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Semaine du 30 mai au 5 juin 2005
40 ans
d'endophtalmies sur greffe (Arch. Ophthalmol. 2005 ; 123(5) : 605-9,
M. Taban et al.) http://archopht.ama-assn.org
La kératoplastie transfixiante (KPT) est un geste majeur, du fait notamment
de la taille de l'ouverture de l'oeil qu'elle impose. Qui dit globe ouvert dit
risque d'endophtalmie post-opératoire. Afin de déterminer l'incidence
de cette complication et son évolution au cours du temps, les auteurs
se sont livrés à une revue de la littérature couvrant une
période de 40 années (de 1963 à 2003). Ainsi, pour plus
de 90 000 KPT répertoriées, la fréquence des endophtalmies
a pu être évaluée globalement à 0,382% des cas. Les
investigateurs ont cependant noté des modifications de ce chiffre au
fil du temps, estimé à 0,142% dans les années 1970, à
0,376% dans les années 1980, à 0,453 dans les années 1990
puis à 0,200% depuis l'an 2000. A suivre...
Les traumatismes
oculaires aux urgences (Arch. Ophthalmol. 2005 ; 123(5) : 662-6, G.
Jr McGwin et al.) http://archopht.ama-assn.org mcgwin@uab.edu
Cet article présente un état des lieux épidémiologique
au sujet des traumatismes oculaires pris en charge dans les services d'urgence
aux Etats-Unis. En vue de cette analyse, les données ont été
recueillies dans un fichier national consacré aux blessures. La fréquence
des lésions traumatiques de l'oeil a été calculée
en tenant compte de l'âge, du sexe et de l'origine géographique
des patients, ainsi que des circonstances de l'accident. Evalué à
3,15 personnes pour 1 000 habitants, ce taux varie néanmoins avec
certains facteurs. Les catégories de la population qui paraissent en
effet être les plus exposées sont les adultes jeunes (âgés
de 20 à 30 ans), les hommes, ainsi que les américains d'origine
indienne ou africaine. La plupart des blessures surviennent au domicile. Les
lésions les plus fréquentes sont les contusions et les érosions.
Un tour d'horizon qui permet de mieux cerner les besoins en matière de
traumatismes oculaires.
Les endophtalmies
en hausse (Arch. Ophthalmol. 2005 ; 123(5) : 613-20, M. Taban et al.)
<http://archopht.ama-assn.org/> http://archopht.ama-assn.org
L'endophtalmie post-opératoire reste la complication la plus redoutée
des chirurgiens de la cataracte. En dépit de toutes les précautions,
le risque infectieux ne peut jamais être complètement écarté.
Les auteurs, qui se sont livrés à la même analyse pour les
kératoplasties transfixiantes, ont revu à ce sujet la littérature
de 40 années consécutives. Sur un total de plus de trois millions
de cataractes, l'incidence de l'endophtalmie a été estimée
à 0,128%. Cette valeur a cependant fluctué au fil du temps pour
passer de 0,327% dans les années 1970, à 0,158% dans les années
1980 puis à 0,087% dans les années 1990 et enfin à 0,265%
de l'an 2000 à 2003. Selon les investigateurs, l'augmentation du risque
observé au cours des dix dernières années coïncide
avec l'apparition des incisions cornéennes et sans suture de la phacoémulsification.
Avec les incisions sclérales et limbiques, la fréquence des endophtalmies
a en effet été estimée à 0,074% et 0,062% respectivement.
Pointeur
laser pointé du doigt (Arch. Ophthalmol. 2005 ; 123(5) : 629-33,
D.M. Robertson et al.) http://archopht.ama-assn.org
Les lasers peuvent être à l'origine de lésions de la rétine.
Il faut donc s'en protéger. L'objectif de ce travail anatomo-clinique
était d'analyser les effets d'un pointeur laser sur l'oeil humain. Le
test a été effectué chez une patiente de 55 ans qui devait
être énucléée du fait d'un mélanome malin.
Alors que la macula était intacte tant sur le plan anatomique que fonctionnel
(acuité visuelle 20/20), la rétine a été soumise
au stylo laser en différents points et pendant une durée croissante
(exposition minimum de 60 secondes). Des rétinophotographies couleur
ont été prises avant et après l'expérience. L'intervention
chirurgicale a eu lieu trois semaines plus tard. C'est ainsi qu'une rétinopathie
a été observée, macroscopiquement et histologiquement,
dans les zones exposées au laser, sous forme de lésions de l'épithélium
pigmenté. Un outil en apparence inoffensif....
Une pseudomembrane
cornéenne révélatrice (Am. J. Ophthalmol. 2005
; 139(5) : 921-3, S.K Kurup et al.) http://linkinghub.elsevier.com
La myélodysplasie est une maladie du sujet âgé dont la médiane
de survie est de 15 mois. Elle se complique très fréquemment d'infections
(responsables de décès) et peut se transformer en leucémie
aiguë. Son traitement associe chimiothérapie, greffe de moelle et
soutien psychologique. Les auteurs décrivent un tableau ophtalmologique
inhabituel en rapport avec cette pathologie. Une femme de 59 ans, suivie et
greffée du fait d'un syndrome myélodysplasique, a consulté
pour une baisse aiguë de l'acuité visuelle. L'examen a révélé
la présence d'une pseudomembrane cornéenne qui a été
prélevée, dans l'hypothèse d'une réaction du greffon
vers l'hôte. L'analyse histologique était compatible avec une réaction
inflammatoire sur acutisation. Le diagnostic de leucémie myéloïde
aiguë a en effet été confirmé par la biopsie ostéo-médulaire.
Il ne faut donc pas hésiter à recourir à l'anatomopathologie.
Astigmatisme
et sutures : des liens étroits (Am. J. Ophthalmol. 2005 ; 139(5)
: 826-30, N.Szentmary et al.) http://linkinghub.elsevier.com
Sur un oeil déjà opéré, les indications de seconde
kératoplastie transfixiante répondent en général
à l'opacification du greffon. Les auteurs présentent cependant
une série de 17 yeux (16 kératocônes, une dystrophie de
Fuch's) qui ont dû être ré-opérés pour tenter
de traiter un astigmatisme majeur ou irrégulier, bien que la cornée
greffée soit restée claire. Les diamètres de trépanation
ont été fixés à 7,5 (receveur) et 8 mm (donneur)
puis deux surjets ont été mis en place. Grâce à une
série de mesures effectuées avant et après ablation des
sutures (premier et second surjets enlevés respectivement au cours des
14ème et 22ème mois post-opératoires.), l'évolution
des opérés a pu être suivie. L'intervention a dans un premier
temps significativement amélioré l'acuité visuelle et réduit
les astigmatismes. Puis, l'ablation du second surjet s'est soldée par
la réapparition d'astigmatismes. Dans de tels cas, les auteurs conseillent
donc d'enlever les sutures le plus tard possible.
Evolution
spontanée des DR rhegmatogènes asymptomatiques (Am. J.
Ophthalmol. 2005 ; 139(5) : 777-9, S.M. Cohen) http://linkinghub.elsevier.com
Certains décollements de rétine (DR) rhegmatogènes, dus
notamment à des déhiscences inférieures, progressent très
lentement et de façon asymptomatique. L'auteur, dans le but de préciser
leur évolution naturelle, a suivi 18 de ces yeux (16 patients) pendant
en moyenne quatre ans. L'idée était de traquer l'apparition de
symptômes. Les personnes qui avaient des antécédents de
chirurgie intra-oculaire ou de DR symptomatique contro-latéral ont été
exclues de cette étude. Au cours du suivi, aucun patient n'est passé
au stade symptomatique. Pendant quelques temps la limite postérieure
d'un des soulèvements a discrètement progressé puis s'est
définitivement stabilisée. Si l'on en croit ces observations,
les DR rhegmatogènes silencieux non traités pourraient probablement
bénéficier d'une simple surveillance à long terme (plusieurs
années), sans faire courir de trop grands risques aux patients.
Thrombose
post-angiographie (Am. J. Ophthalmol. 2005 ; 139(5) : 928-30, J.Y.
Cheng et al.) http://linkinghub.elsevier.com
L'angiographie en fluorescence est le plus souvent bien tolérée.
Des effets indésirables voire des réactions d'intolérance
graves peuvent cependant être observés. Alors qu'il venait de consulter
pour une baisse d'acuité visuelle gauche due à une chorio-rétinopathie
séreuse centrale, un patient de 38 ans a été orienté
vers une angiographie en fluorescéine. Suite à cet examen, et
plus précisément à l'injection intra-veineuse du produit
de contraste, il a développé une réaction inflammatoire
du bras droit. L'écho doppler a révélé la présence
d'une thrombose étendue du membre supérieur, pour laquelle un
traitement médical a été instauré. Les auteurs,
qui attirent l'attention des ophtalmologistes sur cette complication à
la fois rare et surprenante, conseillent en prévention d'installer correctement
le bras perfusé pendant les angiographies. Un cas qui impose des explorations
complémentaires à la recherche d'une thrombophilie.
Quelques
cas de trous maculaires post-Lasik (Ophthalmology 2005 May 23 ; Epub
ahead of print : Arevalo J.F. et al.) http://linkinghub.elsevier.com
Les auteurs décrivent vingt cas de trous maculaires (TM) observés
dans les suites d'un Lasik myopique bilatéral (équivalent sphérique
moyen d'environ -9 dioptries). Ces observations ont été répertoriées
à partir d'une étude multicentrique rétrospective qui a
porté sur près de 84000 interventions. De quoi estimer l'incidence
de cette complication à environ 0,02%, ce qui en fait un événement
rare. Six fois sur dix la lésion maculaire a fait son apparition au cours
des six premiers mois post-opératoires et trois fois sur dix après
la première année (extrêmes de un mois à 7 ans).
Le décollement postérieur du vitré, absent en pré-opératoire,
a été noté en post-opératoire dans plus de la moitié
des cas de TM. La chirurgie vitréo-rétinienne a permis d'obtenir
la fermeture de 14 d'entre eux. Là encore les modifications de l'interface
vitréorétinienne ne semblent pas étrangères à
la constitution de ces lésions.
Silicone
: gare à la cornée ! (Cornea 2005 ; 24(3) : 347-8, P.
Venkatesch et al.) http://meta.wkhealth.com venkyprao@yahoo.com
La principale complication des tamponnements internes par huile de silicone
est la kératopathie. Plus fréquente chez l'aphake et le pseudophake
de chambre antérieure, elle peut aussi se déclarer en présence
du cristallin ou d'un implant de chambre postérieure. Provoquée
par le contact du silicone avec l'endothélium, sa fréquence a
nettement chuté depuis que les iridectomies périphériques
inférieures sont devenues systématiques. Elle se manifeste en
général par un amincissement avec opacité de la cornée
en regard de la bulle voire, si le contact persiste, par une kératite
en bandelettes ou une opacification cornéenne dès l'ablation du
silicone (métaplasie des cellules endothéliales en fibres collagènes).
En rapportant un cas de perforation de la cornée sur silicone suite au
traitement d'un décollement de rétine compliqué, les auteurs
font le point. Ils recommandent de surveiller très attentivement les
patients à risque et de savoir extraire l'huile avant qu'il ne soit trop
tard.