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Semaine du 15 au au 21 décembre 2003
Rétinopathie
diabétique : les exsudats maculaires sensibles au traitement des dyslipidémies
(Ophthalmology
2003 ; 110(11) : 2126-33, M. Cusick et al.) www.aao.org
Différents facteurs systémiques peuvent influencer l'évolution
de la rétinopathie diabétique. Parmi eux, les dyslipidémies
seraient associées aux exsudats maculaires, ce que semblent confirmer
les deux exemples suivants. Deux patients qui avaient développé
une maculopathie avec exsudats ont été traités dans le
but de normaliser leur lipidémie. Parallèlement à la normalisation
de la dyslipidémie, la régression des exsudats a été
spectaculaire. Un examen histologique et immuno-histo-chimique a pu être
effectué, à la recherche des deux principaux constituants des
lipoprotéines LDL. Il a révélé la présence
diffuse de lipides et d'esters de cholestérol dans la rétine,
ainsi que des apolipoprotéines de type B et des macrophages en périvasculaire.
Des éléments semblables à ceux que l'on observe dans des
lésions d'athérosclérose, à ceci près qu'ils
se situent dans l'espace péri-vasculaire intra-rétinien.
Nouveaux
sports : les yeux en danger (Br.
J. Ophthalmol. 2003 ; 87(11) : 1336-9, J.A. Capao Filipe et al.) http://bjo.bmjjournals.com
jacapaofilipe@netcabo.pt
A travers une série de 24 sportifs (25 yeux), constituée entre
1992 et 2002, cet article met en avant les risques oculaires que peuvent comporter
certaines activités sportives modernes. Tous ces sujets avaient consulté
en urgence pour des traumatismes oculaires subis par exemple au cours de jeux
de guerre ou d'aventure ou en pratiquant certaines formes de football. Les blessures
constatées étaient souvent sévères (c'est à
dire trois fois sur quatre), rendant compte de plus de 8% des cas de traumatismes
oculaires sportifs. Les trois causes les plus fréquentes étaient
le squash (près d'un tiers des cas), le paintball (un traumatisme sur
cinq) et le motocross. Deux adeptes de paintball ont conservé une acuité
visuelle finale inférieure à 20/100. Les auteurs recommandent
d'informer le public des risques, d'utiliser des moyens de protection adaptés
et de réaliser un examen ophtalmologique précis en cas de traumatisme.
Caractéristiques
des exotropies de l'enfant (Ophthalmology 2003 ; 110(11) : 2093-6,
BG Mohney et al) www.aao.org mahoney@mayo.edu
Chez les enfants, les strabismes convergents sont plus fréquents que
les strabismes divergents. Pour avoir une idée du type d'exotropies (Xt)
qui peut concerner cette population, les auteurs ont analysé tous les
cas d'Xt (supérieurs à 10 dioptries prismatiques) observés
entre 1995 et 2001 chez les moins de 19 ans au sein d'une même région.
Les dossiers de 235 patients sans antécédents chirurgicaux ont
ainsi été examinés. Par ordre de fréquence, ces
ésotropies ont été classées comme : intermittentes
(près de la moitié des cas), associées à des anomalies
congénitales ou acquises du système nerveux central (un enfant
sur cinq), insuffisance de convergence, déviation d'origine sensorielle,
paralytique ou congénitale et enfin néonatale régressive
après quatre mois de vie (les trois dernières étiologies
étant plutôt rares). Six cas n'ont pas pu être étiquetés.
Les auteurs soulignent la fréquence des Xt intermittents dans cette série.
Amblyopie
: comment évoluent l'acuité et la vision binoculaire sous occlusion
? (Ophthalmology 2003 ; 110(11) : 2088-92, SY Lee et al) www.aao.org
Ce travail rétrospectif a inclus 61 enfants dont l'amblyopie était
due à une anisométropie sans strabisme, une déviation de
faible amplitude (moins de 8 dioptries prismatiques) et/ou un strabisme intermittent.
Tous ont été traités par occlusion, sur une durée
moyenne de 9 mois, débutée vers l'âge de cinq ans. A l'issue
d'une année de suivi moyen, l'acuité visuelle (AV) et la vision
binoculaire (VB) s'étaient significativement améliorées
(soit p<0,0001 ). Plus de huit enfants sur dix avaient en effet progressé
d'au moins deux lignes en acuité et une relation linéaire a été
mise en évidence avec les performances observées lors des stéréo-tests
(type Titmus). Aucune différence n'a été notée quelque
soit la cause de l'amblyopie (anisométropie ou strabisme). Selon les
auteurs, et si l'on s'en tient aux étiologies considérées
ici, lorsque l'amblyopie régresse, la VB semble avoir de fortes chances
de s'améliorer.
Les effets
de surface du levobunolol et du timolol (Cornea 2003 ; 22(8) : 709-15,
T. Ishibashi et al.) www.corneajournal.com tishibas@ophth.kpu-m.ac.jp
L'instillation de collyres peut avoir des conséquences sur la surface
oculaire. Sachant cela, les auteurs ont comparé l'effet de deux bêta-bloquants
sur le film lacrymal et la barrière épithéliale cornéenne
: lévobunolol chlorhydrate à 0,50% et solution de timolol maléate
à 0,50%. Les 14 volontaires sains testés ont reçu deux
fois par jour et pendant un mois l'un des collyres dans un oeil et l'autre dans
l'oeil contro-latéral. L'analyse des éléments de la surface
oculaire a été effectuée avant et après le traitement,
par méniscométrie (mesure du ménisque de larmes), microscopie
spéculaire (pour le film lacrymal) et fluorophotométrie (comportement
de la cornée vis-à-vis de la fluorescéine). Si les deux
substances ne se sont pas différenciées par leur effet sur la
quantité de larmes (diminution) ou la barrière épithéliale
(pas de modification significative), le timolol a, dans cette série,
perturbé la stabilité du film lacrymal.
Phaco
: peut on se dispenser de l'examen post-opératoire à J1 ? (Br.
J. Ophthalmol. 2003 ; 87(11) : 1350-5, C.G. Tinley et al.) http://bjo.bmjjournals.com
cgtinley@doctor.com
Classiquement, un examen post-opératoire est effectué le lendemain
de l'extraction d'une cataracte. Compromet-on la sécurité des
patients en programmant le premier contrôle à quinze jours ? Pour
le savoir, 362 patients ont été répartis en deux groupes
(randomisation) : 174 ont été revus à J1 et 188 ont été
libérés le jour de la phaco, avec un rendez-vous à deux
semaines. Dans le premier groupe, 14 patients ont été traités
pour hypertonie précoce, deux pour une réaction de chambre antérieure,
deux pour un oedème cornéen, un pour déhiscence de la cicatrice
et 12 ont du être revus avant J15 pour diverses raisons. Dans le second
groupe, six patients ont consulté avant la date prévue et deux
cas de hernie de l'iris ont été notés. Aucune différence
significative n'a été constatée quant à l'acuité
visuelle post-opératoire et la qualité de vie à 4 mois.
Les complications graves survenues en l'absence de contrôle à J1
ont été jugées rares.
Quand
la chirurgicale tente de réduire un OMC sur OBVR (Br. J. Ophthalmol.
2003 ; 87(11) : 1329-32, M.T. Cahill et al.) http://bjo.bmjjournals.com
Dans certaines occlusions de branche veineuse rétiniennes (OBVR), on
évoque la responsabilité des croisements artério-veineux
pathologiques. L'ouverture chirurgicale de la gaine périvasculaire vise
dans ce cas à séparer la veine de l'artère et donc à
lever l'obstacle. Pour savoir si cette méthode peut être efficace
sur l'oedème maculaire cystoïde (OMC) consécutif à
l'occlusion veineuse, les auteurs ont analysé rétrospectivement
les cas de 27 patients ainsi opérés. Suite à l'intervention,
la moitié des OMC ont diminué, un tiers se sont complètement
résorbés et les autres ont persisté, inchangés.
Cependant, seuls les opérés dont l'oedème avait disparu
ont vu leur acuité visuelle s'améliorer de façon significative
en post-opératoire. Dans la majorité des cas, bien que l'OMC ait
partiellement régressé, la vision n'a pas progressé. Quant
aux complications, la rétine s'est décollée chez plus d'un
patient sur dix.
Prendre
la vitrectomie sur simulateur (Acta. Ophthalmol. Scand. 2003 ; 81(6)
: 600-4, J.B. Jonas et al.) www.blackwell-synergy.com
Les étapes de la chirurgie vitréo-rétininenne peuvent-elles
être enseignées par un système de simulation informatisé
? Pour tenter de le savoir, les auteurs ont enrôlé 14 étudiants
en médecine et en ophtalmologie qui n'avaient aucune expérience
de la micro-chirurgie. Répartis en deux groupes par randomisation, les
uns ont testé le programme sur simulateur de vitrectomie, et les autres
ont servi de témoins sans suivre cet entraînement. Puis, chaque
étudiant a dû réaliser trois interventions sur yeux de porc,
dont une ablation de corps étranger (CE) rétinien. Dans cette
série de petite taille, les opérateurs qui avaient travaillé
sur simulateur ont eu de meilleurs résultats (moins de décollements
de rétine et de lésions rétiniennes, diminution du temps
nécessaire pour extraire le CE...). Il n'a cependant pas été
possible de déterminer si ces différences étaient significatives.
On attend donc des études complémentaires.
Atrophie
optique autosomique récessive : localisation d'un gène sur
le chromosome 8q (European Journal of Human Genetics 2003 ; 11
(12) : 966-71, Fabienne Barbet et coll.) http://www.nature.com/cgi-taf/DynaPage.taf?file=/ejhg/journal/v11/n12/abs/5201070a.html
Dans la majorité des cas d'atrophie optique autosomique dominante, forme
la plus fréquente, des mutations du gène OPA1, situé sur
le chromosome 3, sont en cause. Une équipe française a identifié
un premier locus impliqué dans la forme autosomique récessive
isolée de la maladie. Cette localisation en 8q21-q22 exclut un allélisme
avec les atrophies optiques dominantes isolées d'une part et les formes
syndromiques connues de l'atrophie optique récessive d'autre part.
Neurorétinite
et maladie des griffes du chat : une étude japonaise (Acta Ophthalmol.
Scand. 2003 ; 81(6) : 653-7, T. Kodama et al.) www.blackwell-synergy.com
La "maladie des griffes du chat" est une cause de neurorétinite.
Le diagnostic clinique de cette "lymphoréticulose bénigne
d'inoculation" est évoqué devant une adénopathie locorégionale
sur la notion d'une griffure de chat, voire d'un autre animal. A ce moment,
la porte d'entrée est le plus souvent cicatrisée. Bartonella henselae
est considérée comme le principal agent étiologique de
la maladie et les puces semblent jouer un rôle important dans la transmission
entre chats (Bartonella henselae a été identifiée par PCR
chez 30 à 80% des puces). A partir de 15 cas de neurorétinites
(14 patients) survenues dans ce contexte chez des sujets japonais, les auteurs
décrivent les signes rencontrés dans cette série. Si la
plupart des patients ont développé une fièvre, un peu plus
de la moitié d'entre eux étaient porteurs d'une adénopathie,
la présentation clinique étant compatible avec celle que l'on
peut observer dans d'autres pays.
Topique
ou péribulbaire ? (Acta Ophthalmol. Scand. 2003 ; 81(6) : 596-9,
G. Sauder et al.) www.blackwell-synergy.com
Etude prospective et randomisée à l'appui, les auteurs encouragent
les chirurgiens de la cataracte à opter pour l'anesthésie locale
(AL) topique plutôt que pour la péri-bulbaire. Ce travail a inclus
140 opérés pour lesquels le mode d'AL a été choisi
par randomisation. L'évaluation a porté sur la douleur per-opératoire
(mesurée sur une échelle à dix graduations), la durée
de l'intervention, les difficultés chirurgicales, quelle qu'en soit la
nature, la pression artérielle, la saturation en oxygène et l'acuité
visuelle post-opératoire. Aucune différence significative n'a
été relevée entre les deux groupes. Selon ces données,
le confort, la sécurité et les résultats fonctionnels procurés
aux patients sont les mêmes avec ces deux modes d'anesthésie. De
ce fait, et considérant le caractère invasif de l'injection péri-bulbaire,
il semble logique de privilégier la topique.
Un nouveau
mécanisme de l'auto-immunité (Nature Medicine on-line
- 7 décembre 2003) http://www.nature.com/cgi-taf/DynaPage.taf?file=/nm/journal/vaop/ncurrent/abs/nm968.html
Les chercheurs montrent l'existence d'un nouveau mécanisme impliqué
dans l'auto-immunité des patients souffrant de vascularite due à
ANCA cytoplasmiques PR3, qui pourrait constituer un mécanisme général
de l'auto-immunité, et avoir de larges implications pour combattre ce
processus délétère. Les patients sont en effet porteurs
non seulement d'auto-anticorps mais aussi d'anticorps contre un peptide codé
par le brin d'ADN antisens de l'auto-antigène. Les auteurs proposent
une théorie de "la complémentarité de l'auto-antigène"
selon laquelle les peptides antisens ou complémentaires seraient les
initiateurs d'une cascade d'évènements conduisant à l'auto-immunité,
théorie supportée par des expérimentations réalisées
chez la souris. Le fait que la complémentarité de l'auto-antigène
joue un rôle dans l'immunité peut ouvrir de nouvelles approches
thérapeutiques plus intéressantes qu'une thérapie globale
immunosuppressive.