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Semaine du 29 août au 4 septembre 2005

Cataracte sur dystrophie de Fuch's : ce qu'il faut savoir (Curr. Opin. Ophthalmol. 2005 ; 16(4) : 241-5, G.D. Seitzman) www.ncbi.nlm.nih.gov
La dystrophie endothéliale de Fuch's est une anomalie multifactorielle progressive. Elle aboutit à terme à une défaillance de l'endothélium, qui peut être précipitée par l'extraction d'une cataracte. Pour limiter les risques de décompensation cornéenne, ou y faire face, l'opérateur doit être averti. Les facteurs prédisposant sont l'âge, le sexe, le diabète, les antécédents de traumatisme ou d'inflammation oculaires et le port de lentilles de contact. Les solutions qui contribuent à protéger l'endothélium passent par la dextérité et l'expérience du chirurgien, l'utilisation appropriée des outils viscoélastiques, le mode de délivrance des ultrasons et le choix de la technique d'extraction du noyau. L'indication d'un geste combiné, avec kératoplastie transfixiante (KPT), dépend notamment de la pachymétrie. Quoi qu'il en soit, tous les patients doivent être correctement informés, vis-à-vis notamment du caractère évolutif de la maladie et de l'éventualité d'une KPT.

Membrane amniotique et oeil : un appel aux chercheurs (Curr. Opin. Ophthalmol. 2005 ; 16(4) : 233-240, J.A. Gomez et al.) www.ncbi.nlm.nih.gov
La membrane amniotique peut être utilisée dans diverses situations pathologiques, pour faciliter la reconstruction de la surface oculaire (cornée et conjonctive). Avasculaire et dépourvue d'antigènes d'histocompatibilité, ce tissu biologique unique qui dispose de propriétés anti-angiogéniques et anti-inflammatoires, exerce un effet régulateur sur la cicatrisation. Plus qu'un substitut, elle représente un support sur lequel les cellules peuvent se régénérer et migrer, de façon à reconstruire des tissus sains. Elle peut aussi être employée comme pansement (patch) et véhiculer des cultures de cellules limbiques (thérapie cellulaire). Bien que ses indications se soient multipliées, l'utilisation de la membrane amniotique semble avoir échappé au principe de la médecine fondée sur les preuves. Les auteurs soulignent en effet le manque à combler d'études comparatives randomisées sur le sujet.

Rétinopathie diabétique proliférative : l'érythropoïétine, un deuxième facteur d'angiogenèse (NEJM 353 : 782-792, D. Watanabe et al. - 25 août 2005) http://content.nejm.org/cgi/content/abstract/353/8/782
Cette étude japonaise suggère que l'érythropoïétine est un puissant facteur angiogénique induit par l'ischémie agissant indépendamment du VEGF durant l'angiogenèse rétinienne lors de la rétinopathie diabétique proliférative. Elle a inclus 144 sujets, 73 patients atteints de rétinopathie diabétique proliférative et 71 sujets non diabétiques. Chez les patients, les concentrations médianes en érythropoïétine et en VEGF de l'humeur vitré étaient significativement plus élevées que chez les contrôles (464,0 vs 36,5 mUI/mL et 345,0 vs 3,9 pg/mL, p< 0,001 pour les deux). L'érythropoïétine et le VEGF étaient associés de façon indépendante à la rétinopathie diabétique proliférative, et cette association était plus forte pour l'érythropoïétine. Les chercheurs montrent d'autre part chez la souris que l'expression des gènes de l'érythropoïétine et du VEGF est augmentée dans la rétine ischémique. De plus, le blocage de l'érythropoïétine inhibe la néovascularisation rétinienne in vivo et in vitro la prolifération des cellules endothéliales dans l'humeur vitré des patients atteints de rétinopathie diabétique proliférative.

Deux méthodes de dacryocystorhinostomie à l'épreuve (Ophthalmology 2005 ; [Epub ahead of print] : G.J. Ben Simon et al.) http://linkinghub.elsevier.com
Cette étude, au cours de laquelle 176 procédures de dacryocystorhinostomie (DCR) ont été revues, avait pour thème les sténoses acquises des voies lacrymales. Il s'agissait pour les auteurs de comparer les résultats des interventions selon qu'elles avaient été réalisées par voie externe ou endoscopique. L'âge moyen des 143 opérés (une majorité de femmes) était de 63 ans. La perméabilité lacrymale a pu être restaurée chirurgicalement dans un peu plus de trois quarts des cas, des résultats inférieurs aux chiffres habituellement admis. Parmi les 41 échecs, seule la moitié a pu être expliquée par la présence d'un obstacle ; les autres ont été qualifiés de "fonctionnels". Moins d'une reprise chirurgicale sur deux s'est révélée efficace, l'échec d'une première révision laissant le plus souvent présager d'échecs ultérieurs. Peu de complications ont été enregistrées. Dans cette série, l'endoscopie a paru supérieure à la voie d'abord classique.

La cataracte vue d'ailleurs (Ophthalmology 2005 ; 112(7) : 1255-62,0 R. Husain et al.) http://linkinghub.elsevier.com
La cataracte représente une source considérable de cécité curable à travers le monde. A ce propos, les auteurs se sont intéressés à l'île indonésienne de Sumatra et plus particulièrement à un échantillon randomisé de 990 personnes de plus de 21 ans, issues de trois villages ruraux. L'enquête a été menée par une équipe de sept ophtalmologistes munis d'une lampe à fente portable et de collyres mydriatiques. L'état du cristallin a été évalué à l'aide de l'outil LOCS III (Lens Opacities Classification System III). Un questionnaire a été rempli en parallèle, qui visait notamment à préciser le degré d'instruction et le statut social des personnes examinées. La prévalence de la cataracte dans cette population apparaît comme l'une des plus élevées d'Asie du Sud Est : d'environ 1% pendant la troisième décade, elle augmente pour atteindre plus de 80% des habitants après l'âge de 60 ans. L'amélioration de la prise en charge est souhaitable, tant sur les plans individuel, qu'économique et social.

DR rhegmatogène puis MER : quel pronostic ? (Ophthalmology 2005 ; 112(7) : 1218-21, M.D. Council et al.) http://linkinghub.elsevier.com
Les membranes épirétiniennes (MER) sont une complication bien connue des décollements de rétine (DR) rhegmatogènes opérés. Les auteurs se sont penchés rétrospectivement sur les cas de 75 personnes dont la membrane avait dû être traitée chirurgicalement. Des résultats fonctionnels qualifiés d'excellents ont été obtenus dans cette série, une évaluation fondée sur l'acuité visuelle finale, pour un suivi moyen de plus de quatre ans (extrêmes de six mois à dix ans). Parmi les 43 personnes qui étaient phakes au début de l'étude, 34 ont dû être opérées de cataracte avant la fin du suivi. Cinq décollements de rétine ont récidivé. Si plus d'une MER sur cinq a rechuté, une seule a induit des conséquences visuelles de nature à imposer une nouvelle intervention. Les répercussions fonctionnelles des rechutes de membranes épirétiniennes paraissent dont peu importantes. La surveillance vise avant tout à dépister un nouveau soulèvement rétinien.

Un signe à connaître (BMC Ophthalmol. 2005 ; 5(1) : 13, A. Anand et al.) http://linkinghub.elsevier.com aashishanand@hotmail.com
A partir d'une observation, les auteurs décrivent un signe clinique qui, même lorsqu'il est isolé, peut être la trace d'une contusion et donc témoigner de la vulnérabilité de certaines structures de l'oeil. Suite à un traumatisme du globe chez un homme de 28 ans, un dépôt pigmentaire circulaire a été observé au niveau de la capsule postérieure du cristallin. En dépit d'examens ophtalmologiques répétés, aucune autre lésion d'origine traumatique n'a été constatée, et aucun argument en faveur d'une dispersion pigmentaire n'a pu être retenu. L'anneau pigmenté correspondrait dans ce cas à la zone d'insertion du ligament hyaloïdo-capsulaire (structure rarement observable in vivo, décrite par Wieger en 1883 et dont la réalité anatomique a été discutée) et pourrait être associé à une fragilité vitréo-cristallinienne. En sa présence, si l'on envisage une chirurgie de la cataracte, la prudence est donc recommandée.