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Semaine du 17 au 23 janvier 2005
La gonioscopie
vue par les Ultrasons (J. Glaucoma 2004 ; 13(6) : 516-9, K. Matsunaga
et al.) www.glaucomajournal.com
Dans le domaine des glaucomes la gonioscopie est un examen fondamental qui doit
non seulement être effectué dès la première consultation
mais être répété dans le temps. Parmi les méthodes
classiques, la gonioscopie dynamique, en indentant la cornée, renseigne
sur le potentiel d'élargissement des structures anatomiques considérées.
Les auteurs rapportent leur expérience d'une technique d'examen de l'angle
irido-cornéen par UBM et indentation. Il s'agissait pour eux de comparer
l'aspect de l'angle avant et pendant l'indentation, en présence d'un
blocage de l'angle relatif (group 1, 26 yeux), de synéchies périphériques
antérieures (groupe 2, 21 yeux) ou d'un iris plateau (groupe 3, 26 yeux).
Des images pertinentes ont été obtenues pour tous les yeux examinés.
Si l'indentation a significativement augmenté le degré d'ouverture
de l'angle, cette ouverture était plus marquée dans le premier
groupe. Un outil diagnostic très utile.
La santé
oculaire en Inde (Surv. Ophthalmol. 2005 ; 50(1) : 85-101, R. Thomas
et al.) http://linkinghub.elsevier.com
L'Inde, en tant que second pays le plus peuplé au monde, héberge
près d'un quart des aveugles de la planète. Ce fut pourtant, voilà
maintenant presque trente ans (1976), le premier état à se doter
d'un programme national de surveillance de la cécité. La première
des causes de malvoyance étant la cataracte, tous les programmes de prévention
se sont focalisés sur cette pathologie. Les résultats visuels
de la chirurgie et la formation des ophtalmologistes dans ce domaine ne paraissent
cependant pas toujours optimaux. Il est vrai qu'à l'heure actuelle, on
accorde une importance croissante à la qualité des interventions
et aux compétences des opérateurs. Les autres causes de cécité
en Inde sont les anomalies de la réfraction, les amblyopies, les maladies
cornéennes ou les glaucomes. En exposant les moyens de lutte qui sont
mis en oeuvre, les auteurs font le point sur ces différents problèmes.
Diplopie
d'origine rétinienne (Surv. Ophthalmol. 2005 ; 50(1) : 81-4,
R. Foroozan et al.) http://linkinghub.elsevier.com
Les diplopies représentent un problème complexe, du fait d'une
part des multiples mécanismes neuro-musculaires qui peuvent intervenir
et d'autre part d'étiologies très diverses (compression tumorale,
diabète, artérite à cellules géantes, accident vasculaire
cérébral...), sans oublier que l'on distingue les diplopies monoculaires
des diplopies binoculaires. Certaines interventions, notamment si elles comportent
un aspect réfractif, peuvent en outre, en décompensant l'équilibre
binoculaire, induire une diplopie. Les auteurs rapportent une cause rare de
diplopie, apparue après une extraction bilatérale de la cataracte.
En post-opératoire, le patient, âgé de 69 ans, s'est plaint
d'une vision double, verticale et binoculaire, mais sans anomalie de l'oculomotricité.
Les explorations ont permis d'attribuer les symptômes à la présence
d'une membrane épimaculaire, dont le traitement chirurgical a réglé
le problème.
Zoom
sur les dispositifs de drainage de l'humeur aqueuse (Surv. Ophthalmol.
2005 ; 50(1) : 48-60, C.H. Hong et al.) http://linkinghub.elsevier.com
Les auteurs proposent une revue complète de la littérature afin
d'évaluer l'ensemble des systèmes de drainage de l'humeur aqueuse
dont nous disposons. Ils s'intéressent notamment à la façon
dont ils ont été conçus (design), à leurs résultats
et à leurs complications potentielles, tout en confrontant différents
points de vue. La mise en place chirurgicale de ces shunts est habituellement
indiquée lorsque le glaucome résiste aux traitements médicaux
et aux techniques classiques de chirurgie filtrante. Dans certains cas, ils
sont cependant utilisés en première intention, s'il s'agit par
exemple de traiter un glaucome néovasculaire, un glaucome sur syndrome
irido-cornéo-endothélial, un glaucome sur kératoplastie
transfixiante ou encore un glaucome qui fait suite à une chirurgie du
décollement de rétine.
Neuropathie
optique ischémique postérieure d'origine chirurgicale (Surv.
Ophthalmol. 2005 ; 50(1) : 15-26, L.M. Buono et al.) http://linkinghub.elsevier.com
Les auteurs décrivent la neuropathie optique postérieure per-opératoire
comme une entité rare, qui, suite à une intervention, se manifeste
par des altérations profondes et bilatérales de la vision (acuité
réduite à compter les doigts, voire pire). Si elle se révèle
typiquement dès le réveil, il arrive qu'elle soit retardée
de quelques jours. Les cas les plus fréquents concernent la chirurgie
spinale et les traumatismes cervicaux graves. Le tableau clinique est compatible
avec une neuropathie optique ischémique, mais le fond l'oeil est normal
dans un premier temps. Si les mécanismes physio-pathogéniques
exacts sont encore inconnus, l'influence des modifications hémodynamiques
per-opératoires chez certains patients plus sensibles est vraisemblable.
Aucun traitement n'a jusqu'à présent fait la preuve de son efficacité
et le pronostic visuel est plus que réservé.
Pour
recouvrir les implants d'hydroxyapatite extériorisés (Surv.
Ophthalmol. 2005 ; 50(1) : 92-5, S.L. liao et al.) http://bjo.bmjjournals.com
lang89@ha.mc.ntu.edu.tw
Suite à l'utilisation croissante de ces matériaux, les cas d'extériorisation
des implants orbitaires en hydroxyapatite se sont multipliés. Alors que
les résultats des greffes sclérales, cutanées ou muqueuses
(muqueuse palatine) à visée réparatrice sont inconstants,
les auteurs, forts d'un recul d'un an, proposent une autre technique. Neuf patients,
dont l'implant était apparent sur plus de 3 mm, ont bénéficié
d'une greffe autologue musculo-périostée prélevée
dans la région rétro-auriculaire. Le patch (périoste à
l'extérieur) a été suturé à la conjonctive
et laissé à l'air libre de façon à permettre une
épithélialisation par cette même conjonctive. Moyennant
une, voire deux interventions, l'implant ne s'est pas ré extériorisé,
la mobilité a été jugée satisfaisante et aucune
complication n'a été relevée au cours du suivi. Du fait
de leur épaisseur, ces greffons musculo-périostés semblent
assurer un recouvrement vascularisé et durable. Une alternative intéressante.
Endothéline-1
et aggravation du GAO : l'oeuf ou la poule...? (Br. J. Ophthalmol.
2005 ; 89(1) : 60-3, M. Emre et al.) http://bjo.bmjjournals.com sorgul@magnet.ch
L'endothéline-1 (ET-1), présente dans les structures oculaires
(au même titre que ses récepteurs), est un peptide vaso-actif qui
participe à l'autorégulation du système vasculaire. Certaines
équipes ont mis en évidence une augmentation de sa concentration
dans l'humeur aqueuse et le vitré en présence d'un glaucome. Les
auteurs ont quant à eux effectué des dosages plasmatiques chez
31 personnes suivies pour un glaucome à angle ouvert (sang veineux prélevé
après une demi-heure de repos allongé). Le premier groupe était
constitué de 16 patients dont le champ visuel se détériorait
malgré une pression intra-oculaire normale (ou normalisée). Le
champ visuel des patients du second groupe était en revanche stabilisé.
En tenant compte de l'âge, du sexe et de la pression artérielle
moyenne, les taux d'ET-1 se sont révélés significativement
plus élevés dans le premier groupe. Cause ou conséquence
de la progression des lésions du nerf optique ?
Opérer
le premier oeil : ça tient debout ! (Br. J. Ophthalmol. 2005
; 89(1) : 53-59, R.H/. Harwood et al.) http://bjo.bmjjournals.com rowan.harwood@ntlworld.com
Chaque année, les chutes concernent environ une personne âgée
sur trois. Les facteurs favorisants sont nombreux et la mauvaise vision en fait
partie. Les auteurs ont donc cherché à savoir si l'extraction
unilatérale de la cataracte était en mesure de diminuer la fréquence
des chutes et d'améliorer l'état de santé des opérés.
Pour mener à bien cet essai clinique contrôlé randomisé,
ils ont fait appel à 306 femmes de plus de 70 ans. Les unes ont été
opérées dans un délai de quatre semaines alors que les
autres ont dû pour cela patienter un an (témoins). Le taux de chutes
a été réduit de moitié chez les personnes opérées
et les indicateurs de santé (autonomie, anxiété, signes
dépressifs, assurance, gène visuelle et niveau de handicap) se
sont tous améliorés par rapport au groupe témoin. Le risque
de fracture a lui aussi diminué. Les interventions de cataracte sur le
premier oeil semblent donc induire de multiples bénéfices.
Glaucome
ou le globe distendu (Br. J. Ophthalmol. 2005 ; 89(1) :17-20, B.A.
Francis et al.) http://bjo.bmjjournals.com bfrancis@usc.edu
Si l'on en croit les résultats de cette étude prospective, l'influence
de la pression intra-oculaire (PIO) sur la longueur axiale (LA) du globe ne
se limite pas aux glaucomes du jeune enfant. Une soixantaine de personnes ont
été enrôlées pour cette expérience, les deux
tiers opérés de trabéculectomie, les autres par mise en
place d'un dispositif de drainage de l'humeur aqueuse. Les observations ont
porté sur les valeurs de la PIO et de la LA avant et jusqu'à plus
de trois mois après l'intervention. Ainsi, en parallèle d'une
réduction significative de la PIO, les investigateurs ont pu observer
une diminution post-opératoire, certes modérée (de l'ordre
du dixième de mm) mais elle aussi significative, de la longueur axiale,
d'ailleurs plus marquée en cas d'hypotonie. Se fondant sur ces observations,
ils proposent une équation capable de prédire la réduction
de la LA, qui tient compte à la fois de la baisse et de la valeur finale
de la PIO.
L'UBM
pour surveiller les mélacocytomes du corps ciliaire (Br. J.
Ophthalmol. 2005 ; 89(1) :17-4-6, M.D. Mohamed et al.) http://bjo.bmjjournals.com
mohiteye@yahoo.co.uk
Les mélanocytomes sont des tumeurs bénignes pigmentées
rares qui se composent d'une variante de cellules naeviques. Ils peuvent intéresser
le complexe irido-ciliaire et augmenter progressivement de volume (leur croissance
étant cependant limitée). Du fait des risques de complications
majeures (transformation maligne, nécrose spontanée, glaucome
mélanocytaire), une surveillance régulière est recommandée.
Il arrive qu'une biopsie exérèse de la lésion soit nécessaire.
Les auteurs rapportent deux cas de mélanocytomes du corps ciliaire avec
extension extra-sclérale, dont le diagnostic avait été
prouvé histologiquement à partir d'une biopsie. Au cours d'un
suivi de cinq ans, l'UBM (BioMicroscopie Ultrasonore) a été utilisée
pour surveiller l'évolution de ces tumeurs, dans le but notamment d'éviter
la chirurgie et de faire en sorte de préserver la fonction visuelle.