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Semaine du 1er au 7 mars 2004
Pachymétrie
ultrasonique : des mesures fiables (Br. J. Ophthalmol. 2004 ; 88(2)
: 174-7, S Miglior et coll.) http://bjo.bmjjournals.com
La mesure de l'épaisseur cornéenne est une étape capitale
avant une intervention de chirurgie réfractive cornéenne. Elle
a également un rôle important à jouer lorsqu'il s'agit d'interpréter
au mieux la valeur de la pression intra-oculaire chez certains patients. L'ophtalmologiste
doit donc pouvoir se fier aux résultats de l'examen. Afin d'étudier
la reproductibilité de la pachymétrie ultrasonique dans le cadre
de la mesure de l'épaisseur cornéenne centrale, 50 volontaires
ont été enrôlés. Ils ont été soumis
à trois séries de mesures, effectuées par trois praticiens
différents, de façon à calculer la variabilité des
valeurs chez le même opérateur et entre les opérateurs.
Selon les résultats obtenus dans cette série, l'évaluation
de l'épaisseur cornéenne centrale au moyen d'un pachymètre
ultrasonique est hautement reproductible. Il semble donc bien s'agir d'un examen
auquel on peut se fier.
Luxation
traumatique tardive du volet de Lasik (J. Cataract. Refract. Surg.
2004 ; 30(1) : 260-3, A.G. Heickell et coll.) www.ncbi.nlm.gov
Comme en témoignent les exemples suivants, une cornée opérée
reste une cornée fragile. Les auteurs présentent en effet deux
cas de lésion tardive du capot de Lasik d'origine traumatique. Le premier
accident s'est produit huit mois après la chirurgie réfractive
et a été causé par un objet tranchant qui a déchiré
le volet. Le second, survenu quant à lui près d'un an et demi
après l'intervention, a été provoqué par un instrument
contondant, responsable d'une luxation du capot. Bio-microscopie, topographie
cornéenne et microscopie confocale ont permis d'établir le bilan
des lésions. L'un des patients a été traité chirurgicalement
et l'autre a reçu un traitement conservateur, pour aboutir à des
résultats visuels satisfaisants. La précocité de la prise
en charge de tels accidents, avec repositionnement du volet cornéen,
conditionne le pronostic fonctionnel.
Etude
Efgh1j : « le succès a été au rendez-vous »
(Le Quotidien du Médecin - 27 février 2004)
L'étude observationnelle Efgh1j (Etude française glaucome hypertonie
1 Jour) s'est déroulée le 25 novembre 2003. Inscrite dans un vaste
programme de lutte contre le glaucome, elle a été menée,
avec succès, en partenariat avec le Comité de lutte contre le
glaucome (CLG). Plus de 1 100 ophtalmologistes y ont participé, ce qui
a permis la collecte de 3 500 fiches-patients. Les résultats seront présentés
lors du Congrès de la Société française d'ophtalmologie
et de la Journée du CLG en mai prochain. Les données « sont
importantes pour nous au plan prévisionnel », indique le Pr Nordmann.
« Compte tenu de la pénurie d'ophtalmologistes, il est essentiel
de pouvoir estimer le plus précisément possible le nombre de consultations
à prévoir et de savoir ainsi comment régler le problème
de ces patients à l'avenir. »
Dysfonction
des cônes : une synthèse des connaissances actuelles
(Br. J. Ophthalmol. 2004 ; 88(2) : 291-7, M. Michaelides et coll.) http://bjo.bmjjournals.com
Les dysfonctions héréditaires des cônes déterminent
un groupe hétérogène de maladies. Celles-ci retentissent
cliniquement sur la fonction visuelle (scotomes centraux, anomalies de la vision
des couleurs, amblyopie...) et se traduisent par un nystagmus et une photophobie
d'intensité variable. Les formes non évolutives incluent les dyschromatopsies,
dont il existe plusieurs formes, et les achromatopsies, complètes ou
incomplètes. On parle alors plutôt de "dysfonction" des
cônes. Les formes évolutives regroupent quant à elles des
syndromes de dégénérescence des cônes qui se distinguent
notamment les uns des autres par leur mode de transmission ou les anomalies
associées (dégénérescence des bâtonnets, affections
générales...). On parle alors plus volontiers de "dystrophie"
des cônes. Les auteurs reviennent sur certains de ces syndromes pour nous
livrer les connaissances génétiques et phénotypiques actuelles.
Troubles
de la vision nocturne post-Lasik et facteurs de risque (Ophthalmology
2004 ; 111(1) : 3-10, M. Pop et coll.) www.aao.org
Toute intervention de chirurgie réfractive peut être à l'origine
d'effets indésirables visuels tels que les éblouissements ou les
halos. Ce travail a inclus 795 patients (1488 yeux) suivis un an après
un Lasik (myopies jusqu'à -9,75 d.). Il s'agissait d'étudier les
troubles de la vision nocturne post-opératoires et leurs facteurs de
risque. Si des signes fonctionnels ont été rapportés par
plus d'un opéré sur quatre le premier mois, ces symptômes
ne persistaient que dans moins de 5% des cas à un an. Différents
facteurs ont paru prédisposer aux troubles de la vision nocturne et notamment
la puissance de la myopie, l'âge, la taille de la zone optique et la valeur
de l'équivalent sphérique post-opératoire. Le diamètre
pupillaire serait en revanche hors de cause. Les auteurs fondent leurs espoirs
sur l'aberrométrie qui pourrait permettre d'étudier les aberrations
visuelles individuelles et d'avoir une idée de la qualité de vision
post-opératoire.
Microphaco
et technologie WhiteStar sur noyaux durs (J. Cataract Refract. Surg.
2004 ; 30(1) : 175-9, Olson R.J.) www.ncbi.nlm.gov
Alors que les ultrasons (US) font encore référence, de nouvelles
méthodes de phacoémulsification se développent. La technologie
WhiteStar (concept de l'énergie Sonolase) en fait partie. En combinant
le principe de fonctionnement du laser et des US, elle délivre une énergie
de cavitation.. Conçue pour éliminer le risque de brûlure
cornéenne (les micro-impacts alternent avec des périodes de refroidissement)
et réduire les turbulences intra-oculaires, elle peut être utilisée
en phaco conventionnelle ou en bi-manuelle. A partir d'une série de 18
patients dont la dureté de la cataracte variait de 3+ à 4+, l'auteur
rapporte son expérience de la microphaco avec cette technologie. Compte
tenu des difficultés per-opératoires éventuelles, du degré
post-opératoire d'inflammation et d'oedème cornéen, ainsi
que de l'acuité visuelle le lendemain et à trois mois de l'intervention,
il qualifie la méthode d'efficace et sûre pour les noyaux durs.
Micro-ondes
: le risque de brûlure oculaire est réel (Am. J. Ophthalmol.
2004 ; 137(2) : 379-80, A.E. Fung et coll.) www.sciencedirect.com
Si l'utilisation des fours à micro-ondes s'est généralisée,
il n'en faut pas pour autant oublier les risques d'accidents qui lui sont liés,
notamment en cas de non respect des consignes fournies par le constructeur.
Observation à l'appui, les auteurs estiment même que ces appareils
représentent un danger de brûlure oculaire, significatif et en
hausse. Ils rapportent en effet le cas d'une personne âgée de 77
ans, qui a été victime d'une brûlure grave par projection
d'un liquide bouillant qui sortait du micro-ondes. Du fait de la sévérité
des lésions (dont glaucome phaco-antigénique et kératopathie
bulleuse), la patiente a dû subir une greffe de membrane amniotique, qui
a donné de bons résultats, ainsi qu'une extraction de cataracte
et une kératoplastie transfixiante. L'information et l'éducation
du public quant au mode d'emploi et au bon usage des fours à micro-ondes
est, semble-t-il, plus que jamais d'actualité.
Rétinopathie
des prématurés régressive et complications vitréo-rétiniennes
tardives (Br. J. Ophthalmol. 2004 ; 88(2) : 243-6, A. Tufail et coll.)
http://bjo.bmjjournals.com
En deçà de certains stades évolutifs, la rétinopathie
des prématurés est susceptible de régresser spontanément,
laissant des séquelles d'importance variable. Des complications vitréo-rétiniennes
tardives peuvent cependant se développer. Cet article propose une analyse
rétrospective de 40 cas, parmi lesquels 29 se sont présentés
avec un décollement de rétine (DR) rhegmatogène. Un peu
plus de la moitié d'entre eux a été traitée par
indentation alors qu'une vitrectomie a d'emblée été décidée
pour les autres, avec ou sans indentation. Certains DR ont dû passer par
une seconde intervention, à l'issue de quoi, avec 28 rétines ré-appliquées,
l'acuité visuelle moyenne est passée de 6/60 à 6/36. Les
onze patients restants ont reçu un traitement préventif (laser,
cryo, voire chirurgie) du fait d'anomalies vitréo-rétiniennes
ou de déchirures, qui toutes ont ainsi été stabilisées.
Les auteurs soulignent la diversité des situations que l'on peut rencontrer.
Pseudo-exfoliation
capsulaire : des yeux pas si fragiles ? (J. Cataract. Refract. Surg.
2004 ; 30(1) : 134-8, R.J. Nagashima) www.ncbi.nlm.gov
Les cataractes que l'on doit opérer dans un contexte de pseudo-exfoliation
capsulaire (PEC) sont considérées comme "à risque",
du fait notamment d'une fragilité capsulo-zonulaire. L'auteur rapporte
cependant des résultats qui ne semblent pas confirmer cette notion. Les
67 yeux porteurs d'une PEC et les 1670 yeux témoins inclus dans ce travail
prospectif ont été opérés par le même chirurgien.
Aucune différence significative n'a été relevée
quant à l'incidence des issues de vitré (de l'ordre de 1 à
2%), et ni déhiscence capsulaire ni désinsertion zonulaire ne
sont survenues sur PEC (exceptés les cas d'issue de vitré). Au
cours d'un suivi moyen de quatre ans et demi, les implants intra-oculaires sont
restés en place (pas de luxation tardive). Si la prudence reste de rigueur,
il semble donc que la phacoémulsification sur PEC puisse être effectuée
dans les mêmes conditions de sécurité que sur une cataracte
"lambda".
Dispersion
pigmentaire compliquée de glaucome : attention au Lasik ! (J.
Cataract. Refract. Surg. 2004 ; 30(1) : 117-21, NS Jabbur et coll.) www.ncbi.nlm.gov
Si tous les syndromes de dispersion pigmentaire n'évoluent pas vers un
glaucome, les patients concernés doivent faire l'objet d'une surveillance
ophtalmologique régulière afin d'en guetter l'apparition. Au cours
d'un Lasik on exerce par ailleurs une hyperpression per-opératoire transitoire
sur le globe oculaire. Les auteurs se sont donc penchés sur les conséquences
éventuelles de cette hyperpression chez des sujets porteurs d'une dispersion
pigmentaire. Ils rapportent les résultats d'une étude non comparative
dans laquelle 12 opérés (22 yeux) ont été inclus,
le suivi post-opératoire moyen ayant duré plus de deux ans. Neuf
patients sur dix ont bénéficié de suites simples et de
résultats visuels décrits comme satisfaisants. Ceux qui étaient
sous traitement hypotonisant ont en revanche rencontré plus de difficultés
à cicatriser et à récupérer sur le plan fonctionnel.
Des données qui méritent de retenir l'attention.
Néovaisseaux
rétrofovéolaires et questionnaire SF-36 (Am. J. Ophthalmol.
2004 ; 137(2) : 373-5, The Submacular Surgery Trials) www.sciencedirect.com
Le questionnaire SF-36 est un outil d'évaluation de santé, comme
il en existe maintenant beaucoup en médecine, qui permet aux praticiens
de mesurer de façon plus objective et plus stéréotypée,
l'état physique, mental et fonctionnel des personnes. Le but de ce travail
était de mieux connaître la sensibilité de cette échelle
vis à vis des modifications d'acuité visuelle que l'on rencontre
chez les personnes qui développent des néovaisseaux rétro-fovéolaires.
Les patients inclus participaient à des essais cliniques de chirurgie
sous-maculaire : The Submacular Surgery Trials. L'analyse des données
a révélé une association modérée, mais statistiquement
significative, entre les scores "physiques" obtenus au questionnaire
SF-36 et les modifications d'acuité visuelle survenues sur le meilleur
oeil en deux ans de temps. Aucune association n'a en revanche été
retrouvée pour le score "mental".