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Semaine du 29 novembre au 5 décembre 2004
Que de
progrès dans l'imagerie (Am. J. Ophthalmol. 2004 ; 138(5) :
852-62, A.G. Lee et al.) http://linkinghub.elsevier.com
Au cours des vingt dernières années, les moyens d'imagerie ont
considérablement évolué, décuplant du même
coup le potentiel diagnostic des médecins. La neuro-ophtalmologie et
la pathologie orbitaire ne sont pas en reste. Les nombreuses techniques qui
sont à notre disposition dans ce domaine font du neuro-radiologue un
interlocuteur de premier ordre. Il est à la fois le mieux placé
pour juger de la ou des exploration(s) indiquées devant tel ou tel tableau
clinique et bien sûr pour interpréter les résultats de ces
examens hautement spécialisés. Instaurer rapidement le dialogue
avec lui permet d'optimiser prescriptions et diagnostic. IRM, Scann Rx, Angio-IRM,
Angio-scann, IRM fonctionnelle, tomographie à émission de positons
(TEP), spectroscopie par RMN, (...) nous renseignent non seulement sur les caractéristiques
anatomiques des lésions mais également sur leur dynamique.
Les signes
distinctifs des endophtalmies post-vitrectomie (Am. J. Ophthalmol.
2004 ; 138(5) : 799-802, C.W. Eifrig et al.) http://linkinghub.elsevier.com
La fréquence des complications infectieuses post-opératoires varie
avec le type d'intervention. Ce travail rétrospectif visait à
décrire les caractéristiques des endophtalmies aiguës (dans
les six semaines qui suivent le geste) qui peuvent se développent après
une vitrectomie. Vingt années de l'expérience d'un centre chirurgical
ont ainsi été décortiquées pour répertorier
au final six endophtalmies pour plus de 15 000 vitrectomies, soit une incidence
faible de 0,039%. Sur le plan bactériologique, les cultures ont retrouvé
trois staphylocoques aureus, un proteus mirabilis et une association de staphylocoque
epidermidis et pseudomonas aeruginosa. Le dernier prélèvement
est quant à lui revenu stérile. Sur le plan fonctionnel, ces infections
se sont révélées d'une extrême gravité puisque
l'acuité visuelle finale se situait entre 2/200 et l'absence de perception
lumineuse. Si les endophtalmies post-vitrectomie sont rares, leur pronostic
est sombre.
Vitréorétinopathie
exsudative familiale : des mutations du gène LRP5 dans la forme
récessive (Am. J. Hum. Genet. ; 75(5) : 878-884, Xiaodong Jiao
et al. - Novembre 2004) http://www.journals.uchicago.edu/AJHG/journal/issues/v75n5/41512/brief/41512.abstract.html
Une vitréorétinopathie exsudative familiale autosomique récessive
a été diagnostiquée chez plusieurs malades issus de trois
familles consanguines. Une équipe italo-américaine montre que
des mutations des gènes LRP5 et FZD4 sont associées à la
forme autosomique dominante de la maladie. Des mutations du gène LRP5
sont également responsables de la forme autosomique récessive.
Ultrasons
et lumières (Am. J. Ophthalmol. 2004 ; 138(5) : 782-7, V. Rengaraj
et al.) http://linkinghub.elsevier.com
On évoque rarement le vécu visuel per-opératoire des personnes
qui sont opérées des yeux. Une fois n'est pas coutume, les auteurs
ont interrogé à ce propos des patients qui avaient bénéficié
d'une phacoémulsification sous anesthésie topique ou rétrobulbaire.
Cette étude randomisée a inclus plus de 300 sujets auprès
desquels un enquêteur a recueilli en post-opératoire immédiat
la description des images perçues pendant l'intervention et la façon
dont elles avaient été vécues. Quelques différences
significatives ont été constatées entre les deux groupes
avec une proportion supérieure de patients sous anesthésie topique
qui décrivaient des lumières, des couleurs et des modifications
de luminosité per-opératoires. La perception des mouvements, des
flashs, des instruments, du chirurgien ou de son équipe était
en revanche semblable. Tous modes d'anesthésie confondus, un patient
sur dix a été effrayé par ce qu'il a vu !
Eloge
des sclérotomies auto-étanches (Am. J. Ophthalmol. 2004
; 138(5) : 866-7, I Yeshurun et al.) http://linkinghub.elsevier.com
Les incisions auto-étanches sont bien connues. Elles ont notamment depuis
longtemps transformé les suites opératoires des cataractes. Sur
ce modèle les auteurs décrivent et analysent une technique de
sclérotomie tunnelisée utilisée au cours de vitrectomies
postérieures. Les 35 cas de cette série ont été
étudiés rétrospectivement, dans le but de vérifier
l'efficacité et l'innocuité de telles portes d'entrée obliques
auto-étanches, qui dispensent le plus souvent de suturer. Cette méthode,
décrite comme simple et rapide, aurait également l'avantage d'augmenter
la résistance des incisions sclérales à l'étirement
et à la dilacération, incisions à travers lesquelles l'insertion
des micro-instruments de chirurgie vitréo-rétinienne paraît
plus facile. A noter l'étanchéité de la plupart des sclérotomies
en fin d'intervention et un cas de fuite post-opératoire spontanément
régressive.
Humeur
aqueuse aveuglante (Am. J. Ophthalmol. 2004 ; 138(5) : 869-70, P.R.
Healey et al.) http://linkinghub.elsevier.com
Avez vous déjà épluché des oignons ? Sauf à
porter des lentilles qui vous auraient protégé(e) de leurs vapeurs
lacrymogènes, c'est la vue toute brouillée que vous aurez probablement
été contraint(e) de pleurer sur votre sort. Vous pouvez alors
aisément comprendre les moments par lesquels cette patiente de 62 ans
a dû passer. Opérée de trabéculectomie avec application
de mitomycine C cinq ans auparavant, elle a consulté pour des troubles
visuels intermittents et récidivants depuis trois mois, améliorés
par le clignement. L'examen ophtalmologique a permis de mettre en évidence
une déhiscence de la bulle de filtration, attribuant du même coup
les symptômes visuels au flot d'humeur aqueuse déversé de
temps à autres sur la surface cornéenne. Une complication classée
par les auteurs parmi les causes possibles de fluctuation visuelle après
chirurgie filtrante.
Fragile,
vous avez dit fragile ? (Am. J. Ophthalmol. 2004 ; 138(5) : 867-9,
M. Inoue et al.) http://linkinghub.elsevier.com
La finesse des instruments de microchirurgie, notamment vitréo-rétinienne,
fait d'eux des outils à manipuler avec précautions. Les auteurs
décrivent un incident rare qui aurait pu induire de sérieuses
conséquences. Alors que, du fait d'une membrane épi-rétinienne
et d'une cataracte, son acuité visuelle avait chuté jusqu'à
20/100, décision fut prise de programmer cette patiente sexagénaire
pour une intervention combinée. En cours de vitrectomie, et alors que
le chirurgien procédait au pelage de la membrane, un fragment de l'extrémité
du vitréotome s'est détaché et a été évacué
par le système d'aspiration. L'analyse microscopique ultérieure
de l'instrument a montré le caractère émoussé de
la zone de rupture. Une raison de plus pour prendre soin de son matériel
!
Oedème
maculaire du diabétique : utilité de la quantification de
l'épaisseur maculaire (Diabetes Research and Clinical Practice ;
6(3) - Décembre 2004)
Cette petite étude prospective non randomisée suggère qu'un
traitement par un inhibiteur de l'enzyme de conversion de l'angiotensine (IEC)
peut réduire l'épaisseur maculaire chez les diabétiques
atteints de maculopathie oedémateuse, et que la quantification de l'épaisseur
de la rétine est utile pour évaluer l'effet d'agents thérapeutiques.
19 sujets normotensifs atteints de maculopathie diabétique oedémateuse
ont reçu un IEC pendant 2 mois et 10 autres n'ont reçu aucun traitement.
Dans le groupe IEC, l'acuité visuelle était améliorée
pour 2 yeux sur 19, inchangée pour 15 yeux et détériorée
pour 2 yeux ; l'épaisseur maculaire était diminuée
(381,3 µM vs 475,2 avant le début du traitement ; et respectivement
458,5 µM vs 464,7 pour les contrôles) ; l'exsudation était
diminuée chez 10 patients et inchangée chez les 9 autres. Il y
avait une différence significative d'épaisseur maculaire entre
les patients présentant ou non une amélioration de l'exsudation
(p = 0,004).
Une indication
supplémentaire pour l'échographie (Am. J. Ophthalmol.
2004 ; 138(5) : 764-71, T Stupp et al.) http://linkinghub.elsevier.com
Les auteurs présentent l'échographie comme un moyen très
intéressant pour évaluer l'état anatomique et fonctionnel
des voies lacrymales avant et après dacryocystorhinostomie. C'est à
travers une étude prospective qu'ils ont examiné 17 personnes
souffrant d'un larmoiement et 17 sujets témoins asymptomatiques. Tous
les patients du premier groupe ont pu être examinés sans difficulté.
En pré-opératoire les différentes pathologies furent aisément
repérables, de même que la perméabilité post-opératoire
du site chirurgical. Un examen fiable, complémentaire de la clinique,
capable même de détecter des anomalies passées inaperçues
en dacryocystographie classique, irradiation en moins. Les limites de l'échographie
se situent néanmoins là où les structures osseuses masquent
les tissus sous-jacents.
Cornée
et croissance (Am. J. Ophthalmol. 2004 ; 138(5) : 744-8, M.A. Hussein
et al.) http://linkinghub.elsevier.com
Les courbes de croissance normale de la longueur axiale du globe oculaire ont
depuis longtemps été établies. Mais qu'en est il en particulier
de celles de la cornée ? Pour mieux connaître l'évolution
de l'épaisseur cornéenne au cours de l'enfance, les auteurs ont
procédé à un ensemble de relevés pachymétriques
chez 108 patients (198 yeux) âgés de six mois à dix-huit
ans. Cinq mesures ont été effectuées pour chaque oeil :
au centre de la cornée et en périphérie (à 3 mm
du centre) sur 3, 6, 9 heures et midi. Les auteurs détaillent leurs résultats
et la méthode d'analyse qu'ils ont utilisée. Selon cette étude,
l'épaisseur cornéenne (centrale et para-centrale) des enfants
augmente progressivement pour atteindre sa valeur adulte entre cinq et neuf
ans. Dans cette série aucune différence significative n'a été
mise en évidence entre les groupes issus d'ethnies différentes.
Neuropathie
optique ischémique du dialysé : une manifestation nouvelle
des calcifications artériolaires liées à l'urémie
(Am. J. Kidney Dis. 2004 ; 44-6 : 93-7, A. Korzets et al.)
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&dopt=Citation&list_uids=15558514
Deux patients hémodialysés de longue date ont développé
au décours d'un épisode hypotensif une perte unilatérale
aiguë de la vision. Le diagnostic de neuropathie ischémique antérieure
a été porté rapidement, mais malgré l'utilisation
d'une corticothérapie à forte dose, aucune récupération
visuelle n'a pu être obtenue. La biopsie artérielle temporale a
révélé dans les deux cas des calcifications diffuses de
la média. Les auteurs suggèrent que les calcifications artériolaires
liées à l'urémie peuvent compromettre la vascularisation
de la tête du nerf optique, et présentent une revue des différentes
causes de neuropathie ischémique antérieure chez le dialysé.
Bonne
stabilité pour les implants phakes (Am. J. Ophthalmol. 2004
; 138(5) : 723-31, M. Baumeister et al.) http://linkinghub.elsevier.com
Les indications des implants phakes se développent. Afin de mieux savoir
ce qui se passe in vivo, les auteurs ont comparé le comportement de trois
implants : deux modèles de chambre antérieure, l'un (n°1)
à support angulaire (10 yeux) et l'autre (n°2) à clipage irien
(20 yeux), et un modèle de chambre postérieure (n°3) inséré
dans le sulcus (16 yeux). Les images post-opératoires du segment antérieur
ont été prises à un, trois, six et douze mois, en utilisant
un système fondé sur le principe de Scheimpflug ("règle
universelle de concordance des plans de netteté"). Selon cette étude
prospective non randomisée, le premier implant a su garder ses distances
vis à vis de la cornée et du cristallin tout en ayant tendance
à la rotation. Le second modèle a semblé être le
plus stable, alors que le troisième tendait au fil du temps à
se rapprocher du cristallin. Dans l'ensemble, la stabilité à un
an des implants phakes paraît cependant satisfaisante.
Trous
maculaires idiopathiques : un lien entre le pronostic et la topographie http://linkinghub.elsevier.com
La chirurgie des trous maculaires (TM) idiopathiques est efficace.
Son pronostic est d'autant meilleur que la lésion évolue depuis
peu (dans l'idéal moins d'un an), qu'elle est moins étendue et
que la compliance du patient aux recommandations post-opératoires (positionnement)
est bonne. A partir d'une série de 36 yeux (32 patients) les auteurs
proposent un moyen simple pour évaluer les chances de réussite
du traitement. Ils se fondent pour cela sur des mesures effectuées par
OCT, examen complémentaire par excellence. Ce dernier permet en effet
de confirmer le diagnostic de TM, de le mesurer, d'en estimer le stade et d'en
analyser l'environnement (hyaloïde postérieure, membrane épimaculaire
éventuelle...). Selon cette étude, le rapport de la profondeur
du TM sur le diamètre de sa base (index dont le calcul est aisé
grâce à l'OCT), est l'un des facteurs dont dépend le pronostic
visuel post-opératoire.
Protection
des xanthophylles contre la péroxydation lipidique induite par les UVB
dans les cellules épithéliales (Le Quotidien du Médecin
- 3 décembre 2004, J. Nutr. 134 : 3225-3232 - décembre 2004) http://www.nutrition.org/cgi/content/abstract/134/12/3225
Le Quotidien du Médecin indique que selon les résultats d'une
étude in vitro dont les résultats sont publiés dans le
Journal of nutrition, la lutéine et le zéaxanthine, antioxydants
contenus dans les légumes à feuilles vertes, pourraient avoir
des vertus protectrices contre la cataracte. Les chercheurs ont exposé
des cellules épithéliales de cristallin humain à une irradiation
par les UVB, et montrent que le pré-traitement des cellules par les xanthophylles
apporte une protection contre la péroxydation lipidique supérieure
à celle conférée par la vitamine E, ainsi qu'une diminution
de l'activation de la signalisation liée au stress.