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Semaine du 26 janvier au au 1er février 2004
Névrite
optique : le pronostic à long terme n'est pas si mauvais ! (Am.
J. Ophthalmol. 2004 ; 137 (1) : 77-83, RW Beck et al. - Optic Neuritis Study
Group) http://www.sciencedirect.com/science/journal/00029394
L'étude multicentrique ONTT (Optic Neuritis Treatment Trial), réalisée
entre 1988 et 1991, avait inclus 497 sujets lors d'un premier épisode
de névrite optique unilatérale aiguë. Ce travail, dont les
buts étaient d'évaluer l'efficacité de la corticothérapie
et d'établir une relation entre névrite optique et sclérose
en plaques (SEP), avait permis de formuler un ensemble de recommandations diagnostiques
et thérapeutiques. Plus de dix ans après, les auteurs ont évalué
le statut visuel de 319 de ces patients (acuité visuelle (AV), vision
des contrastes et champ visuel). Dans les trois quarts des cas, l'AV est de
20/20 ou plus et la proportion de personnes qui voient moins de 20/200 n'est
que de 3%. L'AV moyenne est cependant inférieure chez les malades atteints
de SEP, groupe dans lequel les névrites optiques ont davantage récidivé.
Des données dans l'ensemble plutôt rassurantes.
Attention
aux éponges en hydrogel ! (Am.
J. Ophthalmol. 2004 ; 137(1) : 96-100, J.J. Kearney et al.) http://www.sciencedirect.com/science/journal/00029394
john.kearney@kp.org
Confrontés à un certain nombre de complications, les auteurs font
part de leur expérience du matériel d'indentation scléral
en hydrogel. Ce travail multicentrique rétrospectif décrit les
cas de 15 patients (17 yeux) dont le décollement de rétine (DR)
avait été opéré avec succès 4 à 14
ans auparavant. Tous se sont présentés avec des douleurs oculaires,
un strabisme, une sensation de tension orbitaire et une tuméfaction sous-conjonctivale.
Après un bilan loco-régional (dont neuro-imagerie dans deux cas),
le matériel d'indentation a été enlevé. Des interventions
difficiles du fait de la fragilité des éponges qui se désagrégeaient
lors des manipulations. En post-opératoire, les symptômes avaient
disparu ou nettement régressé. A noter cependant : trois perforations
du globe, une endophtalmie, cinq récidives de DR et une hypertonie oculaire
avec oedème cornéen. Afin d'éviter les complications graves,
l'identification des signes d'intolérance doit être précoce.
Endophtalmies
: quelques principes thérapeutiques (Am.
J. Ophthalmol. 2004 ; 137 (1) : 38-42, MS Benz et al.) http://www.sciencedirect.com/science/journal/00029394
mbenz@bcm.tmc.edu
A partir de l'analyse rétrospective de 278 cas d'endophtalmies, observés
entre 1996 et 2001, les auteurs rappellent quelques conseils de prise en charge.
Ils précisent qu'aucun antibiotique n'est capable, à lui seul,
de couvrir l'ensemble des germes qui peuvent intervenir et qu'une association
médicamenteuse est donc recommandée lors de la mise en route d'un
traitement pour endophtalmie bactérienne. L'utilisation des antifongiques
en première intention repose sur l'histoire de la maladie et sur l'examen
clinique. Une bonne connaissance des principaux germes impliqués dans
les différentes étiologies (post-opératoire, traumatique,
endogène...) est utile. Les agents les plus souvent en cause sont par
exemple les staphlylocoques epidermidis dans les endophtalmies post-opératoires
ou traumatiques, certains bacilles gram négatif en cas d'infection retardée
sur bulle de filtration ou l'aspergillus dans les cas endogènes.
Evolution
de la sensibilité des germes cornéo-conjonctivaux aux antibiotiques
(Am.
J. Ophthalmol. 2004 ; 137 (1) : 43-51, MR Chalita et al.) http://www.sciencedirect.com/science/journal/00029394
chalitm@ccf.org
On parle beaucoup de la progression des résistances aux antibiotiques.
Mais qu'en est-il des germes isolés à partir de prélèvements
conjonctivaux et cornéens ? Pour le savoir, les auteurs font la synthèse
de plus de 8,000 examens bactériologiques effectués entre 1985
et 2000. Ils ont analysé les modifications de la sensibilité aux
antibiotiques des bactéries le plus souvent en cause dans les infections
de la surface oculaire (staphylocoque aureus, staphylocoques coagulase négative,
streptocoques et pseudomonas). Selon cette étude, la sensibilité
in vitro des germes testés a diminué pour la gentamicine, la tobramycine
et la cefalotine, alors que les fluoroquinolones restent une option de choix
et que la sensibilité des souches considérées à
l'amikacine, à la néomycine et au chloramphénicol a augmenté.
L'utilisation des anti-bactériens doit bien sûr respecter les recommandations
en vigueur et les contre-indications.
Le point
sur la toxoplasmose : suite (Am.
J. Ophthalmol. 2004 ; 137(1) : 1-17, GN Holland) www.sciencedirect.com uveitis@jsei.ucla.edu
Après avoir publié un premier volet épidémiologique
et clinique (Am J. Ophthalmol. 2003, 136(6): 973-88), l'auteur passe en revue
les différentes formes de toxoplasmose oculaire et leurs conséquences
thérapeutiques. Différents éléments conditionnent
le mode de présentation de la maladie. C'est ainsi par exemple, que les
lésions graves sont plus fréquentes chez les immunodéprimés,
que le risque d'atteinte oculaire est plus élevé si la primo-infection
survient chez un sujet âgé (affaiblissement de l'immunité)
et que la sévérité de la maladie est fonction du génotype
du toxoplasma gondii (le type I est plus virulent alors que la plupart des parasites
isolés appartiennent aux types I, II ou III). Un traitement de courte
durée pourrait être bénéfique en cas de chorio-rétinite
chez les patients immuno-compétents et la prévention secondaire
(triméthoprime/sulfaméthoxazole) peut être utile lorsque
le risque de récidive est élevé.
Toxine
botulique et paralysie oculomotrice : il faut injecter au bon endroit ! (Am.
J. Ophthalmol. 2004 ; 137(1) : 201-2, A. Liu et al.) www.sciencedirect.com
La toxine botulique peut être prescrite dans différentes indications.
On peut par exemple citer la crampe de l'écrivain (neurologie), les spasmes
du pylore (gastro-entérologie), du larynx (ORL), de la vessie (urologie),
les dystonies oro-mandibulaires (stomatologie), l'hyperhydrose (dermatologie)
ou les rides (esthétique). En ophtalmologie, elle peut être utilisée
pour réduire les blépharospasmes (comme les hémispasmes
faciaux) et certaines pathologies oculomotrices (traitement du muscle hyperactif).
Les auteurs rapportent un cas de perforation du globe avec déchirure
rétinienne, due à une injection de toxine botulique chez une patiente
dont l'ésotropie était d'origine paralytique. Par chance, l'évolution
spontanée de cette complication n'a pas demandé d'autre geste
que le barrage laser de la déhiscence. Selon cette observation, la toxine
botulique ne serait pas dangereuse pour les milieux intraoculaires. La prudence
est tout de même recommandée !
Tuberculose
oculaire : il fallait y penser ! (Surv. Ophthalmol. 2004 ; 49(1) :
78-89, H. Demirci et al.)
La tuberculose est en recrudescence. Ses localisations oculaires (1 à
2% des cas) témoignent soit d'une infection directe, soit d'une réaction
d'hypersensibilité cellulaire. Tous les tissus intra-oculaires peuvent
être atteints, à l'exception du cristallin. Les lésions
les plus connues sont la (kérato)conjonctivite phlycténulaire,
la kératite superficielle, l'uvéite granulomateuse, les tubercules
de Bouchut (au niveau de la choroïde), la vascularite rétinienne,
l'épisclérite ou la sclérite (diffuse ou nodulaire). Les
auteurs décrivent cinq tableaux pseudo-tumoraux, survenus pour la plupart
chez des personnes issues de l'immigration, population à risque. Il s'agissait
de deux panophtalmies, dont l'une s'est soldée par une perforation du
globe, deux granulomes choroïdiens avec uvéite et d'une lésion
choroïdienne achrome sans inflammation. Malgré six à douze
mois de pluri-thérapie, deux malades ont dû être énucléés.
Utilisation
thérapeutique de membrane amniotique : une longue histoire (Surv.
Ophthalmol. 2004 ; 49(1) : 51-77, HS Dua et al.)
La membrane amniotique est la plus interne des trois enveloppes qui isolent
le foetus du monde extérieur. Depuis quelques années il est souvent
question de l'intérêt qu'elle peut présenter dans la prise
en charge de certaines pathologies de la surface oculaire. Les auteurs font
donc le point quant à son utilisation thérapeutique. Ils rappellent
notamment que celle-ci remonte au début du siècle dernier, époque
à laquelle on eut l'idée d'en faire un substitut cutané.
Elle fut par la suite utilisée dans diverses spécialités
chirurgicales (génito-urinaire, neuro-chirurgie...) pour n'être
introduite en ophtalmologie qu'au cours de la seconde guerre mondiale, où
elle pris part au traitement des brûlures oculaires. Après être
tombée dans l'oubli, elle fut redécouverte voilà une quinzaine
d'années. Si elle est maintenant largement utilisée, des études
complémentaires devraient aider à préciser ses réelles
indications.
La vérité
sur les extraits de myrtille et la vision nocturne (Surv. Ophthalmol.
2004 ; 49(1) : 38-50, P.H. Canter et al.)
Les fruits séchés de la myrtille (ou Vaccinium Myrtillus) ont
été proposés non seulement contre la diarrhée, certaines
inflammations des muqueuses bucco-pharyngées, l'hyperglycémie
ou certains troubles de la circulation veineuse, mais aussi pour contribuer
à prévenir le cancer, certaines maladies dégénératives,
le glaucome, la cataracte ou la rétinopathie diabétique. Ils seraient
aussi capables d'améliorer la vision nocturne. Les propriétés
thérapeutiques des myrtilles sont attribuées aux anthocyanosides
(famille des caroténoïdes). Les auteurs se sont penchés sur
les essais contrôlés versus placebo concernant les effets sur la
vision nocturne des anthocyanosides extraits de vaccinium myrtillius. Ils concluent
qu'aucune étude n'a pu prouver l'intérêt de ces substances
sur la vision nocturne normale et que, pour le moment, aucune recherche rigoureuse
n'a porté sur les héméralopies pathologiques.
Iridoplastie
sur iris-plateau : des résultats à long terme (Ophthalmology
2004 ; 111 : 104-108, R. Ritch et al.)
Typiquement, le syndrome de l'iris-plateau comporte une chambre antérieure
étroite en périphérie, mais pas de blocage pupillaire.
L'iridotomie, souvent réalisée devant des symptômes de glaucome
aigu, ne peut donc être efficace. A partir d'une série rétrospective
non comparative de 14 patients (23 yeux), les auteurs rapportent leur expérience
de l'iridoplastie périphérique au laser dans cette indication,
méthode qui vise à rendre l'iris plus postérieur. Les personnes
dont le cristallin contribuait à la fermeture de l'angle ont été
exclues de ce travail. A l'issue d'un suivi moyen de plus de six ans, près
de neuf angles irido-cornéens sur dix s'étaient maintenus ouverts.
Dans les autres cas, la re-fermeture progressive de l'angle (5 à 9 ans
après le laser) a été contrée avec succès
par une nouvelle iridoplastie. Une technique efficace qui impose parfois un
re-traitement.
Complications
rétinienne et rénales à long terme chez les diabétiques
de type 1 diagnostiqués dans l'enfance (Diabet Med. 2004 ; 21(1)
: 26-31, Harvey JN.)
Tous les sujets chez qui un diabète de type 1 a été découvert
à moins de 15 ans entre 1960 et 1982 et résidant en 1999 dans
la même région du Pays de Galles en Grande Bretagne ont été
évalués sur la prévalence des complications micro-angiopathiques.
Par rapport aux sujets dont le diabète a été découvert
à l'âge adulte, une protéinurie est survenue plus tôt
(p = 0.02) et l'évolution de la néphropathie a été
plus sévère ( = 0.008) chez les sujets diabétiques depuis
l'enfance (RR de microalbuminurie de 2.6, IC à 95 %: 1.4-4.9, p = 0.003
et RR de néphropathie avérée de 3.8 (IC à 95 %:
1.5-9.4, p = 0.005). La survenue d'une rétinopathie n'était pas
plus fréquente chez les diabétiques depuis l'enfance mais ceux-ci
avaient un risque plus grand d'avoir recours à un traitement par laser
que les sujets devenus diabétiques à l'âge adulte (RR =
2.1, IC à 95 %: 1.1-3.8, p = 0.02). Les différences de prévalence
et de sévérités des complications oculaires et rénales
n'étaient pas différentes entre les sous groupes d'âge (-
de 5 ans, 5-9 ans ou 10-14 ans).