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Semaine du 10 au 16janvier 2005
DR : combien
ça coûte ? (Retina 2004 ; 24(6) : 883-7, N.N. Patel et
al.) www.retinajournal.com
En ces temps qui accusent la médecine d'être trop dépensière,
de nombreuses équipes s'intéressent aux coûts que représentent
telle ou telle pathologie. Qu'en est il des décollements de rétine
(DR) ? Pour le savoir les auteurs ont analysé des données relatives
à 190 opérés. Afin de comparer les différentes formes
de DR, les patients ont été répartis en trois groupes.
Les premiers étaient indemnes de prolifération vitréo-rétinienne
(PVR), les autres avaient développé une PVR suite à une
première intervention, les derniers enfin avaient déjà
une PVR lorsqu'ils ont été pris en charge. Dans cette série
le second groupe s'est distingué comme étant le cas de figure
significativement le plus coûteux, tant économiquement qu'en nombre
de ré-interventions. Des progrès dans la prévention et
dans le traitement de la PVR permettraient non seulement de dépenser
moins mais aussi d'améliorer les résultats cliniques.
Uvéites
pédiatriques : le temps ne joue pas en faveur des enfants (Ophthalmology
2004 ; 111(12) : 2299-306, K.D. Rosenberg et al.) http://linkinghub.elsevier.com
Les dossiers de près de 150 enfants traités pour une uvéite
(non infectieuse dans les trois quarts des cas) ont été revus.
Les patients, dont l'âge moyen était de dix ans, ont été
suivis sur une durée moyenne de six années. Dans cette série,
les complications et leurs conséquences visuelles ont augmenté
au fil du temps pour passer d'environ un enfant sur trois au moment du diagnostic
à près de neuf enfants sur dix trois années plus tard.
Si trois enfants sur dix avaient initialement une acuité inférieure
ou égale à 20/200, ils étaient près de sept sur
dix à cinq ans. La nature des complications (kératopathie en bandelettes,
cataracte, synéchies...) dépendait en partie du type d'uvéite
(antérieure, intermédiaire, postérieure, totale). Le risque
d'oedème maculaire cystoïde était par exemple plus élevé
en présence d'une uvéite intermédiaire. Près de
la moitié des enfants ont dû recevoir des anti-inflammatoires par
voie systémique ou des immunomodulateurs. La chirurgie s'est imposée
dans la même proportion de cas.
Cataracte
de l'enfant : une étude épidémiologique (Ophthalmology
2004 ; 111(12) : 2292-8, B. Haargaard et al.) http://linkinghub.elsevier.com
bgd@ssi.dk
Les auteurs proposent une analyse rétrospective de 1027 cas de cataractes
pédiatriques (approximativement autant de garçons que de filles)
dont ils dressent le profil épidémiologique. L'atteinte était
bilatérale pour près des deux tiers des cas (la bilatéralité
étant plus fréquente chez les garçons) et isolée
sept fois sur dix, c'est à dire sans autre anomalie oculaire ou générale.
Dans cette série on constate une fréquence élevée
de cataractes idiopathiques, soit deux tiers des cas en tout, et ce de façon
plus nette pour les opacités unilatérales, pour 87% desquelles
aucune cause n'a pu être trouvée (contre 50% des cataractes bilatérales).
La mise en oeuvre de moyens préventifs est donc difficile. Si l'on excepte
les cataractes rubéoliques, dont l'incidence a diminué grâce
à la prévention, la proportion respective des cataractes d'origine
génétique, infectieuse ou inconnue est restée stable pendant
vingt-cinq ans.
Mélanome
de l'uvée : le dépistage des métastases n'est pas standardisé
(Ophthalmology 2004 ; 111(12) : 2254-8, D.S. Gombos et al.) http://linkinghub.elsevier.com
Dans la mesure où les métastases d'un mélanome de l'uvée
sont asymptomatiques, de quelle façon faut il les dépister ? Selon
les résultats de ce travail, cette question ne fait pas l'objet d'un
consensus mondial. Des oncologues européens d'une part et d'Amérique
du Nord (Etats-Unis et Canada) d'autre part, ont à ce sujet accepté
de se soumettre à un questionnaire. L'analyse de leurs réponses
a mis en exergue d'importantes différences. Si les Américains
recourent avant tout au bilan biologique hépatique et à la radio
de thorax, la plupart des praticiens européens se tournent d'emblée
vers l'échographie hépatique qu'ils renouvellent ensuite tous
les six mois. Sans se prononcer sur la meilleure attitude, les auteurs appellent
de leurs voeux la mise en place de protocoles de dépistage uniformisés
dont le rapport efficacité / coût soit le meilleur possible.
5-FU et
HBPM contre PVR (Ophthalmology 2004 ; 111(12) : 2240-5, D.G. Charteris
et al. PVR Study group) http://linkinghub.elsevier.com
La prolifération vitréo-rétinienne, stade ultime d'un processus
de réparation, est la principale cause d'échec du traitement des
décollements de rétine rhegmatogènes. Selon la classification
révisée par la Retina Society, elle évolue en trois stades
: A, B, C antérieur et C postérieur. De nombreuses équipes
se sont attachées à parfaire la compréhension, la prévention
et le traitement de cette redoutable complication. Les auteurs nous livrent
quant à eux les résultats d'une étude en double insu, prospective,
randomisée et contrôlée. Plus de 150 patients dont la PVR
avait atteint le stade C ont été opérés (vitrectomie
/ silicone avec ou sans pelage de membrane ou rétinectomie). Les uns
ont reçu en per-opératoire du 5-FU et une héparine de bas
poids moléculaire par voie intra-vitréenne, et les autres un placebo.
Ce travail n'a pas pu démontrer la supériorité de l'association
anti-mitotique / anticoagulant quant au succès de l'intervention.
Depuis
que les trous maculaires se sont mis au vert... (Ophthalmology 2004
; 111(12) : 2246-53, A.P. Da Mata et al.) http://linkinghub.elsevier.com
L'utilisation de colorants améliore la visibilité de certaines
structures oculaires transparentes et facilite leur exérèse chirurgicale
(bleu trypan ou vert d'indocyanine / chirurgie de la cataracte ou vitréo-rétinienne).
Comme pour tout procédé récent qui a prouvé son
efficacité, la confirmation de l'innocuité implique une surveillance
à long terme. C'est dans ce but que 114 opérés (121 yeux)
ont été suivis pendant en moyenne plus de deux ans (extrêmes
de un à cinq ans et demi). Tous avaient bénéficié
d'une vitrectomie, d'une instillation intra-vitréenne per-opératoire
de vert d'indocyanine (pour faciliter le pelage de la membrane limitante interne)
et d'un tamponnement par gaz suivi d'un positionnement visage parallèle
au sol pendant une à deux semaines. Des résultats qualifiés
d'excellents ont été obtenus, tant sur les plans anatomique que
fonctionnel. Aucune complication liée au vert d'indocyanine n'a été
observée.
Glaucome
de l'aphake : quel pronostic pour les enfants ? (Arch. Ophthalmol.
2004 ; 122(12) : 1819-25, T.C. Chen et al.) http://archopht.ama-assn.org
Le glaucome de l'aphake est une entité bien connue, dont il était
autrefois souvent question. A travers l'étude rétrospective du
recrutement d'un spécialiste des glaucomes pédiatriques de1970
à 2002, les auteurs se sont intéressés au devenir de 170
yeux (117 patients) opérés de cataracte congénitale. Ce
travail a inclus les enfants aphakes dont la pression intra-oculaire dépassait
25 mmHg, à l'exclusion des autres causes d'hypertonie et des cas pour
lesquels la tension était déjà élevée en
pré-opératoire. Dans cette série, et pour un suivi moyen
de huit ans et demi, la fréquence du glaucome de l'aphake, qui était
le plus souvent à angle ouvert, a augmenté au fil du temps, varié
avec la technique chirurgicale et avec l'âge de l'intervention. Plus de
la moitié de ces enfants ont dû être opérés
pour obtenir une acuité visuelle finale moyenne de 20/400. Un pronostic
réservé qui justifie un suivi post-opératoire à
vie.
Cataracte
: la satisfaction des opérés dépend des objectifs pré-opératoires
(Arch. Ophthalmol. 2004 ; 122(12) : 1788-92, C.K. Pager) http://archopht.ama-assn.org
Nous avons tous un jour ou l'autre eu à s'étonner de l'insatisfaction
post-opératoire de patients qui pourtant, du point de vue de l'ophtalmologiste,
avaient bien récupéré. L'auteur apporte un élément
d'explication à cette apparente contradiction. Il se fonde sur l'étude
de 121 personnes, consultées en pré-opératoire immédiat
puis un mois après la chirurgie de la cataracte. Il s'agissait d'analyser
leurs attentes et leur niveau de compréhension quant à l'intervention
puis de confronter les performances visuelles post-opératoires avec les
espoirs des patients. Pour évaluer ces paramètres l'index VF-14
(items relatifs à la vision) a été utilisé. Certaines
attentes des patients se sont révélées peu réalistes,
vis-à-vis notamment de la conduite nocturne, de la lecture de fins caractères
et des travaux de précision. Le bilan pré-opératoire doit
donc aussi servir à anticiper la satisfaction des candidats à
la chirurgie : le praticien et son patient doivent s'accorder sur les objectifs
raisonnables du traitement.
L'astigmatisme
des nouveaux nés (Arch. Ophthalmol. 2004 ; 122(12) : 1767-71,
S.J. Isenberg et al.) http://archopht.ama-assn.org
La vision des très jeunes enfants a toujours fait l'objet d'études,
compte tenu notamment de l'incapacité de ces petits patients à
décrire ce qu'ils voient. C'est ainsi que l'on a pu établir l'existence
d'une hypermétropie physiologique modérée à la naissance
ainsi que la fréquence des astigmatismes, deux caractéristiques
réfractives qui sont normalement amenées à décroître
par la suite. Les auteurs se sont quant à eux intéressés
aux caractéristiques cornéennes topographiques de 200 bébés
à la naissance et pour certains à l'âge de trois puis six
mois. Un instrument portable a pour cela été utilisé. Selon
ce travail, les nouveaux nés ont un fort astigmatisme, huit fois sur
dix conforme à la règle, qui régresse progressivement et
significativement au cours du premier semestre de vie. Le mode d'accouchement
semble influer sur l'axe, avec une proportion plus élevée d'astigmatismes
directs si la naissance se fait par voie naturelle.
Fuite
des tamponnements internes (Arch. Ophthalmol. 2004 ; 122(12) : 1793-800,
TM Johnson et al.) http://archopht.ama-assn.org
Les colobomes papillaires, notamment lorsqu'ils sont associés à
un colobome chorio-rétinien, et les fossettes colobomateuses, peuvent
se compliquer de décollements de la rétine maculaire dont le traitement
est difficile et la récidive fréquente. Les auteurs en rapportent
quatre cas pour lesquels le drainage per-opératoire du liquide sous rétinien
a été effectué à travers l'anomalie papillaire.
Une migration du tamponnement interne (gaz ou silicone) a ensuite été
observée (en per-opératoire pour un cas, entre le 1er et le 17ème
jour post-opératoire pour les autres). Ceci confirme la présence
d'un déficit tissulaire en regard des anomalies papillaires, et suppose
l'existence d'une communication entre la cavité vitréenne, l'espace
sous-arachnoïdien et l'espace sous rétinien. Un gradient, résultat
des fluctuations physiologiques de la pression du liquide cérébro-spinal,
pourrait jouer un rôle déterminant dans l'installation des complications
de ces anomalies morphologiques papillaires.
Le blocage
de CTLA-4 chez les patients atteints d'un mélanome métastatique :
une nouvelle cause d'uvéite
(Journal of Immunotherapy 27(6) : 478-479, Novembre/Décembre
2004)
Le blocage, par un anticorps monoclonal, de CTLA-4 (cytotoxic T lymphocyte associated
antigen 4), antigène de surface des lymphocytes T activés, améliore,
en conjonction avec des vaccins anti-tumoraux, la réponse tumorale dans
des modèles animaux. Il augmente par ailleurs les pathologies autoimmunes
associées aux cellules T dans un certain nombre de modèles. Les
auteurs décrivent les cas de 2 patients atteints de mélanome métastatique
de stade IV, vaccinés avec l'antigène de différenciation
gp 100 (mélanocytes/mélamome) avant ou pendant un traitement anti-CTLA-4,
qui ont développé une uvéite. Il s'agit de la première
notification d'une pathologie autoimmune impliquant l'oeil et traités
par un anti-CTLA-4. Ces observations, concluent les auteurs, suggèrent
que CTLA-4 soit une molécule régulatrice importante pour le maintien
de la tolérance aux antigènes des mélanosomes et la prévention
de l'uvéite.