis de maintenir
un recouvrement correct et d'éviter une endophtalmie.
Pronostic
à long terme des sondes naso-lacrymales (Br. J. Ophthalmol.
2006 ; 90 : 435-6, P Connell et al.) http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=pubmed&dopt=Abstract&list_uids=16547322&query_hl=17&itool=pubmed_docsum
Le larmoiement chronique est une cause fréquente de consultation en ophtalmologie,
notamment chez les personnes âgées. La plupart du temps, la cause
de ce larmoiement est une minime obstruction des voies lacrymales, qui peut
être levée par un simple geste de sondage. En cas de récidive,
et en l'absence de rétrécissement majeur ou d'obstruction basse,
il est recommandé de poser une sonde dite « bi-canaliculaire »
afin de limiter les risques de nouvelle obstruction. En cas d'échec ou
d'obstacle bas, une dacryo-cysto-rhinostomie est indiquée. Une équipe
a analysé les résultats à long terme des sondes bi-canaliculaires.
40 patients (65 yeux) ont été suivis pendant 6 ans. L'âge
moyen des patients était de 59 ans. Après 6 ans, les symptômes
était résolus chez 51 % des patients. Une dacryo-cysto-rhinostomie
a été nécessaire dans 17 % des cas.