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Semaine du 14 au 20 février 2005

Une cause d'amincissement cornéen (Cornea 2005 ; 24(1) : 39-44, J.A. Sanchis-Gimeno et al.) www.corneajrnl.com juan.sanchis@uv.es
L'épaisseur de la cornée normale va croissant du centre vers la périphérie et atteint sa valeur maximum en supérieur. Le syndrome sec fait quant à lui partie des facteurs qui peuvent induire un amincissement cornéen. Cette étude a consisté à comparer la pachymétrie topographique de 62 femmes ménopausées âgées de 51 à 55 ans (Orbscan II), alors que la moitié d'entre elles souffraient d'une sécheresse oculaire. Toutes avaient auparavant été examinées dans le but d'évaluer la qualité et la quantité des larmes : examen biomicroscopique, mesure du BUT (Break Up Time), test de Schirmer et coloration par la fluorescéine. Selon ce travail : après la ménopause l'épaisseur cornéenne centrale moyenne diminue significativement lorsqu'il existe une sécheresse lacrymale. Les auteurs concluent que cette notion doit être prise en compte lors de la sélection des candidates à la chirurgie réfractive par photoablation.

L'UBM a aussi ses limites (Cornea 2005 ; 24(1) : 20-31, C.J. Rapuano et al.) www.corneajrnl.com cjrapuano@willseye.org
Vingt yeux de 14 patients ont été inclus dans cette étude. Tous atteints d'une dystrophie cornéenne stromale antérieure, ils avaient été orientés vers une PKT (Photo-Kératectomie Thérapeutique, en traitement de première intention ou sur récidive). Le but était de préciser l'intérêt de l'UBM (Biomicroscopie UltraSonore) pour évaluer la profondeur des lésions tout en tenant compte de la transparence de la cornée, de l'acuité visuelle et de l'évolution de la réfraction post-opératoires. Selon les auteurs : la PKT représente une option de choix pour éliminer les opacités dans ces indications. En pré-opératoire, l'UBM n'a en revanche pas paru très performant pour déterminer la profondeur de la maladie. Enfin, compte tenu d'une photoablation réduite au minimum nécessaire, associée si besoin à un traitement de l'hypermétropie, les résultats visuels ont été jugés satisfaisants (peu de modifications de l'équivalent sphérique).

Accidents de la route : quels risques pour les yeux ? (Arch. Ophthalmol. 2005 ; 123(1) : 89-95, G. Jr McGwin et al.) http://archopht.ama-assn.org mcgwin@eyes.uab.edu
A partir de données recueillies entre 1988 et 2001 dans un fichier national des accidents de la route, les auteurs ont cherché à préciser le risque de blessure oculaire. Ils ont pour cela tenu compte notamment des caractéristiques des passagers (âge, utilisation ou non de la ceinture de sécurité...), du type de collision (valeur de la décélération, gravité de l'impact...) et du modèle des véhicules impliqués. Selon ces chiffres, la fréquence des lésions oculaires a progressivement augmenté à compter de l'année 1998. Associé à l'âge avancé, au sexe féminin, au poids du véhicule et à la gravité de l'accident, le risque relatif était deux fois plus élevé après intervention d'un air bag mais deux fois plus faible en présence d'une ceinture de sécurité. Quoi qu'il en soit, en cas de choc frontal, on ne peut discuter du risque que représente un air bag pour les yeux des passagers avants qu'en tenant compte des décès qu'il permet d'éviter.

Insuffisance de convergence : la rééducation, la vraie (Arch. Ophthalmol. 2005 ; 123(1) : 14-24, M Scheinman et al.) http://archopht.ama-assn.org mscheinman@pco.edu
Cette étude pilote randomisée a été mise en place par les investigateurs du "Convergence Insufficiency Treatment Trial Study Group". En prenant en charge 47 enfants (âgés de 9 à 18 ans) pour une insuffisance de convergence symptomatique, elle avait pour but de comparer trois approches thérapeutiques. C'est ainsi que, sur une période d'environ quatre mois, les patients ont expérimenté soit une rééducation visuelle et orthoptique, soit un simulacre de cette technique (baptisé placebo), soit enfin une méthode mise en place à domicile et qui consistait à reproduire des exercices à l'aide d'un stylo. Alors qu'au début de l'étude les symptômes étaient équivalents dans les trois groupes, seule l'authentique rééducation a eu des effets bénéfiques sur, à la fois les signes fonctionnels et la qualité de la convergence.

Syndrome exfoliatif : un désordre généralisé (Eye 2005 Jan 14, Epub ahead of print, C Akarsu et al.) www.nature.com
Les dépôts de matériel fibrillaire qui caractérisent le syndrome exfoliatif ne se limitent pas aux yeux (endothélium cornéen, capsule antérieure du cristallin, zonule, iris, corps ciliaire). Il s'agit en effet d'une maladie générale dont les localisations sont aussi cardiovasculaires, rénales ou cutanées. Si on le compare à celui de la population générale, le risque de glaucome est quant à lui multiplié par cinq ou dix. Il s'agit d'un glaucome secondaire qui se distingue notamment par sa sévérité. Sachant l'influence des facteurs hémodymiques sur la progression de certains glaucomes, les auteurs ont mesuré différents paramètres circulatoires chez 19 personnes suivies pour un glaucome pseudo-exfoliatif et 19 sujets témoins (volontaires sains). Selon les résultats obtenus dans cette série, les glaucomes pseudo-exfoliatifs seraient associés à un ralentissement circulatoire et à une augmentation des résistances dans l'artère cérébrale moyenne.

Le nerf optique victime des apnées du sommeil (Eye 2005 Jan 14, Epub ahead of print : CS Tsang et al.) www.nature.com
Les anomalies d'ordre hémodynamique locales ou générales peuvent nuire au nerf optique. Dans ce cadre, différentes équipes se sont penchées sur le problème des apnées du sommeil. Selon cette nouvelle étude, les apnées moyennes ou sévères pourraient favoriser l'apparition d'une neuropathie optique de type glaucomateux. Les auteurs ont en effet comparé 41 patients sujets aux apnées (et dont la pression intra-oculaire était normale) à 35 témoins appariés. Outre le recueil des antécédents ophtalmologiques et généraux, associé à un examen oculaire, l'évaluation a porté sur les résultats de l'enregistrement polysomnographique, les indices du champ visuel (automatisé sur les 30° centraux) et les modifications papillaires. Dans le groupe "apnées", les papilles suspectes de glaucome étaient quatre fois plus nombreuses et des déficits campimétriques significatifs ont été observés.

Comparaison de la thrombolyse intra-artérielle et du traitement conventionnel chez les patients porteurs d'une occlusion de l'artère centrale de la rétine (J. Neurol. Neurosurg. Psychiatry 2005 ; 76 : 196-199, M. Arnold)
Chez 37 patients qui présentaient une cécité monoculaire secondaire à une occlusion de l'artère centrale de la rétine (OACR), les auteurs ont comparé le résultat de la thrombolyse par voie intra-artérielle (urokinase) pratiquée dans les 6 heures qui suivaient l'occlusion à un groupe témoin de patients, observés dans les 6 heures qui suivaient l'occlusion. Dans les deux groupes certains patients ont été traités par paracentèse et/ou acétazolamide. Une amélioration de l'acuité visuelle a été plus souvent observée dans le groupe thrombolyse (p=0.01) de même une récupération de l'acuité visuelle >0.6 (p=0.04) : 8/37 patients (22%) du groupe thrombolyse ont récupéré une AV >0.6 vs 0/19 du groupe témoin. Les patients les plus jeunes avaient une plus grande probabilité de récupérer une acuité visuelle avec thrombolyse (p=0.012) ou sans thrombolyse (p=0.026). Trois patients ont présenté des symptômes neurologiques cérébraux mineurs, deux patients ont présenté un accident ischémique transitoire et un patient un AVC mineur. Aucune complication hémorragique n'a été observée. En conclusion, la thrombolyse par voie artérielle améliore le pronostic visuel des patients porteurs d'une OACR.

Aiguille salvatrice (J. Glaucoma 2005 ; 14(1) : 52-56, R.K. Shetty et al.) www.glaucomajournal.com
Il arrive que la chirurgie filtrante se solde par un échec et que la pression intra-oculaire (PIO) soit reste élevée, soit s'élève à nouveau après une phase de normalisation. Avant de décider d'un traitement, et pour que celui-ci soit efficace car bien ciblé, il convient d'identifier le mécanisme de cette hypertonie. Lorsque l'obstacle se situe au niveau de la bulle de filtration, une révision de celle-ci à l'aiguille (needling) et sous biomicroscope peut s'avérer nécessaire. Après avoir surveillé 44 yeux ainsi traités (avec injection de 0,1 ml de mitomycine C à 0,4 mg/ml, associée à un anesthésique local), pendant au moins les douze mois qui ont suivi le geste, les auteurs jugent qu'il s'agit d'une méthode efficace et qui comporte peu de risques. Dans près des deux tiers des cas, cette technique a en effet permis de contrôler durablement la PIO, que le needling seul ait suffit ou qu'il ait fallu lui adjoindre un complément thérapeutique.

Le silicone met-il la pression ? (J. Glaucoma 2005 ; 14(1) : 40-6, AM Al-Jazzaf et al.) www.glaucomajournal.com
En matière de décollements de rétine, le tamponnement interne par huile de silicone rend d'immenses services. Il est cependant aussi connu pour induire certaines complications, telles que l'hypertonie oculaire. Pour préciser la fréquence, la sévérité et la prise en charge de ces hypertonies secondaires, les dossiers de 447 patients vitrectomisés (450 yeux) ont été revus. Sous silicone, "seuls" 51 opérés ont vu leur pression intra-oculaire (PIO) augmenter de façon durable. Alors que, sous traitement médical, la PIO a diminué significativement dans plus des trois quarts des cas (PIO moyenne finale 18 +/- 9,1 mmHg), les autres patients ont dû être équipés d'un dispositif de drainage de l'humeur aqueuse (valve d'Ahmed) pour obtenir une PIO finale moyenne de 14 +/- 4,2 mmHg, avec ou sans traitement médical associé. Les auteurs concluent que les hypertonies secondaires induites par le silicone n'intéressent qu'une minorité d'opérés.

Toxoplasme et tonus (J. Glaucoma 2005 Feb ; 14(1) : 3-10, A .C. Westfall et al.) www.glaucomajournal.com
Dans le but d'étudier la pression intra-oculaire et les facteurs capables d'en influencer la valeur au cours des poussées de choriorétinites toxoplasmiques, les auteurs ont revu les dossiers de 61 patients. Ils ont tenu compte du délai de normalisation de la PIO le cas échéant, de l'âge, du sexe, de l'acuité visuelle, du Tyndall vitréen et de chambre antérieure, de la présence ou non de précipités rétro-descemétiques ou de synéchies, de l'état maculaire, de la sérologie toxoplasmique et du type de traitement. La PIO de 59 personnes suivies pour une uvéite antérieure aiguë a par ailleurs été mesurée. Dans cette série, près de la moitié des chorio-rétinites s'accompagnaient d'anomalies de la PIO. Il s'agissait le plus souvent d'une hypertonie, en général transitoire et contemporaine de l'uvéite, habituellement régressive sous traitement médical de courte durée. Cependant, quelques patients ont dû recevoir un traitement hypotonisant au long cours ou être opérés du fait d'un glaucome.

Le fond l'oeil : une épreuve pour les enfants prématurés (Retina 2005 ; 25(1) : 59-62, R. Rush et al.) www.retinajournal.com
Selon de récentes études, l'administration orale de sucrose à 24% chez les nouveaux nés produit un effet analgésique puissant. Dans le but de tester les effets de cette méthode sur la douleur et l'angoisse au cours de l'examen du fond d'oeil, trente nouveau-nés prématurés ont été inclus pour participer à une étude prospective randomisée et contrôlée. La moitié d'entre eux, emmaillotés et maintenus, ont été examinés sous sucrose alors que l'autre moitié a constitué le groupe contrôle. L'évaluation a porté sur la fréquence cardiaque, la fréquence respiratoire, la saturation en oxygène, les pleurs et sur le délai de normalisation de ces paramètres. Malgré une tendance aux pleurs prolongés des nouveaux-né témoins, aucune différence significative n'a pu être mise en évidence avec les enfants qui avaient absorbé du sucrose. L'examen du fond d'oeil dans cette indication n'en reste pas moins une expérience stressante.

Locus de susceptibilité pour l'uvéite antérieure aiguë (Arthritis. Rheum. 2005 ; 52 : 269-274, Martin T.A. et al.)
L'équipe de J. Recueille identifie au sein de familles multiples avec uvéite antérieure aiguë (58 ayant une spondylite ankylosante [SPA] associée, 6 sans SPA, 12 discordant sans SPA) une liaison forte déjà connue pour la SPA sur le chromosome 6 p 21 (Rod score 4.96). Une liaison particulière, indépendante de la SPA, est identifiée sur le chromosome 9 p 21 (LOD score 3.72). Il s'agit de la première identification d'un locus spécifique pour l'uvéite antérieure aiguë, indépendante de la présence de SPA.