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Semaine du 3 au 9 janvier 2005
Le Lasek
à travers la littérature médicale (Surv. Ophthalmol.
2004 ; 49(6) : 576-602, S. Taneri et al.) http://linkinghub.elsevier.com
Intermédiaire entre la PKR et le Lasik, le Lasek a été
mis au point pour allier autant que possible les avantages de ces deux techniques
tout en limitant leurs inconvénients respectifs. Pour évaluer
cette méthode encore jeune, les auteurs proposent une revue de la littérature
comportant plus de 1400 cas. La récupération épithéliale
et visuelle, demande le plus souvent quatre à sept jours, et on constate
une tendance à la sur-correction avec les nomogrammes de PKR. Ce phénomène
serait dû à la diminution de la réponse cicatricielle, réponse
qui peut participer à la régression myopique après PKR.
A cinq ans et en l'absence de complication grave, les résultats apparaissent
stables. Comparé au Lasik, le principal inconvénient du Lasek
semble être le délai nécessaire à la récupération
visuelle et l'inconfort post-opératoire relatif. La supériorité
du Lasek dans les ablations personnalisées reste à démontrer.
Quand
les anomalies du développement concernent l'orbite (Surv. Ophthalmol.
2004 ; 49(6) : 547-61, H. Dollfus et al.) http://linkinghub.elsevier.com
Exemples à l'appui, les auteurs détaillent la conduite à
tenir devant une dysmorphie orbitaire. L'étude des dysmorphies est une
discipline médicale qui s'intéresse aux anomalies congénitales
du développement. A l'origine de ces malformations peuvent intervenir
des substances tératogènes, des anomalies chromosomiques ou une
mutation génétique. De multiples syndromes ont été
décrits et le nombre des causes génétiques et chromosomiques
identifiées ne cesse d'augmenter. L'évaluation clinique de ces
maladies passe par l'incontournable examen du visage. Il inclut l'étude
de l'orbite, source de précieux renseignements, sachant que les malformations
de cette région peuvent être isolées ou contribuer dans
une plus ou moins large mesure au diagnostic d'un syndrome. Ainsi doit-on notamment
s'enquérir du degré de symétrie, de l'écart inter-orbitaire,
de la position des canthus, de l'état des paupières, des cils
(dystrichiasis...) et des sourcils.
La loi
de Listing et ses conséquences cliniques (Surv. Ophthalmol.
2004 ; 49(6) : 563-75, A.M. Wong et al.) http://linkinghub.elsevier.com
La loi de Listing stipule que toutes les positions de l'oeil peuvent être
obtenues par simple rotation du globe autour d'axes situés dans un plan
équatorial. En pratique les chercheurs en optique l'utilisent par exemple
pour concevoir de nouveaux verres correcteurs, dans le but d'optimiser la qualité
de vision dans toutes les directions du regard. Ses applications pratiques ne
se limitent cependant pas à cela. L'étude de cette loi nous permet
en effet de mieux comprendre les phénomènes mécaniques
et neurologiques impliqués dans le contrôle tridimensionnel des
mouvements oculaires, d'où notamment des conséquences pratiques
sur la prise en charge des strabismes. Si ce principe se vérifie au cours
de la fixation, des saccades, de la poursuite oculaire et des vergences, il
ne s'applique plus au cours du sommeil ni lorsque le réflexe oculo-vestibulaire
est mis en jeu, ce qui témoigne de mécanismes neurologiques intriqués.
Les auteurs font le point.
Yag,
et le vitré surgit... (J. Cataract. Réfract. Surg. 2004
; 30(11) : 2445-7, L.D. Mihora et al.) www.ncbi.nlm.gov
Lorsque l'opacification capsulaire postérieure retentit sur l'acuité
visuelle, le laser Yag est d'un grand secours. L'amélioration fonctionnelle
est souvent immédiate, dès la capsulotomie effectuée. Comme
toute intervention thérapeutique ce geste peut cependant être à
l'origine d'effets indésirables. Les auteurs décrivent une complication
rare, à leur connaissance second cas de ce type jamais publié.
Il s'agit d'un patient pseudophake porteur d'un implant de chambre postérieur
(ICP) qui, après avoir bénéficié d'une capsulotomie
postérieure au laser Nd:Yag, a développé une hypertonie
oculaire du fait d'une issue de vitré dans le segment antérieur.
L'histoire ne s'arrête pas là puisqu'une décompensation
cornéenne a finalement imposé une kératoplastie transfixiante.
Cascade d'événements pour le moins inattendue en dépit
de l'ICP, d'une capsulotomie de taille réduite et d'une faible énergie
laser.
Réfractive
combinée (J. Cataract. Réfract. Surg. 2004 ; 30(11) :
2383-90, S.I. Mian et al.) www.ncbi.nlm.gov
Le bioptic est une technique combinée de chirurgie réfractive
qui associe un implant phake et un Lasik. Une autre association consiste à
mettre en place sur le même oeil des anneaux intra-cornéens en
plus du Lasik. Cette méthode peut s'adresser à des myopes forts
dont la cornée est fine. A travers une série de 15 yeux (11 opérés),
les auteurs nous font part de leur expérience, avec un recul d'un an.
L'intervention s'est déroulée en deux temps : dissection des tunnels
intra-stromaux puis Lasik et mise en place des anneaux. A partir d'un équivalent
sphérique moyen voisin de -10 dioptries, la réfraction finale
à douze mois était comprise dans l'intervalle +/- 1 dioptrie chez
les deux tiers des patients. Des résultats qualifiés de satisfaisants
ce d'autant que la topographie cornéenne post-opératoire a permis
de vérifier l'absence d'ectasie. Sur ce dernier point une surveillance
à plus long terme est bien sûr nécessaire.
Une maladie
plutôt antipathique (J. Cataract. Réfract. Surg. 2004
; 30(11) : 2371-6, S.J. Ganesh et al.) www.ncbi.nlm.gov
L'ophtalmie sympathique, pan-uvéite granulomateuse bilatérale,
peut relever de différentes causes, mais le plus souvent d'un traumatisme
oculaire unilatéral. Le tableau peut évoluer vers un glaucome,
une cataracte, un oedème maculaire ou un décollement de rétine.
Dans ce contexte, dix huit yeux (17 patients) ont été opérés
de cataracte. Huit avaient antécédents de plaie du globe, six
de chirurgie oculaire, deux d'ulcères cornéens perforés
et un de cyclocryothérapie. Sept patients sur dix ont amélioré
leur acuité visuelle, le pronostic dépendant notamment de l'état
du pôle postérieur. Quant à l'inflammation post-opératoire,
aucune différence significative n'a été constatée
qu'il s'agisse de patients opérés par extraction extra-capsulaire
manuelle ou par phacoémulsification, avec ou sans implant. Le contrôle
de l'inflammation pré- et post-opératoire, le choix de la date
d'intervention et une technique opératoire rigoureuse permettent d'optimiser
les résultats.
Un "truc"
pour opérer la cataracte des patients corpulents (J. Cataract.
Réfract. Surg 2004 ; 30(11) : 2265-8, A.M. Mansour et al.) www.ncbi.nlm.gov
On assiste à une flambée de l'obésité. Outre les
conséquences les plus classiques comme les maladies cardiovasculaires
et le diabète, cette "épidémie" ne va pas sans
poser un certains nombre d'autres problèmes. La pratique d'examens (IRM)
ou de traitements médicaux peut en effet devenir difficile. Si certains
auteurs ont déjà imaginé et décrit des moyens pour
examiner plus facilement les personnes obèses à la lampe à
fente ou faciliter les séances de laser, voici comment on peut procéder
pour la chirurgie de la cataracte. Cette solution a été mise au
point en partant du fait que la pression per-opératoire de la cavité
vitréenne est plus élevée chez les patients en surpoids,
augmentant du même coup la fréquence des ruptures capsulaires postérieures
et des issues de vitré. Les auteurs ont eu l'idée d'installer
les opérés en position Tredelenburg inversée afin de normaliser
la pression du vitré et faciliter la phacoémulsification.
NeoSoniX,
ou comment économiser l'énergie (J. Cataract. Réfract.
Surg 2004 ; 30(11) : 2332-5, A.R. Vasavada et al.) www.ncbi.nlm.gov
La technologie Neosonix utilise des oscillations sonores en complément
ou à la place des ultrasons (US), dans le but notamment de diminuer la
quantité d'énergie transmise à l'oeil (en réduisant
la durée de phacoémulsification et la puissance des US), de limiter
les risques de brûlures et de lésions endothéliales et d'accélérer
la récupération visuelle. Ayant pris soin de classer les patients
en fonction de la dureté de leur cataracte les auteurs ont comparé
la consommation d'US selon qu'ils utilisaient la technologie NéoSoniX
combinée aux US ou des US seuls. Il s'agissait d'une étude prospective
randomisée pour laquelle 120 candidats à la chirurgie ont été
inclus. Dans cette série le NéoSoniX couplé aux Ultrasons
a permis de diminuer significativement la quantité d'énergie utilisée.
Une technique qui devrait donc trouver sa place notamment pour opérer
les cataractes évoluées et les noyaux durs.
Le gène
ND1 du complex I est une région chaude de mutation pour l'atrophie optique
de Leber (Ann. Neurol. 2004 ; 56 : 631-641, M.L. Valentino)
Les auteurs rapportent une nouvelle transition de l'ADN mitochondrial (3733
(®A) qui entraîne un changement d'acide aminé en position 143,
région, très conservée et siège de la sous unité
1 de la NADH déshydrogénase (ND1). La mutation a été
identifiée dans une famille dont 6 individus sont atteints d'une maladie
de Leber typique et également dans un cas sporadique. Cette transition
n'a pas été détectée chez 1 082 témoins,
en revanche elle était hétéroplasmique chez plusieurs individus
des deux familles. L'ADN mitochondrial des deux familles appartenait à
différents haplotypes (H et X), ce qui a permis de confirmer que la mutation
3733®A est survenue deux fois de manière indépendante. Chez
4 patients, la spectroscopie IRM a détecté un déficit du
métabolisme énergétique au niveau de l'encéphale
et du muscle. La biopsie musculaire pratiquée chez 2 patients a mise
en évidence une prolifération modérée des mitochondries
et des mitochondries anormales. Les explorations biochimiques ont montré
que les plaquettes avaient un complexe I partiellement insensible à l'inhibition
par la roténone. Les auteurs concluent que la transition 3733 (®A)
est une nouvelle mutation à l'origine de la maladie de Leber. Il s'agit
de la 3ème mutation identifiée des gènes du complexe ND1
dans des familles sans lien de parenté, ce qui suggère qu'en plus
des gènes du complexe ND6, le complex ND1 est une région « chaude »
pour les mutations.
"Docteur
: combien de dixièmes vais-je récupérer ?" (J.
Cataract. Refract. Surg. 2004 ; 30(11) : 2349-53, J.C. Vryghem et al.) www.ncbi.nlm.gov
Les auteurs décrivent une méthode simple capable d'estimer avant
l'intervention l'acuité visuelle post-opératoire des patients
traités pour une cataracte. Ils présentent les résultat
d'une étude prospective à laquelle près de 400 patients
ont participé, tous pris en charge par le même chirurgien. Pour
ce test maculaire il s'agissait de faire lire les futurs opérés
sur l'échelle de Parinaud à la distance de 12 cm, équipés
d'une forte addition (+ 8,00 dioptries) et sous un éclairage intense.
Avant l'intervention différents paramètres ont été
pris en compte comme la meilleure acuité visuelle corrigée et
le type de cataracte (nature et intensité des opacités). Pour
vérifier la validité de l'examen, la valeur de la meilleure acuité
visuelle post-opératoire corrigée a été confrontée
aux résultats du test maculaire. Selon ce travail la valeur prédictive
de ce test serait voisine de 100% pour une vision post-opératoire supérieure
ou égale à 20/30.
Ablation
de silicone: une nouvelle complication ? (Retina 2004 ; 24(6) : 871-877,
R.S. Newsom et al.) www.retinajournal.com
Après chirurgie vitréo-rétinienne, l'ablation de silicone
permet à la fois de réduire le risque de glaucome ou de cataracte
et d'améliorer les performances visuelles d'environ un tiers des patients.
Dans certains cas cependant les suites opératoires tournent mal. Les
auteurs décrivent en effet plusieurs cas d'altération profonde
de la fonction visuelle après extraction de l'huile de tamponnement.
Alors que la rétine était à plat et qu'il n'existait ni
oedème maculaire ni membrane épirétinienne ni autre complication,
une série d'examens complémentaires a permis de mettre en évidence
des anomalies électro-physiologiques. La plupart des patients affichaient
en effet un dysfonctionnement maculaire prononcé. Un phénomène
décrit comme nouveau et pour le moins inattendu chez des opérés
dont le potentiel fonctionnel était bon. Les mécanismes physio-pathogéniques
sous jacents restent à préciser.
Le rétinoblastome
de mieux en mieux maîtrisé (Retina 2004 ; 24(6) : 849-862,
C.L. Shields et al.) www.retinajournal.com
Dans le but notamment de préserver le globe et la vision, la prise en
charge des rétinoblastomes a beaucoup évolué. Les progrès
les plus importants concernent la chimiothérapie néo-adjuvante.
Il s'agit de diminuer d'emblée le volume de la tumeur pour la rendre
accessible à d'autres traitements tels la thermothérapie, la cryothérapie
ou la brachythérapie. Ces évolutions se font au détriment
des traitement invasifs que sont l'énucléation et la radiothérapie
externe, qui conservent malgré tout des indications. Il s'agit pour la
première des tumeurs qui envahissent la quasi-totalité du globe,
surtout si elles sont unilatérales et si elles atteignent le nerf optique,
la choroïde ou l'orbite. La seconde reste indispensable en cas de rétinoblastome
avancé, en particulier devant un essaimage vitréen ou sous-rétinien.
Les lésions les plus évoluées posent en plus des problèmes
d'ordre vital.
Quand
la santé de la choroïde dépend de celle de la carotide interne
(Retina 2004 ; 24(6) : 915-9, N. Utsugi et al.) www.retinajournal.com
Les maladies de l'artère carotide interne peuvent avoir des conséquences
oculaires. C'est pourquoi les auteurs ont analysé la circulation choroïdienne
de huit personnes, en présence d'une occlusion carotidienne interne.
Les clichés d'ICG (Angiographie rétinienne au vert d'indocyanine)
ont révélé un ensemble d'anomalies circulatoires comme
une augmentation du temps bras-choroïde, un retard de perfusion choroïdienne,
une hypoperfusion responsable d'occlusions multiples de la choriocapillaire
et une hyperfluorescence tardive en regard des veines choroïdiennes. Des
signes qui témoignent notamment d'une hypoperfusion sévère
de la choroïde et d'une souffrance veineuse choroïdienne importante.
Voilà qui permet de mieux comprendre les choroïdopathies induites
par les occlusions ou les sténoses très serrées de la carotide
interne.
Rétinopathie
et risque d'insuffisance cardiaque congestive (JAMA 293 : 63-69, T.Y.
Wong et al. -5 janvier 2005) http://jama.ama-assn.org/cgi/content/abstract/293/1/63
Cette étude prospective de cohorte américaine a examiné
la relation entre la rétinopathie, marqueur de pathologie microvasculaire
systémique, et le risque d'insuffisance cardiaque congestive (ICC). Elle
montre que la rétinopathie est un facteur prédictif indépendant
d'ICC même chez les sujets sans coronaropathie pré-existante, sans
diabète et sans hypertension. Ce qui suggère un rôle éventuel
important de la pathologie microvasculaire dans le développement de l'insuffisance
cardiaque en population générale. Sur 11 612 participants
de 49 à 73 ans, l'incidence cumulée d'ICC était de 5,4%
en 7 ans. L'incidence d'ICC était plus élevée chez les
sujets ayant une rétinopathie que chez ceux exempts de rétinopathie
(15,1% vs 4,8% ; p<0,001). Après ajustement sur l'âge,
le sexe, la race, la pré-existence d'une coronaropathie, la pression
artérielle, le diabète, les taux de glucose et de cholestérol,
le tabagisme, l'indice de masse corporelle et le site de l'étude, la
présence de rétinopathie était associée à
un risque doublé d'ICC (RR 1,96). Ce risque était triplé
(RR 2,98) chez les participants sans pré-existence de coronaropathie,
diabète ou hypertension. Les auteurs concluent que certains sujets asymptomatiques
présentant une rétinopathie à l'examen ophtalmologique
pourraient bénéficier d'une évaluation du risque d'ICC.