Retour à la page d'accueil du site snof.org
Semaine du 20 au 26 octobre 2003
Sclérites
nécrosantes sur sutures non résorbables (J.
Cat. Refract. Surg. 2003 ; 29(9) : 1827-30, J. Stokes et al.) www.ncbi.nlm.gov
jst2121@aol.com
Certaines sclérites sont particulièrement graves et menacent le
pronostic visuel. Les auteurs rapportent deux cas d'atteinte nécrosante
post-opératoire de la sclère, qu'ils attribuent à la présence
de sutures non résorbables. La première observation concerne une
femme de 73 ans qui, huit mois après une phacoémulsification avec
porte d'entrée limbique et suture de type polyester (Mersilène),
a développé une sclérite nécrosante. La phtyse du
globe a aboutit à une énucléation et l'examen anatomopathologique
a mis en évidence une infiltration lymphocytaire des tissus, sans signe
d'infection. Dans le second cas, une femme de 78 ans, opérée de
cataracte (extraction extracapsulaire) trois ans auparavant et porteuse du même
type de sutures, a présenté une sclérokératite nécrosante.
Ni vascularite ni maladie auto-immune n'ont pu être détectées.
Selon les auteurs, aucun cas similaire n'avait jamais été publié.
Occlusion
artérielle rétinienne après anesthésie sous-ténonienne
(J.
Cat. Refract. Surg. 2003 ; 29(9) : 1821-4, R.N. Feibel et al.) www.ncbi.nlm.gov
L'anesthésie sous-ténonienne est dans l'ensemble simple à
mettre en oeuvre, efficace et peu invasive. Il arrive cependant qu'elle réserve
de mauvaises surprises, comme ce fut le cas pour les patients présentés
ici. Deux d'entre eux, qui devaient être opérés de cataracte,
ont développé une occlusion transitoire de l'artère centrale
de la rétine avant l'intervention, juste après l'injection de
l'anesthésique. Un troisième a présenté la même
anomalie mais cette fois avec baisse d'acuité visuelle persistante, après
correction chirurgicale d'un strabisme. Ces complications pourraient provenir
d'un effet mécanique exercé par une injection trop rapide, ou
d'une vasoconstriction locale avec réduction du flux sanguin oculaire.
Pour éviter leur survenue, les auteurs conseillent de ne pas insérer
la canule de sous ténonienne de façon trop postérieure,
de ne pas injecter en force et de n'administrer que le volume minimal efficace
de produit actif.
Actualités
en rétinopathie diabétique
(Communiqué Académie de médecine - 14 octobre
2003) http://www.academie-medecine.fr/upload/base/communications_499_fichier_lie.rtf
La dernière séance de l'Académie nationale de médecine
avait pour thème « Le diabète sucré à
l'aube du troisième millénaire ». A l'ordre du jour,
figuraient notamment les actualités de la rétinopathie diabétique,
en particulier la nouvelle indication de la chirurgie vitréorétinienne :
l'oedème maculaire, grâce à l'émergence de l'OCT
(Optical Coherence Tomography). Les résultats de cette technique sont
« remarquables ». Un réel progrès, d'autant
que l'oedème maculaire est la première cause de malvoyance dans
la rétinopathie diabétique, elle-même cinquième cause
de cécité dans les pays industrialisés. Le défaut
de dépistage et l'inadéquation entre les pratiques médicales
et les recommandations cliniques ont également été soulignées.
Stabilité
de l'implant phake Artisan torique (J. Cat. Refract. Surg. 2003 ; 29(9)
: 1761-6, M Tehrani et al.) www.ncbi.nlm.gov tehrani@augen.klinic.uni-mainz.de
Le positionnement d'un implant phake torique doit être à la fois
précis et stable, afin d'assurer une correction de qualité et
durable de l'astigmatisme (selon l'axe voulu). Vingt neuf astigmates forts amétropes
ont été inclus dans cette étude prospective pour recevoir
un implant Artisan torique. L'incision cornéo-sclérale a été
effectuée à midi et aucun incident per-opératoire n'a été
noté. Six mois après l'intervention, neuf opérés
sur dix se situaient à plus ou moins 1 dioptrie de l'emmétropie
et l'acuité visuelle sans correction était au moins égale
à 20/30 dans plus de huit cas sur dix. En l'absence de suture, l'astigmatisme
final était modéré à faible (0,56 D. à 31°
en moyenne, avec une tendance à l'aplatissement du méridien vertical)
et aucune rotation significative de l'implant n'a été constatée.
Les auteurs rappellent que le risque d'astigmatisme induit doit être envisagé
et prévenu au moment du bilan pré-opératoire.
Concentration
intracamérulaire des fluoroquinolones : une comparaison (J.
Cat. Refract. Surg. 2003 ; 29(9) : 1771-5, M. Yamada et al.) www.ncbi.nlm.gov
yamadam@sc.itc.keio.ac.jp
Cette étude a été menée chez 59 patients opérés
de cataracte, tous ayant reçu en pré-opératoire une goutte
des trois collyres suivants : levofloxacine 0,5%, norfloxacine 0,3%, lomefloxacine
0,3%. Un intervalle de 15 minutes séparait les instillations les unes
des autres, la première ayant été effectuée une
heure et demi avant le début de la chirurgie. Les échantillons
d'humeur aqueuse prélevés en début d'intervention ont ensuite
été analysés (cinq patients ont dû être exclus
de l'étude du fait d'un volume de ponction insuffisant). La norfloxacine
a été retrouvée dans trois prélèvements (à
la concentration moyenne de 0,10 µg/ml), la levofloxacine a été
identifiée dans tous les cas (0,60 µg/ml en moyenne) et la lomefloxacine
(0,23 µg/ml en moyenne) était indétectable dans dix échantillons.
La levofloxacine topique semble donc disposer d'une meilleure diffusion en chambre
antérieure que la lomefloxacine et la norfloxacine.
Le traitement
de l'anémie chez les insuffisants rénaux diabétiques par
l'erythropoïétine (EPO) pourrait améliorer la rétinopathie
diabétique (Kidney Int. 2003 ; 64- 87 : 57-63, Friedman
E.A.)
Cinq sujets ont été sélectionnés parmi une étude
de patients ayant une insuffisance rénale terminale d'origine diabétique
et traités par EPO, afin d'évaluer leur qualité de vie
et l'évolution de leur rétinopathie sous EPO. Tous ont rapporté
une amélioration subjective de leur qualité de vie avec meilleure
capacité pulmonaire à l'effort, secondaire à l'augmentation
de leur taux d'hématocrite (de 29.6 plus ou moins 2 % à 39.5 plus
ou moins 2.4 % après 1 an de traitement, p < 0.0005). Aucune HTA ou
détérioration de la fonction rénale n'a été
notée sous traitement. Trois sujets ayant un oedème maculaire
ont vu une nette amélioration de leur atteinte rétinienne, confirmée
par angiographie.
Le devenir
de la bupivacaïne topique (J. Cat. Refract. Surg. 2003 ; 29(9)
: 1767-70, R. Lagnado et al.) www.ncbi.nlm.gov
Le but de ce travail prospectif randomisé était de tendre vers
un protocole d'anesthésie topique plus standardisé pour les phacoémulsifications.
Dix huit yeux ont reçu trois gouttes de bupivacaïne 0,75% à
dix minutes d'intervalle (au cours de la demi heure qui a précédé
l'intervention) alors que 22 autres yeux en ont reçu six, régulièrement
instillées durant la dernière heure préopératoire.
Des échantillons d'humeur aqueuse ont été recueillis au
début de chaque intervention, dans lesquels la quantité de produit
anesthésique a été mesurée. A efficacité
égale, aucune différence significative n'a été constatée
entre les deux groupes, mais la concentration de bupivacaïne s'élevait
avec l'âge. La douleur per-opératoire a été évaluée
sur une échelle visuelle analogique, sans qu'aucune association nette
n'apparaisse entre la douleur d'une part et l'âge, le sexe ou la concentration
intraoculaire de bupivacaïne d'autre part.
Lasik
: le nettoyage des instruments en questions (J. Cat. Refract. Surg.
2003 ; 29(9) : 1727-32, H.P. Sandoval et al.) www.ncbi.nlm.gov
La présence de résidus de produits nettoyants sur les instruments
chirurgicaux peut être à l'origine de réactions inflammatoires.
Leur responsabilité a notamment été évoquée
au sujet des kératites lamellaires diffuses après Lasik. Dans
l'idée de savoir si les protocoles de nettoyage standard exposent les
opérés à un risque particulier, les auteurs ont mesuré
la concentration de cinq produits nettoyants différents sur les instruments
de Lasik et dans l'eau de rinçage, lorsque ce dernier était effectué
à la température de 25°C. Des résidus ont ainsi été
mis en évidence pour chacune des substances testées. L'augmentation
de la température de rinçage à 40°C a, quant à
elle, permis de diminuer significativement la quantité des résidus.
Du fait des effets indésirables potentiels et de leur gravité,
les auteurs recommandent l'emploi de protocoles efficaces qui ne laissent persister
aucun résidu détectable de produit nettoyant.
Effet
délétère de la colchicine sur les blessures cornéennes
(Rheumatology 2003 ; 42 : 1021-1022, Leibovitch I. et al.)
Cette observation est faite à propos d'un homme de 50 ans, traité
par colchicine pour une crise de goutte, et ayant subi une chirurgie de la cataracte
par implant. Une érosion cornéenne se développe puis se
complique d'une fonte de l'oeil. Les auteurs retrouvent quatre observations
similaires (dont une qui voit l'ulcération cornéenne guérir
après l'arrêt de la colchicine). Ces données, bien que fragmentaires,
suggère que la colchicine puisse inhiber la cicatrisation cornéenne
et fait discuter son arrêt avant ce type de chirurgie.
Bleu trypan
et cataractes de l'enfant (J. Cat. Refract. Surg. 2003 ; 29(9) : 1733-7,
J.S. Saini et al.) www.ncbi.nlm.gov jssainichd@yahoo.com
En ophtalmopédiatrie, la chirurgie de la cataracte comporte certaines
particularités et difficultés spécifiques. Parmi elles,
figurent la consistance élastique de la capsule du cristallin et la nécessité
de réaliser un capsulorhexis postérieur chez les jeunes enfants.
Afin d'évaluer l'intérêt du bleu trypan 0,1% pour faciliter
la réalisation des capsulorhexis antérieur et postérieur,
42 enfants ont été inclus dans cette étude prospective
randomisée. Les patients du premier groupe (19 cas) ont été
opérés sans adjonction de colorant, alors que ceux du second groupe
ont bénéficié d'une injection intracamérulaire de
bleu trypan (destinée à révéler les capsules). Un
capsulorhexis antérieur puis postérieur de bonne qualité
a pu être obtenu respectivement dans environ 74% et 53% des cas dans le
groupe 1, mais 91% et 83% des cas dans le groupe 2. Des chiffres qui plaideraient
en faveur du bleu trypan dans cette indication.
Le point
sur la néoplasie épidermoïde (Cornea 2003 ; 22(7)
: 687-704, S. Basti et al.) www.corneajrnl.com
Du fait d'avancées récentes, les auteurs proposent une revue de
la littérature concernant le diagnostic et la prise en charge de la néoplasie
épidermoïde. Cette entité clinique se développe plus
volontiers chez les personnes âgées et représente, en fréquence,
la troisième tumeur oculo-orbitaire de cette classe d'âge, après
les mélanomes et les lymphomes. Parmi les autres facteurs de risque,
on compte le sexe masculin, l'exposition aux ultraviolets, le tabagisme et les
papillomes à virus HPV (type 16). Les nouvelles techniques non invasives
de cytologie permettent de poser le diagnostic et de surveiller les patients
traités. Si la chirurgie et la cryothérapie sont les méthodes
les plus anciennes, on dispose maintenant d'autres alternatives thérapeutiques
telles que la mitomycine C, le 5 Fluorouracile, ou plus récemment l'interféron
alpha 2b en application topique, qui semble prometteur dans certains cas.
Cataracte
héréditaire : une nouvelle mutation à l'origine de
la mort cellulaire (European Journal of Human Genetics 2003 ;
11 (10) : 784-793, D. S. Mackay et coll.) http://www.nature.com/cgi-taf/DynaPage.taf?file=/ejhg/journal/v11/n10/abs/5201046a.html
Des chercheurs américains ont identifié une nouvelle mutation
non-sens située sur le gène CRYAA. Ce dernier code pour la protéine
chaperon alpha-A crystalline abondamment exprimée dans la lentille oculaire.
Cette mutation conduit à la substitution d'une cystéine par une
arginine. Contrairement à son équivalent sauvage, la protéine
mutée R49C est localisée de manière anormale dans le noyau
où elle n'assure plus son rôle protecteur contre l'apoptose induite
par la staurosporine. Cette étude a identifié la première
mutation dominante du gène CRYAA associée à la cataracte,
localisée en dehors du domaine alpha-crystalline phylogénétiquement
très conservé des protéines chaperons.
Comment
reconnaître une argyrose cornéenne ? (Cornea 2003 ; 22(7)
: 604-11, V. Sanchez-Huerta et al. www.corneajrnl.com
L'absorption prolongée de sels d'argent par la peau ou les muqueuses
est à l'origine de l'argyrose. Les dépôts d'argent intéressent
l'ensemble des organes et certains professionnels (bijoutiers...) sont particulièrement
exposés. Six artistes habitués à manipuler de l'argent
et atteints d'argyrose cornéenne, ont été examinés
sur le plan général et ophtalmologique. La biomicroscopie a permis
de déceler des opacités grisâtres diffuses du stroma profond,
la microscopie confocale (quatre cas) a mis notamment en évidence des
dépôts granuleux hautement réfléchissants en avant
de l'endothélium cornéen, lieu où la microscopie spéculaire
(trois cas) a montré des corpuscules blanchâtres et arrondis. Aucun
dépôt d'argent n'a en revanche été observé
histologiquement. Les microscopies confocale et spéculaire semblent donc
particulièrement intéressantes pour poser le diagnostic d'argyrose
cornéenne.
La flore
conjonctivale avant chirurgie de la cataracte (Ophthalmology 2003 ;
110(10) : 1946-51, C.N. Ta et al.) www.aaojournal.org
On sait que la plupart des endophtalmies post-opératoires proviennent
de la flore conjonctivale de l'opéré lui-même. Dans ce contexte,
il n'est pas inintéressant de connaître la sensibilité des
germes conjonctivaux, vis-à-vis des antibiotiques habituellement utilisés
pour traiter les endophtamies. Au cours de ce travail prospectif, les auteurs
ont donc effectué des prélèvements sur la conjonctive de
156 yeux, juste avant une extraction du cristallin, et bien sûr avant
toute application de povidone iodé ou d'antibiotiques locaux. Seuls les
résultats de 120 yeux ont pu être analysés, mais dans la
grande majorité des cas, les cultures ont révélé
la présence de staphylocoques coagulase négatifs. Neuf fois sur
dix ces bactéries se sont révélées sensibles au
céfotaxime, à la levofloxacine, à l'imipénème,
au méropénème, à la vancomycine et aux aminosides
(exceptée la néomycine).
Cartographie
d'homozygotie du syndrome de Marinesco-Sjögren (European Journal
of Human Genetics 2003 ; 11 (10) : 770-778, C. Lagier-Tourenne et
coll.) http://www.nature.com/cgi-taf/DynaPage.taf?file=/ejhg/journal/v11/n10/abs/5201068a.html
Le syndrome de Marinesco-Sjögren (MSS), transmis sur un mode autosomique
récessif, associe un retard psycho-moteur, une cataracte congénitale
et une ataxie cérébelleuse. Grâce à la méthode
de la cartographie d'homozygotie utilisée dans deux grandes familles
consanguines turques et norvégiennes, une équipe de chercheurs
français a pu mettre en évidence un locus impliqué sur
le chromosome 5q31.