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Semaine du 8 au 14 mars 2004
Réfractive
: anticipons le devenir de la vision binoculaire (J. Cataract Refract.
Surg. 2004 ; 30(1) : 108-16, D. Godts et al.) www.ncbi.nlm.gov
Les modifications de la dioptrique oculaire dues à la chirurgie réfractive
peuvent dans certains cas induire un déséquilibre binoculaire.
L'accommodation, les vergences ou la distance de lecture peuvent en effet se
trouver modifiées. L'irréversibilité des diplopies par
aniséiconie dioptrique ou la perte de dominance de l'oeil directeur posent,
quand elles se présentent, de sérieux problèmes. A partir
de cinq observations post-lasik, les auteurs soulignent la nécessité
d'un bilan orthoptique pré-opératoire en cas notamment d'antécédents
de strabisme, d'anisométropie ou d'insatisfaction en lentilles de contact
(les conséquences fonctionnelles et motrices d'une emmétropisation
bilatérale sont en effet comparables après chirurgie et sous lentilles).
Ils décrivent deux décompensations de paralysie de l'oblique supérieur,
une aggravation d'ésotropie intermittente et des anomalies de la vision
binoculaire sur anisométropie.
Gérontoxon
: les hyperlipidémies en cause (Am. J. Ophthalmol. 2004 ; 137(2)
: 363-50 BE Chua et al.) www.sciencedirect.com
La Blue Mountain Eye Study a inclus 3 654 personnes de plus de 49 ans, de type
caucasien pour la plupart, et a déjà donné lieu a un certain
nombre de publications. Elle a par exemple permis d'étudier l'influence
de la couleur de l'iris sur la pression intra-oculaire, les asymétries
de la réfraction chez les sujets phakes, les conséquences des
altérations unilatérales de la fonction visuelle sur la qualité
de vie ou l'évolution des nævi choroïdiens après 50
ans. A partir de cette même population, les auteurs décrivent cette
fois les associations qui existent entre la présence d'un gérontoxon
et les hyperlipidémies (hypercholestérolémie et hypertriglycéridémie).
Ils rappellent que, comme son nom l'indique, ce signe cornéen est fortement
corrélé à l'âge. Dans cette série l'influence
du sexe masculin et du diabète a aussi été notée.
L'hypertension artérielle et le tabagisme semblent en revanche hors de
cause.
DMLA :
comment sélectionner les patients candidats à la translocation
maculaire ? (Br. J. Ophthalmol. 2004 ; 88(2) : 186-90, D Wong et al.)
http://bjo.bmjjournals.com
A ce jour, aucun essai randomisé contrôlé n'a formellement
établi l'intérêt de la translocation maculaire en cas de
DMLA. Si la vision de certains opérés s'améliore, elle
peut aussi se dégrader, complication ou pas. Peut-on reconnaître
les candidats à la chirurgie dont le pronostic serait le meilleur ? Pour
le savoir, 29 malades ont participé à cette étude prospective
non comparative. L'intervention a associé : phacoémulsification,
vitrectomie, rétinotomie circulaire, exérèse des néovaisseaux,
repositionnement maculaire, infusion de 5-Fluoro-uracile et d'héparine
de bas poids moléculaire (prévention de la prolifération
vitréo-rétinienne). Parmi les éléments pris en compte,
une acuité visuelle initiale inférieure ou égale à
20/120, des néovaisseaux à prédominance classique et des
hémorragies sous-maculaires sont apparus comme des facteurs de meilleur
pronostic qui pourraient permettre de sélectionner les patients en pré-opératoire.
Vogt-Koyanagi-Harada
: que penser de la chirurgie de la cataracte ? (J. Cataract Refract.
Surg. 2004 ; 30(1) : 102-7, S.K. Ganesh et al.) www.ncbi.nlm.gov
La maladie de Vogt-Koyanagi-Harada est une uvéo-méningite d'origine
auto-immune probable, associée au groupe tissulaire HLA DR4. Elle concerne
surtout les sujets noirs et les asiatiques. Généralement bilatérale,
elle se caractérise par des décollements séreux rétiniens
du pôle postérieur multilobés et confluents qui évoluent
vers des cicatrices pigmentées, et par de fréquentes récidives.
Hyperhémie papillaire, hyalite, oedème maculaire et vascularite
peuvent co-exister. La corticothérapie à forte dose est habituellement
efficace mais des immunosuppresseurs peuvent être indiqués. Suite
à l'analyse des cas de 59 yeux atteints (39 patients) opérés
de cataracte entre 1985 et 2001, les auteurs concluent que l'extraction du cristallin
peut donner de bons résultats. Il faut pour cela bien contrôler
l'inflammation au préalable, planifier et maîtriser la technique
chirurgicale. Les résultats fonctionnels dépendent de l'état
du segment postérieur.
Tabagisme
et cécité (BMJ 328 :537-538, S.P. Kelly et al. - 6 mars
2004) http://bmj.bmjjournals.com/cgi/reprint/328/7439/537
Cet éditorial souligne qu'en dépit des preuves de plus en plus
évidentes de l'existence d'un lien entre tabagisme et cécité,
le public est sous-informé de cette relation. La cause la plus fréquente
de cécité due au tabac est la DMLA qui résulte en une perte
irréversible de la vision centrale. Plus d'un quart de tous les cas de
DMLA avec cécité ou déficit visuel sont attribuables au
tabagisme passé ou présent. Les traitements actuels n'apportent
que des bénéfices partiels, limités à certains patients,
et l'identification des facteurs de risque modifiables est une priorité
pour la prévention. Une association étroite de cause à
effet entre tabagisme et DMLA a été confirmée par l'analyse
groupée de trois études incluant au total 12 468 personnes qui
montre un risque de DMLA de trois à quatre fois plus élevé
chez les fumeurs par rapport à des personnes n'ayant jamais fumé.
Le tabac est le facteur de risque environnemental de risque de DMLA le plus
important. Il existe une relation temporale, et aussi un effet-dose, avec un
risque de pathologie précoce qui augmente avec le nombre de paquets fumés
par an. La DMLA pourrait refléter une accumulation de lésions
de type oxydatif au niveau de la rétine, le tabagisme réduisant
l'action protectrice des antioxydants, de même qu'il diminue la densité
de pigments rétiniens. L'arrêt du tabagisme semble avoir un effet
protecteur sur le développement de la DMLA, d'après des études
d'observation. Les services d'ophtalmologie et ceux d'optométrie devraient
inclure des unités d'aide au sevrage tabagisme, et la prévention
primaire est peut-être encore plus importante , avec notamment des campagnes
soulignant le risque du tabagisme pour la vue comme cela s'est fait avec succès
en Nouvelle-Zélande. Les auteurs préconisent aussi de faire figurer
sur les paquets de cigarettes un avertissement concernant l'impact du tabac
sur la vision, tel que "fumer est une cause majeure de cécité".
Des endophtalmies
sur kératoplastie transfixiante (Am. J. Ophthalmol. 2004 ; 137(2)
: 343-5,Y. Kunimoto et coll.) www.sciencedirect.com
Pour optimiser la prise en charge initiale des infections, une bonne connaissance
des germes les plus fréquemment impliqués est indispensable. Cette
étude a été consacrée aux kératoplasties
transfixiantes compliquées d'endophtamie. Parmi les 1074 cas d'endophtalmies
tout venant répertoriées entre 1989 et 2000, 14 faisaient suite
à une greffe. La bactérie en cause a pu être identifiée
13 fois sur 14, à partir soit d'un prélèvement de vitré,
soit d'un échantillon anatomo-pathologique. Il s'agissait huit fois sur
dix de cocci gram plus, dont deux tiers de streptocoques et un tiers de staphylocoques.
Les autres germes impliqués étaient des gram négatifs type
protéus mirabilis et serratia marcescens. En concluant que tous les organismes
gram plus isolés étaient sensibles à la vancomycine, les
auteurs soulignent la forte proportion de cultures bactériologiques positives
de cette série.
DR après
capsulotomie Yag : mieux vaut prévenir... (J. Cataract Refract.
Surg. 2004 ; 30(1) : 65-73, P Ranta et coll.) www.ncbi.nlm.gov
La capsulotomie postérieure au laser Yag est un facteur de risque de
décollement de rétine (DR). Les auteurs présentent le second
volet d'une étude prospective non randomisée qui avait inclus
341 patients (350 yeux) adressés pour un Yag. Lors du premier volet,
une recherche de déhiscences rétiniennes avait été
effectuée sur 220 yeux avant puis après capsulotomie, suivie d'une
photo-coagulation préventive si nécessaire. Cinq ans plus tard,
106 de ces mêmes yeux ont été réexaminés et
les dossiers des 341 sujets de départ ont été revus, pour
déterminer la proportion de déchirures et de DR. Le pourcentage
de DR fut de 1,2% chez les patients qui avaient participé au protocole
préventif et de 5,8% chez les autres, le facteur associé le plus
parlant étant la longueur axiale. Ces éléments traduisent
la présence possible de facteurs de risque cumulés et l'intérêt
de la prophylaxie, notamment pour les yeux à risque.
Intérêt
des potentiels évoqués visuels multifocaux chez l'enfant (Br.
J. Ophthalmol. 2004 ; 88(2) : 226-32, C. Balachandran et coll.) http://bjo.bmjjournals.com
A partir d'un groupe de 70 enfants en bonne santé, âgés
de 5 à 16 ans, et de trois enfants (appariés en âge) souffrant
de lésions graves du nerf optique, les auteurs présentent l'intérêt
pratique des potentiels évoqués visuels multifocaux (PEVm). Les
tracés électro-physiologiques ont été étudiés
en tenant compte de la latence, de l'amplitude et de la forme des PEVm. Deux
des enfants malades avaient un gliome du nerf optique et le troisième
un glaucome congénital. Dans ce contexte, les PEVm ont su détecter
la présence des scotomes induits par la maladie. Selon l'analyse des
résultats de cette série, les PEVm évoluent donc non seulement
avec l'âge, traduisant ainsi la maturation normale des voies visuelles,
mais pourraient être, en pathologie, un moyen de documenter objectivement
le champ visuel chez des enfant trop jeunes pour effectuer une périmétrie
classique. Un outil qui serait fort. utile.
Des anti-inflammatoires
pour les yeux secs (Am. J. Ophthalmol. 2004 137(2) : 337-42, S.C. Pflugfelder)
www.sciencedirect.com
On sait maintenant que les problèmes de sécheresse oculaire peuvent
induire et entretenir une réaction inflammatoire locale, qui joue certainement
un rôle dans le développement des lésions épithéliales
de la surface oculaire. En témoignent notamment, chez les personnes concernées,
la présence de médiateurs de l'inflammation dans les larmes (cytokines,
protéases) et d'une infiltration lymphocytaire (T) conjonctivale. En
clinique, on a par ailleurs pu constater les effets bénéfiques
de molécules qui disposent d'une activité anti-inflammatoire,
telles que les corticoïdes par exemple. L'auteur conclut cependant que
le seul traitement approuvé par la FDA (Food and Drug Administration)
dans cette indication concerne la ciclosporine A topique, essais cliniques randomisés
contrôlés versus placebo à l'appui. Il précise qu'elle
permet d'allier efficacité et innocuité à long terme.
Cataracte
post-vitrectomie : l'influence de l'âge et des injections de gaz (Am.
J. Ophthalmol. 2004 ; 137(2) : 250-7, Thompson) www.sciencedirect.com
Toute chirurgie endoculaire sur oeil phake peut se compliquer de cataracte.
L'auteur a cherché à quantifier ce risque chez 301 yeux, en examinant
les patients avant et après une vitrectomie. L'évaluation a porté
sur les cataractes nucléaires et sous-capsulaires postérieures,
et sur l'influence de l'âge et des injections de gaz dans le segment postérieur.
Chez les sujets de plus de 50 ans (jusqu'à 80 ans et plus), le risque
relatif de cataracte nucléaire post-opératoire a été
estimé à six fois celui des personnes de moins de 50 ans, même
en tenant compte de la plus grande fréquence des opacités nucléaires
pré-opératoires dans cette classe d'âge et avec le vieillissement.
Les injections de gaz ont elles aussi induit des différences significatives
chez les personnes concernées, avec un accroissement du risque d'environ
60%. Les cataractes sous-capsulaires postérieures n'ont en revanche pas
ou peu augmenté, quel que soit le groupe d'opérés considéré.
L'endoscopie
à l'aide des kératoplasties lamellaires profondes antérieures
(Eye 2004 ; 18(2) : 188-91, J.E. Moore et coll.) www.nature.com/eye/
Transplantation partielle, la (KPLA) s'adresse aux maladies cornéennes
qui épargnent l'endothélium et la membrane de Descemet. Après
exérèse complète du stroma du receveur, le greffon total
débarrassé de l'ensemble endothélio-descemétique,
est mis en en place sur une membrane de Descemet régulière et
nette. Ceci évite l'apparition d'opacités cicatricielles de l'interface.
Parmi les méthodes proposées pour faciliter le repérage
du plan de clivage et la dissection, on compte l'injection d'air dans la cornée
(juste au dessus de la membrane de Descemet). Sur quatre globes issus de la
banque des yeux, les auteurs ont observé le comportement de la face postérieure
de la cornée pendant cette manoeuvre, à l'aide d'un endoscope
introduit en chambre antérieure par voie limbique. Ils concluent que
l'endoscopie pourrait être un complément per-opératoire
utile au cours des KLPA.