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Semaine du 13 au 19 septembre 2004

Hypothyroïdie et apparition de glaucome chronique (Ophthalmology 2004 ; 9-111 : 1649-1652, C.A. Girkin et al.) http://www.ophsource.org/periodicals/ophtha
Les données médicales de 590 hommes suivis dans un centre médical d'Alabama, et chez qui un glaucome chronique a été découvert entre 1997 et 2001, ont été analysées avec un appariement par âge afin de diminuer les biais d'interprétation. Chaque cas de glaucome découvert a été apparié avec 10 patients d'âge correspondant et le risque relatif (odds ratio) de développer un glaucome lorsqu'on présentait une hypothyroïdie a été calculé après ajustement selon la présence de facteurs de risque vasculaire (diabète, dyslipidémie, HTA, pathologie cardiovasculaire, migraine, atteinte vasculaire cérébrale, artériopathie). Un risque relatif faible mais significatif de 1.4 a été mis en évidence, faisant de l'hypothyroïdie un facteur de risque de la survenue de glaucome.

Signification de l'hémorragie péripapillaire dans le glaucome (Ophthalmology 2004, 9-111 : 1653-1657, A.S. Soares et al.) http://www.ophsource.org/periodicals/ophtha
Une cohorte de 137 glaucomateux (age moyen 60 ans) a été observée pendant près de 10 ans (9.5 +/- 5ans) et les données ont été traitées par une analyse statistique multivariable afin de mettre en évidence des facteurs associés à la survenue d'hémorragies péripapillaires ainsi que corréler leur survenue au niveau de la pression intraoculaire. Durant le suivi, 28% des patients ont présenté au moins une hémorragie péripapillaire, surtout chez les diabétiques et les patients traités par aspirine et curieusement ces hémorragies survenait à des pressions légèrement plus basses que celles habituellement mesurées chez ces patients.

Kératocones : kératoplastie lamellaire profonde ou transfixiante ? (Ophthalmology 2004 ; 9-111 : 1676-1682, S.L. Watson et al.) http://www.ophsource.org/periodicals/ophtha
Cette équipe anglaise publie les résultats d'une étude rétrospective comparant la technique de kératoplastie lamellaire profonde (26 yeux de 25 patients), qui consiste à greffer une cornée en conservant en place l'endothélium du receveur et la classique kératoplastie transfixiante (25 yeux de 22 patients). Il n'y a pas d'avantage manifeste en terme de complication à long terme ou de résultat fonctionnel entre l'une ou l'autre des techniques, mais la greffe transfixiante a l'avantage de la simplicité, même si théoriquement la greffe lamellaire est plus séduisante.

ICL : Le oui de le FDA (Ophthalmology 2004 ; 9-111 : 1683-92, Groupe d'étude „ICL in Treatment of Myopia) http://www.ophsource.org/periodicals/ophtha
Le sévère organisme d'accréditation américain, la FDA (Food ans Drug Administration), publie les résultats du suivi à 3 ans de 526 yeux myopes de -3 à -20 aux USA de 294 patients implantés par ICL (Implantable Collamer Lens). Cette technique chirurgicale si élégante semble répondre aux attentes de l'organisme de contrôle américain, avec des résultats fonctionnels et une sécurité à moyen terme (3 ans) à priori remarquables. Cet implant précristallinien de chambre postérieure, déjà bien connu dans l'hexagone, prend maintenant toute sa place dans l'arsenal à la disposition du chirurgien réfractif américain.

Les embolies rétiniennes symptomatiques et asymptomatiques ont des mécanismes différents (Stroke 2004 ; 35 : 100-1002, C.A.C. Wijman et al.)
Afin de définir la fréquence des embolies rétiniennes symptomatiques et asymptomatiques et de différencier la source des embols, les auteurs ont inclus prospectivement 37 patients qui ont présenté une cécité monoculaire transitoire ou un infarctus rétinien et 27 patients (29 yeux) qui ont présenté des embols rétiniens asymptomatiques. Tous les patients ont bénéficié d'un doppler transcrânien et d'une imagerie non invasive des artères carotides internes cervicales. L'artère cérébrale moyenne homolatérale à l'oeil affecté a été monitorée durant 30 minutes pour la présence de signaux micro-emboliques (SME). Quinze individus, appariés pour l'âge, sans antécédent d'ischémie rétinienne ou cérébrale, sans sténose ©¯ 50% de l'artère carotide interne (ACI) et avec un examen ophtalmologique normal ont servi de témoins. Des SEM ont été détectés chez 0/15 témoins, 11/37 (30%) des patients symptomatiques (p=0.02) et 3/29 (10%) des patients asymptomatiques (p=0.54). 9/11 (82%) yeux du groupe symptomatique associé à des SME présentaient une sténose ©¯ 50% de l'ACI homolatérale comparés à 0/3 yeux du groupe asymptomatique avec des SEM (p=0.03). Une sténose ©¯ 50% de l'ACI et des SME étaient présents chez 9/37 (24%) patients symptomatiques et 0/29 patients asymptomatiques (p=0.0036). En conclusion la fréquence et la source potentielle de microembols chez les patients qui présentent des embolies rétiniennes symptomatiques ou asymptomatiques sont différentes. Les microembols cérébraux sont plus fréquents chez les patients symptomatiques et sont associés à une sténose de l'ACI.

Le glaucome chronique à angle fermé est plus sournois que le GAFA (Ophthalmology 2004 ; 9-111 : 1683-921636-40, L.P.K. Ang et al.) http://www.ophsource.org/periodicals/ophtha
En comparant les atteintes campimétriques de 26 patients chinois (moyenne d'âge 61 ans) présentant un glaucome chronique à angle étroit, les auteurs ont constaté que les altérations du champ visuel étaient beaucoup plus marquées dans les formes subaiguës, ou aucun épisode bruyant n'avait été constaté, que dans les formes ayant présenté un épisode de glaucome aigu par fermeture de l'angle. Parmi les autres facteurs étudiés, (pression intraoculaire au moment du diagnostic, sexe, ethnie, âge) seul le rapport cup/disk était corrélé à la sévérité de l'atteinte du champ visuel. Le dépistage des glaucomes chroniques à angle fermé passe donc par la réalisation de champ visuel au moindre doute.

Pupille étroite et PEC : que choisir pour dilater ? (Ophthalmology 2004 ; 9-111 : 1683-1698, A. Akman et al.) http://www.ophsource.org/periodicals/ophtha
40 patients présentant une pseudo exfoliation capsulaire et une pupille étroite ont été inclus dans une étude visant à comparer 4 méthodes de dilatation mécanique. Les quatre méthodes sont également efficaces, les rétracteurs à iris à crochets et l'anneau de dilatation étant les plus lents à installer mais garantissant une dilatation plus stable que le stretching bi manuel de l'iris ou le dilatateur de Beehler. Chaque instrument a engendré au moins une rupture du sphincter irien dans cette série de patients, mais l'anneau en PMMA est celui qui parait le moins traumatisant.

« Docteur, je vois une deuxième mouche » : DPV du 2eme oeil (Ophthalmology 2004 ; 9-111 : 1705-1707, T. Hikichi  et A.Yoshida) http://www.ophsource.org/periodicals/ophtha
51 patients Japonais consécutifs ayant présenté un décollement postérieur du vitré unilatéral aigu ont été suivi prospectivement, avec un examen tous les 3 mois, pour connaître le délai de survenue du décollement vitréen controlatéral. Dans les 3 années qui ont suivi cet événement, le vitré controlatéral s'est détaché dans 90% des cas (24% à 1 an, 47% à un an et demi, 65% à 2 ans). Ces données permettront de mieux rassurer les patients qui s'angoissent souvent lors de la survenue de cet événement banal et en général bénin.

La translocation maculaire meilleure que les omégas 3 ? (Ophthalmology 2004 ;°9-111 : 1715-1724, P. Mruthyunjaya et al.) http://www.ophsource.org/periodicals/ophtha
64 patients consécutifs très invalidés par une dégénérescence maculaire liée à l'âge dans sa forme néovasculaire, avec atteinte bilatérale, ont été opérés par translocation maculaire avec rétinotomie sur 360° (et huile de silicone) avec chirurgie des muscles oculomoteurs 2 mois plus tard. Les données de cette étude prospective, non comparative, font état d'une amélioration modeste mais notable des performances visuelles chez plus de la moitié des patients à un an, surtout en vision de près. Cette chirurgie lourde, non dénuée de complications (8% de décollements de rétine), effectuée sur des personnes d'âge avancé, pourrait être une voie d'avenir si ces résultats se confirmaient.

Champ visuel automatique et culottes courtes : avantage au Sita-fast (Ophthalmology 2004 ; 9-111 : 1673-1675, H. Stiebel-Kalish et al.) http://www.ophsource.org/periodicals/ophtha
Une petite cohorte de 26 enfants souffrant d'hypertension intracrânienne idiopathique de moins de 11 ans (âge moyen 7 ans) a été suivie prospectivement pour évaluer la fiabilité du suivi de l'évolution du champ visuel automatique par le programme rapide Sita-Fast (Swedish Interactive Thresholding Algorithm Fast). Il apparaît que le suivi est satisfaisant à partir de 4 ans, avec cet examen qui a le mérite d'être plus rapide que les programmes standards, et par conséquent plus adapté aux enfants qui ont souvent des difficultés à maintenir leur attention plus de 5 minutes.

Résultats de l'AGIS : plus le glaucome opéré est ancien et déséquilibré, plus il est grave (Ophthalmology 2004 ; 9-111 : 1627-1635, K. Nouri-Mahdavi et al.) http://www.ophsource.org/periodicals/ophtha (article consultable intégralement).
Les résultats concernant 509 yeux de 401 patients de l'AGIS (Advanced Glaucoma Interventional Study, étude prospective randomisée mutlicentrique Américaine), démontrent statistiquement que les champs visuels s'aggravent d'autant plus que la chirurgie du glaucome a été effectuée à un âge avancé, que le patient a eu de multiples interventions, qu'il est suivi depuis longtemps et que l'on observe d'importantes fluctuations de la pression intraoculaire. Par contre, l'extraction chirurgicale du cristallin ne provoquerait pas de progression des atteintes campimétriques.

Reconstruction de la cornée par greffe autologue de couches de cellules épithéliales de la muqueuse buccale (NEJM 351 : 1187-1196, K. Nishida et al. -16 septembre 2004) http://content.nejm.org/cgi/content/abstract/351/12/1187
Les auteurs ont étudié une nouvelle méthode de transplantation pour la reconstruction de la cornée, impliquant des couches de cellules épithéliales et exploitant leur détachement des surfaces de culture grâce à une réduction de température. En abaissant la température, ils ont pu détaché toutes les cellules cultivées, sous la forme d'une couche cellulaire intacte transplantable directement sans employer de transporteur ni de suture. Ils décrivent les résultats de cette reconstruction de cornée sur 4 patients atteints d'une opacification bilatérale de la cornée avec perte des cellules souches cornéennes, chez qui ont été utilisées des cellules épithéliales autologues de la muqueuse buccale qui ont été mises en culture puis transplantées en couche cellulaire directement à la surface dénudée de la cornée (un oeil pour chaque patient). Les résultats montrent que cette nouvelle technique peut efficacement remplacer l'allogreffe de limbe. La ré-épithélialisation complète de la cornée est apparue en une semaine. La transparence de la cornée a été restaurée et s'est maintenue pendant le suivi d'une durée moyenne de 14 mois. L'acuité visuelle a été remarquablement améliorée, et il n'y a pas eu de complication importante.