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Semaine du 3 au 9 novembre 2003
Glaucomes
à angle fermé : comment traiter ? (Ophthalmology
2003 ; 110(10) : 1880-9, R. Ritch et al.) www.aaojournal.org
Afin d'optimiser la prise en charge des glaucomes aigus à angle fermé
et des fermetures primitives de l'angle, avec ou sans neuropathie optique glaucomateuse,
les auteurs se sont livrés à une revue très complète
de la littérature. A partir de différentes bases de données,
ils ont répertorié et étudié tous les essais cliniques
randomisés, les essais prospectifs et rétrospectifs contrôlés,
ainsi que les séries rétrospectives de plus de 50 cas. A l'issue
de ce travail, l'indication de l'iridotomie laser bilatérale chez les
sujets qui ont présenté un glaucome aigu se confirme. Lorsque
l'iridotomie est insuffisante ou quand il s'agit d'un glaucome primitif à
angle fermé, le latanoprost semble procurer un meilleur contrôle
pressionnel que le timolol. La littérature ne semble pas comporter de
données suffisantes pour évaluer précisément les
autres modalités thérapeutiques.
Pas de
conséquence oculaire pour le tamoxifène et le torémifène
(Acta
Ophthalmol. Scand. 2003 ; 81(5) : 495-9, M. Parkkari et al.) www.blackwell-synergy.com
Le tamoxifène et le torémifène sont utilisés pour
traiter des carcinomes mammaires. Le premier intervient en traitement adjuvant
(prévention des récidives) ou dans des formes évoluées.
Il est plus efficace si la tumeur contient des récepteurs à l'estradiol
et/ou à la progestérone. Le second est indiqué en première
intention pour le traitement hormonal du cancer métastatique du sein
hormono-sensible de la femme ménopausée (non recommandé
en l'absence de récepteurs tumoraux aux estrogènes). Non dénués
d'effets indésirables, ces médicaments présentent-ils un
danger pour les yeux ? Afin de le savoir, 60 femmes, sélectionnées
par randomisation pour recevoir l'un ou l'autre de ces traitements sur 36 mois,
ont été suivies pendant trois ans et demi. La surveillance a notamment
porté sur le cristallin, la macula et la cornée. Aucun effet indésirable
oculaire significatif n'a été relevé durant cette période.
Kératite
à Pseudomonas associée au port de lentilles de contact en hydrogel
de silicone (Eye
Contact Lens 2003 ; 29 (4) : 255-7, Kelvin Yoon Chiang Lee et coll.) http://www.claojournal.org/
La revue Eye & Contact Lens rapporte un cas clinique de kératite
microbienne à Pseudomonas aeruginosa, confirmé par la culture,
chez une femme de 23 ans après 26 jours de port ininterrompu de lentilles
de contact souples en hydrogel de silicone (lotrafilcon A). Elle présentait
un ulcère cornéen de l'oeil gauche. Lors de l'interrogatoire,
la patiente a dit avoir pratiqué de la plongée sous-marine et
du jet-ski avec ses lentilles. Les prélèvements d'ulcère
cornéen ont été positifs pour P. aeruginosa et le sujet
a reçu un traitement topique à base de cefazoline et gentamicine
pendant une semaine, puis de la ciprofloxacine durant deux semaines. La kératite
microbienne a ainsi régressé mais la patiente présentait
un déficit visuel secondaire à l'atteinte stromale. Les auteurs
demandent aux contactologues d'informer leurs patients du risque de complications
et de leur souligner l'importance de la bonne observance des règles de
port et des bilans de contrôle.
Peut-on
prédire l'évolution à moyen terme des fermetures primitives
de l'angle ? (Acta Ophthalmol. Scand. 2003 ; 81(5) : 480-5, R. Thomas
et al.) www.blackwell-synergy.com
L'angle irido-cornéen se modifie avec le temps, d'où l'importance
des gonioscopies répétées. Peut-on pour autant, devant
une fermeture primitive de l'angle, reconnaître les yeux qui évolueront
vers un authentique glaucome à angle fermé ? A la recherche d'une
réponse, les auteurs ont revu 28 personnes pour lesquelles le diagnostic
de fermeture primitive de l'angle avait été posé cinq ans
auparavant. Durant cette période, un peu moins d'un tiers des sujets
ont développé un glaucome (objectivé par l'examen de la
papille et du champ visuel automatisé). Lors du premier examen, une iridotomie
périphérique (IP laser) préventive avait été
recommandée à tous, que seuls neuf patients avaient acceptée.
Bien que les yeux traités par IP aient paru moins enclins à développer
une neuropathie optique, les auteurs n'ont pas pu identifier d'élément
prédictif quant au risque évolutif des fermetures primitives de
l'angle.
La membrane
amniotique au secours des herpès cornéens graves (Br.
J. Ophthalmol. 2003 ; 87(10) : 1215-9, A. Heiligenhaus et al.) http://bjo.bmjjournals.com
arnd.heiligenhaus@t-online.de
Certaines kératites herpétiques sont extrêmement sévères
et engagent le pronostic visuel. Les auteurs rapportent leur expérience
des greffes de membrane amniotique en présence d'ulcérations aiguës
et de poussées de kératites stromales nécrosantes. Ils
présentent les cas de sept patients traités par transplantation
de membrane amniotique, analysés rétrospectivement quant à
la cicatrisation des ulcères et la régression de l'inflammation
stromale. Alors que deux des sept opérés ont dû recevoir
une seconde greffe et que le suivi moyen a duré environ 11 mois, la réduction
de inflammation et la cicatrisation épithéliale ont été
obtenues respectivement et en moyenne, au bout de 16 et 17 jours. L'acuité
visuelle s'est améliorée dans six cas et aucun effet secondaire
n'a été observé. Bien que cette étude n'ait été
ni randomisée ni contrôlée, les greffes de membrane amniotique
semblent prometteuses dans ces indications.
Dépistage
du déficit visuel chez les personnes âgées (BMJ
327 : 1027, L. Smeeth et al. - 31 octobre 2003) http://bmj.bmjjournals.com/cgi/reprint/327/7422/1027
Cette étude randomisée britannique montre que l'inclusion, dans
un programme de dépistage systématique des personnes de 75 ans
et plus, d'une composante de détection du déficit visuel, ne conduit
pas à une amélioration de l'état visuel de cette population.
Elle a inclus 4 340 personnes âgées et a comparé un screening
systématique à un screening ciblé réalisé
seulement sur les participants présentant déjà plusieurs
autres problèmes de santé. 3 à 5 ans après le dépistage,
le risque relatif d'avoir une acuité visuelle inférieure à
6/18 pour un oeil était de 1,07 pour le screening systématique
par rapport au screening ciblé (p = 0,58). Le score moyen dans un questionnaire
évaluant la fonction visuelle était de 85,6 après screening
ciblé contre 86,0 après screening systématique (p = 0,69).
Peut-on
espérer réduire l'incidence des complications exsudatives de la
DMLA en traitant les drusen ? (Acta Ophthalmol. Scand. 2003 ; 81(5)
: 449-54, C.I. Frennesson) www.blackwell-synergy.com
L'idée de prévenir la néovascularisation, en photocoagulant
les drusen de la DMLA, ne date pas d'hier. Cependant, l'intérêt
de cette mesure n'a jamais été établie. L'auteur présente
ses propres résultats, obtenus à partir d'une étude pilote
prospective randomisée et contrôlée. Conscient de la petite
taille de son échantillon, il précise toutefois que ses conclusions
doivent être interprétées avec prudence. Parmi les 38 patients
inclus à la phase initiale de ce travail (début de maculopathie
avec drusen et conservation de l'acuité visuelle), les uns ont été
traités par photocoagulation douce et les autres ont été
surveillés. Après huit années de suivi, seuls ont pu être
analysés les cas de 29 patients (13 dans la groupe laser, 19 dans le
groupe contrôle). Si l'acuité visuelle avait significativement
chuté dans les deux groupes, le nombre de complications exsudatives était
significativement plus faible dans le groupe traité.
Du kétotifène
pour les conjonctivites saisonnières allergiques (Br. J. Ophthalmol.
2003 ; 87(10) : 1206-11, M. Kidd et al.) http://bjo.bmjjournals.com
Le kétotifène, antagoniste des récepteurs H1 à l'histamine,
est utilisé pour le traitement symptomatique de la conjonctivite allergique
saisonnière. Les études réalisées in vitro et in
vivo chez l'animal plaident aussi en faveur d'autres mécanismes d'action,
comme la stabilisation de la membrane mastocytaire et l'inhibition de l'infiltration,
de l'activation et de la dégranulation des éosinophiles. Au cours
d'une étude multicentrique randomisée réalisée en
double insu, 519 personnes ont reçu pendant un mois deux instillations
par jour de fumarate de kétotifène à 0,025%, ou de placebo,
ou de chlorhydrate de levocabastine 0,05% (antihistaminique H1 sélectif
puissant, d'action rapide et prolongée). L'effet de ces traitements a
été jugé en tenant compte de l'avis subjectif des patients
et de l'examen ophtalmologique objectif. Dans cette série, le kétotifène,
bien toléré, a fait figure d'option la plus efficace.
Troubles
oculaires et puces à protéine (Communiqué Zyomyx
- 4 novembre 2003)
Dans le cadre de ses recherches actuelles sur les troubles oculaires, en particulier
les maladies inflammatoires ou auto-immunes de l'oeil, le National Eye Institute
des NIH américains a décidé de retenir le système
de profilage protéique d'une société spécialisée
dans le développement et la commercialisation de puces à protéines.
Ces puces à cytokine humaine et murine offriraient une vue d'ensemble
de l'inflammation, « améliorant les approches protéomiques
d'élucidation des mécanismes à l'origine d'un certain nombre
de maladies ».
Les ravages
de l'ophtalmopathie basedowienne (Acta ophthalmol. Scand. 2003 ; 81(5)
: 437-48, P. Asman) www.blackwell-synergy.com
L'ophtalmopathie basedowienne est d'origine auto-immune. Elle peut avoir de
graves conséquences esthétiques et fonctionnelles, et retentir
sur la qualité de vie. Les lésions oculaires évoluent lors
de la phase inflammatoire, dont la durée habituelle varie de 6 mois à
deux ans (il n'est cependant pas rare qu'elle se prolonge pendant plusieurs
années). La sévérité de la maladie dépend
de l'atteinte du nerf optique, de la cornée, des muscles oculomoteurs,
de l'exophtalmie, des conséquences esthétiques et du ressenti
du patient. Le traitement est fonction de la gravité de l'ophtalmopathie
et du stade de la maladie. Les immunosuppresseurs peuvent être utilisés
en phase inflammatoire alors que la chirurgie reconstructrice est réalisée
"à froid". Si la vision est menacée, la chirurgie peut
aussi être indiquée "à chaud". Les traitements
disponibles comportent d'importants effets indésirables.
L'albumine
dans les suppléments lacrymaux (Br. J. Ophthalmol. 2003 ; 87(10)
: 1279-83, S Shimmura et al.) http://bjo.bmjjournals.com shimmura@tdc.ac.jp
Cette étude, dont une partie a été réalisée
chez l'animal et l'autre chez l'homme, présente l'albumine comme un complément
intéressant dans la prise en charge des anomalies de la surface oculaire
induites par les insuffisances lacrymales. Quarante lapins, qui avaient subi
des érosions cornéennes, ont été traités
par instillations locales d'albumine humaine à 5 ou 10% et l'évolution
des lésions a été comparée à celle de témoins
qui recevaient du sérum et du hyaluronate de sodium. En parallèle,
neuf patients ont reçu de l'albumine 5% topique pour une sécheresse
oculaire sévère due à un syndrome de Gougerot Sjögren.
Chez les lapins, les érosions cornéennes ont cicatrisé
significativement plus vite sous albumine 10%. Les tests à la fluorescéine
et au rose bengal se sont améliorés chez les malades traités,
ce qui n'a en revanche pas été le cas du BUT (Break Up Time) ni
des symptômes. Aucun effet indésirable n'a été observé.
Un modèle
animal de DMLA (Nature Medicine 9 : 1390-1397, J. Ambati et al. - novembre
2003) http://www.nature.com/cgi-taf/DynaPage.taf?file=/nm/journal/v9/n11/abs/nm950.html
Les auteurs ont mis au point un modèle animal de dégénérescence
maculaire liée à l'âge, consistant en souris déficientes
en Ccl-2 (= MDP-1 ou monocyte chemo-attractant protein-1), ou bien en son récepteur
Ccr2. Les animaux développent les caractéristiques principales
de la DMLA, incluant les dépôts de lipofuscine dans l'épithélium
pigmentaire de la rétine et sous forme de drusen. Ces modèles
impliquent un dysfonctionnement des macrophages dans la pathogenèse de
la DMLA. Sans constituer une réplique exacte de ce qui se passe chez
l'homme, précisent les auteurs, ces modèles sont attractifs pour
explorer les déterminants de la DMLA au niveau moléculaire et
constituent une plate-forme pour développer et valider de nouvelles stratégies
thérapeutiques.
Comment
définir les résultats en matière de rééducation
de l'amblyopie ? (Br. J. Ophthalmol. 2003 ; 87(10) : 1229-31, CE Stewart
et al.) http://bjo.bmjjournals.com cstewart@imperial.ac.uk
Pour interpréter les résultats d'un traitement et les comparer
à ceux d'autres méthodes, il faut disposer d'une définition
précise des critères de succès et d'échec. A ce
sujet les auteurs s'interrogent sur la manière d'évaluer la régression
d'une amblyopie lorsqu'une rééducation a été entreprise.
Ils remarquent que les progrès sont souvent présentés sous
la forme de lignes d'acuité visuelle gagnées ou d'un niveau d'acuité
atteint, ce dernier étant fixé arbitrairement. Partant du principe
que la qualité de la vision binoculaire (dans les cas où elle
peut s'installer) est d'autant meilleure que les performances visuelles des
deux yeux sont proches, ils proposent que la régression de l'amblyopie
unilatérale soit chiffrée en fonction de l'acuité de l'oeil
adelphe. Ils concluent sur l'existence de deux méthodes d'évaluation
des résultats, qui consistent pour l'une à comparer l'acuité
des deux yeux et pour l'autre à parler du pourcentage de déficit
compensé.
L'angiogenèse
locale : un facteur de risque de dissémination des rétinoblastomes
(Br. J. Ophthalmol. 2003 ; 87(10) : 1224-8, E.F. Marback et al.) http://bjo.bmjjournals.com
eduardomarback@hotmail.com
Pour évaluer le pronostic des rétinoblastomes en fonction de l'angiogenèse
locale, les auteurs ont mené une étude histologique rétrospective
à propos de 24 tumeurs de stade V selon la classification de Reese et
Ellsworth ("très défavorable" ; Va : tumeurs massives
intéressant plus de la moitié de la rétine, Vb : essaimage
vitréen). Tous les enfants ont été énucléés
et aucun signe macroscopique de dissémination extra-oculaire n'a été
décelé en per-opératoire. Chez cinq patients, la tumeur
a disséminé en moyenne 10 mois après l'intervention, alors
qu'aucun autre malade n'a développé de métastase à
l'issue d'un suivi moyen de quatre ans et demi. Aucune différence significative
n'a été constatée entre ces deux groupes quant au taux
d'envahissement du nerf optique ou de la choroïde. L'étendue de
la vascularisation tumorale, en revanche, était corrélée
au risque de dissémination extra-oculaire. Un facteur qui peut aider
à établir un pronostic après une énucléation.