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Semaine du 4 au 10 octobre 2004

La cataracte à points (Journal of Ophthalmology 2004 ; 88 : 1242-1246, M. Muhtaseb et al.) http://bjo.bmjjournals.com/
Cette équipe anglaise propose un système de classification du risque opératoire des cataractes, qui a été évalué prospectivement sur une grande cohorte de 1441 patients, à l'aide de points. Les risques opératoires encourus étaient : rupture de la capsule postérieure, issue de vitré, capsulorhexis incomplet, désinsertion zonulaire, noyau au fond et brûlure cornéenne. Le risque était évalué à 4.32% dans le groupe le mieux loti pour monter à 32% pour les patients cumulant le maximum de points. L'intérêt de ce système serait de standardiser simplement les risques préopératoires, pour par exemple éviter de confier ce type de patient à des chirurgiens.

Asymétrie de l'atteinte cornéenne dans le kératocône (Journal of Ophthalmology 2004 ; 88 : 1252-1255, D. M Burns et al.) http://bjo.bmjjournals.com/
Ce travail rétrospectif concerne 73 patients atteints de kératocône bilatéral ; à l'aide de nombreux indices dont une grande partie n'ont pas d'intérêt réel, (puisqu'ils ne s'appliquent qu'à confirmer la présence d'un kératocône qui saute aux yeux), il met en évidence une différence de sévérité entre les deux yeux atteints, ce qui n'est pas une grande nouvelle pour ceux qui s'intéressent aux kératocônes !

Un audiogramme pour les glaucomes à pression normale (Journal of Ophthalmology 2004 ; 88 : 1259-1262, S. Kremmer et al.) http://bjo.bmjjournals.com/
Une étude récente a mis en évidence chez les patients souffrant de glaucome à pression normale (GPN) des taux élevés d'anticorps antiphosphatidylserine, une variété d'anticorps antiphosholipide. Des chercheurs de Essen, en Allemagne, ont donc recherché une association entre le GPN et les hypoacousies de perception qui sont généralement retrouvées dans les pathologies dysimmunitaires avec présence d'anticorps antiphosphatidylserine. Sur une petite série de 34 patients, les auteurs ont ainsi mis en évidence entre le GPN et la surdité de perception, surtout chez ceux présentant ces anticorps à des taux élevés.

Effet anxiolytique de la PDT (Journal of Ophthalmology 2004 ; 88 :1270-1273, M. Armbrecht et al.) http://bjo.bmjjournals.com/
Le suivi prospectif d'une cohorte de 51 patients traités par photothérapie dynamique pour des formes humides de DMLA (néovascularisations rétrofovéolaires) avait pour but d'évaluer leur qualité de vie. A un an, 71% des 48 patients restant dans l'étude avaient perdu moins de 3 lignes d'acuité visuelle de loin, et bien que pour certains, la qualité de vie s'était dégradée, les auteurs rapportent une diminution de l'anxiété et un gain d'autonomie en extérieur. Cette étude confirmerait l'intérêt de la PDT dans la prévention des complications des néovaisseaux rétro-fovéolaires.

Un nouvel indice pour dépister les glaucomes (Journal of Ophthalmology 2004 ; 88 : 1299-1304, J. Morgan-Davies et al.) http://bjo.bmjjournals.com/
En comparant l'aspect de la lame criblée de sujets glaucomateux et de témoins à l'aide d'un tomographe rétinien en trois dimensions, ces chercheurs écossais ont découvert un nouvel indice venant s'ajouter à ceux existant, la variation de profondeur de la lame criblée. Ce nouvel élément d'analyse non fonctionnelle semblerait avoir une utilité dans le diagnostic de glaucome débutant, à condition de disposer de la machine pour le calculer.

Chirurgie de la cataracte et anxiété (Journal of Ophthalmology 2004 ; 88 : 1310-1314, M.D. Nijkamp et al.) http://bjo.bmjjournals.com/
Parce que les auteurs jugeaient nécessaire d'évaluer le degré d'anxiété des candidats à la chirurgie de la cataracte, ils ont questionné 128 patients hollandais dans cette situation à l'aide d'un formulaire exhaustif et ont effectué une analyse statistique multivariables. L'anxiété mesurée était élevée avant l'acte chirurgical, diminuait ensuite et remontait après la visite post opératoire.

Myope et fils de myope (Journal of Ophthalmology 2004 ; 45 : 3446-3452, C-LLiang et al.)
http://www.iovs.org En Asie, la myopie forte est un véritable problème de santé publique. Ces Taiwanais ont analysé statistiquement l'association entre développement de la myopie forte et facteur familiaux et ont mis en évidence, sur une large population (392 myopes forts, 185 emmétropes, 140 myopes moyens et 170 myopes faibles), un lien fort entre la longueur axiale et les antécédents familiaux de myopie forte, après correction des facteurs environnementaux.

PEV et oeil amblyope après pénalisation (Journal of Ophthalmology 2004 ; 45 : 3531-3537, A. H. Weiss et J. P. Kelly)
http://www.iovs.org Ces Américains de Washington ont évalué la réponse corticale par potentiel évoqué visuel en effectuant cet examen sur 24 enfants amblyopes de moins de 7 ans, avant et après la pénalisation. Après la période de pénalisation, ils ont mis en évidence une augmentation des amplitudes des pics, surtout lors de la stimulation de l'oeil amblyope qui avait récupéré de l'acuité visuelle, même à des niveaux infraliminaires, alors que les réponses sur le « bon » oeil restaient identiques.diminuait ensuite et remontait après la visite post opératoire.

Enquête après une série d'endophtalmies (J of Cataract & Refractive Surgery 2004 ; 30-9 : 1960-1965, K. Mandal et al.) http://www.jcrsjournal.org
Parce qu'un chirurgien téméraire n'avait pas trouvé de preuve formelle pour poursuivre l'injection sous conjonctivale d'antibiotique en postopératoire immédiat, il cessa de le faire. Mal lui en pris, car une série d'endophtalmies survint dans son hôpital de Sunderland, ce qui déclencha une enquête. Les investigations conclurent à la nécessité de rétablir le traitement antibiotique en post opératoire immédiat et à la prudence qu'il convient d'observer avant de modifier des protocoles, même si certains gestes paraissent dénués de fondement scientifique solide.

Neuropsychologie des troubles visuels : différentes localisations fonctionnelles M. Ceccaldi (Marseille) 17ème congrès annuel de l'ANLLF 17- 19 septembre 2004- Toulouse
La neuropsychologie de la vision a beaucoup évolué au cours de ces dernières années avec le développement de la neuropsychologie cognitive et de la neuro-imagerie fonctionnelle ; des travaux récents de neurophysiologie chez l'animal ont permis de localiser une dizaine d'aires visuelles, d'en faire une cartographie et de comprendre leur rôle spécifique. Il existe deux systèmes de fonctionnement distincts au niveau du système visuel ventral et du système visuel dorsal qui définissent deux réseaux différents d'aires corticales. Il semble que la voie occipitotemporale soit plutôt la voie du « quoi », de l'identification des objets (forme, couleur, identité) tandis que la voie pariétale concerne plutôt la localisation des objets dans l'espace (dénombrement des objets, mouvement). Il existe aussi deux autres systèmes fonctionnels distincts selon qu'il s'agisse du traitement d'informations élémentaires (partie postérieure) ou d'informations plus élaborées (partie antérieure) ; ce qui a amené les neurophysiologistes à parler d'un gradient « caudo-rostral ». Une dernière dissociation fonctionnelle concerne les hémisphères, droit et gauche, qui contiennent le même système visuel mais avec une représentation différente, verbale à gauche et visuo-spatiale à droite.