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Semaine du 19 au au 25 janvier 2004
L'OCT
peut-il aider à différencier les naevi des mélanomes de
la choroïde ? (Br.
J. Ophthalmol. 2004 ; 88(1) : 120-4, S. Muscat et al.) http://bjo.bmjjournals.com
Les naevi choroïdiens sont les tumeurs intra-oculaires les plus fréquentes.
Si les formes typiques se reconnaissent aisément, la question du diagnostic
différentiel peut en revanche se poser devant un aspect atypique. Le
principal problème est alors de distinguer un naevus d'un mélanome
débutant. L'OCT (Tomographie en Cohérence Optique) est capable
de mettre en évidence les décollements séreux rétiniens
plans qui se situent sur les bords de la tumeur, alors qu'ils sont imperceptibles
cliniquement. Jusqu'ici, son apport dans le diagnostic différentiel des
petites tumeurs choroïdiennes était jugé limité. Les
auteurs présentent les résultats d'une étude qui pourrait
remettre en cause cette notion. En suivant 20 cas de mélanomes non traités
et 40 cas de naevi présumés, ils ont en effet observé des
anomalies de structure de la rétine qui recouvrait la tumeur, beaucoup
plus fréquentes chez les patients porteurs d'un mélanome. Des
études complémentaires sont nécessaires.
Otite
et endophtalmie : quel rapport ? (Am.
J. Ophthalmol. 2004; 137(1) : 202-4, J.E. Siegersma et al.) www.sciencedirect.com
J.Siegersma@ohk.umcn.nl
La diversité des tableaux cliniques que l'on peut rencontrer font à
la fois l'intérêt et la difficulté de la médecine.
En voici un nouvel exemple. Une patiente jusque là en bonne santé
a en effet développé une otite moyenne aiguë droite pour
laquelle elle a été traitée. Trois semaines après
le premier épisode, l'infection a récidivé, avec pour conséquence
une perforation du tympan. Deux jours plus tard, la malade s'est présentée
en ophtalmologie avec une endophtalmie droite. L'analyse bactériologique
du prélèvement de vitré a permis de constater que le germe
en cause, un streptocoque du groupe A, était le même que celui
qui avait été isolé au niveau de l'oreille. Malgré
un traitement agressif, l'oeil infecté a dû être énucléé.
Les auteurs, qui expliquent cette complication par une bactériémie
contemporaine de l'otite, rappellent que les endophtalmies endogènes
existent, et qu'elle peuvent être gravissimes.
Les atteintes
oculaires allergiques (Impact
Médecine - 16 janvier 2004)
Lors des Journées parisiennes d'allergologie, qui se sont déroulées
à Paris du 7 au 9 janvier dernier, les experts ont souligné la
nécessité d'une coopération ophtalmologue-allergologue.
Les atteintes oculaires allergiques sont en effet « souvent bruyantes
et inquiétantes », d'autant que « la négligence
thérapeutique peut aboutir à des lésions cornéennes
sévères qui mettent le pronostic visuel en jeu ». La
kératoconjonctivite vernale ou printanière a notamment été
abordée. Cette atteinte plus sévère que la banale conjonctivite
allergique saisonnière ou perannuelle est repérable à son
aspect pavimenteux et touche surtout les enfants. Les mesures d'hygiène
générale sont alors « beaucoup plus efficaces qu'on
ne croit ». La prescription locale s'appuie sur des collyres antidégranulants
et antihistaminiques H1, ainsi que des corticoïdes, nécessaires
dans 85% des crises.
Myopie
aiguë et glaucome à angle fermé sous topiramate (Am.
J. Ophthalmol. 2004 ; 137(1) : 193-5, J.E. Craig et al.) www.sciencedirect.com
jamie.craig@flinders.edu.au
Le topiramate est indiqué dans les épilepsies généralisées
(crises cloniques, toniques, tonico-cloniques) et les épilepsies partielles
(avec ou sans généralisation). Il peut être prescrit chez
l'adulte et l'enfant à partir de 2 ans, en monothérapie, après
échec d'un traitement antérieur, ou en association aux autres
anti-épileptiques si ceux-ci sont insuffisamment efficaces. Sous traitement,
des cas de myopie aiguë avec glaucome secondaire à angle fermé
ont été rapportés. Ils témoignent d'un syndrome
d'effusion supra-ciliaire avec déplacement antérieur du cristallin
et nécessitent l'interruption du traitement. Le glaucome secondaire à
angle fermé associé au topiramate a été rapporté
chez l'enfant et chez l'adulte. Les auteurs décrivent deux cas de myopie
aiguë et un cas bilatéral de glaucome par fermeture de l'angle,
dont le syndrome d'effusion supra-cilaire a été documenté
par échographie.
Une méthode
pour examiner les personnes obèses (Am.
J. Ophthalmol. 2004 ; 137(1) : 178-9 D.J. Browning et al.) www.sciencedirect.com
djbrowning@carolina.rr.com
Les examens ou les traitements qui doivent être effectués à
la lampe à fente sont parfois difficiles si la morphologie du patient
(enfant, sujets très grands...) s'éloigne un peu de ce qui est
considéré comme la "norme". La manoeuvre devient alors
inconfortable, à la fois pour le médecin et pour le patient. L'auteur
fait part de son expérience personnelle et propose une technique d'installation
des patients corpulents à la lampe à fente, en vue d'une photocoagulation
maculaire. En demandant au patient de se tenir debout et penché vers
l'avant tout en utilisant le fauteuil d'examen comme support postérieur,
il semble que le travail de l'ophtalmologiste soit facilité. Cette méthode
permettrait de plus un examen clinique et un traitement plus minutieux. A vos
lasers !
Glaucomes
- 2 :traitement (BMJ
328 : 156-158, P.T. Khaw et al. - 17 janvier 2004) http://bmj.bmjjournals.com/cgi/reprint/328/7432/156
Dans une série "ABC de l'oeil", le BMJ présente cette
semaine une revue de 3 pages sur le traitement des glaucomes, dont le but principal
est la diminution de la pression intra-oculaire. Sont d'abord présentés
les traitements médicaux : bêta-bloquants, analogues de prostaglandines,
composés parasympathomimétiques, inhibiteurs d'anhydrase carbonique.
Puis sont abordés les différents traitements au laser : trabéculoplastie,
iridotomie, iridoplastie, ablation du corps ciliaire, et enfin, les traitements
chirurgicaux, iridectomie et chirurgie de drainage, et leurs complications possibles.
Ulcère
cornéen sous lentilles : le patient est-il toujours en cause ? (Am.
J. Ophthalmol. 2004 ; 137(1) : 170-2, Dany M. Najjar et coll.) www.sciencedirect.com
Lorsqu'un ophtalmologiste observe un ulcère cornéen chez un porteur
de lentilles, il interroge systématiquement le patient sur la façon
dont il applique les règles d'hygiène et les précautions
d'emploi inhérent à ce mode de correction. Les auteurs ont cherché
à évaluer plus précisément la proportion réelle
de cas que l'on serait en droit d'attribuer à la "négligence"
des porteurs. Pour cela, ils ont passé en revue les cas de 70 patients
qui ne semblaient pas avoir de facteur de risque, pour ne sélectionner
que ceux qui respectaient les recommandations en vigueur (hygiène, désinfection,
renouvellement des lentilles), soit 21 personnes. Toutes utilisaient des solutions
multifonctions pour nettoyer, désinfecter et conserver leurs lentilles.
Il semble donc que le respect des règles standard ne suffise pas toujours
à éviter la survenue des ulcères de cornée, que
l'équipement en port journalier soit à renouvellement fréquent
ou conventionnel.
La pigmentation
choroïdienne : un facteur de risque de mélanome ? (Br.
J. Ophthalmol. 2004 ; 88(1) : 39-43, J.W. Harbour et coll.) http://bjo.bmjjournals.com/cgi/content/abstract/88/1/39
Si l'étiologie exacte des mélanomes de l'uvée reste inconnue,
un certain nombre de facteurs de risque ont été identifiés.
Il s'agit essentiellement de l'appartenance à la race caucasienne, surtout
en cas d'origines nordiques, de l'âge (fréquence maximale entre
50 et 70 ans) et du sexe masculin. L'hérédité et la mélanocytose
n'interviennent quant à elles que dans un nombre limité de cas,
alors que l'exposition aux ultraviolets semble moins impliquée que dans
les mélanomes cutanés, sans que l'on puisse formellement en exclure
la participation. D'autres éléments, comme l'aspect hormonal,
sont encore controversés. Ayant étudié 65 patients suivis
pour un mélanome de l'uvée et 218 sujets contrôles (tous
de peau blanche), les auteurs pensent qu'un excès de pigmentation choroïdienne
aurait un effet non pas protecteur, mais plutôt prédisposant à
la tumeur. Un pas de plus dans la compréhension de la pathogénie
de la maladie ?
Cataracte
: faut-il opérer les personnes très âgées ? (Am.
J. Ophthalmol. 2004 ; 137(1) : 145-55, E. Monestam et coll.) www.sciencedirect.com
eva.monestam@vll.se
Afin de savoir si une extraction de la cataracte peut rendre service aux personnes
de plus de 85 ans, les auteurs ont comparé trois groupes d'opérés
: les uns âgés de moins de 84 ans, les autres situés entre
85 et 90 ans, les derniers ayant plus de 90 ans. Au cours de cette étude
prospective, 837 patients ont répondu à un questionnaire dans
le but de comparer leurs performances visuelles subjectives, avant et trois
mois après la chirurgie (lecture, télévision, orientation,
activités de la vie quotidienne, degré de satisfaction...). Quelle
que soit la tranche d'âge considérée, l'intervention a permis
d'améliorer la meilleure acuité visuelle corrigée chez
plus de 9 personnes sur dix. En tenant compte de l'ensemble des données
recueillies et de l'espérance de vie limitée, opérer les
cataractes évoluées semble apporter un réel bénéfice
aux sujets très âgés.
Sclérectomie
profonde : l'intérêt des implants collagène à long
terme (Br. J. Ophthalmol. 2004 ; 88(1) : 95-8, T. Shaarawy et al.)
http://bjo.bmjjournals.com/cgi/content/abstract/88/1/95
A travers cette étude prospective randomisée, les auteurs présentent
les implants collagènes comme un moyen d'améliorer le succès
des sclérectomies profondes (SP). Parmi les 104 patients opérés,
dont le glaucome à angle ouvert (primitif ou secondaire) résistait
aux traitements médicaux, 52 ont reçu un implant. Le suivi a été
assuré sur près de quatre ans en moyenne, période pendant
laquelle on a tenu compte de la pression intra-oculaire (PIO), de l'acuité
visuelle et des thérapeutiques complémentaires (dont les gonio-perforations
au laser Nd:Yag). En présence de l'implant, plusieurs points positifs
ont été notés par rapport aux SP simples, soit une réduction
plus importante de la PIO moyenne à J1 comme à quatre ans et un
taux de succès final supérieur, avec ou sans médication.
Enfin et surtout, la quantité moyenne de traitements médicaux
complémentaires nécessaires était significativement plus
faible.
Détection
de la rétinopathie diabétique (RD) par rétinographe automatique :
résultats d'une étude britannique (Diabet. Med.
2004 ; 21(1) : 84-90, Usher D. et coll.) http://www.blackwell-synergy.com/links/doi/10.1046/j.1464-5491.2003.01085.x/abs/
Dans cette étude, 773 patients diabétiques de type 2 ont participé
à un programme de dépistage de la RD par rétinographe automatique.
Les résultats ont été comparés à un examen
ophtalmologique habituel. La sensibilité du rétinographe était
de 94.8% et sa spécificité de 52.8%, sans qu'aucun cas de RD menaçante
(nécessité d'une consultation ophtalmologique immédiate
ou avant 1 an) n'ait été omis. Ce système permet de réduire
d'1/3 le taux de relecture des images par un ophtalmologiste.
Mélanomes
de l'uvée : doit on se méfier de certaines lésions iriennes
et choroïdiennes ? (Br. J. Ophthalmol. 2004 ; 88 (1) : 36-8, JW
Harbour et al.) http://bjo.bmjjournals.com/cgi/content/abstract/88/1/36
Les données rapportées dans cet article ne représentent
qu'une partie des résultats collectés au cours d'une seule et
même étude, laquelle incluait 65 cas de mélanomes uvéaux
et 218 témoins (tous à peau blanche). Il s'agissait notamment
de rechercher des facteurs de prédisposition à la tumeur. Patient
par patient et oeil par oeil, les auteurs ont relevé la couleur de l'iris
et la présence ou l'absence de taches et de naevi iriens, ainsi que de
naevi choroïdiens. Ils ont ensuite comparé la prévalence
de ces lésions dans les deux groupes de sujets, sans trouver de différence
significative. Selon ce travail, la présence de taches sur l'iris ou
de naevi iriens ou choroïdiens ne constitue pas un facteur de risque de
mélanome de l'uvée. Dans cette série, et tous patients
confondus, ces lésions ont été retrouvées respectivement
dans environ 62%, 5% et 18% des cas.
Du lasik
pour des enfants (Br. J. Ophthalmol. 2004 ; 88 (1) : 19-21, M O'Keefe
et coll.) http://bjo.bmjjournals.com/cgi/content/abstract/88/1/19
En principe, un Lasik ne peut s'envisager qu'une fois le défaut visuel
stabilisé et, bien sûr, en l'absence de contre-indication. La technique
est donc réservée aux adultes. Les auteurs présentent cependant
quelques cas d'enfant opérés, dont l'âge variait de 2 à
12 ans. Tous (3 filles, 3 garçons, 7 yeux) avaient une myopie forte,
dont une bilatérale, comprise entre -5 et -16 dioptries selon les cas,
cinq d'entre eux ayant une amblyopie unilatérale. Les valeurs pré-
et post-opératoires de la réfraction, de l'acuité visuelle
et de la pachymétrie ont été comparées. Cinq des
petits opérés ont ainsi amélioré leur réfraction
et leur acuité visuelle. Selon ces résultats, le Lasik chez les
enfants myopes forts peut être intéressant. Il convient cependant
d'user d'une extrême prudence et de s'interroger sur le devenir à
(très) long terme des yeux traités...