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Semaine du 13 au 19 octobre 2003
Epidémiologie
et troubles de la réfraction (Surv.
Ophthalmol. 2003 ; 48(5) : 555-61, R.A. Weale) www.ncbi.nlm.nih.gov
De la vie intra-utérine à l'âge de la presbytie, un grand
nombre de facteurs oculaires ou extra-oculaires peuvent interférer avec
le développement de troubles de la réfraction. Cet article évoque
donc les antécédents familiaux, les désordres d'origine
génétique, la prématurité et les moyens de prévention
des myopies précoces. Les nourrissons et le petit enfant d'une part,
puis l'enfant d'âge scolaire et les adolescents d'autre part, sont analysés
de façon distincte, pour tenir compte de l'influence du travail en vision
rapprochée. L'auteur s'interroge sur l'influence du sexe et de l'appartenance
géographique, chez les sujets jeunes comme chez les personnes plus âgées.
Il attire l'attention sur la constatation récente de l'augmentation des
anisométropies chez les presbytes et discute l'effet des pathologies
oculaires sur la réfraction. Il envisage la presbytie sous les angles
géographiques et physiologiques (insuffisance d'accommodation).
Les maladies
génétiques en ophtalmologie (Curr.
Opin. Ophthalmol. 2003 ; 14(5) : 296-303, T.L. Young) www.co-ophthalmology.com
A l'heure actuelle, bien des maladies oculaires d'origine génétique
restent inaccessibles aux traitements. Cet état de fait peut être
attribué à nos connaissances encore imparfaites sur le plan pathogénique,
ainsi qu'à la nécessité de travailler à partir de
modèles animaux validés et de réaliser des essais cliniques
thérapeutiques de qualité. Pourtant, ces pathologies sont préoccupantes
puisqu'elles représentent une cause non négligeable de cécité,
chez les adultes comme chez les enfants. L'auteur passe en revue ce sujet, traitant
notamment de l'anophtalmie, de l'aniridie, de l'albinisme, des dysgénésies
du segment antérieur, du syndrome de Marfan, de l'ectopie cristallinienne,
de la neurofibromatose, des hémangioblastomes rétiniens et des
vitréo-rétinopathies exsudatives familiales.
Les traitements
du rétinoblastome (Curr. Opin. Ophthalmol. 2003 ; 14(5) : 291-5,
W.F. Deegan) www.co-ophthalmology.com
Au cours des dix dernières années, la prise en charge des rétinoblastomes
a nettement évolué. Elle représente ainsi un domaine évolutif
de l'oncologie oculaire. Les progrès réalisés ont notamment
permis d'éviter les complications graves que l'ont devait autrefois à
l'irradiation par voie externe. Les nouveaux protocoles de chimiothérapie
participent aux avancées thérapeutiques et permettent maintenant
de guérir bien des tumeurs. L'auteur fait le point sur la chimiothérapie
et le traitement laser pour ce qui est des rétinoblastomes intra-oculaires
(accessibles au traitement). Il évalue la chimio-réduction et
la thermochimiothérapie et souligne que des inconnues persistent, notamment
quant à l'évolution à long terme des patients traités
au cours de l'enfance. Il précise également que l'existence d'un
certain pourcentage d'échecs thérapeutiques justifie la poursuite
des travaux de recherche.
Fractures
de l'orbite : les indications évoluent (Curr. Opin. Ophthalmol.
2003 ; 14(5) : 236-40, M.A. Burstine) www.co-ophthalmology.com
Les fractures de l'orbite représentent une conséquence fréquente
des traumatismes faciaux. L'auteur en détaille l'évolution des
indications thérapeutiques. Devant une lésion du plancher orbitaire,
le traitement chirurgical doit être effectué en urgence en cas
de fracture "blowout", de réflexe oculocardiaque persistant,
d'énophtalmie ou d'hypo-déviation du globe. La chirurgie est recommandée
dans un délai de 15 jours en cas de diplopie symptomatique associée
notamment à une incarcération des tissus mous dans le foyer de
fracture (documenté par le scanner), qui peut être responsable
d'une énophtalmie et d'une hypotropie latentes. Les fractures latérales,
supra-orbitaires, de la région médiane de la face, de la paroi
interne de l'orbite et naso-ethmoïdiennes, doivent aussi être prises
en charge dans les deux semaines. Ophtalmologistes, ORL, chirurgiens maxillo-faciaux,
plasticiens (...) sont concernés.
Analyse
prospective de la diplopie après lobectomie temporale antérieure
pour sclérose mésiale du lobe temporal (J. Neurosurg.
2003 ; 99(3) : 496-499, Cohen-Gadol A.A.)
Il s'agit d'une étude prospective ayant pour objet d'étudier l'incidence
et l'histoire naturelle de la diplopie post-opératoire survenant chez
les patients opérés d'une lobectomie temporale antérieure
(LTA) et d'amygdalohippocampectomie pour épilepsie rebelle mésiale
du lobe temporal. 47 patients ont été examinés avant l'intervention,
2 à 7 jours après l'opération et 3 à 6 mois plus
tard. Un examen ophtalmologique complet a été réalisé
systématiquement avec mesure des pupilles, mesure d'acuité visuelle,
mesure de la fente palpébrale, amplitudes de fusion verticale, test au
Lancaster, étude du champ visuel. Les niveaux des médicaments
anti-épileptiques ont été monitorés. 9 patients
sur 47 (19%) ont eu une diplopie. Il s'agissait dans tous les cas d'une atteinte
du nerf trochléaire. L'atteinte oculomotrice a récupéré
totalement chez tous les patients en 3 à 6 mois. Cette éventualité
est fréquente et le patient doit en en être prévenu en pré-opératoire.
Le traitement
médical des dystonies faciales et des rides (Curr. Opin. Ophthalmol.
2003 ; 14(5) : 241-5, A.R. Harison) www.co-ophthalmology.com
Les applications thérapeutiques de la toxine botulique sont relativement
nombreuses. Elle peut en effet être utilisée dans différentes
spécialités telles que l'ophtalmologie, la neurologie, l'otorhinolaryngologie
ou l'esthétique. Employée à bon escient elle dispose d'une
efficacité et d'une tolérance satisfaisantes. Elle peut par exemple
trouver des indications dans les spasmes faciaux, les blépharospasmes
essentiels, certains strabismes, ou plus récemment, le traitement des
rides, notamment de la moitié supérieure du visage. C'est ainsi
que, depuis son introduction dans l'arsenal thérapeutique, la toxine
botulique a progressivement transformé la prise en charge d'un large
éventail de pathologies. A noter que de nouveaux agents (doxorubicine...)
sont en cours de développement, dans le but d'augmenter la durée
d'action de la chimiodénervation chez les patients qui souffrent de dystonies
faciales.
Les nystagmus
précoces (Curr. Opin. Ophthalmol. 2003 ; 14(5) : 276-85, M.
Maybodi et al.) www.co-ophthalmology.com
Parmi les nystagmus précoces, on distingue schématiquement les
nystagmus congénitaux, dont les étiologies sont multiples (causes
sensorielles type albinisme et malformations par exemple, causes neurologiques
telles les hydrocéphalies ou les hypoplasies du corps calleux entre autres,
les formes familiales ou enfin idiopathiques) et les nystagmus acquis, comme
le spasmus nutans (qui apparaît entre 4 et 12 mois et associe mouvements
de la tête avec attitude vicieuse inconstante et nystagmus oculaire).
Se fondant sur de récentes études, l'auteur propose une mise à
jour du sujet. Il précise notamment que l'insertion des muscles oculomoteurs
présente des anomalies significatives chez les enfants nystagmiques et
que la composante torsionnelle est en général d'origine centrale.
Il fait part de constatations d'ordre psychosocial, socioéconomique et
démographique, du rôle de la modulation sympathomimétique
et discute la chirurgie.
Modifications
cilio-choroïdienne après iridotomie laser (Am. J. Ophthalmol.
2003 ; 136(3) : 537-8, H. Sakai et al.) www.ncbi.nlm.nih.gov hi-hiro@mtf.biglobe.ne.jp
Les nouvelles méthodes d'imagerie permettent avant tout d'améliorer
les performances diagnostiques de la médecine. Elles conduisent néanmoins
aussi à découvrir des lésions asymptomatiques qui, sans
cette intervention, auraient été méconnues. Ceci peut parfois
inquiéter inutilement et donc multiplier les investigations. Voici un
exemple de lésions infracliniques dépistée par UBM. L'étude
a porté sur 38 yeux (23 patients) porteurs d'un glaucome primitif à
angle fermé et traités par iridotomie laser préventive
(argon seul ou argon + Yag). Il s'agissait pour les auteurs de rechercher une
effusion cilio-choroïdienne post-laser. Un examen par bio-microscopie ultrasonore
a donc été réalisé avant puis 2 et 24 heures après
l'iridotomie, mettant en évidence la fréquence des effusions cilio-choroïdiennes,
surtout après Argon seul. Toutes ces réactions asymptomatiques
ont régressé dans les sept jours.
Une étude
expérimentale à propos des fluoroquinolones (Am. J. Ophthalmol.
2003 ; 136(3) : 500-5, R.P. Kowalski et al.) www.ncbi.nlm.nih.gov kowalskirp@msx.upmc.edu
Selon ce travail réalisé in vitro, les fluoroquinolones de quatrième
génération (gatifloxacine et moxifloxacine) pourraient apporter
des améliorations au traitement des kératites bactériennes,
si on les compare aux antibiotiques de la même famille, mais de générations
antérieures (ciprofloxacine et ofloxacine de deuxième génération
et levofloxacine de troisième génération). Ces conclusions
proviennent de l'analyse et de la comparaison rétrospectives de la sensibilité
de 177 isolats bactériens recueillis sur des kératites, vis à
vis de ces différentes molécules, (avec détermination de
la concentration minimale inhibitrice). Les auteurs détaillent leurs
observations, en fonction de la fluoroquinolone utilisée et des souches
microbiennes considérées. Ils précisent que des études
cliniques complémentaires sont indispensables pour tenter de vérifier
ces premières données.
Valve
d'Ahmed ou trabéculectomie ? (Am. J. Ophthalmol. 2003 ; 136(3)
: 464-70, M.R. Wilson et al.) www.ncbi.nlm.nih.gov mrw@creighton.edu
Cet essai clinique contrôlé a inclus 123 patients (Sri Lanka) randomisés
pour recevoir en première intention une valve d'Ahmed (64 sujets) ou
une trabéculectomie (59 opérés). L'intervention était
motivée par l'existence d'un glaucome primitif à angle ouvert
ou fermé, en l'absence de tout antécédent de chirurgie
intra-oculaire. Le suivi moyen ayant duré plus de deux ans et demi, les
critères de succès retenus associaient une pression intra-oculaire
(PIO) inférieure à 21 mmHg à une réduction de sa
valeur pré-opératoire d'au moins 15%. Au cours de la première
année, la PIO moyenne était plus faible après trabéculectomie,
puis le taux de succès est devenu voisin dans les deux groupes (près
de 70 % des cas au final). Aucune différence n'a été relevée
quant à l'acuité visuelle post-opératoire, au champ visuel,
à la profondeur de chambre antérieure, aux complications ou aux
traitements médicaux complémentaires.
Implant
Artisan torique (Am. J. Ophthalmol. 2003 ; 136(3) : 442-7, J.L. Guell
et al.) www.ncbi.nlm.nih.gov guell@imo.es
Certains astigmatismes peuvent bénéficier d'une correction chirurgicale.
Cette étude prospective a été mise en place pour évaluer
les effets de l'implant phake torique de chambre antérieure Artisan,
quant l'astigmatisme dépasse deux dioptries. Vingt sept yeux (16 opérés)
ont été inclus, dont l'équivalent sphérique et l'astigmatisme
moyens pré-opératoires étaient respectivement de -11,78
et de -3,43 dioptries. La principale difficulté per-opératoire
fut de stabiliser précisément l'implant selon le bon axe. Un an
après l'intervention, la réfraction se situait dans l'intervalle
[-0,50, +0,50] chez plus de 6 patients sur 10 et dans l'intervalle [-1,00, +1,00]
dans plus de 9 cas sur 10. Sept patients sur 10 ont gagné au moins une
ligne d'acuité (échelle de Snellen), alors qu'une fois sur dix
une ligne a été perdue. Aucune complication grave n'est signalée.
L'implant Artisan torique apparaît comme une méthode intéressante
pour traiter de forts astigmatismes.
Causes
principales de déficience visuelle à l'heure actuelle (JAMA
290 : 2057-2060, N.G. Congdon et al. - 15 octobre 2003)
Cet article constitue une mise à jour sur les principales causes de déficience
visuelle aujourd'hui dans le monde entier, la déficience visuelle étant
définie comme une cécité (vision du meilleur oeil <
20/200 aux USA et 20/400 selon l'OMS) ou une faible vision (< 20/40 aux USA
et 20/60 selon l'OMS). Les erreurs de réfraction sont la principale cause
de déficience visuelle dans les pays développés et une
cause majeure de cécité dans les pays en voie de développement.
Parmi les sources de cécité liées à l'âge,
la cataracte est la principale cause de cécité dans le monde (17
millions de personnes aveugles des 2 yeux en raison de la cataracte), et la
principale stratégie viable de prévention est l'arrêt du
tabagisme. 6,7 millions d'individus au monde sont aveugles en raison d'un glaucome,
neuropathie qui touche environ 77 millions de personnes. Des essais cliniques
récents indique que la réduction de la pression intra-oculaire
(PIO) peut empêcher le développement de glaucome à angle
ouvert chez les individus où la PIO est élevée, et ralentir
la progression de la maladie en cas de glaucome au stade précoce. La
dégénérescence maculaire liée à l'âge
est la première cause de cécité chez les individus de plus
de 65 ans de race européenne, et le facteur de risque traitable le plus
important est le tabagisme. La prévalence de la DMLA est estimée
à 1,8 millions d'individus aux USA. Sont ensuite abordées les
causes infectieuses de cécité (trachome, épisodes répétés
de conjonctivite à chlamydia, onchocercose, infections secondaires chez
les patients VIH, le plus souvent rétinites à CMV), puis les causes
nutritionnelles et métaboliques, et enfin le trauma oculaire. Les auteurs
concluent que beaucoup d'espoirs pour réduire l'augmentation de la cécité
résident dans le programme Global Vision 2020.