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Semaine du 7 au 13 février 2005
Syndrome
de traction vitréo-maculaire : deux types, deux pronostics (Am.
J. Ophthalmol. 2005 ; 139(1) : 112-7, N. Yamada et al.) http://linkinghub.elsevier.com
L'OCT est décidément incontournable au cours des pathologies maculaires.
En utilisant cet examen à travers un travail prospectif, les auteurs
ont observé deux formes de tractions vitréo-maculaires qui se
distinguent non seulement par leurs caractéristiques anatomiques, mais
aussi par leurs conséquences pathologiques et pronostiques. Chez dix
des 14 yeux étudiés, la traction réalisait un décollement
postérieur du vitré partiel en forme de "V". Le décollement
de la fovéa était constant, avec ou sans oedème maculaire
et les résultats de la chirurgie ont été jugés satisfaisants.
Les quatre autres yeux avaient quant à eux un décollement postérieur
du vitré partiel, situé en temporal de la fovéa, associé
à trois oedèmes maculaires cystoïdes (OMC) importants. Ici
en revanche, la chirurgie n'a pas amélioré la vision. En post-opératoire
en effet, un des OMC a persisté alors que deux trous et une atrophie
maculaires se sont constitués.
Un traitement
qui modifie le fonctionnement rétinien (Am. J. Ophthalmol. 2005
; 139(1) : 214-5, CH Meyer et al.) http://linkinghub.elsevier.com
La vision résulte d'un ensemble de fonctions spécialisées
parmi lesquelles l'acuité et la perception du champ visuel, des contrastes,
des couleurs ou des mouvements. Si en pathologie, les praticiens exploraient
systématiquement ces différentes fonctions, ils ne seraient sans
doute pas au bout de leurs surprises. L'exemple rapporté par les auteurs
l'illustre bien ; il s'agit d'une étude prospective à laquelle
dix-sept personnes suivies pour une DMLA compliquée de néovaisseaux
ont participé. La vision des couleurs, la sensibilité aux contrastes
puis l'acuité visuelle de près en images positives et négatives
ont été testées à trois reprises (avant puis une
semaine et trois mois après la photothérapie dynamique). Alors
que la vision des couleurs et la sensibilité aux contrastes ne se sont
pas modifiées, la préférence des patients, qui tendait
initialement vers les images positives, s'est modifiée en faveur des
images négatives après le traitement. Voilà qui témoigne
de modifications du fonctionnement de la rétine.
Tension
oculaire et syndrome métabolique (SM) (Diabetes Metab.
Res. Rev. 2005 jan 13, Oh SW.) http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=pubmed&dopt=Abstract&list_uids=15651065
943 sujets sud coréens ont réalisé un examen ophtalmologique
complet avec mesure de la tension intra oculaire (TO) ainsi qu'une évaluation
de certains paramètres métaboliques. L'insulinorésistance
(IR), estimée par méthode HOMA, était associée à
la TO (p < 0.05), même après ajustement sur des facteurs confondants.
La TO était plus élevée chez les sujets ayant un SM que
chez ceux n'en n'ayant pas. La TO moyenne augmentait de façon linéaire
avec le nombre de paramètres du SM. L'IR pourrait donc expliquer les
résultats de différentes études trouvant un lien entre
l'hypertonie oculaire et l'obésité, l'HTA et le diabète.
Quelle
désépithélialisation pour la photokératectomie réfractive
(PKR) ? (Am. J. Ophthalmol. 2005 ; 139(1): 56-63, HK Lee et al.) http://linkinghub.elsevier.com
La désépithélialisation de la PKR peut être effectuée
mécaniquement, en appliquant une solution alcoolisée (dont la
concentration ne doit pas être trop élevée pour éviter
d'agresser le stroma), ou par photoablation non réfractive au laser Excimer.
Le but de cette étude était de comparer ces trois méthodes
en étudiant la cicatrisation, la douleur, l'acuité visuelle sans
correction, la meilleure acuité visuelle corrigée (MAVC) et la
réfraction (à six mois) post-opératoires. Ont été
inclus : 88 yeux opérés en utilisant la première technique,
106 yeux opérés avec la deuxième (alcool à 20%)
et à nouveau 106 yeux avec la troisième. Aucune différence
n'a été observée, qu'il s'agisse de la douleur, de la MAVC
ou des opacités sous-épithéliales (haze). A noter dans
cette série, une tendance à la sur-correction avec le laser, et
à la sous-correction avec l'alcool (les nomogrammes étant identiques).
Le délai de ré-épithélialisation n'a pas influencé
les résultats visuels ou réfractifs.
En savoir
plus sur les exentérations (Am. J. Ophthalmol. 2005 ; 139(1)
: 11-7 GJ Simon et al.) http://linkinghub.elsevier.com
L'exentération est une chirurgie lourde qui conserve des indications.
En reprenant les cas 34 opérés, les auteurs se sont penchés
sur la technique chirurgicale, l'analyse histologique des limites d'exérèse,
le pronostic vital et l'aspect esthétique. Agés de 67 ans en moyenne,
les patients ont été suivis pendant 6 mois à six ans. Les
tumeurs malignes en cause avaient pour origine l'orbite, le globe oculaire ou
les annexes, avec une prédominance des carcinomes à cellules squameuses.
Dans cette série, les limites d'exérèse se sont révélées
saines dans plus des deux tiers des cas et la plupart des malades ont refusé
la chirurgie reconstructrice. Quatre opérés sont décédés
pendant le suivi, mais un seul des suites de sa tumeur. Si les exentérations
peuvent être curatives en présence de carcinomes baso-cellulaires
ou à cellules squameuses, cela n'est en revanche pas le cas des tumeurs
infiltrantes comme le carcinome adénoïde kystique (cylindrome),
dont le pronostic est très mauvais.
Les implants
accommodatifs aujourd'hui (Am. J. Ophthalmol. 2005 ; 139(1) : 8-26,
H.B. Dick et al.) http://linkinghub.elsevier.com
Pour améliorer les résultats visuels de la chirurgie de la cataracte,
les laboratoires travaillent à créer de nouveaux concepts d'implants.
Offrir aux opérés la possibilité de voir sans correction
à toutes les distances fait partie des défis actuels. Cela passe
soit par les implants multifocaux, qui peuvent cependant induire des halos ou
diminuer la sensibilité aux contrastes, soit par les implants dits "accommodatifs",
dont le principe est de permettre le déplacement intermittent du foyer
de la lentille afin d'instaurer une véritable accommodation du pseudophake.
En s'interrogeant sur les notions d'accommodation vraie et de pseudo-accommodation,
les auteurs décrivent trois implants accommodatifs. Bien que certains
travaux tendent à montrer que ce concept fonctionne, les études
biométriques destinées à objectiver le déplacement
antérieur de l'optique ne paraissent pas concluantes. Enfin ces implants
pourraient induire plus de réactions capsulaires (opacification...) que
les lentilles standard. Une affaire à suivre.
PKR,
Lasik et surface oculaire (Am. J. Ophthalmol. 2005 ; 139(1) : 64-71,
R. Nejima et al.) http://linkinghub.elsevier.com
Chacun sait que les interventions de PKR et de Lasik perturbent transitoirement
la physiologie oculaire par le biais notamment de troubles de la sensibilité
cornéenne et d'une sécheresse lacrymale. En s'engageant dans cette
étude prospective non randomisée, les auteurs ont voulu comparer
les effets de ces deux techniques, en suivant régulièrement et
pendant un an,15 patients opérés de PKR (28 yeux) et 59 opérés
de Lasik (115 yeux). Les analyses ont porté sur la sensibilité
de la cornée, l'état de la barrière épithéliale,
ainsi que sur la quantité et la qualité des larmes. Selon les
observations colligées dans cette série : l'hypoesthésie
cornéenne, les altérations de la fonction de barrière et
l'instabilité du film lacrymal (Break Up Time) seraient plus marquées
et plus durables après un Lasik. Néanmoins les deux techniques
sont à l'origine de modifications significatives.
Les "archives
ouvertes" : un phénomène qui fait des adeptes (Am.
J. Ophthalmol. 2005 ; 139(1) : 156-67, T.J. Liesegang et al.) http://linkinghub.elsevier.com
Les "Archives Ouvertes" ne sont autres que la traduction de "Open
Access", un mouvement initié par des chercheurs voilà plus
de dix ans, dans le but notamment de permettre aux scientifiques d'accéder
gratuitement et immédiatement aux publications, via Internet. Si dans
un premier temps les éditeurs n'avaient pas vu cette initiative d'un
bon oeil, ils se sont adaptés, sachant que des solutions de financement
ont dû être mises en place. Tout comme les pouvoirs publics, qui
s'intéressent à la question, les auteurs dressent le tableau actuel
de la situation. Le système des archives ouvertes présente entre
autres l'intérêt de favoriser la circulation et les échanges
d'idées au sein de la communauté scientifique. Peut on cependant
envisager à terme à la fois de conserver la presse scientifique
classique et d'assurer le développement optimal de l'Open Access ? Un
article qui aborde les différents aspects du problème.
Uvéite
du psoriasis : une entité clinique ? (Am. J. Ophthalmol. 2005
; 139(1) : 106-11, K Durrani et al.) http://linkinghub.elsevier.com
Les spondylarthropathies, le terrain génétique et les uvéites
sont intimement liés. Si l'on estime en effet la proportion de sujets
HLA B27 à 8% dans la population générale, elle atteint
20 à 30% des rhumatismes psoriasiques, 60 à 80% des arthrites
réactionnelles et 90% des pelvispondylites rhumatismales (ou spondylarthrite
ankylosante). Les uvéites, très souvent associées à
la pelvispondilite rhumatismale, jalonnent également le cours de 7% des
rhumatismes psoriasiques et de 10 à 20% des arthrites réactionnelles.
A partir d'une série d'observations, les auteurs ont comparé les
caractéristiques des uvéites selon qu'elles étaient idiopathiques,
qu'elles se développaient dans un contexte de psoriasis ou encore sur
un terrain HLA B27. En présence d'un psoriasis elles semblent se distinguer,
par, entre autres, leur âge de survenue, la fréquence de leur bilatéralisation
ou leur durée. Des études complémentaires sont cependant
nécessaires.
Pour l'éternité
(Cornea 2005 ; 24(1) : 92-102, T.R. Kramer et al.) www.corneajrnl.com
Selon cette étude, la Lasik laisserait persister des lésions cornéennes
au long cours. Les auteurs se sont en effet livrés à l'analyse
histologique de 48 cornées prélevées sur 25 cadavres de
personnes qui avaient été opérées de leur vivant.
Au moment du décès, l'intervention datait de trois mois à
sept ans. Dans tous les cas des anomalies cornéennes qualifiées
de pathologiques ont été observées. Parmi le large éventail
d'exemples rapportés, citons l'épaississement de la membrane basale
de l'épithélium, des ondulations de cette même membrane
et de la membrane de Bowman, une désorganisation de la structure collagène
du stroma ou l'invasion épithéliale. Aucune relation n'a pu être
établie entre l'ancienneté de la chirurgie et la sévérité
des anomalies, excepté pour l'accumulation d'un matériel électron-dense
dans le réseau collagène. De quoi s'interroger sur la physiologie
de ces cornées.
Une nouvelle
indication pour les petites incisions (Cornea 2005 ; 24(1) : 59-65,
M.A. Terry et al.) www.corneajrnl.com mterry@discoveriesinsight.org
Cette étude prospective avait pour but d'évaluer l'intérêt
des incisions sclérales de petite taille (5 mm) pour réaliser
les kératoplasties lamellaires profondes endothéliales. Vingt-cinq
patients ont été inclus du fait, soit une dystrophie endothéliale
de Fuchs, soit d'une kératopathie bulleuse du pseudophake. Avec six mois
de recul les auteurs jugent que cette variante technique pourrait devenir la
méthode de référence. Dans cette série en effet,
non seulement la topographie cornéenne semble avoir été
respectée (peu d'astigmatisme induit), mais surtout la densité
cellulaire post-opératoire de l'endothélium du donneur s'est révélée
satisfaisante (malgré le pliage per-opératoire du greffon nécessaire
à sa mise en place, la perte cellulaire moyenne a été évaluée
à 24%). La meilleure acuité visuelle corrigé s'est significativement
améliorée, passant en moyenne de 20/90 en pré-opératoire
à 20/44 après l'intervention.