Retour à la page d'accueil du site snof.org
Semaine du 24 au 30 janvier 2005
La vidéo
au service des patients (Br. J. Ophthalmol. 2005 ; 89(1) : 10-3, C.K.
Pager) http://bjo.bmjjournals.com ckpager@stanfordalumni.org
Comment délivrer l'information pour qu'elle soit à la fois claire,
précise et qu'elle permette au malade de participer aux décisions
qui concernent sa santé sans toutefois générer d'anxiété
excessive, relative notamment aux risques de complications ? L'auteur a expérimenté
une méthode dont il nous livre les résultats. Il a pour cela réparti
141 futurs opérés de la cataracte en deux groupes (par randomisation).
Tous ont reçu des explications sous forme de vidéo, qui exposait
pour les uns ce qu'il est raisonnable d'espérer de la chirurgie, et pour
les autres des renseignements d'ordre plutôt anatomique. Selon cette série,
et compte tenu des attentes, de l'appréhension, du confort per-opératoire,
de la compréhension et de la satisfaction des opérés, il
semble que le simple fait d'expliquer aux patients ce que la chirurgie peut
leur apporter améliore à la fois leur niveau de connaissances
et leur satisfaction tout en diminuant leur anxiété.
Du rein
à l'oeil (Surv. Ophthalmol. 2005 ; 50(1) : 61-80, D.C. Garibaldi
et al.) http://linkinghub.elsevier.com
L'identification des glomérulonéphrites immunotactoïdes,
dont l'aspect histologique est variable, passe par l'analyse ultrastructurale.
Elles se caractérisent en effet par la présence de dépôts
qui s'organisent en microtubules de 30 à 50 nm de diamètre. Un
composant monoclonal sérique peut co-exister et une maladie hématologique
se déclarer dans un second temps. A partir d'un cas de dépôts
cornéens immunotactoïdes d'IgG Kappa dans un contexte de leucémie
lymphocytaire chronique (baptisé "kératopathie immunotactoïde"),
les auteurs passent en revue les descriptions publiées de dépôts
cornéens au cours des paraprotéinémies (ou gammapathies)
monoclonales. Les aspects étiologiques, diagnostiques et pronostiques
sont détaillés, ainsi que les mesures thérapeutiques qui
s'appliquent à la cornée. En présence d'une paraprotéinémie,
l'évaluation ophtalmologique apparaît ici comme une démarche
essentielle.
Pour utiliser
le tyndallomètre à bon escient (Surv. Ophthalmol. 2005
; 50(1) : 27-47, J.G. Ladas et al.) http://linkinghub.elsevier.com
Un tyndallomètre (laser flare cell meter ou laser flare meter) permet
de mesurer objectivement, quantitativement, de façon reproductible et
non invasive les éléments inflammatoires de la chambre antérieure
(Tyndall protéique, avec ou sans Tyndall cellulaire). Son principe repose
sur la diffraction d'un rayon laser He-Ne par les protéines et/ou les
cellules qu'il rencontre. Les photons ainsi diffractés sont ensuite quantifiés
par un système photomultiplicateur. Dans le but de familiariser les praticiens
avec les points forts et les limites de cette méthode, d'en définir
les bonnes indications et d'en interpréter correctement les résultats,
les auteurs analysent la littérature. Présentant cet examen comme
bien plus qu'un simple compteur de Tyndall, ils concluent que le champ de ses
applications n'a pas encore été suffisamment exploré, qu'il
s'agisse de la recherche ou du suivi des uvéites.
L'arbovirus
West Nile fait décidément couler beaucoup d'encre ! (Surv.
Ophthalmol. 2005 ; 50(1) : 3-13, G. Garg et al.) http://linkinghub.elsevier.com
La littérature médicale s'intéresse régulièrement
à l'infection causée par le virus du Nil occidental (Virus West-Nile).
Zoonose potentiellement mortelle connue depuis plusieurs décennies, elle
se manifeste en effet par une recrudescence récente importante des cas
humains, ce qui fait d'elle une maladie émergente. Alors que les chercheurs
de l'institut Pasteur de Paris viennent de communiquer des résultats
encourageants quant à la fabrication d'un vaccin, les auteurs s'adressent
aux ophtalmologistes. Si les manifestations systémiques de l'infection
sont en principe bien connues (fièvre brutale élevée susceptible
de se compliquer de méningite, d'encéphalite, de pancréatite
ou de myocardite), il n'en est apparemment pas de même pour ses localisations
oculaires. Il peut par exemple s'agir de précipités cornéens,
de pan-uvéites, de choriorétinites, de névrites optiques
ou d'occlusions vasculaires rétiniennes.
L'oedème
maculaire diabétique non encore maîtrisé (Br. J.
Ophthalmol. 2005 ; 89(1) : 81-86, D. Thomas et al.) http://bjo.bmjjournals.com
alistair.laidlaw@gstt.sthames.nhs.uk
A travers une étude de faisabilité, randomisée et contrôlée,
les auteurs ont d'une part tenté de comparer la vitrectomie et la photocoagulation
sur des oedèmes maculaires diabétiques (sans traction maculaire)
déjà traités par laser, et ont d'autre part cherché
à savoir si des études de plus grande envergure étaient
envisageables. Ce dernier point a été évalué en
tenant compte des résultats respectifs des deux méthodes, du taux
de recrutement et du nombre des malades "perdus de vue". Après
sélection des candidats, effectuée notamment dans le respect des
critères d'exclusion, la randomisation a dirigé 19 patients vers
la chirurgie et 21 patients vers une seconde tentative de photocoagulation.
Dans ces cas précis, l'analyse des résultats, effectuée
en intention de traiter, paraît plutôt en faveur de la vitrectomie,
si l'on considère l'acuité visuelle et l'épaisseur rétinienne.
Elle autorise et appelle des travaux complémentaires.
OVCR
: anastomose ou pas ? (Br. J. Ophthalmol. 2005 ; 89(1) : 64-9, A. Mirshahi
et al.) http://bjo.bmjjournals.com sfmohamm@razi.tums.ac.ir
Une trentaine de patients victimes d'une occlusion ischémique de la veine
centrale de la rétine (OVCR) ont participé à cette étude
contrôlée non randomisée. Selon ce travail, la création
chirurgicale d'une anastomose veineuse choriorétinienne pourrait améliorer
l'acuité visuelle et prévenir la néovascularisation. Les
dix personnes opérées (vitrectomie, induction du shunt, endolaser
doux) ont été suivies dix mois en moyenne. Les dix-huit autres
sujets ont constitué les témoins. Sur dix opérés,
neuf succès chirurgicaux ont été obtenus, groupe dans lequel
l'acuité s'est significativement améliorée par rapport
au groupe contrôle. Plus d'un tiers des témoins ont développé
des néovaisseaux, mais tous les opérés ont échappé
à cette complication. Une hémorragie intra-vitréenne, une
cataracte et un décollement de rétine, ont été chacun
à l'origine d'une ré-intervention. Des études complémentaires
sont attendues, afin de comparer cette technique avec l'évolution naturelle
de la maladie et d'autres traitements.
Une expérience
pour évaluer la chirurgie de la cataracte (1) : mise en oeuvre des moyens
(Br. J Ophthalmol 2005 ; 89(1) : 45-9, H. Limburg et al.) http://bjo.bmjjournals.com
hlimburg@quicknet.nl
Huit centres ophtalmologiques asiatiques et africains se sont prêtés
à cette expérience, dans le but d'évaluer les résultats
visuels des extractions de cataracte en pratique quotidienne. Il a tout d'abord
fallu mettre en place le système d'évaluation, ce à quoi
ont travaillé les différentes équipes médicales
concernées. Après un semestre de tests l'étude a pu être
mise en route. Deux modèles de recueil des données ont vu le jour
: l'un fondé sur le pointage et l'autre informatisé, prenant en
compte les complications opératoires, les "bons" ou les "mauvais"
résultats visuels (respectivement définis comme au moins égal
à 6/18 et inférieur à 6/60), et les causes des échecs
fonctionnels. Les principaux problèmes ont concerné la saisie
des données sur ordinateur. Un outil qui, une fois optimisé, pourrait
aider les chirurgiens et les centres chirurgicaux à analyser et suivre
leurs propres résultats afin notamment de prendre conscience des facteurs
corrélés aux mauvais résultats visuels.
Une expérience
pour évaluer la chirurgie de la cataracte (2) : des résultats
(Br. J Ophthalmol 2005 ; 89(1) : 50-2, H. Limburg et al.) http://bjo.bmjjournals.com
hlimburg@quicknet.nl
Parmi les huit centres ophtalmologiques asiatiques et africains engagés
dans un processus d'évaluation des résultats visuels de la chirurgie
de la cataracte, sept avaient adopté un système informatisé
pour collecter les données et un seul une méthode manuelle. Il
s'agissait d'analyser à la fois la qualité du recueil des informations,
le suivi post-opératoire, la fréquence et le type des complications,
ainsi que l'issue fonctionnelle de la chirurgie. L'étude a duré
sept mois, au cours desquels près de 5 200 opérés sont
passés par ce système d'évaluation. Les auteurs qualifient
cette expérience de succès. Il semble en effet que cette méthode,
aussi simple qu'elle soit, ait permis de sensibiliser les chirurgiens au contrôle
de la qualité des soins, facteur qui a permis de réduire le taux
de complication et donc d'améliorer progressivement les résultats
visuels de trois des centres concernés.
Portrait
des exotropies de l'enfance (Ophthalmology 2005 ; 112(1) : 104-8, M.
Govindan et al.) http://linkinghub.elesevier.com
Si dans cette population les ésotropies sont certes plus habituelles,
les enfants n'en échappent pour autant pas aux exotropies. En se fondant
sur l'analyse rétrospective des cas observés dans un comté
du Minnesota (USA) au cours d'une période de dix ans, les auteurs dressent
un profil épidémiologique de ces strabismes. Plus de 200 patients
de moins de 19 ans ont ainsi été répertoriés, dont
l'exodéviation était au moins égale à 10 dioptries
prismatiques. En terme d'incidence annuelle ces chiffres correspondent à
environ 64 cas pour 100 000 personnes de cette tranche d'âge, ce qu'avaient
déjà pu montrer des études antérieures. La prévalence
atteignait quant à elle 1% avant 11 ans, pour diminuer significativement
au cours de la deuxième décade. S'il s'agissait le plus souvent
d'exotropies intermittentes et d'insuffisances de convergence, des anomalies
du système nerveux central ont aussi été rapportées.
Glaucome
chronique à angle fermé : angle, pression et papille sont liés
(Ophthalmology 2005 ; 112(1) : 28-32, T. Aung et al., EXACT Study Group)
http://linkinghub.elesevier.com tin11@pacific.net.sg
Cette étude prospective a été menée au sein d'un
échantillon de patients qui participaient à un essai thérapeutique
randomisé et contrôlé. Elle a inclus 274 personnes souffrant
d'un glaucome chronique à angle fermé non traité. Après
avoir défini cette dernière entité (neuropathie optique,
pigment du trabéculum non visible sur au moins 180°, synéchies
périphériques antérieures et pression intra-oculaire (PIO)
supérieure ou égale à 21 mmHg), les investigateurs ont
procédé à des gonioscopies systématiques, statiques
et dynamiques. A la recherche d'une corrélation, la valeur de la PIO
(en l'absence de traitement) et la dimension verticale de l'excavation papillaire
ont été confrontées à la profondeur moyenne de l'angle
irido-cornéen et à la topographie des gonio-synéchies.
Ce travail a retrouvé une association entre l'étendue des adhérences
et l'étroitesse de l'angle d'une part, et, d'autre part, le niveau de
la PIO et le diamètre vertical de l'excavation.