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Semaine du 31 janvier au 6 février 2005
Nouveau
regard sur l'extraction du cristallin clair (Curr. Opin. Ophthalmol.
2005 ; 16(1) : 53-6, R. Packard) www.co-ophthalmology.com
La correction d'une myopie forte par l'extraction du cristallin clair n'est
certes pas une nouveauté. Intervention controversée, elle a la
réputation de faire courir aux opérés des risques rétiniens.
Pour en avoir le coeur net, l'auteur s'est livré à une méta-analyse
dans laquelle les cas de plus de 2000 patients ont été inclus,
opérés entre 1996 et 2004. Au cours d'un suivi moyen d'environ
quatre ans, l'incidence du décollement de la rétine (DR) fut de
1,85%, soit très peu supérieure à celle qui avait été
rapportée par Burton chez les myopes forts (1,5%). Notons que pour interpréter
correctement les chiffres, les biais de recrutement, sources d'erreurs, doivent
être éliminés (certains auteurs auraient ainsi surestimé
le risque de DR). Les méthodes chirurgicales et les implants modernes
pourraient, au même titre que la sélection pré-opératoire
des patients, faire de l'extraction du cristallin clair une technique de chirurgie
réfractive plus sûre et mieux considérée.
Glaucome
et cataracte associés : comment opérer ? (Curr. Opin.
Ophthalmol. 2005 ; 16(1) : 44-52, C. Verges et al.) www.co-ophthalmology.com
Quel traitement choisir quand un même patient souffre à la fois
de glaucome et de cataracte ? Soulignant que la décision doit être
prise au cas par cas, les auteurs, après sélection des articles
les plus pertinents, proposent une revue de la littérature récente.
Devant une cataracte débutante, la chirurgie filtrante seule est préconisée.
Un glaucome évolutif ou évolué impose quant à lui
une intervention combinée. En effet, la trabéculectomie seule
n'a pas démontré sa supériorité vis-à-vis
de la phaco-trabéculectomie (l'extraction de la cataracte est de moins
en moins traumatisante). La phaco-trabéculectomie en deux sites distincts
avec adjonction de mitomycine C est certes efficace, mais, à résultats
semblables, les interventions combinées avec sclérectomie profonde
ou visco-canalostomie induisent moins de complications. Une phacoémulsification
réalisée sur un oeil porteur d'une sclérectomie profonde
ne semble pas menacer le résultat pressionnel. Des données qui
restent à vérifier.
Implants
multifocaux : une mise au point (Curr. Opin. Ophthalmol. 2005 ; 16(1)
: 33-7, R. Bellucci et al.) www.co-ophthalmology.com
S'ils existent déjà depuis quelques temps, et s'ils offrent de
nouvelles perspectives en matière de chirurgie réfractive, les
implants multifocaux n'ont pas encore réussi à s'imposer en routine.
Dans le but d'analyser ces faits, voilà un article qui expose les avantages
et les inconvénients de ces lentilles, connues pour réduire la
sensibilité aux contrastes. Leurs indications pourraient être amenées
à s'étendre, mais ils sont déjà utilisés
avec succès dans différentes circonstances (patients motivés
sélectionnés, cataractes post-traumatiques...). En chirurgie réfractive,
la correction de la presbytie par ce moyen reste quant à elle discutée.
Dans cette indication, les auteurs évoquent un nouvel implant phake de
chambre antérieure qui semble prometteur. Selon les premiers résultats,
il suscite la satisfaction des opérés, et ce malgré plus
de 7% d'explantation. Ses meilleures indications concernent les hypermétropes
et il a l'avantage d'être réversible.
Comment
enseigner la phaco ? (Curr. Opin. Ophthalmol. 2005 ; 16(1) : 27-32,
J.H. Smith et al.) www.co-ophthalmology.com
La chirurgie de la cataracte est très fréquente. Du fait des progrès
des techniques, des technologies et des matériaux, les opérés
sont de plus en plus sensibilisés à la qualité du résultat
fonctionnel. Pour répondre aux attentes des patients, la compétence
des chirurgiens doit donc être à la hauteur. Au cours de leur formation,
les internes doivent théoriquement acquérir la pratique de ces
gestes, un aspect très important de l'enseignement. Cet apprentissage
peut cependant être compromis par différents facteurs comme par
exemple l'évolution rapide des technologies ou des soucis d'ordre économique
(...). Pour y remédier, l'auteur rappelle ou propose un ensemble de solutions,
telles que l'entraînement sur des yeux d'animaux, les simulateurs de chirurgie
(interventions virtuelles), la révision des méthodes d'enseignement
et la recherche de financements.
Dommages
oxydatifs liés à l'âge et cataractogenèse (Free
Rad Biol Med 38 (5) : 575-582, J. Sastre et al. - Mars 2005)
On sait que le dommage oxydatif visant les protéines du cristallin et
la déplétion du glutathion jouent un rôle majeur dans le
développement de la cataracte sénile. Les chercheurs ont précédemment
montré qu'une déficience en activité gamma-cystathionase
pouvait être à l'origine de la diminution du glutathion dans le
cristallin âgé, et dans la présente étude, examinent
le mécanisme de cette déficience liée à l'âge.
Ils montrent chez le rat que le manque d'activité gamma-cystathionase
observé dans plus de 50% des cristallins de rats âgés est
du à une diminution de l'expression du gène et à la dégradation
protéolytique de l'enzyme, ce qui résulte en un risque élevé
de développé une cataracte sénile.
Bimanuelle
: où en est-on aujourd'hui ? (Curr. Opin. Ophthalmol. 2005 ;
16(1) : 2-7, T. Paul et al.) www.co-ophthalmology.com
La technique de phacoémulsification bimanuelle a été mise
au point pour extraire le cristallin à travers des micro-incisions (de
l'ordre du millimètre). L'embout de phaco, débarrassé de
son manchon, délivre les ultrasons et assure l'aspiration, alors que
l'infusion passe par un micromanipulateur irrigateur, spécialement conçu
à cet effet. Une courbe d'apprentissage est bien sûr nécessaire,
notamment pour savoir éviter les brûlures cornéennes et
maintenir le volume de la chambre antérieure (gestion des fluides). Si
le matériel à su s'adapter à cette nouvelle technique,
les implants actuels restent un facteur limitant. Ceux dont nous disposons à
l'heure actuelle ne peuvent en effet être mis en place sans avoir au préalable
élargi l'incision. Pour résoudre ce problème, et du fait
de l'enthousiasme suscité par la bimanuelle, les recherches se poursuivent
activement.
Le rétinoschisis
fovéal du myope mieux compris (Am. J. Ophthalmol. 2005 ; 139(1)
: 197-9, H. Bando et al.) http://linkinghub.elsevier.com
Le but de ce travail était de préciser les mécanismes physio-pathogéniques
qui sont à l'origine du rétinoschisis fovéal du myope.
Les auteurs ont pour cela étudié en microscopie électronique
les membranes limitantes internes (MLI) de dix sujets atteints et de cinq personnes
opérées pour traiter un trou maculaire idiopathique (sujets témoins).
La comparaison a permis de mettre en évidence des différences
significatives entre les deux groupes. En particulier, alors que les MLI prélevées
en regard des trous maculaires étaient dépourvues de fibres collagènes
et de fragments cellulaires, ces éléments se sont en revanche
révélés associés à sept des schisis. Le collagène
et les éléments constitutifs des cellules pourraient donc jouer
un rôle dans le déterminisme du rétinoschisis fovéal
du myope. C'est pourquoi on souligne, là encore, l'intérêt
d'enlever la MLI en per-opératoire.