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Semaine du 15 au 21 mars 2004
L'oedème
maculaire diabétique vu par l'angiographie et l'OCT (Am. J.
Ophthalmol. 2004 ; 137(2) : 313-22, SW Kang et al.) http://www.sciencedirect.com/science/journal/00029394
Si l'on se réfère à l'ETDRS (Early Treatmant Diabetic Retinopathy
Study), la définition de l'oedème maculaire (OM) est clinique.
Il se caractérise par un épaississement rétinien situé
à moins de 500 µm de la macula et observé en bio-microscopie
et en stéréoscopie. L'OM diabétique peut cependant être
analysé angiographiquement et par OCT (Optical Coherence Tomography),
examens qui permettent de le classifier en fonction de son aspect. En fluorescéine
il peut être qualifié de focalisé, diffus ou cystoïde.
En OCT, il peut s'agir d'un épaississement avec ou sans modification
de la réflectivité de la rétine externe (type 1 et 2),
ou d'un décollement fovéolaire avec ou sans traction vitréo-rétinienne
visible (types 3A et B). Suite à l'étude rétrospective
de 145 yeux (91 diabétiques) porteurs d'un OM cliniquement significatif,
les auteurs décrivent les corrélations qui existent entre ces
deux moyens d'exploration.
Comment
s'y prendre avec les endophtalmies sur corps étranger ? (Eye
2004 ; 18(2) : 179-82, F.A. Knox et al.) www.nature.com angelaknox@ireland.com
Lorsqu'un corps étranger (CE) intra-vitréen se complique d'endophtalmie,
quelle attitude adopter sachant que l'infection ne tolère aucun retard
mais qu'il peut être utile de différer l'extraction du CE ? Pour
le savoir, plusieurs dossiers de patients ont été revus, tous
traités par une injection intravitréenne d'antibiotiques réalisée
en urgence, puis une vitrectomie avec ablation de CE effectuée dans un
second temps. Neuf cas ont ainsi répertoriés, avec pour chacun
un suivi minimum de trois mois. L'acuité visuelle finale a atteint au
moins 6/18 chez quatre d'entre eux et un décollement de rétine
total s'est développé. Selon les résultats obtenus dans
cette série rétrospective, le traitement en deux étapes
distinctes paraît être une bonne alternative si on le compare à
l'extraction immédiate du CE. Les auteurs soulignent notamment que cette
méthode peut permettre de préserver le globe et d'obtenir des
résultats fonctionnels satisfaisants.
Dissémination
métastatique ultra-tardive de mélanome oculaire : deux nouvelles
observations (La revue de médecine interne 2004 ; 25(2) :
147-9, J. Grosjean et al.) http://www.emc-consulte.com/afficher-article?item=19814&cap=1&filetype=1
Le mensuel rapporte deux nouveaux cas de dissémination métastatique
ultra-tardive de mélanome oculaire. Dans le premier, la prise en charge
a été palliative par chimiothérapie (décès
12 mois après le diagnostic des métastases). Dans le second, une
survie de plus de 11 mois avec une excellente qualité de vie a pu être
obtenue après exérèse d'une métastase pulmonaire
puis d'une métastase hépatique. Ce qui amène les auteurs
à discuter l'intérêt d'une surveillance prolongée
par échographie hépatique et bilan biologique hépatique
après traitement local d'un mélanome oculaire.
Que penser
des cônes à aplanation à usage unique ? (Eye 2004
; 18(2) : 175-8, S. Goel et al.) www.nature.com sidgoel@hotmail.com
Du fait de la menace infectieuse classique et non conventionnelle, la tendance
actuelle est, si possible, de privilégier l'utilisation de matériel
jetable. Cette étude prospective, menée sur 80 yeux (42 patients)
avait pour but de comparer les cônes à aplanation traditionnels
et des cônes à usage unique. Dans un premier temps une importante
variabilité a été relevée quant aux mesures de pression
intra-oculaire effectuées avec l'un et l'autre des systèmes. Si
la différence moyenne était de 0,78 mm Hg, elle variait en fait
de -1 à +11 selon les cas. Ces différences ont été
attribuées à la qualité parfois insuffisante de la surface
d'aplanation des cônes. Après avoir éliminé les pièces
défectueuses, une nouvelle série de mesures a abouti à
une différence moyenne de 0,07 mm Hg avec des extrêmes de -1 à
+2. Les cônes jetables seraient donc une bonne alternative sous réserve
de les inspecter attentivement au préalable. Ne serait il pas préférable
d'exiger des améliorations auprès du fabricant ?
Le gène
de l'ApoE est-il impliqué dans les glaucomes primitifs à angle
ouvert ? (Arch. Ophthalmol. 2004 ; 122(2) : 258-61, T.B. Ressiniotis
et al.) http://archopht.ama-assn.org tomres@doctors.org.uk
Le gène de l'Apolipoprotéine E (ApoE) intervient dans les transports
lipidiques et peut être associé à des maladies neurodégénératives.
En matière de DMLA on a par exemple démontré que son allèle
epsilon 4, qui facilite l'élimination des déchets lipidiques au
travers de la membrane de Bruch, diminue le risque spécifique de développer
l'entité pathologique "drusen séreux avec néovaisseaux",
qu'il soit présent à l'état homo- ou hétéro-zygote.
Partant de là, les auteurs ont cherché à savoir si ce gène
pouvait aussi être impliqué dans les glaucomes primitifs à
angle ouvert (GPAO). L'ADN de 137 patients suivis pour un glaucome et de 75
sujets témoins a donc été analysé. Dans cette série,
le génotype de l'ApoE n'a pas fait figure de facteur de risque de GPAO,
ni même de glaucome à pression normale. Le polymorphisme de l'Apolipoprotéine
E ne semble donc pas participer au déterminisme des GPAO.
Causes
oculaires et systémiques de rétinopathie chez les patients non
diabétiques (BMJ ; 328 : 625-629, J. Venkatramani et P.Mitchell
- 13 mars 2004) http://bmj.bmjjournals.com/cgi/reprint/328/7440/625
Cette revue clinique de 5 pages présente les différentes causes
de rétinopathie en absence de diabète et discute de la signification
clinique de ces lésions. Les causes oculaires incluent occlusion veineuse
rétinienne, télangiectasie rétinienne et macro-anévrisme
rétinien, et les causes systémiques, hypertension, athérosclérose,
vasculite systémique, dyscrasie sanguine, infections systémiques,
et irradiation. La signification clinique de la rétinopathie chez les
patients sans diabète est variable. Elle peut précéder
le développement d'un glaucome néovasculaire secondaire, conduire
à une oedème maculaire persistant et à une perte de la
vue. La rétinopathie est un marqueur pronostique chez les patients hypertendus.
Chez un patient souffrant de lupus érythémateux systémique,
la rétinopathie est un marqueur connu de la phase active de la maladie.
Les auteurs invitent les praticiens à pratiquer les investigations appropriées,
devant un cas de rétinopathie non diabétique et à être
vigilant devant sa signification clinique.
Accumulation
des fragments NH(2)-terminaux du facteur de croissance du tissu conjonctif (CTGF)
chez les sujets ayant une rétinopathie diabétique proliférante
(RDP) avec hémorragie du vitrée (Diabetes Care 2004 ;
27(3) : 758-764, Hinton D.R.)
Parmi 24 sujets ayant une RDP, 4 sujets ayant une RD non proliférante
et 23 sujets ayant d'autres anomalies rétiniennes non diabétiques,
le contenu en fragment NH2 terminal du CTGF était augmenté chez
les sujets diabétiques ayant une RDP (p < 0.0001) ou une hémorragie
vitréenne (p = 0.02) par rapport aux sujets non diabétiques ou
par rapport aux sujets ayant une RD non proliférante (p = 0.02). Les
taux de CTGF totaux étaient semblables dans les trois groupes. En immunomarquage,
le CTGF était localisé de façon prédominante dans
les myofibroblastes, ce qui suggère un mécanisme paracrine induisant
la fibrose et la néo-vascularisation.
Communiquer
avec les patients pendant la chirurgie de la cataracte (Eye 2004 ;
18(2) : 147-51, A. Mokashi et al.) www.nature.com
L'extraction du cristallin s'effectue habituellement sous anesthésie
locale, ce qui implique pour le patient de rester calme tout au long de l'intervention.
Cependant, et pour de multiples raisons, la nécessité de communiquer
avec le chirurgien peut se faire sentir, ce dont en pratique on ne tient pas
toujours compte. Conscients de ce fait, les auteurs ont comparé deux
méthodes d'échange. Il s'agissait pour les 150 sujets inclus de
tenir la main d'un soignant (méthode utilisée dans certaines équipes)
et/ou d'utiliser un dispositif électronique d'alerte. L'anxiété
pré-, per- et post-opératoire a été évaluée
dans chaque cas, de même que le degré de satisfaction des patients.
Au total aucune des deux méthodes n'a semblé supérieure
à l'autre, qu'il s'agisse de la confiance, de la douleur, de la compréhension,
du souvenir ou de la réassurance. Des données qui positionnent
le système électronique comme un outil intéressant.
Trou
maculaire idiopatique constitué : l'intérêt de la chirurgie
se confirme (Arch. Ophthalmol. 2004 ; 122(2) : 224-36, Morfield Macular
Hole Study GroupRapport N°1) http://archopht.ama-assn.org ericezra@hotmail.com
Pour mener à bien cet essai clinique non randomisé, 174 patients
(185 yeux) ont été inclus. Tous avaient un trou maculaire idiopatique
(TMI) de pleine épaisseur symptomatique depuis neuf mois au plus et une
acuité visuelle (AV) inférieure ou égale à 20/60.
Le choix du traitement a été randomisé : surveillance simple
(groupe 1), vitrectomie (2) ou vitrectomie avec utilisation de sérum
autologue, en tant qu'adjuvant de la cicatrisation. En l'absence de chirurgie
un peu plus d'un TMI sur dix était fermé à 24 mois, sans
que l'on observe de grand changement quant à l'AV. Chez les opérés
en revanche, plus de huit lésions sur dix étaient fermées
à deux ans, avec, dans près de la moitié des cas, amélioration
de l'AV à hauteur de 20/40 ou plus. Le sérum autologue n'a pas
semblé augmenter le taux de succès anatomique ou fonctionnel.
A l'issu du suivi, près de six patients sur dix avaient dû être
opérés de cataracte.
Banal,
le chalazion ? Pas si sûr ! (Eye 2004 ; 18(2) : 135-8, P.C.
Ozdal et al.) www.nature.com pinarozdal@hotmail.com
Les chalazions font partie des lésions fréquentes qui tendent
parfois à être banalisées. Si l'on prend soin d'en vérifier
la nature histologique en cas de récidive, s'agit il d'une précaution
suffisante ? Pas toujours si l'on en croit les résultats de cette étude.
Plus de 1000 diagnostics cliniques de chalazion (dont 27 récidives) qui
avaient été vérifiés histologiquement ont fait l'objet
d'une analyse rétrospective. Si l'anatomopathologie a pu confirmer l'impression
clinique dans près de 94% des cas, elle a aussi révélé
68 erreurs de diagnostic (sur 1060 cas), dont 15 tumeurs malignes. Au vu de
ces données, les auteurs recommandent d'examiner histologiquement tous
les supposés chalazion opérés, qu'il s'agisse d'un premier
épisode ou d'une récidive. Ils soulignent en effet que certaines
lésions malignes peuvent menacer le pronostic vital si elles ne sont
pas reconnues à temps.
Diabète
: la grossesse fait flamber la rétinopathie (Eye 2004 Feb. 20,
W.C. Chan et al.) www.nature.com
Certains facteurs sont connus pour aggraver la rétinopathie diabétique
ou faciliter son développement. La grossesse, qui en fait partie, peut
être à l'origine de complications oculaires gravissimes et menacer
le pronostic visuel. Partant des observations de 8 femmes qui étaient
dans ce cas, les auteurs soulignent que, bien que rare, cette situation peut
être à l'origine de conséquences sévères sur
la mère et l'enfant. Ils rappellent la nécessité absolue
d'une photocoagulation panrétinienne bien conduite devant toute rétinopathie
proliférante et recommandent un suivi rapproché en post-partum
jusqu'à stabilisation des lésions. L'accouchement n'est en effet
à lui seul pas en mesure de couper court à la progression de la
maladie. Le pronostic des décollements de rétine rhegmatogènes
et tractionnels avec glaucome néovasculaire est bien sûr parmi
les plus mauvais.
Rétinopathie
diabétique : les hémorragies dépendent-elles de certains
facteurs ? (Eye 2004 Feb 20, S. Banerjee et al.) www.nature.com
Outre, le cas échéant, les mesures ophtalmologiques, la prévention
et le traitement de la rétinopathie diabétique passent par un
bon contrôle de la glycémie et de la pression artérielle.
Les auteurs se sont intéressés rétrospectivement aux facteurs
pathologiques ou thérapeutiques susceptibles d'influencer la survenue
et la récidive des hémorragies pré-rétiniennes et
vitréennes. Au sein d'une population de 54 diabétiques, ils ont
analysé l'effet de l'âge, du sexe, du type de diabète, de
hémoglobine glyquée (HbA1c) de l'hypertension artérielle,
de l'hypercholestérolémie, des complications macro-vasculaires
et des traitements, notamment par aspirine, inhibiteurs de l'enzyme de conversion
et statines (hypolipémiants inhibiteurs de l'HMG-CoA réductase).
Lors de l'hémorragie, l'ancienneté moyenne du diabète était
de 22 ans pour les types I et 15 ans pour les types II. Au total, il semble
que les statines pourraient à la fois retarder l'heure des hémorragies
et limiter les récidives.
Une méthode
pour surveiller la pemphigoïde cicatricielle oculaire (Arch. Ophthalmol.
2004 ; 122(2) : 179-84, J.J. Rowsey et al.) http://archopht.ama-assn.org jrowsey@tampabay.rr.com
La pemphigoïde cicatricielle est une maladie bulleuse auto-immune qui regroupe
plusieurs entités. Elle peut être cutanée, cutanéo-muqueuse
ou à prédominance oculaire. Dans ce dernier cas elle se présente
d'abord comme une conjonctivite chronique puis évolue vers une fibrose
sous-conjonctivale (aspect de stries nacrées entrecroisées) avec
rétrécissement progressif des culs de sacs conjonctivaux et enfin
des symblépharons. Les bulles cornéennes ou conjonctivales sont
rares. Un syndrome sec peut s'installer, qui favorise les surinfections. A force
de poussées, le stade terminal associe une absence de larmes, une kératinisation
de l'épithélium cornéo-conjonctival et une fermeture des
culs de sacs conjonctivaux. Les auteurs proposent une méthode (qualifiée
de sensible) destinée à quantifier la progression des lésions
et fondée sur des mesures de la surface conjonctivale dans différentes
positions du regard.