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Semaine du 6 au 12 décembre 2004
Des papilles
pas comme les autres (Am. J. Ophthalmol. 2004 ; 138(5) : 894-5, D.A.
Hollander et al.) http://linkinghub.elsevier.com
Les anomalies papillaires de l'enfant regroupent de nombreuses entités
pathologiques, dont l'aspect, les causes et le pronostic sont très variables
et dont le diagnostic n'est pas toujours aisé. Les auteurs décrivent
le cas d'une petite fille dont la papille a posé des problèmes
de diagnostic différentiel. Atteinte dès la naissance par une
maladie inflammatoire généralisée l'enfant était
sous corticothérapie au long cours. A l'âge de six ans des anomalies
bilatérales atypiques ont été observées, étendues
de la périphérie de la papille aux fibres nerveuses rétiniennes
et aux vaisseaux contigus. Alors que les examens complémentaires avaient
mis en évidence une augmentation de la pression du liquide cérébro-spinal,
ce n'est que plus tard que des photographies de la papille prises quatre ans
auparavant ont révélé l'ancienneté et la stabilité
des anomalies papillaires. Un pseudo-oedème papillaire dû à
une infiltration des tissus.
Une classification
pour les maladies de la surface oculaire (Arch. Ophthalmol. 2004 ;
122(11) : 1700-4, W.D. Mathers et al.) http://archopht.ama-assn.org
Afin de mettre en place un outil d'évaluation de la surface oculaire
et de ses pathologies, les auteurs ont procédé à une série
d'examens chez 513 sujets. Les uns étaient en bonne santé, alors
que les autres souffraient de blépharites ou de sécheresse oculaire.
L'étude a porté sur les résultats de tests physiologiques
objectifs : examen des paupières, mesures de la quantité, de la
qualité et du renouvellement des larmes. Les données ainsi recueillies
ont ensuite été traitées pour établir un modèle
de classification. L'idée était de parvenir à identifier
les patients symptomatiques ou non sur simple examen des résultats de
leurs tests. Selon cette étude les blépharites et les yeux secs
peuvent être classés dans des groupes cliniquement distincts en
fonction des caractéristiques physiologiques sus-citées. Elle
aura notamment permis de confirmer le rôle des glandes de Meibomius dans
les blépharites et de dresser le profil des sujets dits normaux.
L'oeil
en pathologie neurologique (The Lancet 364 : 2045-2054, N.R. Miller
et N.J. Newman -4 décembre 2004) http://www.thelancet.com/journal/vol364/iss9450/abs/llan.364.9450.review_and_opinion.31393.1
A noter : virtuellement chaque partie de l'oeil, de la conjonctive et de
la cornée au nerf optique, peut être affectée par des pathologies
neurologiques diverses. La revue présentée ici a pour objet de
décrire les manifestations neurologiques dans chacune de ces structures
oculaires.
La prématurité
et ses conséquences (Arch. Ophthalmol. 2004 ; 122(11) : 1659-66,
No authors listed) http://archopht.ama-assn.org
Les auteurs se sont penchés sur la qualité de vie d'enfants nés
prématurément et qui avaient par le passé été
inclus dans l'étude randomisée multicentrique CRYO-ROP (cryothérapie
pour la rétinopathie des prématurés). Ces enfants, dont
le poids de naissance ne dépassait pas 1250 grammes, ont été
revus à l'âge de dix ans. Il s'agissait, à l'aide d'un outil
d'évaluation, d'estimer huit indicateurs de santé (vision, audition,
élocution, déplacements, adresse, sentiments, fonction cognitive,
douleur) et d'en préciser l'impact sur leur qualité de vie. Pour
chaque enfant, cette dernière a été visualisée le
long d'une échelle graduée de zéro (décès)
à un (bonne santé). Selon ce travail, la rétinopathie des
prématurés s'associe à des anomalies fonctionnelles et
à une altération de la qualité de vie chez les enfants
de dix ans, phénomène d'autant plus marqué que les performances
visuelles sont mauvaises.
HTA et
diabète ne font pas bon ménage (Arch. Ophthalmol. 2004
; 122(11) : 1631-40, United Kingdom Prospective Diabetes Study Group) http://archopht.ama-assn.org
Ce travail avait pour but d'étudier les effets rétiniens conjoints
d'une hypertension artérielle mal équilibrée et d'un diabète
de type 2. Près de 1150 diabétiques hypertendus ont participé
à cette étude multicentrique randomisée, parmi lesquels
758 ont été choisis pour expérimenter un contrôle
strict de leur HTA, essentiellement par inhibiteurs de l'enzyme de conversion
ou bêtabloquants. Un peu moins de 400 patients ont quant à eux
été désignés pour répondre à des objectifs
pressionnels plus tolérants. Le devenir de la rétinopathie diabétique
a ensuite été comparé en tenant compte des critères
de l'ETDRS, de l'évolution (hémorragie intra-vitréenne,
chirurgie de la cataracte, photocoagulation) et des lésions rétiniennes
(microanévrysmes, exsudats, nodules dysoriques). Les auteurs confirment
qu'une HTA mal équilibrée nuit à la rétine du diabétique,
alors qu'un équilibre strict de la pression artérielle réduit
le risque de complications.
Facteurs
pronostiques de mélanomes de la choroïde (Eur. J. Cancer
2004 ; 40 : 2389-2395, A. Schmittel et al.)
Les facteurs pronostiques des mélanomes de la choroïde n'ont guère
fait couler d'encre. Cette série de 271 patients montre que 15% d'entre
eux développent des métastases. En analyse multivariée
on retrouve une taille tumorale de plus de 14mm et surtout un envahissement
du corps ciliaire qui augmente de façon majeure le risque métastatique
avec un hazard ratio > 6. Ces patients doivent-ils être candidats aux
traitements adjuvants (à définir ...).
Des lésions
iatrogènes au voisinage de la tête du nerf optique (Br.
J. Ophthalmol. 2004 ; 88(12): 1573-6, Y Akar et al) http://bjo.bmjjournals.com
yakar@akdeniz.edu.tr
Les auteurs se sont interrogés sur les conséquences locales des
injections rétro-bulbaires, et plus précisément vis-à-vis
de la tête du nerf optique. Ils ont inclus 95 diabétiques de type
2 porteurs d'un oedème maculaire qui justifiait une photocoagulation
unilatérale en grille. Avant le laser, un peu plus de la moitié
d'entre eux ont reçu une injection rétrobulbaire d'environ 7 ml,
dans le but d'assurer l'akinésie du globe oculaire. La topographie papillaire
des deux yeux de chaque patient a été examinée par HRTII
(tomographe par balayage laser confocal), avant et à plusieurs reprises
après le traitement. Selon ce travail, l'injection rétrobulbaire
peut induire un oedème et des modifications significatives du pourtour
et de l'excavation papillaires, anomalies qui demandent un mois pour régresser
puis disparaître. Voilà qui permet de mieux comprendre ce qui peut
se passer dans certaines circonstances pathologiques comme les hémorragies
rétrobulbaires.
Amblyopie
unilatérale : l'indispensable correction optique (Br. J. Ophthalmol.
2004 ; 88(12): 1552-6, CE Stewart et al.) http://bjo.bmjjournals.com c.stewart@imperial.ac.uk
Dépister, identifier et traiter les amblyopies sont des enjeux majeurs.
Cette nouvelle étude met l'accent sur le rôle capital de la correction
optique tout en discutant des mesures thérapeutiques associées.
Soixante-cinq enfants, âgés de cinq ans en moyenne, ont été
suivis pour une amblyopie unilatérale anisométropique et/ou strabique
de découverte récente. Dans cette série, le port d'une
correction optique optimale (par lunettes) a permis d'améliorer significativement
la meilleure acuité visuelle corrigée moyenne, quels que soit
l'âge et la cause de l'amblyopie. Les autres aspects du traitement, comme
l'occlusion du "bon oeil", ne peuvent s'envisager sans avoir au préalable
corrigé les amétropies. Les auteurs proposent de ne mettre la
pénalisation en route qu'une fois la récupération visuelle
amorcée et jugent même que certaines occlusions pourraient être
évitées. A confronter à d'autres travaux et surtout à
la pratique.
Uvéite
: dis moi comme tu es, je te dirai d'où tu viens (Br. J. Ophthalmol.
2004 ; 88(12) : 1498-9, J.R. Smith et al.) http://bjo.bmjjournals.com smithjus@ohsu.edu
Bien des pathologies associent la neurologie et l'ophtalmologie, deux disciplines
très riches. Les dossiers de 1 450 personnes adressées pour
une uvéite ont été revus, témoignant de 15 années
d'activité d'un centre spécialisé. Cent quinze d'entre
eux (soit près de 8%) avaient une maladie neurologique sous-jacente qui
a pu être tenue pour responsable de l'inflammation intra-oculaire. Quatre
de ces pathologies se sont distinguées par leur fréquence : le
syndrome de Vogt-Koyanagi-Harada, le lymphome primitif du système nerveux
central, la sclérose en plaques et les infections herpétiques.
Les affections neurologiques concernent donc une proportion non négligeable
de patients qui consultent les "uvéitologues". Les auteurs
rappellent que les caractéristiques cliniques de l'uvéite peuvent
fournir des renseignements très utiles au diagnostic étiologique.
Une maladie
éradiquée et pourtant d'actualité (Ophthalmology
2004 ; 111(11) : 2086-93, G.L. Fillmore et al.) http://linkinghud.elsevier.com
En 1980, l'OMS certifiait l'éradication de la variole. Du fait des menaces
bioterroristes, des programmes de vaccination ont été récemment
mis sur pied afin de réagir au plus vite à ce qui serait une réintroduction
délibérée de l'infection. Bien qu'il ait permis l'éradication
de la maladie, le vaccin, qui contient un virus vivant atténué
de la vaccine (dont la structure et les propriétés physico-chimiques
sont les mêmes que celles du virus de la variole) comporte d'importants
inconvénients. Il expose au risque de vaccine généralisée,
qui peut entraîner le décès, de kératite (après
inoculation accidentelle) ou d'encéphalite vaccinales. Suite à
un récent programme de vaccination effectué en milieu militaire,
les complications oculaires sont cependant apparues moins fréquentes
et moins graves que par le passé. Cela provient-il d'une meilleure sélection
des candidats au vaccin, des précautions pré vaccinales, des soins
apportés au site vaccinal et/ou de l'efficacité supposée
du traitement antiviral ?
Exposition
chronique à de faibles doses de plomb et risque de cataracte chez l'homme
(JAMA 292 : 2750-2754, D.A. Schaumberg et al. - 8 décembre
2004) http://jama.ama-assn.org/cgi/content/abstract/292/22/2750
Les résultats de cette étude épidémiologique (642
participants dont 122 cas de cataracte ultérieurs) suggèrent que
l'exposition chronique à de faibles doses de plomb (communes aux USA
notamment) est un facteur de risque de cataracte, qui conduit à plus
de 40% des cas de cécité dans le monde. Les auteurs observent
en effet, chez les hommes d'un âge moyen 69 ans, un risque de cataracte
multiplié par un facteur 2,68 chez ceux présentant les plus hautes
concentrations en plomb dans l'os cortical, en comparaison avec les plus faibles
concentrations. Après ajustement sur le tabagisme, le diabète,
la plombémie, et les apports en vitamines C, E et en caroténoïdes,
ce facteur était de 3,19. Dans cette population, le pourcentage de cataractes
attribuables à l'exposition au plomb était estimé à
42%.
Quel rythme
d'atropinisation pour les amblyopies modérées ? (Ophthalmology
2004 ; 111(11) : 2076-85, R. Beck et al.) http://linkinghud.elsevier.com rbeck@jaeb.org
Différents moyens existent, qui permettent de pénaliser le meilleur
oeil des enfants amblyopes. Au cours d'une étude multicentrique prospective
et randomisée, les auteurs ont suivi 168 enfants âgés de
trois à sept ans, dont l'acuité visuelle de départ était
comprise entre 20/40 et 20/80. Il s'agissait d'amblyopies strabiques et/ou anisométropiques
pour la rééducation desquelles le choix des médecins s'est
porté sur l'atropine. Les patients ont été désignés
pour recevoir des instillations soit quotidiennes, soit lors de chaque fin de
semaine, et ce pendant quatre mois. A l'issue de cette période d'observation,
aucune différence n'a été mise en évidence entre
les deux groupes, qu'il s'agisse des résultats relatifs à l'acuité
visuelle de l'oeil amblyope (soit un gain moyen de 2,3 lignes) ou à la
vision binoculaire. On rappelle que l'action de l'atropine se prolonge 7 à
10 jours pour la mydriase et 7 à 12 jours pour la paralysie de l'accommodation.
C'est
dengue ! (Ophthalmology 2004 ; 111(11) : 2057-64, W.K. Lim et al.)
http://linkinghud.elsevier.com
L'agent de la dengue est transmis à l'homme par piqûre de moustique
du genre Aedes. Il s'agit d'un arbovirus dont on connaît plusieurs sérotypes
et qui peut induire des syndromes pseudo-grippaux (dengue bénigne) ou
une fièvre hémorragique, potentiellement mortelle. Bien que rares,
des localisations oculaires peuvent compléter le tableau clinique. Soulignant
leur gravité, les auteurs en décrivent six cas, pour lesquels
l'infection a été prouvée par la mise en évidence
d'IgM spécifiques. Les signes ophtalmologiques ont commencé à
se manifester une petite semaine après le début de la maladie,
faisant chuter l'acuité visuelle à des niveaux variables : de
20/30 à compter les doigts. Il s'agissait cliniquement de petites lésions
intra rétiniennes blanchâtres, de remaniements de l'épithélium
pigmentaire, d'hémorragies punctiformes et d'aspects de périphlébites
du pôle postérieur. Seuls la moitié des patients ont récupéré
sur le plan fonctionnel.