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Semaine du 5 au au 11 janvier 2004

Occlusion veineuse rétinienne sur carcinome rénal (Am. J. Ophthalmol. 2003 ; 136(6) : 1185-6, S.D. Adrean et al.) www.sciencedirect.com
Parmi les anomalies acquises de la coagulation, les anti-corps anti-cardiolipine (aCL) s'associent fréquemment à des complications thrombo-emboliques veineuses ou artérielles. En présence d'anticorps anti-phospholipides, on peut démonter une activité procoagulante de la thrombine (taux plasmatiques élevés de fibrino-peptides). Par ailleurs, les cancers peuvent eux aussi être à l'origine de thromboses. Les auteurs rapportent une observation qui illustre ces différentes situations. Un patient de 63 ans, atteint d'un carcinome rénal, a développé une baisse d'acuité visuelle en rapport avec une occlusion unilatérale de la veine centrale de la rétine (OVCR). Biologiquement, on a pu mettre en évidence un taux élevé d'anticorps anti-cardiolipines et anti-phospholipides. La production de ces anticorps, et donc l'OVCR, pourraient être attribuées à un syndrome paranéoplasique.

Maladie de Churg et Strauss et OACR bilatérale (Am. J. Ophthalmol. 2003 ; 136(6) : 1181-3, T. Udono et al.) www.sciencedirect.com udono@fn.freeserve.ne.jp
La maladie de Churg et Strauss est une angéite granulomateuse qui atteint notamment le poumon et le tube digestif, mais aussi le coeur, le rein ou le système nerveux périphérique. La vascularite intéresse les vaisseaux de toute taille, artères comme veines. Les granulomes sont extra- et intra-vasculaires et s'associent à des infiltrats éosinophiles périvasculaires. Le diagnostic peut être évoqué devant une fièvre avec altération de l'état général, des crises d'asthme et des lésions cutanées (purpura, nodules). Cet article rapporte un cas rare d'occlusion bilatérale de l'artère centrale de la rétine (OACR) chez un patient de 68 ans dont l'histoire comportait, en outre, un asthme, une éosinophilie et une insuffisance aortique. Si les anti-coagulants, les corticoïdes et le cyclophosphamide ont eu certains effets, la vision ne s'est pas améliorée. En cas de maladie de Churg et Strauss, les auteurs conseillent une surveillance ophtalmologique attentive.

Zonules trop longues avec dispersion pigmentaire (Am. J. Ophthalmol. 2003 ; 136(6) : 1176-8, S.E. Moroi et al.) www.sciencedirect.com sloroi@umich.edu
A partir de 15 observations, les auteurs décrivent un syndrome de dispersion pigmentaire en présence d'une zonule dont les fibres antérieures, trop longues, s'inséraient sur la partie centrale de la capsule du cristallin. La moitié des patients étaient déjà traités pour un glaucome ou une hypertonie oculaire. Cliniquement, il existait des dépôts pigmentaires au niveau de l'endothélium et de l'angle irido-cornéen, ainsi que des lacunes iriennes. L'échographie haute fréquence du segment antérieur (UBM, Ultrasound BioMicroscopy) a permis d'éliminer d'autres causes de dispersion pigmentaire (absence d'insertion postérieure ou de concavité de l'iris). L'examen en microscopie électronique de la capsule antérieure, qui a pu être effectué dans un cas, a mis en évidence des fragments de zonule à la surface desquels du pigment s'était fixé, et l'absence de matériel exfoliatif. La morphologie zonulaire semble être en cause.

La chirurgie du segment antérieur favorise-t-elle certaines neuropathies optiques ? (Am. J. Ophthalmol. 2003 ; 136(6) : 1171-2, T.J. McCulley et al.) www.sciencedirect.com tmcculle@uci.edu
Différentes équipes se sont intéressées aux relations de cause à effet qui pouvaient exister entre l'exérèse de la cataracte et la survenue ultérieure d'une neuropathie optique ischémique non artéritique (NOINA). Pour tenter d'apporter de nouveaux éléments de réponse, les auteurs ont revu les dossiers de 17 opérés (18 yeux) qui avaient développé une NOINA au cours de l'année qui suivait la chirurgie. Le travail a notamment consisté à rechercher une relation chronologique entre les deux événements. L'analyse des chiffres a montré que toutes les NOINA étaient survenues dans les six mois post-opératoires, en moyenne au 35ème jour, et avec des extrêmes allant de un à 131 jours. Selon les données recueillies au cours de cette série, la chirurgie de la cataracte pourrait être associée à l'apparition d'une NOINA.

Tabac et risque de glaucome primitif à angle ouvert (Arch. Ophthalmol. ; 121(12) : 1762-8, J.H. Kang et al.) http://archopht.ama-assn.org
Le tabac est impliqué dans de très nombreuses maladies générales, mais aussi dans la DMLA. Au cours d'une étude prospective, qui s'est déroulée sur une période de plus de dix ans, la relation qui pourrait exister entre le tabagisme et l'apparition d'un glaucome primitif à angle ouvert (GPAO) été analysée. Les sujets inclus étaient des professionnels de santé, âgés d'au moins 40 ans. Aucun n'avait de glaucome au moment de l'inclusion. Il leur a fallu remplir des questionnaires, au sujet notamment d'un tabagisme éventuel et bien sûr des facteurs de risque connus de GPAO. Pendant le suivi, 450 cas de GPAO sont apparus. En tenant compte de l'âge, d'une éventuelle hypertension artérielle, de l'origine ethnique, des habitudes tabagiques et de l'existence ou non de facteurs favorisants du GPAO, il semble que le tabac ne soit pas un facteur de risque important dans cette maladie.

L'aciclovir en prévention des récurrences herpétiques (Arch. Ophthalmol. 2003 ; 121(12) :1702-4, U.B. Uchoa et al.) http://archopht.ama-assn.org
En matière d'herpès oculaire, la prise préventive d'aciclovir per os peut être recommandée dans certains cas, comme les kératites épithéliales après 3 récurrences par an et avec facteur déclenchant connu, les kératites stromales ou kérato-uvéites après 2 récidives par an, ou encore la chirurgie oculaire avec antécédents d'herpès. La posologie est alors de 200 mg deux fois par jour mais la durée de traitement ne fait pas l'objet d'un véritable consensus. Les auteurs ont confronté rétrospectivement deux groupes de patients : les uns traités pendant un an (n=18), les autres pendant 18 mois (n=22). Le taux de récurrences herpétiques a été comparé au cours de la première année, des six mois suivants (période pendant laquelle les sujets du premier groupe n'étaient plus sous traitement) et d'un suivi moyen de près de quatre ans. Dans cette série, le second protocole préventif a paru plus efficace que le premier.

Un trou maculaire qui disparaît sous traitement médical (Am. J. Ophthalmol. 2003 ; 136(6) : 1165-7, I. Halkiadakis et al.) www.sciencedirect.com
Les auteurs rapportent le cas d'une patiente qui avait développé une uvéite antérieure sur terrain HLA B27, avec trou maculaire droit et oedème maculaire gauche. L'acuité visuelle ne dépassait pas 20/200, quel que soit l'oeil considéré. Une injection péri-bulbaire bilatérale de corticoïdes (triamcinolone acétonide) a non seulement contribué à résoudre la poussée d'uvéite et à améliorer l'acuité visuelle, qui trois mois plus tard atteignait 20/50 à droite comme à gauche, mais aussi à fermer le trou maculaire. Ce résultat anatomique a été confirmé par OCT (Optical Coherence Tomography), qui se positionne comme l'examen complémentaire de choix dans cette pathologie. Si, au cours de certaines uvéites, l'inflammation et l'oedème maculaire peuvent favoriser l'apparition d'un trou maculaire, il semble donc que leur traitement puisse aussi faciliter sa fermeture.

Behcet chez l'enfant : le traitement est délicat (Am. J. Ophthalmol. 2003 ; 136(6) : 1114-9, I. Tugal-Tutkun et al.) www.sciencedirect.com tutkun@turk.net
A partir d'une série rétrospective de 36 enfants et adolescents de moins de 17 ans qui présentaient une uvéite sur maladie de Behcet, les auteurs ont effectué une comparaison avec les tableaux que l'on rencontre habituellement chez l'adulte. Ayant compté plus de deux garçons atteints pour une fille, ils précisent que, dans plus de la moitié des cas, les aphtes buccaux furent les premiers signes. Plus de huit atteintes oculaires sur dix étaient bilatérales, prenant la forme d'une panuvéite, avec une fréquence élevée de vascularites et de lésions rétiniennes. Des cataractes, maculopathies et atrophies optiques se sont développées, chacune chez quatre à cinq enfants sur dix. Dans les trois quarts des cas, des immunosuppresseurs ont dû être utilisés, avec des résultats variables. De tous les traitements systémiques, la corticothérapie fut à l'origine du plus grand nombre d'effets indésirables (attention à la croissance !). Le traitement de la maladie de Behcet semble donc plus difficile chez l'enfant.

Apnées du sommeil et glaucome sont-ils associés ? (Am. J. Ophthalmol. 2003 ; 136(6) : 1093-6, O. Geyer et al.) www.sciencedirect.com drgo@netvision.net.il
Parmi les mécanismes impliqués dans l'apparition de certains glaucomes, le syndrome d'apnées du sommeil a souvent été incriminé. Pour préciser la prévalence des glaucomes à angle ouvert chez des malades atteints de ce syndrome, les auteurs ont analysé les cas de 228 personnes. A la recherche d'éléments de réponse, différents paramètres ont été étudiés : enregistrement somnographique d'une part, afin notamment de déterminer la sévérité des troubles respiratoires nocturnes, puis pression intra-oculaire (PIO), évaluation de l'excavation papillaire et champ visuel automatisé (Humphrey) d'autre part, à la recherche d'un glaucome à angle ouvert. Bien que la sévérité du syndrome d'apnées du sommeil ait été jugée moyenne ou sévère dans la très grande majorité des cas, aucune corrélation n'a été retrouvée avec la présence d'un glaucome. Avec une prévalence de 2% dans cette série, la glaucome semble indépendant des apnées du sommeil.

A propos des précipités cornéens de ciprofloxacine (Am. J. Ophthalmol. 2003 ; 136(6) : 1032-7, K.R. Wilhelmus et al.) www.sciencedirect.com kirkw@bcm.tmc.edu
La ciprofloxacine 0,3% en collyre ou pommade ophtalmique, est indiquée pour traiter les conjonctivites, blépharites, abcès et ulcères cornéens, dus à des germes sensibles (dont par exemple : Staphylococcus méticilline-sensible, Pseudomonas aeruginosa ou Propionibacterium acnes), tout en tenant compte des recommandations officielles concernant l'utilisation des antibactériens. Parmi les effets indésirables éventuels figurent les précipités blancs qui peuvent se former à la surface de la cornée. Parmi 624 patients traités pour une kératite bactérienne, les auteurs ont relevé 95 cas de ces précipités. Après analyse, il semble que ces dépôts apparaissent d'autant plus volontiers que les patients traités sont âgés. Ils ne paraissent pas perturber le traitement de l'infection mais pourraient cependant retarder la cicatrisation épithéliale en cas d'ulcère.