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Semaine du 14 au 20 novembre 2005
Dacryocystorhinostomie
endonasale : moins traumatisante que la voie classique (Ophthalmology
2005 ; 112(9) : 1629-33, Hong J.E.)
L'obstruction du canal lacrymal est une cause de larmoiement chronique et une
source d'infection du sac lacrymal (dacryocystite). L'intervention chirurgicale
visant à restaurer une communication naso-lacrymale, la dacryocystorhinostomie
(DCR), peut s'effectuer par voie externe (classique) ou par voie endonasale.
Une étude rétrospective portant sur 108 cas opérés
par voie endonasale démontrait un franc succès pour cette technique
avec un taux de réussite évalué à 81,5%. Les échecs
se manifestaient par des épistaxis récidivants, ou par un reflux
naso-lacrymal persistant. La DCR par voie endonasale représente une alternative
moins invasive et aussi efficace que la voie externe, notamment en cas d'antécédents
de chirurgie lacrymale.
Pour en
finir avec l'émulsion du silicone (Retina 2005 ; 25(7) : 902-10,
J.H. Dresp et al.) http://meta.wkhealth.com
Un tamponnement interne par huile de silicone est en principe temporaire. Il
séjourne habituellement six semaines à trois mois dans la cavité
vitréenne. En s'émulsifiant il peut induire un glaucome (notamment
si le silicone est maintenu en place longtemps) ou compliquer son extraction
le moment venu. A la recherche de moyens capables d'éviter cet effet
indésirable, les auteurs ont comparé la composition d'échantillons
émulsifiés et non émulsifiés. Dans les premiers
ils ont détecté la présence excessive d'autres substances
qui avaient été utilisées pendant l'intervention. C'est
pourquoi ils conseillent de limiter au maximum les contacts du silicone avec
ces produits, de ne pas les faire passer par les mêmes tubulures et d'éviter
les turbulences au niveau des interfaces. Rien d'étonnant finalement
lorsqu'on sait que l'émulsion d'un liquide correspond à sa division
en micro-gouttelettes au sein d'un autre liquide auquel il n'est pas miscible.
Neuropathie
optique ischémique après liposuccion (Ophthalmology 2005
; 29-2 : 91-93, Mohammed Sibgatullah)
Les causes classiques d'atteinte ischémique du nerf optique sont représentées
par l'athérosclérose, l'embolisation à partir d'une plaque
d'athérome, ou la maladie de Horton. Un cas clinique rapporte le cas
d'une neuropathie optique ischémique survenue chez une femme de 36 ans
deux jours après avoir pratiqué une liposuccion abdominale. L'hématocrite
était alors à 23,5%. La patiente ayant été transfusée,
l'acuité visuelle et la sensation de vertiges ont régressé
en une dizaine de jours. Le mécanisme de l'ischémie du nerf optique
était lié à une anémie couplée à une
hypotension responsable d'une mauvaise irrigation du nerf optique. Des cas similaires
peuvent se rencontrer au décours de toute chirurgie ayant entraîné
une perte volémique importante.
Arthrite
chronique juvénile : cause fréquente d'uvéite chez l'enfant
(Ophthalmology 2005 ; 112(7) : 1287-92, Kump L.I.)
L'uvéite peut être responsable d'une baisse d'acuité visuelle
chez l'enfant, avec un risque de développer une amblyopie, notamment
en cas d'atteinte unilatérale. Un bilan étiologique s'impose et
permet de relier l'uvéite à une pathologie générale
dans un peu moins d'un cas sur deux. Une étude rétrospective a
analysé 269 cas d'uvéites survenues chez l'enfant de moins de
16 ans. L'uvéite était antérieure dans 56,9% des cas, intermédiaire
dans 20,8%, postérieure dans 6,3% et globale dans 16%. L'inflammation
était non granulomateuse dans 77,6% des cas et bilatérale dans
74,4%. L'acuité visuelle était d'autant plus basse que la prise
en charge dans un centre spécialiste de l'uvéite avait été
retardée. Dans 58% des cas, aucune association systémique n'était
retrouvée. L'association à une arthrite chronique juvénile
était retrouvée dans 33% des cas, à une autre pathologie
systémique dans 9% (sarcoïdose et maladie de Behçet essentiellement,
néphrite tubulo-interstitielle dans 1% des cas).
Les patients
atteints de pathologies rhumatologiques peuvent être opérés
par LASIK (Ophthalmology 2005 ; 112-11 : 1948-1954, Alio J.L.)
Une étude rétrospective portant sur 22 yeux analysait les conséquences
du LASIK chez des patients atteints de pathologies rhumatologiques (polyarthrite
rhumatoïde, lupus, dermatomyosite, sclérodermie, spondylarthrite
ankylosante, maladie de Behçet) bien contrôlées par le traitement
médical. La moyenne de l'erreur réfractive en équivalent
sphérique passait de -5,39+/-2,25 en pré-opératoire à
-0,15+/-0,38 en post-opératoire. L'acuité visuelle sans correction
était de 20/25 en moyenne à 6 mois post-opératoire. Une
reprise chirurgicale a du être réalisée pour 6 yeux sur
42 (14,3%). Un syndrome sec était retrouvé pour 4 yeux. Aucun
phénomène de haze ou de fonte stromale n'a été observé.
En conclusion, les auteurs considèrent que la présence d'une pathologie
rhumatologique contrôlée ne représente plus une contre-indication
à la pratique du LASIK.
Incidence
du glaucome chronique chez les patients de plus de 55 ans (Ophthalmology
2005 ; 112-9 : 1487-1493, The Rotterdam Study, Simone de Voogd)
Le glaucome chronique représente la cause la plus fréquente de
cécité dans le monde, notamment dans les pays en voie de développement
qui ne peuvent pas toujours bénéficier des traitements efficaces
actuellement disponibles. Une étude hollandaise a inclus 3842 patients
âgés de plus de 55 ans entre 1990 et 1993 et les a réévalués
entre 1995 et 1997. Un glaucome était ainsi dépisté chez
87 d'entre eux, probable chez 58 patients et certain chez 29. Le risque de développer
un glaucome était ainsi évalué à 1% à l'âge
de 60 ans et à 3% à l'âge de 80 ans. Le risque de développer
un glaucome chronique bilatéral était 5 fois plus élevé
après 75 ans qu'avant. Seulement 37% des patients atteints de glaucome
recevaient un traitement au moment de la réévaluation. Cette étude
retrouvait donc une augmentation de l'incidence du glaucome avec l'âge
et une majorité de cas de glaucome non diagnostiqués et donc non
traités.
Birdshot
: revue de la littérature (Surv. Ophthalmol. 2005 ; 50(6) :
519-41, K.H. Shah et al.) http://linkinghub.elsevier.com
Bien connue, la choriorétinopathie de bidshot n'en reste pas moins assez
mystérieuse. Il s'agit d'une forme particulière d'uvéite
postérieure bilatérale chronique qui se traduit par de multiples
lésions choroïdiennes hypopigmentées (tâches jaunâtres
au fond d'oeil, telles une cible criblée d'impacts de fusil de chasse,
d'où l'appellation "birdshot"). Individualisée dans
les années 80, elle est fortement associée à l'antigène
HLA-A29 (plus de neuf patients sur dix). Les auteurs ont analysé la littérature
de langue anglaise se rapportant à cette maladie. L'âge moyen du
diagnostic est de 53 ans et on note une discrète prédominance
féminine. Les symptômes inauguraux les plus fréquents sont
le flou visuel et la perception de corps flottants. L'oedème maculaire
se présente comme la première cause de baisse d'acuité
visuelle (perte moyenne d'au moins deux lignes sur l'échelle de Snellen
dans 20% des cas sur moins de quatre ans). Le traitement optimal reste encore
à préciser.
Pensons
aux lymphomes (Surv. Ophthalmol. 2005 ; 50(6) : 598-606, M.T. Bhatti
et al.) http://linkinghub.elsevier.com
En (neuro-)ophtalmologie les lymphomes peuvent être à l'origine
de tableaux cliniques très variés, diversité qui peut favoriser
les retards de diagnostic et de prise en charge. Atteintes orbitaires, lacrymales,
conjonctivales ou du nerf optique, pseudo-uvéite ou hyalite, infiltration,
nécrose ou vascularite rétiniennes... : autant de localisations
possibles. Les formes intraoculaires, de mauvais pronostic, sont souvent associées
aux formes du système nerveux central. Les auteurs rapportent le cas
d'un patient HIV positif souffrant d'une paralysie oculomotrice isolée
(nerf moteur oculaire commun, IIIème paire crânienne) et dont le
lymphome (non Hodgkinien) n'a été découvert qu'en post-mortem.
Il existait une infiltration lymphomateuse des structures cérébro-méningées.
Très peu de cas similaires ont été décrits dans
la littérature.
Pseudo-histoplasmose,
je présume ? (Curr. Opin. Ophthalmol. 2005 ; 16(6) : 364-8,
A.G. Prasad et al.) http://meta.wkhealth.com
Les mécanismes de l'histoplasmose présumée, une maladie
qui peut conduire à la cécité, restent assez mystérieux.
Ce syndrome se caractérise par une atrophie péripapillaire et
de petites cicatrices atrophiques rétiniennes (maculaires ou de la moyenne
périphérie), aux dépens desquelles les néovaisseaux
choroïdiens peuvent se développer. Concernant la responsabilité
de Histoplasma Capsulatum (champignon dimorphique qui se présente tantôt
sous forme de levure, tantôt sous forme filamenteuse), les études
récentes semblent contradictoires. Au cours des années qui viennent
de s'écouler, la thérapeutique a néanmoins significativement
progressé dans le domaine des complications néovasculaires. En
effet, bien que la chirurgie sous-rétinienne n'ait pas convaincu, la
thérapie photo-dynamique fait figure d'option de choix et la corticothérapie
intra-vitréenne semble prometteuse.
L'OCT
appliqué à la neuro-ophtalmologie (Curr. Opin. Ophthalmol.
2005 ; 16(6) : 346-50, R.C. Sergott) http://meta.wkhealth.com
Au cours des deux dernières décennies, l'imagerie médicale
s'est considérablement développée. Non contente du niveau
actuel de sophistication des outils de diagnostic, les évolutions se
poursuivent. L'ophtalmologie est l'une des spécialités qui a amplement
bénéficié de ces progrès. L'OCT, dont les indications
ne cessent de s'élargir, en est un bon exemple. Sans parler de l'analyse
du segment antérieur, sujet d'actualité, l'OCT fut à l'origine
utilisé pour explorer la macula, puis la papille, d'où des applications
dans le domaine des glaucomes. Il est en effet capable de mesurer l'épaisseur
de la couche des fibres rétiniennes dans la région papillaire.
C'est ainsi que l'OCT a été récemment proposé pour
évaluer le retentissement axonal des névrites optiques de la sclérose
en plaques. Reste cependant à définir des normes et des recommandations
spécifiques uniformisées pour que les essais cliniques soient
comparables.