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Semaine du 3 au 9 avril 2006

Uvéite postérieure ou "pseudo-uvéite" : la confusion est fréquente (Ocular Immunology Inflammation 2006 ; 14-1 : 13-20, Nagpal et al.) http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=pubmed&dopt=Abstract&list_uids=16507486&query_hl=1&itool=pubmed_docsum
L'uvéite correspond à une inflammation ou infection intra-oculaire pouvant être due à une multitude d'étiologies. Le terme de « pseudo-uvéite » est utilisé lorsque la présentation ophtalmologique « mime » une uvéite (cellules dans l'humeur aqueuse, vitré « chargé », infiltrats rétiniens), sans qu'il y ait de véritable inflammation (absence de rupture de la barrière hémato-aqueuse, absence d'oedème rétinien, absence de synéchies irido-cristalliniennes). Dans un centre spécialisé en uvéite, 1,12 % des cas adressés pour uvéite postérieure étaient en fait des « pseudo-uvéites » (32 sur 2846). Ces 32 cas de « pseudo-uvéite » étaient en fait des cas de : choriorétinite séreuse centrale, néovascularisation choroïdienne, dégénérescence maculaire liée à l'âge, rétinite pigmentaire, fibres à myéline, mélanome choroïdien, décollement rétinien ancien, hémorragie rétrohyaloïdienne.

Traitement de la choroïdite serpigineuse (CS) (Ocular Immunology Inflammation 2006 ; 14-1 : 29-33, Markomichelakis et al.) http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=pubmed&dopt=Abstract&list_uids=16507488&query_hl=3&itool=pubmed_docsum
La choroïdite serpigineuse est une affection grave qui atteint des adultes d'âge moyen (autant d'hommes que de femmes). Elle se nomme aussi choroïdopathie géographique hélicoïdale péripapillaire. Cette maladie est rare, chronique, évoluant par poussées, bilatérale mais prédominant sur un oeil. Elle va altérer progressivement la chorio-capillaire, l'épithélium pigmentaire et la rétine neuro-sensorielle, donnant une acuité visuelle souvent très basse lorsque la macula est atteinte. Cette maladie de nature inflammatoire semble en rapport avec une ischémie choroidienne localisée dont l'étiologie précise reste inconnue. Une équipe a suivi 5 patients atteints de CS. Au cours des 7 années de suivi, 12 poussées avec retentissement maculaire ont été traitées par bolus intraveineux de corticoïdes, ayant entraîné une amélioration visuelle et une régression de l'inflammation dans tous les cas.

Abrasion de l'épithélium cornéen à l'alcool : une alternative dans le traitement des érosions cornéennes récidivantes ? (Ophthalmology 2006 ; 113-3 : 404-411, Harminder S. Dua et al.) http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=pubmed&dopt=Abstract&list_uids=16427700&query_hl=5&itool=pubmed_docsum
Les érosions cornéennes récidivantes correspondent à des ulcérations cornéennes survenant spontanément, le plus souvent le matin au réveil, qui sont responsables de douleurs et de photophobie durant plusieurs jours. La cicatrisation est rapide, mais les récidives caractérisent la maladie. Le problème vient d'un déficit des jonctions intercellulaires au niveau de la membrane basale de l'épithélium cornéen. Lorsque les poussées sont fréquentes, une photoablation au laser peut être proposée, permettant la « repousse » d'un épithélium « sain ». Une équipe a étudié l'intérêt de réaliser ce débridement épithélial non pas au laser, mais en appliquant une solution d'alcool à 20 % pendant 40 secondes. Les résultats étaient très encourageants puisque sur 12 yeux testés, 11 n'ont plus eu de symptômes sur un suivi de 2 ans en moyenne.

La kératite amibienne : caractéristiques cliniques et prise en charge (Ophthalmology 2006 ; 113-3 : 412-416, Xuguang Sun et al.) http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=pubmed&dopt=Abstract&list_uids=16427699&query_hl=7&itool=pubmed_docsum
Les kératites amibiennes (KA) représentent des pathologies assez rares mais souvent graves et difficiles à traiter. Les amibes sont des parasites de type protozoaire du genre acanthamoeba ; l'espèce keratolytica est responsable des abcès de cornée. L'analyse rétrospective de 20 patients atteints de KA a retrouvé deux facteurs de risque : le port de lentilles de contact, et la notion de traumatisme oculaire. La kératite se manifestait sous forme d'ulcération cornéenne et d'infiltration stromale diffuse ou annulaire. Le diagnostic était confirmé par le laboratoire (examen direct ou culture positive). L'image des kystes au niveau de la cornée a pu être mise en évidence en microscopie confocale dans 4 cas. Le traitement comportait une association en collyres de molécules antiparasitaires et d'antibiotiques pendant en moyenne 70 jours. Dans certains cas, un débridement épithélial mécanique était associé.

Elargissement de l'angle et modifications des procès ciliaires après chirurgie de la cataracte pour traiter un glaucome par fermeture de l'angle (Ophthalmology 2006 ; 113-3 : 437-441, Atsushi Nonaka et al.) http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=pubmed&dopt=Abstract&list_uids=16513457&query_hl=13&itool=pubmed_docsum
La crise de glaucome aigu par fermeture de l'angle (GFA) est une urgence thérapeutique. Le traitement est en général médical et vise à abaisser radicalement la pression intra-oculaire. Néanmoins, lorsqu'un gros cristallin « bombant » est impliqué dans le mécanisme du GFA, une chirurgie de la cataracte peut être réalisée en urgence afin de lever cette « poussée » du cristallin. Une équipe a analysé en biomicroscopie à ultrasons (UBM), les changements de configuration du segment antérieur, notamment des procès ciliaires, induits par la chirurgie de la cataracte réalisée au cours d'une crise de GFA sur 31 patients. Avant la chirurgie, 11 yeux avaient eu une iridotomie. La profondeur de la chambre antérieure, le degré d'ouverture de l'angle irido-cornéen, et la distance entre le trabéculum et les procès ciliaires étaient nettement augmentés 3 mois après la chirurgie.

Pression intra-oculaire chez les patients infectés par le VIH et traités (Ophthalmology 2006 ; 113-3 : 451-455, Igor Kozak et al.) http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=pubmed&dopt=Abstract&list_uids=16513459&query_hl=15&itool=pubmed_docsum
La rétinite à cytomégalovirus (CMV) était une complication fréquemment rencontrée chez les patients infectés par le VIH et sévèrement immunodéprimés. Depuis l'avènement de la tri-thérapie, la rétinite à CMV est beaucoup plus rare. En revanche, les patients ayant des cicatrices de rétinite peuvent développer une uvéite dite par restauration immunitaire, liée à la remontée des lymphocytes CD4, se traduisant par une uvéite antérieure et intermédiaire compliquée parfois d'oedème maculaire. Une équipe a mesuré les variations de la pression intraoculaire (PIO) en fonction du nombre de CD4 chez des patients infectés par le VIH. La conclusion était que la baisse des CD4 s'accompagnait d'une diminution de PIO, alors que la restauration immunitaire s'accompagnait d'une remontée de la PIO, tant chez les patients ayant des antécédents de rétinite à CMV que chez ceux qui n'en avaient pas.

Asymétrie de la pression intra-oculaire entre les 2 yeux chez les patients glaucomateux (Ophthalmology 2006 ; 113-3 : 425-430, Arthur J. Sit et al.) http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=pubmed&dopt=Abstract&list_uids=16406537&query_hl=9&itool=pubmed_docsum
Le glaucome chronique à angle ouvert est une pathologie fréquente, potentiellement cécitante en absence de dépistage et de prise en charge. Le dépistage de cette pathologie passe par la mesure de la pression intraoculaire (PIO) qui doit normalement être inférieure à 20 mm Hg. Une PIO supérieure doit faire suspecter un glaucome, et réaliser un champ visuel qui permettra d'analyser le retentissement de cet excès de PIO sur le nerf optique. Le traitement du glaucome consiste à abaisser la PIO. Le traitement médical par collyre est souvent suffisant. Afin de mesurer l'efficacité d'un collyre sur les variations de PIO, il est important que cette mesure soit fiable et reproductible. Une équipe a mesuré la PIO toutes les 2 heures sur 24 heures au niveau des 2 yeux de 41 patients non traités, et concluait à l'absence de différence significative de PIO entre les deux yeux.

Problèmes rapportés par les patients utilisant des collyres anti-glaucomateux : source de mauvaise observance thérapeutique (Ophthalmology 2006 ; 113-3 : 431-436, Betsy Sleath et al.) http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=pubmed&dopt=Abstract&list_uids=16458967&query_hl=11&itool=pubmed_docsum
Le glaucome chronique à angle ouvert est une pathologie fréquente initialement asymptomatique (ni douleur, ni rougeur oculaire, ni baisse de vision), rendant le dépistage indispensable. Actuellement, il existe de nombreuses molécules administrées par voie topique (collyre) permettant de normaliser la pression intraoculaire. Différentes classes thérapeutiques (bétabloquants, inhibiteurs de l'anhydrase carbonique, alpha2-mimétiques, analogues des prostaglandines) peuvent être utilisées seules ou en association en cas d'insuffisance d'une monothérapie. En cas d'inefficacité du traitement médical maximal ou d'inobservance thérapeutique, un recours à la chirurgie filtrante peut être nécessaire. Une étude a démontré qu'un défaut d'observance pouvait être lié aux problèmes ou à la sensation d'inconfort associés à la prise de ces collyres.

Manifestations cliniques du syndrome de Fuchs chez les patients chinois (Ophthalmology 2006 ; 113-3 : 473-480, Peizeng Yang et al.) http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=pubmed&dopt=Abstract&list_uids=16458965&query_hl=17&itool=pubmed_docsum
Le syndrome de Fuchs ou iridocyclite hétérochromique est une affection oculaire classiquement considérée comme une forme d'uvéite. Une étude chinoise portant sur 104 patients atteints de ce syndrome a répertorié les manifestations cliniques. Aucune prépondérance de sexe d'était retrouvée. L'atteinte était unilatérale dans 90 % des cas. Une vision trouble était la plainte la plus fréquente, et survenait dans 86 % des cas. Des précipités rétro-desmétiques d'aspect stellaire était présents dans 92 % des cas. Des cellules étaient présentes de façon modérée en chambre antérieure, sans que le flare ne soit élevé. Une hétérochromie irienne (différence de couleur entre les deux yeux) était notée pour seulement 15 yeux. Des nodules iriens étaient retrouvés dans 28 % des cas. Des complications à type de glaucome, cataracte, opacités vitréennes étaient présentes dans 70 % des cas.

Quel est le niveau d'éducation des patients atteints d'amaurose congénitale de Leber ? (Ophthalmology 2006 ; 113-3 : 481-482, M.A. Apushkin et al.) http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=pubmed&dopt=Abstract&list_uids=16513462&query_hl=19&itool=pubmed_docsum
L'amaurose congénitale de Leber (ACL) est une maladie héréditaire transmise sur le mode autosomique récessif, responsable d'une cécité ou d'une malvoyance congénitale précoce associant un nystagmus pendulaire avec une faible réaction pupillaire, une photophobie, et un signe oculo-digital. Cette forme de rétinite pigmentaire représente 5 % des dystrophies rétiniennes et est liée à une altération de la relation entre les cellules visuelles que sont les cônes et les bâtonnets d'une part et l'épithélium pigmentaire sous-jacent. Il existe une hétérogénéité génétique, 85 % des sujets atteints sont des garçons. Le traitement est uniquement symptomatique. L'analyse du niveau d'étude de patients atteints d'ACL dés la naissance montrait que 54 sur 55 avaient pu suivre des études supérieures classiques, en ayant adapté l'apprentissage à leur handicap visuel.