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Semaine du 15 au 21 novembre 2004
Lasik
: pas plus de risques pour la rétine (Retina 2004 ; 24(5) :
706-13, C.K. Chan et al.) www.retinajournal.com
Le Lasik peut il être tenu responsable de complications rétiniennes
? Nombre d'ophtalmologistes se sont déjà penchés sur cette
question, à laquelle les auteurs apportent de nouveaux éléments
de réponse. Cette étude a pu être menée grâce
aux données recueillies par 424 spécialistes de la chirurgie vitréo-rétinienne
à travers le monde. Soixante patients ont ainsi été inclus
qui avaient à la fois bénéficié d'un examen pré-opératoire
du fond de l'oeil et développé des déhiscences (140 déchirures)
et des décollements de la rétine (40 en tout) suite au Lasik.
Après analyse il apparaît que la répartition des déchirures
dans ce groupe est semblable à celle que l'on trouve habituellement dans
une population de jeunes myopes vierges de tout Lasik. Si la plupart des complications
vitréo-rétiniennes étaient sévères, elles
ont été traitées avec succès. La fragilité
particulière des yeux myopes forts justifie cependant une surveillance
accrue.
Des recommandations
de bonne pratique pour les IVT (Retina 2004 ; 24(5) : S3-S19, L.P.
Aiello et al.) www.retinajournal.com
Les IVT représentent un sujet d'actualité. Au fil du temps l'administration
de médicaments par voie intra-vitréenne est en effet devenue pratique
courante puisqu'elle intéresse des pathologies variées et étend
régulièrement ses indications. Or, jusqu'à ce jour, aucun
document n'avait été publié quant aux recommandations de
bonne pratique, ce à quoi les auteurs ont cherché à remédier.
En référence à différentes sources (chercheurs,
cliniciens et laboratoires pharmaceutiques concernés) ils proposent une
stratégie d'injection spécifique dont le but est d'optimiser les
résultats des traitements tout en réduisant les risques pour les
patients. Ils précisent cependant que, du fait de l'évolution
prévisible des indications, des données cliniques et de la recherche
(essais thérapeutiques), ces recommandations seront amenées à
évoluer.
Kératoplastie
transfixiante sous topique : c'est possible ! (Cornea 2004 ; 23(7)
: 712-4, H.K. Riddle et al.) www.corneajrnl.com
La kératoplastie transfixiante reste une intervention majeure, du fait
notamment de l'ouverture du globe oculaire qu'elle implique. Certains patients
présentent des contre-indications à plusieurs modes d'anesthésie,
que celle-ci soit rétro-, péri-, para bulbaire ou encore générale.
Ne reste alors que l'anesthésie topique. A travers cette série
rétrospective de petite taille, les auteurs confirment qu'elle peut être
envisagée chez des sujets coopérants et en l'absence de meilleure
solution. Parmi les huit cas décrits, un complément d'anesthésie
a parfois dû être apporté, par voie limbique, intraoculaire
et/ou intraveineuse. Aucune complication n'a été relevée.
Un inconfort a été ressenti par l'ensemble des patients, mais
deux implants de chambre antérieure n'ont pu être extraits du fait
des douleurs dues aux manipulations per-opératoires. Une méthode
réservée à certaines situations.
La kératite
lamellaire diffuse est multifactorielle (Cornea 2004 ; 23(7) : 680-8,
R.D. Stulting et al.) www.corneajrnl.com
La kératite lamellaire diffuse (KLD) est une réaction inflammatoire
non spécifique de l'interface. Elle apparaît dans les jours qui
suivent un Lasik. Cette étude, au cours de laquelle plus de 7 000 dossiers
d'opérés (15119 interventions) ont été examinés,
revient sur ses facteurs de risque. Il s'agissait de comparer les données
pré- et post-opératoires chez les personnes qui avaient développé
cette complication, de les confronter à la population étudiée
et de les comparer à un groupe témoin. Soixante et un cas de KLD
ont ainsi été répertoriés, soit une incidence de
0,4%. Après analyse des données, il apparaît que la KLD
ne peut pas être attribuée à une cause unique, mais bien
à un ensemble de facteurs (susceptibilité individuelle, dépôts
sur les microkératomes...). Dans certain cas le mode de stérilisation
pourrait cependant être incriminé. Si le diagnostic et le traitement
sont précoces, le pronostic visuel ne semble pas être menacé.
Virus
West Nile : attention les yeux ! (Curr. Opin. Ophthalmol. 2004 ; 15(6)
: 537-40, S.J. Bakri et al.) www.co-ophthalmology.com
La fièvre West Nile est une arbovirose proche de la dengue. Habituellement
asymptomatique, elle peut aussi se manifester par un syndrome grippal, des signes
méningés ou, dans de rares cas, par une encéphalite. Différentes
atteintes ophtalmologiques ont été décrites : précipités
cornéens, pan-uvéites, hémorragies rétiniennes,
choriorétinites, névrites optiques, occlusions de branche artérielle
rétinienne et un cas de cicatrices choriorétiniennes après
transmission materno-foetale. Ces manifestations oculaires tendent à
s'amender spontanément : la récupération visuelle et la
régression des signes inflammatoires (avec ou sans traitement anti-inflammatoire
local) s'observent au bout de quelques mois. La sérologie peut être
utile, notamment en zone d'endémie (essentiellement Afrique du Nord et
tropicale, Moyen-Orient, Inde, Asie centrale) et lorsque signes oculaires et
généraux co-existent.
Une conséquence
de l'orthokératologie (Cornea 2004 ; 23(8) : 78-81, T. Hiraoka
et al.) www.corneajrnl.com
L'orthokératologie est une méthode qui permet de corriger temporairement
certaines amétropies faibles. Il s'agit de remodeler la cornée
à l'aide de lentilles rigides à géométrie inversée
hautement perméables à l'oxygène. L'équipement est
porté la nuit afin de libérer les patients de leur correction
pendant la journée. L'effet réfractif dû à cette
déformation cornéenne contrôlée est transitoire.
C'est pourquoi les lentilles sont utilisées chaque nuit (voire une nuit
sur deux pour certains porteurs). Ce traitement peut favoriser l'apparition
de dépôts annulaires pigmentés au niveau de l'épithélium
cornéen, un phénomène qui ne semble pas avoir de conséquences
fonctionnelles. Les auteurs en rapportent un cas, développé à
la limite externe de la zone centrale (plate) de la lentille. Ils concluent
que le réservoir de larmes, qui se constitue entre la cornée et
la lentille autour de cette zone centrale, pourrait jouer un rôle.
Association
possible entre glaucome et grosse utilisation de l'ordinateur (Journal
of Epidemiology and Community Health 58 : 1021-1027 - décembre 2004,
Le Figaro - 17 novembre 2004) http://jech.bmjjournals.com/cgi/content/full/58/12/1021
Cette étude multicentrique, qui a inclus 10 202 travailleurs japonais
de 43,2 ans en moyenne, montre que les sujets présentant des troubles
de la réfraction utilisant un ordinateur de façon importante semblent
être affectés d'une augmentation du risque d'anomalies du champ
visuel détectées par FDT (Frequency Doubling Technology). 522
sujets présentaient de telles anomalies. L'utilisation lourde d'ordinateur
chez ceux ayant des erreurs de réfraction était associée
de manière significative à la présence de ces anomalies
(odds ratio = 1.74). La comparaison de 165 sujets souffrant d'un glaucome à
2 918 contrôles montrait que le risque de glaucome chez les utilisateurs
lourds d'ordinateurs était de 1,82. 141 sujets atteints de glaucome présentaient
des erreurs de réfraction, principalement une myopie (136 sujets).
Epidémiologie
de l'uvéite. Etude monocentrique (Arthritis Rheum. ACR. 2004 ;
50 : Ab.704, Miyara M. et al.)
Résultats d'une étude monocentrique issue du centre Pitié-Salpêtrière
portant sur 634 consultants (1ère visite) sur un an. Les formes aiguës
représentent 35 % des cas dont 18 % sont très sévères.
L'uvéite postérieure est majoritaire (33 %) mais les panuvéites
représentent quand même 23 % des patients. Une étiologie
est retrouvée dans 70 % des cas : infections virales, maladie systémique.
Les uvéites liées à l'antigène HLA B27 représentent
5 % des patients.
VZV :
le combat continue (Curr. Opin. Ophthalmol. 2004 ; 15(6) : 531-6, T.J.
Liesegang) www.co-ophthalmology.com
Une vaccination contre la varicelle est désormais disponible. Pourtant
le VZV, virus de la famille herpétique, fait toujours parler de lui,
notamment du fait de certaines de ses manifestations dont le traitement est
difficile. L'auteur fait le point sur ses localisations oculaires. Il nous rappelle
que le tableau clinique (lésions rétiniennes...) dépend
en partie de l'âge et du statut immunitaire des patients, que le virus
peut persister longtemps dans la cornée après un zona ophtalmique
et qu'il peut, tout comme le virus herpès simplex, être à
l'origine d'uvéites avec atrophie sectorielle de l'iris. Après
avoir discuté l'intérêt et les indications des antiviraux
spécifiques et des anti-inflammatoires, il conclut que les traitements,
malgré leurs progrès, diminuent les complications sans toutefois
parvenir à toutes les éviter. Il invite les recherches à
se poursuivre.
"Voir"
les uvéites postérieures (Curr. Opin. Ophthalmol. 2004
; 15(6) : 519-30, A.P. Ciardella et al.) www.co-ophthalmology.com
La complexité des uvéites postérieures relève à
la fois de l'enquête étiologique, du traitement et du pronostic
fonctionnel. Les méthodes d'imagerie modernes peuvent cependant aider
le praticien dans ces différents domaines. A travers une description
des examens complémentaires les plus utiles (angiographies rétiniennes,
OCT...), les auteurs expliquent comment on peut selon les cas identifier les
causes des altérations visuelles, juger de l'étendue des lésions
oculaires ou détecter des signes en faveur de telle ou telle étiologie.
Des outils dont l'utilisation va croissant pour mieux comprendre et mieux prendre
en charge les pathologies et les désordres inflammatoires du segment
postérieur, et notamment des structures chorio-rétiniennes.
Risque
de récurrence de syndrome oculo-respiratoire après vaccination
anti-grippale (Arch. Intern. Med. 164 : 2266-2272 - 8 novembre 2004)
http://archinte.ama-assn.org/cgi/content/abstract/164/20/2266
Cet essai randomisé conduit en double aveugle qui a inclus 156 sujets
ayant souffert en 2000 ou 2001 de syndrome oculo-respiratoire après vaccination
anti-grippale, montre qu'en dépit de taux élevés de récidives,
la re-revaccination des personnes lors de la saison grippale 2002-2003 semble
sans danger, le syndrome n'étant pas anaphylactique et le plupart des
récidives étant bénignes. 2 vaccins différents ont
été essayés et les taux de récidives étaient
de 34% et 15% selon le vaccin. La plupart des cas étaient modérés
et 94% des patients souffrant de récidive indiquaient qu'ils souhaitaient
encore être vaccinés l'année suivante.
La rosacée
: une maladie encore mal connue (Curr. Opin. Ophthalmol. 2004 ; 15(6)
: 499-502, D.U. Stone et al.) www.co-ophthalmology.com
La rosacée est une affection vasculaire fréquente qui concerne
l'adulte ou l'enfant et dont l'étiologie est inconnue. Elle comporte
quatre stades évolutifs et intéresse plus volontiers les joues,
le nez, le menton et le front. Ses localisations oculaires (6 à 18% des
cas) peuvent être graves et parfois cécitantes. Il peut s'agir
de blépharites, de conjonctivites, de kératites, d'anomalies du
film lacrymal, voire d'épisclérites et de séquelles à
type de symblépharons ou d'opacités cornéennes. La prise
en charge est multidisciplinaire mais dermatologues et ophtalmologistes doivent
être sensibilisés respectivement aux lésions oculaires et
cutanées. En l'absence d'examen complémentaire spécifique,
le diagnostic est clinique. Les auteurs qui proposent une synthèse des
données récentes, soulignent la persistance d'incertitudes et
de zones d'ombres, tant sur les plans épidémiologique, qu'étiologique
ou thérapeutique.
La réaction
du greffon contre l'hôte n'épargne pas les yeux (Curr.
Opin. Ophthalmol. 2004 ; 15(6) : 503-7, N.G. Anderson et al.) www.co-ophthalmology.com
La maladie (ou réaction) du greffon contre l'hôte est une conséquence
fréquente des greffes de moelle osseuse allogénique. Selon le
moment auquel elle se déclare, cette GVHD (Graft-Versus-Host Disease)
peut être aiguë (signes cutanés, hépatiques, digestifs)
ou chronique (signes cutanéo-muqueux, digestifs, pulmonaires, hépatiques,
pancytopénie). C'est à ce dernier cas de figure qu'appartiennent
les signes oculaires, qui sont présents dans la plupart des cas et qui
peuvent même être inauguraux. Il s'agit notamment de kérato-conjonctivites
sèches, de conjonctivites pseudo-membraneuses, d'ulcérations cornéennes
qui peuvent évoluer vers la perforation ou encore d'une microangiopathie
rétinienne. La prévention et le traitement reposent sur l'administration
d'anti-inflammatoires et d'immuno-modulateurs par voie locale et/ou générale