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Semaine du 19 au 25 avril 2004

Augmentation de l'atrophie péripapillaire dans le suivi des glaucomes chroniques à angle ouvert (GCAO). (Br. J. Ophthalmol. 2004 ; 137 : 646-654, W.M. Budde) www.ajo.com
Cette étude prospective de grande taille a analysé en double aveugle 978 yeux de 511 sujets d'ethnie caucasienne souffrant de GCAO ou de glaucome à pression normale et suivis sur une période moyenne de 3,8 ans. Elle a permis de montrer, au terme d'un travail rigoureux, que la surveillance de la zone d'atrophie péripapillaire, située autour de la tête du nerf optique et visible au fond d'oeil sans dilatation pupillaire, n'était pas un moyen utile pour surveiller l'évolution des glaucomes.

Comment évaluer la contamination de l'humeur aqueuse lors de la chirurgie du segment antérieur ? (Br. J. Ophthalmol. 2004 ; 137 : 662-667, C.N. Ta) www.ajo.com
Ce travail visait à comparer l'effet préventif de l'instillation préopératoire d'un antibiotique (fluoroquinolone) 3 jours avant une intervention de chirurgie de cataracte par rapport à une instillation 1 heure avant. Pour cela, un prélèvement transcornéen à l'aiguille ou à travers une petite incision cornéenne avec une canule était effectué, avant et après la chirurgie, et les aiguilles ou les canules étaient mises en culture pour mettre en évidence une contamination bactérienne. Les résultats ne montrent pas d'effet préventif de l'instillation 3 jours avant et montrent surtout que le taux de contamination des aiguilles ou des canules était plus important avant l'intervention qu'après, remettant en cause ce modèle expérimental.

Effet du traitement par atorvastatine sur la rétinopathie diabétique avec oedème maculaire (Am. J. Ophtalmol. 2004 ; 137(4) : 675-82, Gupta A.)
30 diabétiques de type 2, bien équilibrés, ayant un oedème maculaire associé à une rétinopathie avec exsudats de grade 4 et une dyslipidémie, ont bénéficié d'une panphotocoagulation. Quinze ont ensuite reçu de l'atorvastatine et 15 un placebo. Ils ont été suivis au moins 18 mois. Les exsudats ont diminué chez 66.6 % des 15 patients (n = 10) traités et chez 13.3 % (n = 2) des sujets sous placebo (p = 0.007). L'oedème maculaire a régressé chez 10 sujets du groupe traité et chez 5 sujets du groupe placebo (p = 0.27). Aucun des sujets du groupe traité et 3 sujets du groupe placebo ont subi une aggravation de leur acuité visuelle.

Effet de la chirurgie de la cataracte sur l'endothélium cornéen (Br. J. Ophthalmol. 2004 ; 111 : 679-685, A. Bourne) www.ophsource.org/periodicals/ophtha/home
Un essai thérapeutique randomisé contrôlé a été effectué par une équipe londonienne sur 500 yeux opérés, pour la moitié par technique moderne d'extraction du cristallin par ultrasons (phacoémulsification) et pour le reste par extraction manuelle extracapasulaire, technique plus ancienne .Le retentissement sur l'endothélium cornéen de ces deux techniques a été évalué à un an et les résultats sont similaires, sauf pour les cataractes dures qui évoluent mieux après utilisation de la technique ancienne.

Place de la photokératectomie thérapeutique (PTK) dans la prise en charge des plis du capot après LASIK (Br. J. Ophthalmol. 2004 ; 111 : 740-746, P.S. Hersh) www.ophsource.org/periodicals/ophtha/home
L'apparition de microplis sur les capots de LASIK est une complication redoutable de ce type de chirurgie réfractive car cela provoque une limitation de la récupération visuelle. Cette équipe américaine de Boston a réalisé une étude rétrospective qui montre l'efficacité de la PTK dans le traitement de ces plis du capot avec, chez plus de 60% des 23 yeux traités, une amélioration d'acuité visuelle et chez 22 d'entre eux une amélioration de la symptomatologie fonctionnelle. Cette étude souligne aussi les complications inhérentes à ce type d'intervention à visée réfractive, surtout lorsqu'elles concernent des myopes forts.

Modifications cornéennes après explantation puis réimplantation d'anneaux intra cornéens sur des kératocônes (Br. J. Ophthalmol. 2004 ; 111 : 747-751, L. Alio) www.ophsource.org/periodicals/ophtha/home
La pose d'anneaux intra cornéens (INTACS) est un moyen réversible de compenser les déformations cornéennes induites par le kératocône, qui est une déformation progressive non inflammatoire de la cornée qui limite la vision de façon souvent considérable. L'évolution de la maladie impose parfois de retirer ces INTACS et cette équipe a montré sur 5 yeux, ce qui est un échantillon à la limite du significatif, que les paramètres cornéens retrouvaient des valeurs identiques à celles préopératoires 1 an après le retrait de ces anneaux, ce qui souligne le caractère réversible de cette technique.

Rechute d'ulcère de Mooren après autogreffe conjonctivale et greffe de membrane amniotique (Br. J. Ophthalmol. 2004 ; 111 : 792-795, K.H. Chen) www.ophsource.org/periodicals/ophtha/home
Une autogreffe conjonctivale associée à une allogreffe de membrane amniotique (placenta) a été réalisée pour traiter une perforation cornéosclérale chez une patiente taiwanaise de 60 ans. Cet ulcère cornéoscléral était lié à une maladie de Mooren, d'origine immunologique. Après deux mois de rémission, les auteurs ont observé une rechute du processus ulcéreux. Ils ont donc retiré la conjonctive et greffé de nouveau une membrane amniotique, ce qui a permis de stabiliser la lésion pendant un an et confirmé le rôle pathogène de la conjonctive par laquelle les cellules immunitaires accèdent à la zone fragile et contribuent à la destruction des tissus.

Résultats à long terme des allogreffes cornéosclérales dans les déficits complets en cellules souches limbiques (Ophthalmology 2004 ; 111 : 775-782, T. Reinhard) www.ophsource.org/periodicals/ophtha/home
Une série de 48 patients opérés avec greffe cornéosclérale allogénique (de donneur humain) ont été suivis pendant 5 ans, et les résultats sont remarquablement bons, avec près de 65% de cornée claire au centre chez les patients compatibles immunologiquement pour le système HLA A, B et DR du donneur et moins bons s'il y avait plus d'une incompatibilité dans ces systèmes. Cette technique, lourde chirurgicalement et associée à un traitement immunosuppresseur, est un espoir pour les patients dont la cécité est liée à une insuffisance de cellules souches limbiques (brûlures chimiques ou physiques, pemphigoïdes cicatricielles...).

Les luxations d'implant de cataracte (Am. Journal of Ophthalmology 2004 ; 137 : 630-635, J.G .Gross) http://www.ajo.com/article
Cette étude rétrospective multicentrique vise à comparer les conduites à tenir retenues lors de l'apparition de luxations de l'implant de cristallin artificiel, qui est une complication rare et tardive de la chirurgie de la cataracte et qui survient essentiellement sur des terrains de fragilité zonulaire (le sac qui contient l'implant est mal accroché par les fibres qui le maintiennent en suspension dans l'oeil et se décroche par rupture spontanée de ces fibres zonulaires). Les différentes techniques chirurgicales de re-fixation du sac ou d'échange d'implant sont décrites dans ce texte.