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Semaine du 25 au 31 octobre 2004
Biométrie
réfractive peropératoire pour le calcul de la puissance de l'implant
intra oculaire sans mesure de la longueur axiale ni kératométrie
Tsontcho Iandchulev (Los Angeles) - AAO
Cette étude pilote a été réalisée
sur 22 cas de cataracte pour le modèle empirique vs 16 cas dans le groupe
contrôle incluant 6 cas post-LASIK. Une rétinoscopie autoréfractive
per opératoire a été utilisée pour obtenir une autoréfraction
aphake.
Une analyse statistique a été faite afin de corréler l'équivalent
sphérique de l'aphake à la puissance de l'implant chez l'emmetrope,
permettant ainsi d'établir une formule de calcul.
Résultats : L'équivalent spérique de l'autoréfraction
aphake était linéairement corrélé avec la puissance
de l'implant pour emmétrope (P < .0001, avec R2 = .9985). Le rapport
était corroboré pour des longueurs axiales comprises entre 21.43-25.25
mm et une puissance d'implant entre 12.0-25.5 D. La biométrie réfractive
optique est un meilleur modèle prédictif pour l'estimation de
la puissance de l'implant que les formules habituelles en autoréfraction
aphake. 83 % et 100 % des yeux respectivement traités et non traités
par LASIK présentaient un écart d'1D quand l'autoréfraction
aphake était utilisée contre 67 % et 100 % des patients respectivement
traités et non traités par LASIK en méthode conventionnelle.
Un algorithme réfractif pur permet de déterminer la puissance
de l'implant en peropératoire, sans mesure de kératométrie
ni de longueur axiale. Cette méthode permet de contourner les limites
de la biométrie classique et est prometteuse dans le cas de cataractes
antérieurement traitées par LASIK.
Les cellules
souches dans le traitement de la DMLA Kourous A Rezoei (Université
de Chicago) - AAO
La dégénérescence de l'épithélium pigmentaire
(EP) rétinien joue un rôle significatif dans la DMLA. L'implantation
de nouvelles cellules saines dans l'EP est une piste thérapeutique pour
cette affection, les cellules souches semblant être à cet égard
intéressantes. Elles présentent, en effet, certains avantages :
prolifération, renouvellement, différenciation, absence de risque
de rejet. Les cellules souches d'embryons humains proviennent de blastocytes
de 4 à 5 jours. La différenciation des cellules souches peut être
contrôlée par la composition du milieu de culture (avec ou sans
cytokine) et par modification génétique entre autres.
Les cellules de l'EP dérivées des cellules souches doivent présenter
certaines caractéristiques :
- Former une monocouche cellulaire,
- Procéder au métabolisme de la vitamine A,
- Avoir la capacité de phagocyter les segments externes des photorécepteurs,
- Avoir fait la preuve de leur efficacité dans le modèle animal
(rat).
Dans une récente étude (Haruta M et al., Invest. Ophtalmol. Vis.
Sci. 2004 ; 45 : 1020-1025), les cellules souches issues d'un primate
se sont différenciées en cellules de l'EP. Les cellules souches
embryonnaires non différenciées du primate étaient mises
en culture avec des cellules stromales PA6 pendant trois semaines et les boîtes
de culture recouvertes d'une matrice synthétique. Une monocouche de cellules
pigmentaires s'est formée, avec des jonctions étroites. Après
transplantation dans l'espace sous-rétinien, elles ont favorisé
la survie des photorécepteurs dans la dystrophie du rat.
Un nouveau
système d'analyse de l'opacification de la capsule postérieure
(J. of Cataract and Refractive Sgy 2004 ; 30-10 : 2058-2063,
L. Bender et al.) http://journals.elsevierhealth.com/periodicals/jcrs/issues/contents
Un nouveau système d'analyse automatique de l'opacification de la capsule
postérieure et de la position des implants intraoculaires a été
inventé par une équipe de Londres. Ce système et son logiciel
permettent en 2 minutes de quantifier une éventuelle cataracte secondaire
et de mesurer la rotation d'implants toriques dans le sac capsulaire. Ce système
gratuit, d'utilisation simple, devrait trouver sa place parmi les outils destinés
à la recherche clinique.
Leur
couleur, c'est le bleu (J. of Cataract and Refractive Sgy 2004 ;
30-10 : 2046-2049, J. San Laureno et M. T. Coroneo) http://journals.elsevierhealth.com/periodicals/jcrs/issues/contents
Ces auteurs australiens décrivent ici une technique astucieuse mais peu
élégante qui permet de colorer la capsule antérieure d'un
cristallin avec du bleu triptan, en un seul geste chirurgical. Après
la porte de service, ils préconisent d'injecter le produit en vidant
la chambre antérieure. Ce collapsus provoque un myosis et un effondrement
de la chambre antérieure ou est bloqué le colorant. Ensuite, le
viscoélastique est injecté directement, reformant la chambre et
diluant le colorant. Les auteurs indiquent que le rhexis est possible même
sous un visqueux coloré et que cette méthode salissante est rapide
et sans danger.
La maladie
de Coats Franco M. Recchia (Nasville) - AAO
Décrite par Coats en 1908, la maladie de Coats est une pathologie ophtalmique
caractérisée par une masse d'exsudation extensive au FO associée
à des « formes très particulières de maladie
vasculaire ».
Aspects démographiques : dans 2/3 des cas, le diagnostic est posé
avant l'âge de 10 ans. Habituellement unilatérale, la maladie touche
les garçons dans 70 % à 90 % des cas.
A l'examen clinique, on note : un strabisme, une leucocorie, une baisse
de l'acuité visuelle. Vingt-cinq pour cent des patients sont diagnostiqués
lors d'un examen de routine. Au FO, on observe des télangectasies, des
exsudats sous et intra rétinien massifs, une irrégularité
du calibre vasculaire, des télangectasies focales, des anévrismes
(« bulles légères ») et un engaînement
des vaisseaux par des dépôts jaunes de cholestérol. Les
lésions précoces sont observées en périphérie
de rétine. L'atteinte maculaire est moins fréquente.
L'origine de la maladie reste indéterminée bien qu'une origine
génétique soit pressentie (Black et al., 1999 ; den Hollander
et al., 2001).
En l'absence de traitement, l'évolution naturelle de l'affection est
défavorable. Parmi les diagnostics différentiels, citons :
le rétinoblastome, la maladie de Von Hippel-Lindau, la rétinopathie
du prématuré, la vitrorétinopathie exsudative familiale,
l'hyperplasie primitive du vitré, la toxocarose.
Le diagnostic est confirmé en angiographie fluorescéinique, en
échographie et en OCT.
Le traitement doit être précoce et vise à éliminer
les zones de non perfusion ainsi que les vaisseaux anormaux (cryothérapie
et photocoagulation). Afin de limiter le risque de décollement de rétine,
il est conseillé de ne pas traiter plus de deux quadrants par séance.
Les récidives pouvant être tardives, ces patients requièrent
un bilan de contrôle semestriel.
Détection
précoce du glaucome :Couche des fibres nerveuses ou disque optique ?
David F. Garway-Heath (Londres) - AAO
La présence et la progression de déficits dans la couche des fibres
nerveuses rétiniennes et l'amincissement de l'anneau neurorétinien
sont des signes précoces de glaucome et précèdent fréquemment
l'apparition des premiers signes de perte du champ visuel, souvent de plusieurs
années. Les moyens d'exploration sont : l'ophtalmoscopie sur pupille
dilatée, la photographie stéréoscopique et l'imagerie à
balayage. L'ophtalmoscopie indirecte en stéréoscopie permet d'évaluer
la couleur et le contour de la tête du nerf optique, l'épaisseur
et les déficits de la couche des fibres nerveuses, les hémorragies
papillaires et l'atrophie péripapillaire. Un examen aussi complet n'est
pas possible avec une prise d'image unique. C'est pourquoi l'examen clinique
de la tête du nerf optique et de la couche des fibres nerveuses au biomicroscope
ne peut pas être remplacée par les moyens modernes d'imagerie.
L'examen attentif de la couche des fibres nerveuses rétiniennes est au
moins aussi sensible que l'examen de la tête du nerf optique pour diagnostiquer
le glaucome. Il est connu que les déficits de la couche des fibres nerveuses
rétiniennes peuvent apparaître alors même que la papille
est normale (petite papille). Cependant la photographie de la papille permet
un diagnostic plus précis que la photographie de la couche des fibres
nerveuses dans les déficits campimétriques débutants. L'examen
de la papille et de l'épaisseur de la couche des fibres nerveuses est
complémentaire. Ces examens sont toutefois subjectifs, contrairement
aux données obtenues en imagerie automatisée. Ces appareils ont
une haute spécificité et sensibilité et permettent de discriminer
un oeil normal d'un glaucomateux. Récemment, le SLO s'est avéré
supérieur à l'évaluation clinique de la papille en stéréoscopie
dans le glaucome expérimental.
Deux études indiquent que les modifications de la papille peuvent être
détectées avant les modifications du champ visuel en cas de patients
atteints d'hypertonie oculaire ou présentant un déficit avéré
du champ visuel.
La reproductibilité des mesures n'est pas suffisante en soi pour se contenter
des nouvelles méthodes diagnostiques. D'autres études seront nécessaires
pour justifier leur utilisation en pratique clinique. Les moyens modernes d'examens
permettent d'obtenir des mesures quantitatives de l'aspect de la tête
du nerf optique ou anatomiques de la couche des fibres nerveuses. Elles affinent
mais ne remplacent pas l'examen clinique.
La trabeculectomie
et la viscocanalostomie (J. of Cataract. and Refractive Sgy 2004 ;
30-10 : 2050-2057, I.S.Yalvac et al.) http://journals.elsevierhealth.com/periodicals/jcrs/issues/contents
Une étude prospective randomisée, réalisée à
Ankara, incluant 50 patients souffrant d'un glaucome chronique à angle
ouvert non équilibré par le traitement médical, a consisté
à comparer l'évolution des patients opérés par trabeculectomie
(n=25) à ceux opérés par viscocanalostomie. A 6 mois et
3 ans, le premier groupe présentait des valeurs de pression intraoculaire
plus basses, avec un différentiel qui s'accroissait à 3ans. Ceci
montre l'efficacité plus important de la trabéculectomie, dont
les résultats sont tempérés par la survenue plus fréquente
d'hypotonie et d'opacification du cristallin.
Le YAG,
point trop s'en faut (J of Cataract and Refractive Sgy 2004 ;
30-10 : 2064-2067, C. Billotte et G.B Berdeaux) http://journals.elsevierhealth.com/periodicals/jcrs/issues/contents
Ces deux ophtalmologistes du CHU de Caen ont décrit un intéressant
modèle, à partir de l'analyse d'une cohorte de 3335 patients opérés
de cataracte, qui évalue le nombre de complications liées à
la réalisation précoce de capsulotomies au Laser Yag pour des
cataractes secondaires sur une période de 9 ans. Ils concluent à
une nocivité accrue des capsulotomies précoces dont les conséquences
seraient sous évaluées par la durée trop brève,
inférieure à 3 ans, des études actuelles. De fait, sur
cette période de 3 ans, seul 1/3 des effets secondaires des Yag seraient
observés.
La Framingham
Heart Study : le modèle des lipides pour l'évaluation du
risque. Evolution des guidelines pour l'évaluation et le traitement de
la dyslipidémie William B. Kannel (Boston) - AAO
Lors de son exposé, Kannel établit un parallèle entre l'analyse
des facteurs de risque dans la maladie athéromateuse coronaire et dans
le glaucome.
Existe-t-il des facteurs de risque accessibles au traitement dans la maladie
glaucomateuse autres que l'HTO ?
Sachant que dans le cas de la maladie coronarienne le taux de cholestérol,
bien que contenu dans les limites de la normale, peut représenter un
facteur de risque, existe-t-il des cas de glaucome survenant avec une PIO dans
les limites de la norme ?
Sachant que plus le taux de cholestérol est élevé, plus
le risque cardiovasculaire (cv) est important, existe-t-il une aggravation du
glaucome proportionnelle au niveau de l'hypertonie oculaire ?
Des valeurs de PIO maximales ont-elles été déterminées ?
Dans la maladie cv, la contribution de chaque facteur de risque a été
individuellement évaluée afin de déterminer la prédictibilité
du risque. Ceci est-il applicable au glaucome ?
De la même manière qu'on évalue maintenant les taux de LDL,
HDL et le rapport cholestérol total/HDL, la PIO doit-elle être
affinée en fonction de l'épaisseur cornéenne pour mieux
refléter le risque potentiel de glaucome ?
La correction d'une dyslipidémie subnormale et de l'HTA diminue notablement
le risque de maladie cv. De même, les données des études
cliniques attestent de l'efficacité du contrôle de la PIO sur l'évolution
du glaucome.
Le modèle établi dans la Framingham Heart Study a permis de montrer
que plus les facteurs de risque sont contrôlés, plus le risque
global diminue.
Quels sont les objectifs dans la prévention du glaucome ?
- Prévenir l'hypertonie oculaire
- Prévenir l'évolution vers une HTO sévère
- Eviter les modifications structurelles
- Prévenir les déficits visuels
Pour ce faire, il est nécessaire de connaître :
- Les caractéristiques de l'HTO, du glaucome et du déficit visuel,
- L'incidence, la prévalence et les données sur l'évolution
de l'hypertonie oculaire et du glaucome,
- Les facteurs de risque indépendants et leur importance relative.
Implants
myopiques phaques et pseudophaques (J. of Cataract and Refractive Sgy.
2004 ; 30-10 : 2058-2063, J.L. Arme) http://journals.elsevierhealth.com/periodicals/jcrs/issues/contents
Le chef de service de CHU de Toulouse Purpan publie ici les résultas
d'une étude prospective sur 4 ans comparant le devenir de myopes forts
(32 à 49 ans) opérés soit par implant phaque (41 yeux de
21 patients), soit par extraction du cristallin clair (36 yeux de 18 patients)
respectivement pour des myopies de -13.6+-3 D dans le groupe des phaques et
de -16.7+-3.8 D dans le groupe des cristallins clairs. Si les résultats
visuels ont été bons dans les deux groupes, 2 décollements
de rétines sont survenus dans le groupe de l'extraction du cristallin,
à 39 et 43 mois, avec un effondrement de l'acuité visuelle. La
technique de l'implantation phaque serait donc moins risquée que l'extraction
du cristallin clair.
Aphakie
en Europe du Nord -1ere Partie (J. of Cataract and Refractive Sgy.
2004 ; 30-10 : 2105-2110, M. Lundström et al.) http://journals.elsevierhealth.com/periodicals/jcrs/issues/contents
Cette équipe suédoise a mené une étude prospective
nationale sur 5ans afin d'établir l'incidence de l'aphakie post chirurgie
de la cataracte et les facteurs de risque de survenue de cette complication
opératoire. Dans ce pays nordique, une cataracte sur 200 se termine par
une aphakie (soit 0.49%, 1410 sur 287 951 chirurgies). Les facteurs de risque
principaux étaient la présence d'un glaucome et de meilleure acuité
visuelle corrigée basse, inférieure à 1/10. (Risque relatif
12.8 fois plus élevé).
Résultats
cliniques précoces de l'Epi-LASIK Renyuan Chu (Shangai) et al.
- AAO
L'Epi-LASIK est réalisé avec un épikératome (Wuxi,
P.R. China) intégrant une lame oscillante. La séparation épithéliale
est mécanique (sans application d'alcool). Après ablation laser,
le volet épithélial est repositionné et une lentille de
contact thérapeutique est posée pendant 5 à 7 jours.
Les symptômes post-opératoires, le volet épithélial,
l'acuité visuelle, le haze cornéen ont été évalués.
Résultats : 58 yeux de 35 patients avec un équivalent sphérique
moyen de -8, 23 plus ou moins 3,48 D (allant de -1,50 D à -18 D) ont
été inclus dans l'essai. Les patients étaient âgés
de 19 à 50 ans. Dans un cas le volet épithélial n'a pu
être réalisé en raison d'une fente palpébrale trop
étroite. Dans 54 yeux, un volet épithélial d'un diamètre
de 8 à 9 mm a été réalisé, laissant une charnière
supérieure à 3 mm. Une photophobie modérée, un larmoiement
et une sensation de corps étranger ont été signalés
chez 5 patients. Les autres malades ne se sont plaints que d'un léger
inconfort. En dehors d'une légère sensation de corps étranger,
aucun patient n'avait d'autres symptômes au-delà de J3.
Parmi les 46 yeux suivis pendant 3 mois après le traitement, 44 ont atteint
la réfraction prévue à plus ou moins 1D. Toutes les cornées
étaient claires avec un léger haze. Aucun oeil n'a perdu plus
d'une ligne par rapport à la meilleure acuité visuelle corrigée
et 10 yeux ont même gagné plus d'1 ou 2 lignes.
Conclusion : l'Epi-LASIK est une méthode efficace et sûre
pour corriger la myopie, avec des symptômes modérés et sans
haze évident. De plus grandes séries avec un suivi adéquat
sont nécessaires pour évaluer les résultats cliniques à
long terme ainsi que le haze.
A quelle
fréquence doit-on réaliser l'évaluation de la couche des
fibres nerveuses, les photographies et l'analyse topographique ? Stefano
Miglior (Monza, Italie) - AAO
Le début et l'évolution du glaucome peuvent être retardés
en baissant la PIO, ce que suggèrent les études OHTS, EMGT, AGIS
et CIGTS. Les méthodes de diagnostic précoce de l'aggravation
du glaucome sont cruciales dans le suivi de l'HTO et du glaucome. Mais à
quelle fréquence pour un suivi optimal des patients ?
Le disque optique et les fibres nerveuses peuvent être évalués
par photographie, HRT, GDx et OCT (non validée par des études
cliniques). L'évaluation par clichés stéréoscopiques
du disque optique à une fréquence annuelle a montré une
haute sensibilité dans la détection des déficits structurels
progressifs. La même approche dans l'étude EGPS, avec un examen
semestriel, a montré une corrélation et une reproductibilité
correctes (résultats non publiés à ce jour). L'évaluation
du disque a été annuelle dans l'étude EMGT. L'introduction
du SLO semble intéressante en HRT. Cette technique apparaît plus
sensible que l'examen standard du champ visuel.
L'examen de la couche des fibres nerveuses a été testé
dans de nombreuses études avec une fréquence annuelle. Le GDx
montre quant à lui aussi un bon potentiel de détection des modifications
progressives de la couche des fibres nerveuses, bien que d'autres études
doivent valider cette technique.
A ce jour, aucun schéma n'est validé quant à la fréquence
d'évaluation. On peut arbitrairement recommander une fréquence
annuelle bien que pour certains patients glaucomateux, il soit nécessaire
de répéter l'examen tous les 6 mois. La connaissance précise
de la reproductibilité des techniques devrait permettre de connaître
la fréquence appropriée à chaque appareillage, permettant
ainsi d'apporter les informations cliniques utiles.
Aphakie
en Europe du Nord- suite et fin (J. of Cataract and Refractive Sgy
2004 ; 30-10 : 2111-2115, M. Lundström et al.) http://journals.elsevierhealth.com/periodicals/jcrs/issues/contents
Parce que leur travail était intéressant, ces auteurs ont publié
la suite dans le même journal, en précisant que l'aphakie survenait
en général lors d'issue de vitré pendant la chirurgie,
et que dans 2/3 des cas, les patients étaient opérés secondairement,
avec une amélioration de l'acuité visuelle au dessus de 5/10 dans
41% des cas, mais dans 27.7% inférieure à 1/10. L'incidence des
complications opératoires conduisant à une aphakie imprévue
et à une acuité visuelle finale inférieure à 1/10
est évaluée à 7.8 pour 10 000 opérations sur
un terrain oculaire sain et monte à 27.6 pour 10 000 en cas de co-mordidité
oculaire.
Sixième
rapport annuel des explantations après chirurgie de la cataracte (J.
of Cataract and Refractive Sgy 2004 ; 30-10 : 2109-2118, N. Mamalis
et al.) http://journals.elsevierhealth.com/periodicals/jcrs/issues/contents
Les données issues de 273 rapports renvoyés et analysés
par ce groupe d'étude permettent de connaître les raisons qui poussent
les chirurgiens à explanter des implants pliables intraoculaires. Ces
motifs sont principalement constitués par la dislocation ou le décentrement
de l'implant, une erreur de calcul de puissance, la calcification de l'implant,
les halos ou des aberrations optiques. Les auteurs, pleins de sagesse, préconisent
judicieusement de bien opérer, de bien calculer la puissance de l'implant
pliable et de choisir des implants de bonne facture.
Laser
Femtoseconde vs microkératomes mécaniques Richard Lindstrom
(Minneapolis) - AAO
Buts : Débattre des connaissances concernant le laser Femtoseconde
vs les microkératomes mécaniques et comparer les conséquences
cliniques ainsi que les aspects pratique et économique.
Méthode : Analyse de la littérature disponible sur les deux
techniques et résultats d'une analyse multicentrique.
Résultats :
Conséquences cliniques : Les différences entre l'acuité
visuelle et l'épaisseur du volet ne semblent pas exister au regard des
nombreuses publications. L'inconfort postopératoire, l'inflammation,
les complications et l'usage de stéroïdes sont moins fréquents
pour les cas traités au laser.
Aspects pratiques et économiques : La réalisation du volet
est plus longue avec le laser et le coût par cas est plus important eu
égard à l'équipement, au personnel de bloc et à
la surveillance des patients. De plus le coût d'acquisition du Femtoseconde
est non négligeable.
Conclusion : Les microkératomes mécaniques restent à
ce jour une référence en pratique clinique et ont été
utilisés dans plus de 5 millions de procédures dans le monde.
Il semble raisonnable pour les chirurgiens de conserver leurs microkératomes
mécaniques qui restent sûrs et présentent une efficacité
comparable au laser Femtoseconde.
- Doit-on réajuster la PIO cible après la survenue d'une hémorragie
du disque ?
Jost B. Jonas (Mannheim) - AAO
Une hémorragie du bord papillaire est considérée comme
un tournant dans l'évolution de la maladie glaucomateuse (Drance et autres
auteurs). Dans le glaucome précoce, l'hémorragie est principalement
localisée dans le quadrant temporal inférieur de la papille. Dans
le glaucome très avancé avec atrophie importante du nerf optique,
les saignements se situent dans le quadrant nasal.
Dans le secteur où l'anneau rétinien est totalement atrophié,
on n'observe jamais d'hémorragie. Les hémorragies du disque sont
assez fréquemment associées à une encoche de l'anneau neurorétinien
au niveau du saignement.
L'incidence de l'hémorragie dans les cas de GPAO est comprise entre 4.2
% et 7 %. Plus le gradient de pression transmurale est élevé,
plus l'hémorragie sera marquée, la différence de pression
transmurale étant inversement corrélée avec la PIO. Ceci
suggère que la rupture d'un vaisseau peut conduire à une hémorragie
plus importante dans le GPN que dans le glaucome à pression élevée,
ce que confirme l'examen clinique. Les hémorragies dans le GPN sont plus
longues à se résorber. Ceci explique au moins partiellement leur
plus grande fréquence de diagnostic. Reste à savoir si le vaisseau
impliqué est une artériole, un capillaire ou une veine.
La présence d'une hémorragie du disque optique est concomitante
de l'aggravation du déficit du nerf optique (amincissement de l'anneau
neurorétinien, baisse du champ visuel). Les facteurs prédictifs
d'atteinte de l'anneau neurorétinien et d'hémorragie du disque
optique sont similaires. A noter que la progression du déficit glaucomateux
n'est pas systématiquement due à une hémorragie papillaire.
La présence d'une telle hémorragie laisse penser que le traitement
instauré n'était pas assez efficace pour prévenir une évolution
défavorable. Ceci pourrait suggérer qu'il faudrait réajuster
la PIO cible en cas d'hémorragie papillaire, après avoir exclu
d'autres causes expliquant l'échec thérapeutique comme par exemple
une mauvaise observance.
Correction
de l'hypermétropie par la lentille intracornénne PermaVision (J
of Cataract and Refractive Sgy 2004 ; 30-10 : 2152-2157, P. Michieletto
et al.) http://journals.elsevierhealth.com/periodicals/jcrs/issues/contents
Ces résultats sur 10 yeux opérés par mise en place d'une
lentille sous un capot de LAsik pour corriger une hypermétropie sphérique
semblent rassurants, avec seulement 10 % de retrait d'implant (un patient, pour
décentrement). Au plan réfractif, l'équivalent sphérique
passe de +4.33 D (+/- 1.52) à +0.03 (+/- 0.36) à six mois. Cette
technique additive donnerait donc de bons résultats à court terme
mais une confirmation est nécessaire.
Les pupillomètres
passés à la loupe (J of Cataract and Refractive Sgy 2004 ;
30-10 : 2116-2123, T. Kohnen et al.) http://journals.elsevierhealth.com/periodicals/jcrs/issues/contents
Cette équipe allemande a comparé statistiquement les mesures de
pupilllométries obtenues après 2 minutes d'adaptation à
l'obscurité en utilisant un pupillomètre digital à infrarouge,
un pupillomètre manuel à infrarouge (Colvard), un abberomètre
Zywave, un abberomètre Wasca et un topographe Orbscan II.
La pupille était la plus grande avec le système de référence
Procyon, et seul l'abbéromètre Zywave était proche de cette
valeur, en utilisant des paramètres spécifiques et en éteignant
le point de fixation.