Retour à la page d'accueil du site snof.org

Semaine du 5 au 11 avril 2004

A propos de l'épaisseur cornéenne et des glaucomes... (Curr. Opin. Ophthalmol. 2004 ; 15(2) : 85-89, J.D. Brandt) www.co-ophthalmology.com
A partir d'une revue de la littérature récente, l'auteur confirme l'intérêt de la pachymétrie cornéenne en glaucomatologie. Il précise que l'absence de consensus quant au calcul de la PIO corrigée ne doit pas faire figure de facteur limitant. Entre autres résultats pertinents, l'OHTS (Ocular Hypertension Treatment Study) avait permis de classer l'épaisseur cornéenne centrale (variable, notamment en fonction de la race) parmi les facteurs à prendre en compte pour évaluer au cas par cas le risque de glaucome. Rappelons qu'à l'occasion de cette étude multicentrique, prospective et randomisée, 1636 patients hypertones avaient été suivis pendant cinq ans, aucun n'ayant de signe de glaucome au moment de l'inclusion. La moitié de ces sujets avait reçu un traitement hypotonisant et diminué ainsi significativement leur risque d'évoluer vers la maladie.

Nouveau-né : peut on prédire l'évolution de la réfraction ? (Br. J. Ophthalmol. 2004 ; 88(4) : 538-42, S.M. Saw et al.) http://bjo.bmjjournals.com
Cette étude a porté sur 1 413 enfants âgés de 7 à 9 ans. Il s'agissait de rechercher des corrélations entre les paramètres morphologiques des nouveau-nés et l'évolution ultérieure de l'oeil. Le poids, le périmètre crânien et la taille à la naissance ont été notés, ainsi que l'âge gestationnel. Les mêmes enfants, devenus plus grands, ont été examinés sous cycloplégiques et ont bénéficié d'une kérato-biométrie. La longueur axiale, l'épaisseur du cristallin, la profondeur de la chambre antérieur et du segment postérieur ont été mesurées, puis les données ont été confrontées. Dans cette série, la longueur axiale et la profondeur de la cavité vitréenne étaient plus importantes chez les enfants nés plus proches du terme et dont le poids, la taille et le périmètre crânien étaient supérieurs à la naissance. Aucune différence significative n'a en revanche été relevée quant à la réfraction. Serait-ce lié aux cornées plus plates de ce groupe d'enfants ?

Hépatite C et ulcère de Mooren (Eye 2004 ; 18(2) : 131-4, A.K. Jain et al.) www.nature.com arooonjain@hotmail.com
Si le virus de l'hépatite C a déjà été isolé dans les larmes et l'humeur aqueuse, et bien qu'il ait quelques fois été décrit comme associé à une sécheresse oculaire ou une vascularite rétinienne, il ne semble pas être à l'origine de lésions oculaires spécifiques. L'ulcère de Mooren, dont l'origine est immunologique, réalise quant à lui une infiltration cornéenne périphérique avec amincissement stromal, qui débute au limbe et s'étend sur 360°. Le centre de la cornée est le plus souvent épargné. En analysant les cas de 50 patients, âgés de 10 à 70 ans, les auteurs ont cherché à savoir si l'hépatite C chronique et l'ulcère de Mooren pouvaient être associés. Les sujets qui avaient des antécédents de traumatisme oculaire ou de kératite herpétique avaient été au préalable exclus de l'étude. Aucun de ces malades n'ayant développé

Quand le glaucome fait suite à une uvéite (Curr. Opin. Ophthalmol. 2004 ; 15(2) : 136-40, V.C. Sung et al.) www.co-ophthalmology.com
Certaines uvéites se compliquent de glaucome. Leur pronostic est parfois réservé, du fait notamment de l'augmentation de la pression intra-oculaire (PIO) sous corticothérapie ou de la progression insidieuse de certaines inflammations, comme celle qui accompagne l'arthrite juvénile idiopathique, que l'on découvre tardivement. La production de myociline est intimement liée à la résistance à l'écoulement trabéculaire et à la sensibilité de la PIO aux corticoïdes. Rappelons que de nombreuses mutations du gène de la myociline ont été mises en évidence chez des patients suivis pour un GPAO, gène qui interviendrait également dans les glaucomes juvéniles. Compte tenu notamment du potentiel hypertonisant de certains anti-inflammatoires et du potentiel pro-inflammatoire de certaines spécialités hypotonisantes, les auteurs émettent des recommandations quant à la prise en charge des glaucomes post-uvéitiques.

Les souris KO pour les récepteurs de l'insuline ou de l'IGF-1 dans les cellules endothéliales vasculaires ont une barrière hémato-encéphalique normale (Biochem. Biophys. Res. Commun. 2004 ; 317(2) : 315-20, Kondo T.)
La barrière hémato-encéphalique est composée de cellules endothéliales à jonctions serrées et d'astrocytes. Certaines des protéines de cette barrière, notamment des jonctions serrées (ZO-1, zona occludens-1) ont une expression qui dépend de l'insuline et de l'IGF-1. Par ailleurs l'IGF-1 a un rôle probable dans certaines pathologies rétiniennes comme la rétinopathie diabétique ; or, la barrière rétino-encéphalique est structurellement très proche de la barrière hémato-encéphalique. Cependant, ce travail ne montre pas d'anomalie de ces barrières chez des souris KO pour le récepteur de l'insuline ou celui de l'IGF-1. Ces hormones ne sont donc probablement pas nécessaires au développement et au maintien de l'intégrité de ces barrières.

Des ptosis post-paralytiques (Eye 2004 ; 18(2) : 159-62, C. Chen et al.) www.nature.com
Si la majorité des paralysies faciales idiopatiques régressent sans séquelles, certaines peuvent se compliquer. Parmi les complications que l'on peut rencontrer figure l'hémispasme facial post-paralytique, anomalie que l'on attribue à des erreurs d'aiguillage lors de la régénération des fibres nerveuses. Il associe une parésie à une contracture de repos et des syncinésies anormales que l'on observe lors de la mobilisation du visage. Les auteurs décrivent 15 cas de ptosis qui partagent le même mécanisme que l'hémispasme facial post-paralytique. Dus à une contracture du muscle orbiculaire, ces ptosis avaient la particularité de se renforcer lorsque l'on demandait aux patients de gonfler les joues, ces syncinésies témoignant de leur nature post-paralytique. Pour une prise en charge thérapeutique adaptée, la reconnaissance de cette étiologie, qui paraît sous estimée, est indispensable.

Intérêt du dépistage et de la prévention de la dégénérescence maculaire liée à l'âge par prise précoce de zinc et d'antioxydants  (Br. J. Ophthalmol. 2004 ; 88 : 450-454, C. Hopley) www.bjo.bmjjournals.com.
Parce que la Dégénérescence Maculaire Liée à l'Age (DMLA) est la première cause d'altération de la vision et de cécité dans les pays industrialisés, touchant 420 000 personnes au Royaume-Uni, une étude de rapport coût/efficacité a été menée sur une cohorte de patients âgés de plus de 55 ans, dépistés pour la DMLA puis traités préventivement par antioxydants et zinc. Cette étude souligne le gain en termes de qualité de vie et d'économie de santé du dépistage précoce et du traitement préventif de la DMLA et estime « rentable », selon des critères typiquement anglo-saxons, de prendre en charge ce type de pathologie.

Atteinte du nerf auditif dans la neuropathie optique héréditaire de Leber (J. Neurol. Neurosurg. Psychiatry 2004 ; 75 : 626-630, B. Erani)
Les auteurs rapportent 2 observations cliniques : une femme de 45 ans ayant une SEP, une neuropathie optique de Leber (mutation 11778mtDNA) et des symptômes auditifs légers avec un suivi auditif sur 5 ans et un homme de 59 ans ayant la mutation 11778mtDNA et présentant une perte auditive lentement progressive asymétrique. Les 2 patients avaient une bonne fonction cochléaire et des réflexes stapédiens normaux. Une lésion du tronc cérébral fut écartée par les examens et la fonction vestibulaire était préservée. La détérioration de l'audition était progressive dans les 2 cas. Conclusion : ces résultats sont compatibles avec une neuropathie du nerf auditif, une lésion du nerf cochléaire se présentant avec des PEA anormaux et avec une intégrité des cellules ciliées internes et du noyau cochléaire (lésion basse du tronc cérébral). L'association d'une neuropathie du nerf auditif, ou toute autre dysfonction auditive, n'avait pas été jusqu'à présent rapportée dans la neuropathie optique héréditaire de Leber. Des études ultérieures sont nécessaires pour établir qu'il ne s'agit pas simplement d'une coïncidence.

Comparaison des mesures de l'épaisseur cornéenne obtenues en utilisant l'Orbscan II, le microscope spéculaire non contact et les ultrasons sur des yeux traités par Lasik (Br. J. Ophthalmol. 2004 ; 88 : 464-465, K. Kawana) www.bjo.bmjjournals.com.
La chirurgie réfractive est la chirurgie la plus réalisée dans le monde. Cette étude vise à comparer les valeurs d'épaisseur de cornée (la pachymétrie) obtenues à l'aide de 3 appareils de conceptions différentes sur 203 yeux opérés par LASIK pour évaluer la reproductibilité de ces mesures. Des résultats statistiquement significativement différents ont été mis en évidence, avec une sous-estimation des valeurs obtenues par le topographe à balayage de fente (Orbscan II, Baush et Lomb) par rapport aux valeurs obtenues avec le microscope spéculaire non contact (SP-2000P de Topcon) qui sont légèrement inférieures elles-mêmes aux valeurs de référence obtenues par ultrasons (méthode de référence mais qui nécessite un contact de la sonde avec la surface de l'oeil). Cette étude souligne l'intérêt du nouvel appareil de pachymétrie basé sur la microscopie spéculaire, qui est un moyen non-contact d'évaluer l'épaisseur de la cornée avec des résultats corrélés à ceux obtenus par ultrasons.

Implantation primaire d'implant cristallinien chez l'enfant : comparaison des implants acryliques pliables aux implants rigides en PMMA (Plexiglas) (Br. J. Ophthalmol. 2004 ; 88: 481-485, N.A. Rowe) www.bjo.bmjjournals.com.
Une analyse rétrospective a été conduite afin de comparer les complications survenues sur 61 enfants, âgés de 3 à 15 ans, opérés de cataracte au Manchester Royal Eye Hospital et implantés d'emblée, avec soit un implant rigide en PMMA de grande taille mais avec lequel le recul clinique est supérieur à 20 ans, soit avec un implant souple pliable acrylique qui est de conception plus récente. Le recul moyen était de 2 ans (6 mois à plus de 5 ans pour les extrêmes). Les différents paramètres liés aux méthodes opératoires ont été analysés et comparés statistiquement et ont permis de montrer que ces 2 types d'implants étaient aussi sûrs à court terme les uns que les autres mais que les complications per et post opératoires étaient significativement moins nombreuses avec les implants souples acryliques qu'avec les implants rigides en PMMA.