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Semaine du 8 au au 14 décembre 2003
Rappel
sur le syndrome de Horner (Curr.
Opin. Ophthalmol. 2003 ; 14(6) : 357-363, K.A. Walton et al.) www.co-ophthalmology.com
Le syndrome de Horner (ou ptosis sympathique) est une entité particulière
classée parmi les ptosis neurogènes. Il peut par exemple être
dû à des lésions vasculaires, tumorales, inflammatoires
ou encore traumatiques. Avec sa triade caractéristique (myosis, ptosis,
anhidrose de l'hémiface unilatéraux), il représente l'un
des éléments du syndrome de Claude Bernard Horner (ptosis, myosis,
énophtalmie). Il traduit une atteinte des fibres nerveuses sympathiques
à destination de l'oeil et des annexes. Celle-ci peut être centrale
(à un niveau variable entre l'hypothalamus et le centre médullaire
cilio-spinal), ou plus souvent périphérique (des ganglions nerveux
de la chaîne sympathique cervicale aux ganglions ciliaires). L'histoire
de la maladie, l'examen clinique et des tests pharmacologiques peuvent aider
à localiser la lésion et à en trouver l'étiologie.
Le pronostic vital peut être en jeu.
Culture
de cellules souches limbiques sur membrane amniotique (Surv.
Ophthalmol. 2003 ; 48(6) : 631-62, M. Grueterich et al.) www.sciencedirect.com
Le renouvellement permanent de l'épithélium cornéen est
assuré par la présence des cellules souches limbiques. Celles-ci
se trouvent au sein d'un environnement (matrice extra-cellulaire, molécules
de membrane cellulaire sur fond d'activité des cytokines) grâce
auquel elles disposent de conditions favorables. La destruction de ces cellules
ou des perturbations du milieu dans lequel elles évoluent, entraîne
une insuffisance limbique qui se caractérise par une prolifération
conjonctivale d'importance variable. Les auteurs détaillent une nouvelle
méthode de traitement, qui consiste à faire se développer
des cellules souches limbiques ex vivo à la surface d'un support constitué
de membrane amniotique. Revue de la littérature à l'appui, ils
décrivent les avantages de ce support. En médecine, les autres
exemples d'utilisation des cellules souches ne manquent pas.
Les syndromes
chiasmatiques : des signes d'appel au diagnostic (Curr. Opin. Ophthalmol.
2003 ; 14(6) : 325-331, R. Foroozan) www.co-ophthalmology.com
A travers une revue de la littérature la plus récente, l'auteur
fait le point sur le diagnostic et la prise en charge des syndromes chiasmatiques.
Le signe d'appel le plus précoce est l'atteinte de la fonction visuelle,
et notamment l'hémianopsie bitemporale. Certains de ces syndromes sont
dits "intrinsèques" et sont dus à une pathologie du
chiasma lui même. Les autres, dits "extrinsèques", résultent
de la compression du chiasma par une lésion de voisinage. Avec le temps,
cette dernière peut également comprimer d'autres structures anatomiques
telles que les nerfs optiques ou le sinus caverneux, et ainsi aggraver l'atteinte
visuelle, provoquer une paralysie oculomotrice ou être à l'origine
d'un hypopituitarisme. Le champ visuel reste un examen très utile au
diagnostic et l'IRM représente la meilleure exploration de neuro-imagerie
pour visualiser la lésion et en établir la nature.
Du nouveau
pour les tumeurs du segment antérieur (Surv. Ophthalmol. 2003
; 48(6) : 596-93, F.A. Marigo et al.) www.sciencedirect.com
Parmi les tumeurs du segment antérieur, on compte les mélanomes,
les métastases et les lésions bénignes. Si l'examen clinique
est très contributif, l'échographie est devenue incontournable
pour préciser l'extension locale de la maladie et l'état des structures
adjacentes. Les auteurs détaillent notamment l'intérêt de
l'UBM (BioMicroscopie Ultrasonore). Ils précisent que la place de l'angiographie
et du scanner est limitée et que la biopsie-aspiration à l'aiguille
est parfois utile. La conduite thérapeutique dépend de la nature
de la tumeur, de sa taille, de sa localisation, de son potentiel évolutif
et des éventuelles complications. Dans la plupart des cas, une surveillance
simple peut être entreprise avant de décider du traitement. On
peut aussi opter pour une exérèse ou une irradiation, sachant
que l'énucléation est réservée à certaines
situations (traitements conservateurs impossibles...).
Des mélanomes
qui disséminent à l'oeil et à l'orbite (Ophthalmology
2003 ; 110(11) : 2245-56, L. Zografos et al.) www.aao.org leonidas.zografos@ophtal.vd.ch
A partir de 14 cas de métastases intra-oculaires, (15 yeux) et 7 cas
de métastases orbitaires, traités en milieu spécialisé
entre 1986 et 2002, les auteurs décrivent les caractéristiques
des localisations secondaires oculaires des mélanomes malins. La majorité
des tumeurs primitives étaient cutanées, d'autres s'étaient
développées sur l'oeil controlatéral et certaines n'ont
jamais été identifiées. Environ trois localisations secondaires
intra-oculaires sur quatre étaient choroïdiennes. Une fois le diagnostic
posé, la durée moyenne de survie était plus courte pour
les lésions intra-oculaires que pour les lésions orbitaires, soit
respectivement près de 9 et 20 mois. En effet, il s'agissait le plus
souvent de malades proches du stade terminal. Parmi les traitements palliatifs
utilisés, la proton-thérapie et la radiothérapie externe
ont fait figure de meilleure option, tant pour contrôler la progression
des métastases que pour protéger la vision.
Ptérygion
: comment reposer la conjonctive ? (Cornea 2003 ; 22(8) : 721-5, R.
Avisar et al.) www.corneajournal.com lavisar@bezeqint.net
Les ptérygions opérés tendent à récidiver.
Les auteurs présentent les résultats d'une étude dans laquelle
ont été inclus 371 patients porteurs d'un ptérygion primitif
évolué. Toutes les interventions ont comporté une exérèse
de la lésion avec grattage de la sclère, suivie d'une application
locale de mitomycine C à 0,02% (cinq minutes). Dans le groupe A (n=189
patients) la conjonctive a été suturée à la sclère
à 2 mm du limbe. Dans le groupe B (n=146), elle a été fixée
au limbe et dans le groupe C (n=36), elle a simplement été reposée
sur la sclère. Au cours d'un suivi de plus de deux ans, les résultats
esthétiques, les récidives et les complications ont été
analysés. Selon les résultats de cette série, laisser la
sclère à nu paraît augmenter nettement le risque de complications
(dellen) et de récidive. Des deux méthodes de suture, la fixation
à 2 mm du limbe a donné de meilleurs résultats esthétiques.
Résultats
à long terme de l'implant phake ICL-Staar (Ophthalmology 2003
; 110(11) : 2153-61, B Lackner et al.) www.aao.org
Cette étude prospective non comparative a été menée
sur une série de 45 patients âgés de 21 à 60 ans.
Parmi les 75 yeux amétropes forts opérés, 65 étaient
myopes (équivalent sphérique (ES) pré-opératoire
moyen supérieur à -16) et 10 étaient hypermétropes
(ES moyen proche de +8). L'implant phake utilisé dans cette série
était l'ICL (Staar, collamer). La surveillance a porté sur l'acuité
visuelle sans et avec correction, la pression intra-oculaire, la transparence
du cristallin et la distance entre le cristallin et l'implant (lampe à
fentes). Ces paramètres ont été mesurés avant l'intervention,
puis 1, 3 et 6 mois plus tard, et enfin chaque année. La réfraction
post-opératoire moyenne était de -1,77 chez les myopes et de +0,44
chez les hypermétropes. A long terme, des opacités cristalliniennes
sous capsulaires antérieures se sont installées (délai
moyen supérieur à deux ans) chez un tiers des opérés.
Huit cataractes ont dû être extraites.
Tonométrie
contact : diminuer le risque de transmission des prions (Br. J. Ophthalmol.
2003 ; 87(11) : 1360-2, S.Z. Amin et al.) http://bjo.bmjjournals.com
Du fait des questions qui restent en suspens, comme celle de la prévalence
exacte du nouveau variant de la maladie de Creutzfeld Jacob, des inquiétudes
véhiculées et des risques potentiels de transmission des prions
par les examens oculaires contact, un ensemble de précautions a, depuis
quelques années, été mis en oeuvre. Pour en savoir plus,
la quantité totale de protéines recueillie par le sommet du cône
après une mesure de la tension oculaire à l'aplanation a été
mesurée au cours de cette étude. Les auteurs ont ainsi constaté
la variabilité inter-individuelle de la charge protéique du tonomètre,
ainsi que sa diminution après qu'il ait été rincé
à l'eau d'une part puis essuyé d'autre part. Si la probabilité
de contamination par des agents transmissibles non conventionnels par le cône
à aplanation est faible, les auteurs recommandent cependant de mettre
en place des protocoles qui limitent ce risque au maximum.
Recours
en justice après chirurgie réfractive : les facteurs de risque
(Ophthalmology 2003 ; 110(11) : 2137-46, R.L. Abott et al.) www.aao.org
En plus de leurs responsabilités médicales, les praticiens voient
peser sur leurs épaules la menace de poursuites judiciaires. Ce risque
est d'autant plus élevé qu'il s'agit de chirurgie esthétique
ou de "confort", ce à quoi s'apparente la chirurgie réfractive.
Suite à l'analyse des dossiers de 100 compagnies d'assurance, les auteurs
présentent les facteurs de risque de recours en justice après
Lasik et PhotoKératectomie Réfractive (PKR). Selon cette étude,
un chirurgien a d'autant plus de risques d'être traduit en justice qu'il
effectue de nombreuses interventions et qu'il a des antécédents
de plaintes ou de poursuites. Si l'activité opératoire dépasse
100 interventions par an, d'autres éléments semblent intervenir,
comme par exemple le temps passé en pré-opératoire avec
le patient ou une prise en charge partagée avec des optométristes.
Ces données pourraient permettre d'optimiser la gestion des opérés
et de limiter les recours en justice.
Phaco
: résultats et complications en fonction du type de cataracte (Br.
J. Ophthalmol. 2003 ; 87(11) : 1356-9, S.S. Ermiss et al.) http://bjo.bmjjournals.com
sametermis@yahoo.com
A partir d'une série prospective de 82 patients, les auteurs ont comparé
la prise en charge chirurgicale (anesthésie topique, incision cornéenne,
phaco et implant souple) des cataractes blanches (1er oeil) et d'autres types
de cataractes (2ème oeil, opacités sous-capsulaires postérieures
et/ou corticales et/ou nucléaires). Les examens de suivi ont été
effectués à J1, une semaine, un et trois mois. Pour les cataractes
blanches, le rhexis a été réalisé sous bleu trypan
en utilisant une grande quantité de visqueux. Aucune différence
significative n'a été notée entre les deux groupes quant
à l'acuité visuelle, l'épaisseur cornéenne centrale,
la pression intra-oculaire post-opératoires ou le taux de rupture capsulaire
per-opératoire. Pour les cataractes blanches en revanche, le temps opératoire
était plus long et la fréquence des opacités sous-capsulaires
postérieures et des oedèmes cornéens plus élevée.
Protocole
de traitement du glaucome : la 2ème édition de l'European
Glaucoma Society (Communiqué EGS - 9 décembre 2003) www.eugs.org
La Société européenne pour le traitement des glaucomes
vient de publier la 2ème édition de son protocole de traitement
du glaucome, qui définit le rôle de l'observance du patient ainsi
que la mesure de la qualité de vie dans les décisions et le résultat
thérapeutique. Ces nouvelles directives, dont la 1ère publication
remonte à 1998, englobent les dernières recherches et discussions
cliniques relatives au glaucome, ainsi qu'une mise à jour des découvertes
en matière de traitements et de techniques chirurgicales récentes.
L'EGS souligne que « la fonction visuelle est étroitement
liée à la qualité de vie, ainsi les effets secondaires
du traitement, son programme d'administration et son prix doivent tous être
pris en compte lors du choix du traitement ». Présentement,
la seule approche qui s'est révélée efficace dans la préservation
de la fonction visuelle, selon elle, est la réduction de la PIO. Les
directives établissent que si le traitement de 1er choix (les dérivés
de prostaglandine ont remplacé les bêtabloquants à ce titre)
n'est pas efficace en termes de mesure de PIO, « il est donc préférable
de changer le traitement initial plutôt que d'utiliser un 2ème
médicament ». L'objectif du traitement « n'a pas
besoin d'être une progression zéro, mais plutôt le ralentissement
de la vitesse de progression en ligne avec l'espérance de vie du patient »,
au vu des récentes découvertes cliniques.