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Semaine du 11 au 17 octobre 2004
Bonnes
nouvelles pour les myopes opérés par Laser Excimer (Ophthalmology
2004 ; 111-10 : 1813-1824, Rajan M.S. et al.) http://www.ophsource.org
Très intéressante étude de cohorte qui évalue à
12 ans les résultats réfractifs en PRK de 120 patients myopes
opérés par un Laser Summit Technology UV 200 avec une petite zone
d'ablation de 4mm ; 75 % des patients traités pour des myopies inférieures
à -2 et 65 % des myopies inférieures à -3 étaient
à 1D de la correction recherchée. Ce pourcentage descend à
57% pour les myopes de -4, et 50% pour les -5, pour diminuer à 25 et
22% pour les myopes de -6 et -7 respectivement. Quatre pour cent présentaient
des hazes résiduels qui ont tous régressé à 12 ans,
sans perte de meilleure vision corrigée et 12% des halos nocturnes à
12 ans, ce qui d'après les auteurs est dû à la réalisation
de petites zones d'ablation.
Calculs
d'IOL après Lasik (Ophthalmology 2004 ; 111-10 :
1825-1831, L.Wang et al.) http://www.ophsource.org
Onze yeux de 8 patients opérés de Lasik myopique (myopies de -
8.78 à -2.81) ont bénéficié d'une extraction du
cristallin ; les auteurs comparent les méthodes utilisées
pour calculer la puissance de l'implant de chambre postérieure. Quatre
méthodes ont été employées pour évaluer la
kératométrie : les antécédents réfractifs,
la lentille de contact, le EffRP ajusté et la méthode de Malhoney
ainsi que 4 formules de calcul d'implants (SRK/T, Hoffer Q, Holladay 1, and
Holladay 2). La valeur prédictive de chaque méthode a été
ensuite analysée après implantation grâce à la réfraction
post opératoire. Le type de formule joue peu sur le résultat et
la meilleure méthode pour la kératométrie semble être
celles du double K et de l'EffRP ajusté.
Evaluation
des implants multifocaux de chambre postérieure (Ophthalmology
2004 ; 111-10 : 1832-1839, M.D. Nijkamp et al.) http://www.ophsource.org
Une étude randomisée contrôlée, non financée
à priori par un laboratoire d'implants, a comparé les résultats
réfractifs des implants cristalliniens de chambre postérieure
multifocaux et des implants monofocaux de 75 et 78 patients opérés
et suivis pendant plusieurs mois. A 3 mois après la chirurgie de second
oeil, 42.7 % des opérés avec multifocaux ne portaient pas de lunettes
de près (75% ne les portaient pas de loin non plus), contre 21.6 % d'implantés
en monofocal de près (et 46.2% de loin). Par contre, le premier groupe
se plaignait plus volontiers de halos et d'aberrations visuelles. Globalement,
la satisfaction des patients était identique dans les deux groupes et
correspondait aux attentes exprimées en préopératoire.
Capsule
postérieure et implants monoblocs / trois pièces (Ophthalmology
2004 ; 111-10 : 1840-1846, S. Sacu et al.) http://www.ophsource.org
La capsule postérieure de 104 yeux de 52 patients opérés
de cataracte par cette équipe viennoise a été examinée
pendant 2 ans pour mettre en évidence une différence dans la survenue
de cataracte secondaire lorsque l'implantation était réalisée
avec un implant américain acrylique hydrophobe trois pièces ou
monobloc, à l'aide d'un système de gradation automatisé.
A un an, on observait une différence en défaveur du monobloc,
mais à 2 ans la survenue de la PCO était identique. Aucune capsulotomie
au Yag n'a été effectuée dans cette étude.
Nouvel
implant pour aniridique : essai phase I (Ophthalmology 2004 ;
111-10 : 1847-1852, M.O. Price et al.) http://www.ophsource.org
Un nouvel implant destiné à suppléer à une aniridie
partielle ou totale ou à une atrophie irienne comme celles que l'on observe
dans les albinismes oculaires, est en phase d'essai thérapeutique (phase
I). Les résultats fonctionnels sont remarquables, avec une diminution
de l'éblouissement et de la photophobie et les effets secondaires
limités à 2 cas d'iritis et un oedème maculaire sur les
9 yeux opérés avec un recul de un an.
Résultats
décevants à 5 ans de la trabéculoplastie au laser Argon
ou au Yag (Ophthalmology 2004 ; 111-10 : 1853-1859, M.S.
Juzych et al.) http://www.ophsource.org
195 glaucomateux à angle ouvert ont été traités
par trabeculoplastie laser (45 à 55 spots adjacents sur 180° de trabeculum,
à 0.6 -1 mJ d'énergie Yag et 470 à 1150 mW pour l'Argon
vert). Le résultat était considéré comme positif
soit lorsque la PIO moyenne décroissait de 3 mmHg, soit lorsqu'une baisse
de 20% était obtenue sans adjonction ou modification de traitement médical
ou chirurgical. L'efficacité était identique à 5 ans entre
les deux méthodes qui en général ne permettent pas de contrôler
le glaucome et n'empêchent pas la réalisation d'une chirurgie filtrante.
Vision :
les progrès de l'IRM de 1984 à aujourd'hui (Séance
Académie nationale de médecine - 12 octobre 2004)
Mardi dernier, Emmanuel Alain Cabanis, membre correspondant de l'Académie
nationale de médecine, a retracé les évolutions techniques
de l'IRM depuis 1984, qui ont permis de mieux connaître « les
voies de la vision ». Ainsi, l'IRM de la tête isole des structures
encéphaliques auparavant invisibles, dans différents plans, sur
les voies optiques horizontales « de la cornée à la
scissure calcarine » (Plans neuro-oculaire (PNO), neuro-oculaire
trans-hémisphérique oblique (PNOTO) et neuro-oculo-bandelettique
(PNOB)), dans leur organisation orthogonale aux voies de l'oculo-motricité.
Et la neuro-anatomie fonctionnelle bénéficie de la ciné-IRM
pour l'oculo-motricité (IRMOD) notamment.
GDX et
glaucome : plutôt confirmation du diagnostic que dépistage
(Ophthalmology 2004 ; 111-10 : 1860-1865, N.J. Reus et H.G
Lemij) http://www.ophsource.org
Ces auteurs bataves ont testé le GDX sur un petit nombre de patients
glaucomateux (162) et 77 sujets sains, et ont conclu à une efficacité
de cette machine pour le dépistage du glaucome. A y regarder de plus
près, la sensibilité, critère crucial lorsqu'il s'agit
de détection de masse, est seulement de 89.1% ou 83.8% pour les patients
présentant un glaucome modéré. Il s'agit donc d'un filet
à larges mailles pour dépister les glaucomes.
La vitrectomie
et le VEGF (Ophthalmology 2004 ; 111-10 : 1880-1884, H. Itakura
et al.) http://www.ophsource.org
Ces auteurs nippons ont mesuré les taux sériques et intra-vitréens
de Vaso Endothélial Growth Factor, facteur de croissance secrété
en excès lors d'ischémie chez des patients souffrant de rétinopathie
diabétique proliférante opérés de vitrectomie. Les
taux de VEGF étaient 10 fois plus élevés dans le vitré
de ces diabétiques que dans leur sang (et dans le vitré analysé
chez des non diabétiques opérés de trou maculaire) et ne
diminuait pas après la vitrectomie, ce qui montre que cette intervention,
malgré la suppression de néovaisseaux, ne résout pas le
problème de l'ischémie responsable de la sécrétion
de VEGF sur ces yeux souvent déjà fort endommagés.
Métastase
conjonctivale de mélanome cutané (Ophthalmology 2004 ;
111-10 : 1933-1934, J.A.S hields et al.) http://www.ophsource.org
Les auteurs rapportent ici le cas d'une patiente de 48 ans ayant consulté
pour une tuméfaction conjonctivale grossissant rapidement et qui a été
retirée chirurgicalement. L'analyse anatomopathologique a mis en évidence
des caractères de malignité et la recherche du cancer primitif
a permis de découvrir la tumeur initiale, un mélanome cutané
axillaire métastatique. Le bilan d'extension avait d'ailleurs objectivé
la présence de métastases hépatiques, ce qui assombrit
encore ce tableau atypique, la survie à 5 ans étant très
faible
Toxicité
d'antiépileptiques chez les enfants de Toronto (Ophthalmology
2004 ; 111-10 : 1933-1934, J.R. Buncic et al.) http://www.ophsource.org.
138 patients, essentiellement des enfants traités par un antiépileptique,
ont été examinés régulièrement (tous les
6 mois), cliniquement et par électrorétinogramme ; 3 d'entre
eux ont présenté une atteinte rétinienne et du nerf optique,
à type d'atrophie rétinienne périphérique et nasale,
et une atrophie « inversée » du nerf optique, se
traduisant par une modification du reflet rétinien dans la zone d'atrophie
des fibres optiques, avec diminution progressive des réponses ERG, surtout
au Flicker 30 Mhz. Un cas présentait une maculopathie associée.
Ces anomalies ont contraint les auteurs à préconiser un arrêt
des traitements.