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Semaine du 27 octobre au 2 novembre 2003
Deux
indications particulières pour la kératoplastie lamellaire (Cornea
2003 ; 22(7) : 612-8, B. Golchin et al.) www.corneajrnl.com
Les auteurs proposent une analyse rétrospective destinée à
préciser l'intérêt de la kératoplatie lamellaire
(KL) en cas de ptérygion récidivant (68 yeux, âge moyen
45 ans) ou de radionécrose sclérale (30 yeux, âge moyen
68 ans). Dans le premier groupe, les ptérygions ont récidivé
dans environ 6% des cas, et ce, en moyenne six mois après la KL. Aucune
nouvelle récidive n'est apparue après une seconde KL. La meilleure
acuité visuelle corrigée est restée stable ou s'est améliorée
chez la grande majorité des patients, pour diminuer dans trois cas. Le
suivi moyen a duré plus de deux ans. Dans le deuxième groupe,
la perte de substance a pu être compensée de façon satisfaisante
et l'acuité s'est maintenue ou améliorée dans tous les
cas. Le suivi moyen a duré plus de quatre ans. Aucune complication sérieuse
n'est signalée. La KL semble donc représenter une bonne alternative
pour traiter les ptérygions multirécidivants ou invasifs, et les
radionécroses sclérales.
Prévenir
les récurrences herpétiques sur greffon (Ophthalmology
2003 ; 110(10) : 1916-1919, J. Vn Rooij et al.) www.aaojournal.org
En présence d'antécédents d'herpès, la chirurgie
oculaire fait partie des situations dans lesquelles l'utilisation d'aciclovir
par voie orale est recommandée à visée préventive.
Cette étude multicentrique contrôlée randomisée,
réalisée en double insu versus placebo, avait pour but de vérifier
cet effet préventif chez 68 sujets (68 yeux). Tous avaient été
opérés de kératoplastie transfixiante (KPT) du fait d'opacités
cornéennes post-herpétiques. Pendant six mois, les patients ont
reçu soit de l'aciclovir per os (400 mg deux fois par jour) soit un placebo.
Cultures virales et PCR (Polymerase Chain Reaction) à l'appui, les récidives
herpétiques ont été répertoriées. A l'issue
d'un suivi de deux ans, trois récidives herpétiques prouvées
avaient été observées dans le groupe aciclovir contre neuf
dans le groupe placebo. Ces résultats semblent confirmer l'action préventive
de l'aciclovir vis-à-vis des récurrences herpétiques après
KPT.
Complications
microangiopathiques chez les jeunes adultes diabétiques de type 1 :
étude rétrospective de 19 ans (Diabet Metab. 2003
; 29(4-1) : 395-402, Bouhanick B.)
Cette étude rétrospective française porte sur 50 sujets
diabétiques de type 1 ayant une durée du diabète de 20
ans en moyenne, diagnostiqué à l'âge de 8 ans en moyenne
et révélé par une acidocétose dans 36 % des cas.
Une rétinopathie diabétique (RD) était observée
dans 50 % des cas, 15 plus ou moins 6 ans en moyenne après la survenue
du diabète. L'HbA1C moyenne était de 9.7 plus ou moins 1.5 % chez
les sujets ayant une RD proliférante, de 9.0 plus ou moins 1.5 % chez
les sujets ayant une RD non proliférante et de 8.1 plus ou moins 1.3
% chez les sujets sans RD (p = 0.02 entre RD proliférante vs absence
de RD, p > 0.05 entre RD non proliférante vs absence de RD). Une microalbuminurie
était diagnostiquée chez 26 % des sujets. L'HbA1C était
de 9.3 plus ou moins 2.1 % chez les patients microalbuminuriques vs 8.1 plus
ou moins 1.3 % en l'absence de microalbuminurique (p = 0.02).
Evolution
naturelle et prise en charge des méningiomes péri-optiques (Ophthalmology
2003 ; 110(10) : 2019-2030, P. Saced et al.) www.aaojournal.org
A partir d'une série rétrospective de 88 patients (âge moyen
40 ans, prédominance féminine), les auteurs décrivent les
caractéristiques des méningiomes péri-optiques. Ces tumeurs,
longtemps silencieuses, se manifestent typiquement par des troubles de la vue,
avec atrophie ou oedème papillaires. En imagerie, elles se traduisent
par une augmentation de volume localisée ou diffuse des méninges
péri-optiques ou par une masse arrondie. En présence de calcifications
(près d'un tiers des cas), la croissance tumorale paraît plus lente.
Les érosions de la paroi orbitaire témoignent d'une extension
locale. Les localisations orbitaires postérieures favorisent l'envahissement
intra-crânien (lui-même plus fréquent et plus évolutif
chez les sujets jeunes). Si le traitement doit être conservateur dans
la plupart des cas, la radiothérapie se justifie devant une détérioration
visuelle progressive. En matière de chirurgie, une exérèse
radicale évite les récidives.
Les effets
oculaires de la pollution (Acta Ophthalmol. Scand. 2003 ; 81(5) : 491-4,
R. Saxena et al.) www.blackwell-synergy.com
Cette étude avait pour but d'étudier les conséquences d'un
environnement pollué sur la surface oculaire. Les auteurs ont donc comparé
250 sujets sains qui se déplaçaient fréquemment dans les
zones polluées de Delhi, en Inde, à 250 autres volontaires en
bonne santé. Si l'acuité visuelle était comparable dans
les deux groupes, la fréquence des symptômes oculaires à
type de rougeurs ou d'irritations était deux fois plus élevée
dans le premier. D'autres différences significatives ont été
relevées : sécrétion lacrymale (Shirmer) plus faible et
BUT (Break Up Time) plus court dans le groupe étudié. Le test
au rose Bengal et l'activité lysosomiale des larmes étaient semblables,
quelle que soit la population considérée. Selon ces données,
les conditions environnementales semblent capables d'induire des anomalies infra-cliniques
de la surface oculaire chez les personnes qui circulent dans des régions
fortement polluées.
Déficit
visuel majeur et cécité chez les enfants au Royaume-Uni (The
Lancet 362 : 1359-1365, J.S. Rahi et N. Cable. on behalf of the British Childhood
Visual Impairment Study Group (BCVISG) - 25 octobre 2003) http://www.thelancet.com/journal/vol362/iss9393/abs/llan.362.9393.original_research.27547.1
Les enfants sont une priorité du programme VISION 2020, notamment dans
les pays en voie de développement, cependant de nombreux pays développés
ne disposent pas d'informations actualisées concernant la déficience
visuelle chez les enfants, à partir desquelles identifier les premiers
objectifs de prévention et de traitement. Les auteurs ont étudié
l'incidence et les causes de déficit visuel sévère et de
cécité chez les enfants aux Royaume-Uni en 2000, et montrent notamment
qu'ils sont plus fréquents, se produisent plus souvent dans un contexte
de déficits non-ophtalmiques, et sont associés à une mortalité
plus importante, qu'on ne l'estimait précédemment. Ils ont identifié
439 nouveaux cas de cécité ou de déficience visuelle majeure,
dont 77% présentant des pathologies ou des handicaps non-ophtalmiques
additionnels. L'incidence annuelle totale de déficience visuelle ou cécité
était plus élevée pour les enfants de moins d'un an, 4
pour 10 000, avec une incidence cumulée à l'âge de16 ans
de 5,9 pour 10 000. 10% des enfants mourraient dans un délai d'un an
après le diagnostic de cécité. Les causes étaient
prénatales chez 61% des enfants, et périnatales ou néonatales
ou infantiles dans 18% des cas. L'incidence et les causes variaient avec la
présence de pathologies et de handicaps non-ophtalmiques, le poids de
naissance, et l'origine ethnique. Au moins 75% des enfants avaient des déficits
auxquels on ne pouvait pas remédier actuellement par la prévention,
et qui n'étaient pas traitables.
Traitements
anticancéreux et effets cancérogènes (Ophthalmology
2003 ; 110(10) : 1996-1999, CC Yip et al.) www.aaojournal.org
A l'image des maladies auxquelles ils sont destinés, les traitements
des tumeurs malignes (radiothérapie, chimiothérapie) sont particulièrement
agressifs. En plus de la toxicité qu'ils exercent à court terme
sur l'organisme, ils peuvent aussi favoriser à plus long terme, le développement
de nouvelles tumeurs, iatrogènes. Le cas clinique suivant est là
pour nous le rappeler. Dix ans après avoir guéri d'un rhabdomyosarcome
orbitaire droit de type embryonnaire (association de radio-chimiothérapie),
un enfant de 11 ans s'est présenté avec un oedème de l'hémiface
controlatérale et une masse envahissant le sinus maxillaire et le plancher
de l'orbite, témoignant d'un ostéosarcome. Malgré une maxillectomie
voulue radicale, une chimiothérapie et une irradiation locale, la tumeur
a repris sa progression. En cas d'antécédents de radiothérapie
orbitaire, les auteurs recommandent donc une surveillance à vie.
Quand
le glaucome est très précoce (Ophthalmology 2003 ; 110(10)
: 1909-1915, A.K. Mandal et al.) www.aaojournal.org
Certains glaucomes congénitaux sont si précoces et si sévères
que les lésions oculaires commencent à s'installer dès
la vie intra-utérine. Afin de mieux connaître l'effet de la chirurgie
lorsque celle-ci est pratiquée au cours du premier mois de vie, les auteurs
ont étudié l'évolution de 25 enfants (47 yeux) après
trabéculo-trabéculectomie uni ou bilatérale. A l'issue
d'un suivi moyen de trois ans, la pression intra-oculaire moyenne était
de 14,5 mmHg (extrêmes de 8 à 28 mmHg), contre près de 30
mmHg en pré-opératoire. La chirurgie a permis à la cornée
de retrouver sa transparence dans les deux tiers des cas, plus de la moitié
des yeux sont restés myopes et les auteurs ne signalent aucune complication
sérieuse per ou post-opératoire. Deux accidents anesthésiques
ont eu une issue favorable grâce à la mise en oeuvre de mesures
de réanimation. Les résultats fonctionnels de cette série
ont été jugés satisfaisants.
La topique
pour les trabéculectomies (Acta Ophthalmol. Scand. 2003 ; 81(5)
: 486-90, L.E. Pablo et al.) www.blackwell-synergy.com
Si l'anesthésie topique est couramment utilisée pour opérer
la cataracte, il en est moins souvent question pour la chirurgie des glaucomes.
Afin d'en préciser l'intérêt dans cette dernière
indication, les auteurs ont sélectionné 100 personnes programmées
pour une trabéculectomie. Le mode d'anesthésie, péribulbaire
ou topique, a été choisi par randomisation. Le niveau de douleur,
évalué sur une échelle à cinq graduations, a été
relevé à 4 moments différents : lors de l'administration
de l'anesthésie, en cours d'intervention, en post-opératoire immédiat
puis 24 heures plus tard. Après analyse des résultats, il semble
qu'en l'absence de sédation complémentaire, l'efficacité
de la péribulbaire et celle de la topique soient équivalentes.
Cependant, l'anesthésie de contact est moins douloureuse et induit moins
de complications (chemosis prolongé ou hémorragie sous conjonctivale
notamment).
Des lésions
irréversibles sous vigabatrin (Acta Ophthalmol. Scand. 2003
; 81(5) : 466-73, L. Frisen et al.) www.blackwell-synergy.com
Le vigabatrin est réservé à certaines formes d'épilepsie
et induit fréquemment des anomalies du champ visuel (chez un tiers des
patients après quelques mois ou années de traitement). La profondeur
des déficits est variable, mais ils peuvent être sévères
et invalidants. A partir d'une analyse rétrospective menée chez
25 sujets traités (photos du fond d'oeil, champ visuel cinétique),
les auteurs décrivent une forme d'atrophie des fibres optiques et proposent
un modèle physiopathogénique. Dans plus de huit cas sur dix, une
atrophie diffuse et discrète de la couche des fibres rétiniennes
a été observée, dont l'intensité était corrélée
aux déficits campimétriques et à la dose cumulée
de vigabatrin ; des résultats qui illustrent le caractère
irréversible des effets toxiques du vigabatrin. Les photos de fond d'oeil
pourraient participer activement à la surveillance des patients traités.
La myopie,
cette inconnue (Acta ophthalmol. Scand. 2003 ; 81(5) : 431-6, E. Golschmidt)
www.blackwell-synergy.com
Les causes de la myopie font encore à l'heure actuelle l'objet d'études.
Amétropie d'origine multifactorielle, elle est influencée par
des facteurs génétiques et environnementaux. Le rôle de
la lecture a notamment été évoqué. Sur le plan épidémiologique,
la littérature indique que la myopie est rare avant l'âge scolaire
puis que sa prévalence augmente régulièrement en cours
de scolarisation pour culminer au moment des études universitaires. Aucune
des mesures qui ont pu être prises pour tenter de réduire l'apparition
des myopies chez l'enfant n'ont jusque là porté leurs fruits (pauses
au cours du travail, exercices oculomoteurs destinés à relaxer
l'accommodation...). Les auteurs n'excluent cependant pas l'effet bénéfique
potentiel d'autres mesures, telles que l'amélioration de l'éclairage
ou la pratique d'un sport (...). Souhaitant des recherches complémentaires,
ils soulignent néanmoins la difficulté de mettre en place des
protocoles appropriés.
Cataracte
: les corticoïdes inhalés en cause (Br. J. Ophthalmol.
2003 ; 87(10) : 1247-51, L. Smeeth et al.) http://bjo.bmjjournals.com liam.smeeth@lshtm.ac.uk
La corticothérapie par voie générale fait partie des facteurs
capables d'induire le développement d'une cataracte. Afin de déterminer
s'il en allait de même pour les traitements corticoïdes inhalés,
une étude de grande ampleur a été mise en place. Deux populations
de 15479 sujets (appariés en âge, sexe, mode de vie et durée
de suivi) ont été comparées quand à leur consommation
de corticoïdes, l'une étant constituée de personnes atteintes
de cataracte et l'autre de sujets indemnes. Selon l'analyse des résultats,
de fortes doses et une longue durée d'exposition aux corticoïdes
inhalés s'accompagnent d'un risque accru de cataracte. Les auteurs, qui
conseillent de ne prescrire que la posologie minimale efficace capable de contrôler
la maladie des voies aériennes, appellent à une meilleure diffusion
de ces informations. Des données qui devraient notamment intéresser
les généralistes, les ORL et les pneumologues.