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Semaine du 1 au 7 novembre 2004
Ablation
de surface : Epithélium cornéen et membrane de Bowman Daniel
Epstein (Zurich) - AAO
Ablation de surface et épithélium
Dans la PRK classique, l'épithélium est retiré avant photo-ablation.
Ceci peut être obtenu par abrasion mécanique, par application d'éthanol,
ou par laser. Les études ont montré que l'ablation épithéliale
par laser diminue la réaction inflammatoire induite par le traumatisme.
Cette réaction inflammatoire modérée à l'ablation
épithéliale entraîne re apoptose des kératocytes.
Dans le LASEK, la réalisation du volet épithélial est obtenue
à l'aide d'une solution d'éthanol à 20 %. L'intérêt
de la conservation du volet épithélial réside d'une part
dans le maintien d'une lentille de contact de « tissu vivant »
pendant la phase du processus de cicatrisation et, d'autre part, dans la baisse
de l'intensité de la réaction inflammatoire. Les examens cliniques
sur un grand nombre de patients suggèrent que le LASEK permet une récupération
rapide, une diminution significative des douleurs et une moindre réaction
cicatricielle qu'avec la PRK. L'éthanol en application brève (30
à 45 secondes maximum) sur l'épithélium à des concentrations
basses (20 %) ne montre pas de signe de toxicité.
L'Epi-LASIK est une nouvelle technique en phase d'essai clinique dans laquelle
le volet épithélial est obtenu mécaniquement. A la place
de l'éthanol, on réalise le volet à l'aide d'un kératome
spécial. Cette dernière technique est considérée
par ses adeptes comme moins invasive que le LASEK à l'éthanol.
Aspect structurel microscopique du volet épithélial
Les études en microscopie électronique montrent que l'usage d'éthanol
permet de créer un volet dépourvu de membrane de Bowman. Le plan
de clivage est situé à l'intérieur de la membrane basale
épithéliale, entre la lamina lucida et la lamina densa
Dans l'Epi-LASIK, le volet épithélial obtenu par séparation
mécanique présente une membrane basale presque entièrement
intacte, ce qui signifie que le plan de clivage n'est pas dans mais sous la
membrane basale. Puisque la membrane basale est supposée améliorer
la stabilité de l'épithélium en préservant l'intégrité
de la couche dans sa totalité, la localisation du plan de clivage pourrait
être d'importance.
Si l'Epi-LASIK crée une séparation dans laquelle la membrane basale
dans sa totalité reste attachée à la couche basale de l'épithélium,
un tel volet épithélial est bien supérieur à celui
réalisé avec l'éthanol en agissant comme une lentille de
contact de « tissu vivant » plus viable après excimer.
Hyperplasie épithéliale après ablation de surface
Après ablation de surface par excimer, la cicatrisation s'obtient en
moyenne en 3 ou 4 jours. La couche épithéliale post-excimer est
généralement plus épaisse (jusqu'à environ 90 mm).
L'hyperplasie épithéliale post ablative a été mise
en évidence chez l'homme et le singe pour des zones de traitement jusqu'à
5 mm.
L'effet régressif post laser est bien connu. Le problème de la
régression est résolu en augmentant le diamètre de la zone
de traitement et en améliorant le « design » de
la zone de transition.
Un bel
avenir pour les implants phakes (Curr. Opin. Ophthalmol. 2004 ; 15(4)
: 350-7, J.L. Alio) www.co-ophthalmology.com jlalio@oftalio.com
Les indications des implants phakes ne cessent de s'élargir. Cette technique
de chirurgie réfractive a en effet gagné en efficacité,
prédictibilité et sécurité. Plusieurs raisons à
cela, parmi lesquelles la diminution de la taille des incisions, l'arrivée
de nouveaux biomatériaux et de nouveaux designs d'implants. Grâce
à ces progrès, on optimise la qualité du résultat
visuel en limitant notamment les astigmatismes induits, les cataractes secondaires
et les déformations pupillaires post-opératoires. Si le principal
facteur limitant reste l'analyse pré-opératoire du segment antérieur,
de nouvelles méthodes d'imagerie (échographie très haute
fréquence, OCT) devraient prochainement contribuer à y palier.
Les indications actuelles des implants phakes incluent les myopies, hypermétropies,
astigmatismes forts et moyens. Elles pourraient bientôt s'étendre
à la presbytie et aux amblyopies anisométropiques de l'enfant.
Plaidoyer
pour le Lasek (Curr. Opin. Ophthalmol. 2004 ; 15(4) : 333-41, R.W.
Yee et al.) www.co-ophthalmology.com richard.w.yee@uth.tmc.edu
En chirurgie réfractive, le Lasek (LASer Epithelial assisted Keratomileusis)
se situe entre la PKR et le Lasik. En effet, le capot est épithélial
et la photo-ablation intéresse le stroma antérieur. L'auteur,
qui rappelle la technique opératoire et ses variantes, développe
les avantages de cette méthode en se fondant sur les données les
plus récentes de la littérature. Différents arguments semblent
en effet plaider en faveur du Lasek, dont les résultats fonctionnels
et la sécurité se sont révélés très
satisfaisants. L'évolution des algorithmes de traitement et l'avènement
de l'aberrométrie y sont pour quelque chose. La prévention et
la prise en charge des complications et effets indésirables passent quant
à elles par l'utilisation d'antalgiques locaux et généraux,
d'antibiotiques adaptés en cas d'infection, de sérum autologue,
d'anti-inflammatoires, de vitamines voire d'anti-mitotiques en présence
d'un haze.
Innocuité
et efficacité de l'implant intraoculaire Verisyze : mise à
jour de l'étude clinique FDA Dayle Stulting (Atlanta) - AAO
Buts : évaluer l'efficacité et l'innocuité de cet implant
chez le myope.
Méthode : résultats à 3 ans de l'étude clinique
ouverte FDA, non comparative, à propos de l'IOLs Verisyze pour le traitement
de la myopie de - 5 à - 20 D. 480 patients ont terminé l'essai
et seuls ont été inclus dans l'analyse ceux ayant au moins 3 ans
de suivi.
Résultats : à 3 ans, 84 % des yeux (403 des 480 patients)
ont au moins une acuité visuelle non corrigée de 20/40 et 100
% atteignent ce niveau d'acuité après correction. La réfraction
prévue est atteinte chez 71,9 % des yeux à +/- 0,5 D et 95,3 %
sont à +/- 1 D de la valeur souhaitée. La perte endothéliale
cellulaire à 3 ans par rapport à l'inclusion est de 1,6 %. L'analyse
des données est encore en cours pour les patients avec un suivi d'au
moins 4 ans.
Conclusions : l'implant Verisyze représente un traitement efficace,
sûr et offrant une bonne prédictibilité de la myopie modérée
à forte. C'est une excellente alternative pour les patients qui souhaitent
abandonner leurs lunettes ou ayant une intolérance au port de lentilles
de contact et qui ne sont pas de bons candidats pour le LASIK en raison de leur
niveau de myopie.
Comment
augmenter la satisfaction des opérés de Lasik ? (Curr.
Opin. Ophthalmol. 2004 ; 15(4) : 328-32, S.D. Hammond et al.) www.co-ophthalmology.com
Si le Lasik répond à neuf indications de chirurgie réfractive
sur dix, il peut aussi induire des effets indésirables. Parmi eux, les
troubles de la vision nocturne (halos, diminution de la sensibilité aux
contrastes, difficultés d'adaptation à la pénombre), qui
sont corrélés au jeune âge, au degré d'amétropie
et à l'augmentation ou à la diminution du diamètre de l'ablation.
La sensibilité aux contrastes diminue quant à elle en post-opératoire
immédiat pour se normaliser dans l'année qui suit. Du fait des
nombreux paramètres qui interviennent, il est difficile de mesurer précisément
le degré de satisfaction des opérés. Certains facteurs
pré-opératoires (âge, taille de la pupille...), per-opératoires
(décentrement...) et post-opératoires (symptômes nocturnes,
retouches chirurgicales...) compromettent toutefois la qualité du résultat
visuel. Jouer sur ces facteurs pourrait permettre d'améliorer la satisfaction
des patients.
Les kératites
fongiques passent à l'offensive (Curr. Opin. Ophthalmol. 2004
; 15(4) : 321-7, M. Srinivasan) www.co-ophthalmology.com m.srinivasan@aravind.org
Qu'elles soient cornéennes ou systémiques, les infections mycotiques
voient leur incidence augmenter. L'auteur se penche sur cette source croissante
de morbidité ophtalmologique que sont les kératomycoses. Le nombre
de cas est en augmentation, notamment dans les régions très peuplées
des continents asiatique et africain, avec une prédominance des espèces
pathogènes filamenteuses. Il souligne le risque d'inefficacité
des traitements classiques tout en fondant ses espoirs sur la recherche, qui
travaille à mettre au point des méthodes rapides de diagnostic
et de nouvelles thérapeutiques. Si les antifongiques polyèniques
utilisés en première intention peuvent être mis en échec
par une kératomycose grave, les dérivés azolés pourraient
à l'avenir constituer l'option de choix. Une revue de la littérature
pour faire le point sur les aspects épidémiologiques, étiologiques,
diagnostiques et thérapeutiques de la maladie.
GPAO ou
des causes systémiques oubliées (Surv. Ophthalmol. 2004
; 49(5) : 491-508, D. Gherghel et al.) http://linkinghub.elsevier.com
On connaît maintenant un certain nombre de facteurs de risque susceptibles
d'intervenir dans le déterminisme des glaucomes primitifs à angles
ouverts (GPAO). Pourtant, la recherche étiologique se poursuit et le
premier objectif thérapeutique reste la réduction de la pression
intra-oculaire. Si cette dernière ne pose le plus souvent pas de problème,
une question revient fréquemment : quelle "pression cible"
doit on atteindre pour couper court à l'aggravation de la neuropathie
optique ? Les auteurs déplorent par ailleurs le peu d'importance que
l'on accorde en pratique aux anomalies circulatoires et au dysfonctionnement
du système nerveux autonome, dont on connaît les implications dans
la régulation des paramètres hémodynamiques. Pourquoi continuer
à se passer d'alternatives thérapeutiques qui pourraient, chez
certains patients, prévenir la progression du glaucome ?
Cet oedème
maculaire aux multiples facettes (Surv. Ophthalmol. 2004 ; 49(5) :
470-90, P.G. Tranos et al.) http://linkinghub.elsevier.com
Un oedème maculaire peut se constituer au cours de nombreuses situations
pathologiques ophtalmologiques ou générales. Parmi les plus fréquentes
figurent les suites de la chirurgie endoculaire, les occlusions veineuses rétiniennes,
la rétinopathie diabétique et les maladies inflammatoires du segment
postérieur. Diffus ou cystoïde, l'oedème peut revêtir
différents aspects. Suite à l'examen clinique, l'angiographie
en fluorescéine ou l'OCT en confirment clairement la présence
et le type. Sur le plan thérapeutique, différentes approches ont
été tentées, qui se sont soldées par des résultats
variables. Il s'agit essentiellement de différents anti-inflammatoires
administrés par voie locale ou générale, de la photocoagulation
et plus récemment des injections intra-vitréennes et de la vitrectomie.
De nouvelles études sont en cours, qui s'intéressent notamment
aux oedèmes maculaires diabétiques et post-uvéitiques.
Prise
en charge de l'oedème maculaire du diabétique (OMD) : OCT
vs angiographie fluoréscéinique Alain Gaudric (Lariboisière,
Paris) - AAO
L'OMD est défini par un épaississement de la rétine dû
à une diffusion et une stagnation de liquide dans l'aire maculaire.
Caractéristiques en biomicroscopie : le diagnostic d'OMD est mieux
posé en ophtalmoscopie indirecte sur une pupille dilatée. Les
lentilles « noncontact » sont suffisantes pour détecter
les exsudats durs qui sont le signe d'un oedème maculaire en cours ou
séquellaire. Cependant, l'utilisation d'un verre à 3 miroirs avec
un agrandissement optimum est plus adapté à la détection
de l'épaississement rétinien et des lésions cystoïdes.
Angiographie de l'OMD : l'angiographie n'est pas obligatoire pour la prise
en charge standard, mais est nécessaire et utile dans certains cas :
pour mettre en évidence la rétinopathie diabétique (RD),
pour avoir une image de référence, pour établir un suivi
plus précis pour les OMD débutants, pour aider à la décision
thérapeutique, pour guider la photocoagulation, pour établir un
suivi après traitement.
Plusieurs méthodes sont disponibles : la stéréophotographie
à 30 degrés, la photographie non stéréoscopique
de 50 à 60 degrés, l'angiographie fluorescéinique, la tomographie
en cohérence optique (OCT).
Angiographie fluorescéinique (FA)
Elle peut être utilisée dans certains cas de rétinopathie
diabétique. Elle a des avantages bien connus mais présentent certains
risques.
*Avantages : détection et photocoagulation des anomalies du lit
capillaire rétinien (microanévrisme, diffusion, zone de non perfusion
capillaire et élargissement pathologique de la zone avasculaire centrale),
localisation précise de la diffusion, mise en évidence des lésions
cystoïdes ou d'une diffusion marécageuse.
*Inconvénients : ne peut être utilisé pour le dépistage
ni au stade précoce de la RD, ne montre pas l'épaississement maculaire,
ne quantifie pas l'oedème maculaire, est chronophage, peut exposer le
patient à des effets indésirables parfois sévères
- OCT
*Avantages : Méthode non invasive, quantification de l'épaisseur
maculaire, guide le traitement laser (focal ou grille), aide à la décision
pour un deuxième traitement en injection intra-vitréenne, peut
être utilisé pour le dépistage. Les coupes OCT montrent
des détails non visibles par les autres techniques d'imagerie disponibles
tels : espaces kystiques intramaculaire, décollement séreux
rétinien infraclinique, décollement partiel postérieur
du vitré ou traction vitréenne
*Inconvénients et limites : l'OCT ne montre pas l'ischémie
maculaire, artéfacts possibles, manque de précision au-delà
de 3 à 6 mm du centre, sous estimation de l'épaisseur réelle
rétinienne
Discussion :
Le FO en microscopie et les photographies permettent de détecter la RD.
L'angiographie montre la perfusion, les zones de diffusion et détecte
les néovaisseaux.
L'OCT permet de quantifier précisément l'épaisseur de la
macula et guide la photocoagulation.
Pour la localisation de l'oedème, OCT et FA sont superposables dans la
plupart des cas. L'OCT permet aussi de préciser si les exsudats sont
associés à un épaississement rétinien.
L'OCT peut permettre de révéler un décollement séreux
maculaire associé à un OMC. Il permet de préciser les rapports
entre vitré et la rétine.
L'OCT permet de quantifier l'épaisseur et le volume maculaire moyen,
aidant ainsi à la décision thérapeutique.
La vitrectomie
en bleu (Retina 2004 ; 24(5) : 736-8, B.J. Vote et al.) www.retinajournal.com
A travers une série rétrospective de 26 yeux opérés,
les auteurs nous font part de leur expérience du bleu trypan au cours
des vitrectomies postérieures. Parmi les pathologies en cause : treize
membranes épirétiniennes (MER), neuf trous maculaires, deux cas
de prolifération vitréo-rétinienne, un cas d'oedème
maculaire cystoïde du pseudophake et un cas d'oedème maculaire chronique
du diabétique. L'injection du colorant dans le segment postérieur
a permis de mieux identifier et délimiter les tissus tels que MER, membrane
limitante interne et hyaloïde postérieure, tout en facilitant leur
ablation et en limitant donc les risques de complications. Six mois après
l'intervention, l'acuité visuelle de 21 des opérés s'était
améliorée ou stabilisée et il n'existait aucun signe de
toxicité rétinienne. Une méthode qui semble confirmer son
intérêt dans le cadre de la chirurgie vitréo-rétinienne.
Faut
il se débarrasser de la membrane limitante interne ? (Retina
2004 ; 24(5) : 728-35, E.H. Bovey et al.) www.retinajournal.com
La membrane limitante interne (MLI) fait décidément couler beaucoup
d'encre. En témoigne cette nouvelle étude, qui a porté
sur 71 cas de membranes épi-maculaires (MEM) opérées. Au
cours de ce travail, les auteurs ont cherché à savoir si l'ablation
dans le même temps opératoire de la MLI était de nature
à influencer les résultats fonctionnels. Pour leur analyse, ils
ont tenu compte de l'âge, du sexe, de l'état pré-opératoire
du cristallin, de la nature idiopathique ou secondaire de la MEM, des complications
et de la date d'extraction de la cataracte. A l'issue d'un suivi moyen d'environ
deux ans, tous les patients étaient en effet devenus pseudophakes, du
fait du caractère cataractogène de la vitrectomie. Au total, il
semble que l'ablation de la MLI amoindrisse le risque de récidive de
la MEM et s'associe de façon statistiquement significative à une
meilleure acuité visuelle finale.
Trachome
: traitement de masse avec une seule dose dŒazithromycine (NEJM
351 : 1962-1971, A. W. Solomon et al. - 4 novembre 2004) http://content.nejm.org/cgi/content/abstract/351/19/1962
Cette étude montre qu'une seule dose d'azithromycine en traitement de
masse peut interrompre la transmission du trachome, éventuellement avec
l'aide d'applications oculaires périodiques de tétracycline, dans
une communauté de Tanzanie où le trachome est endémique.
Sur 978 habitants, 956 ont été suivis dont 95,8% ayant reçu
une dose d'azithromycine (20 mg/kg) et 4,1% ayant reçu une application
de tétracycline, l'azithromycine étant contre-indiquée
pour eux. Pour des raisons éthiques, des applications de tétracycline
étaient réalisées à 6, 12 et 18 mois chez les sujets
ayant un trachome cliniquement actif. La prévalence de l'infection a
chuté de 9,5% avant le traitement de masse à 2,1% après
2 mois et 0,1% après 24 mois. A 2 mois, l'intensité de l'infection
oculaire à C. trachomatis représentait 13,9% de celle d'avant
le traitement, puis elle a continué à diminuer jusqu'à
0,8% à 24 mois.