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Semaine du 6 au 12 octobre 2003
Un zona
très particulier (Am.
J. Ophthalmol. 2003 ; 136(3) : 574-5, A. Kawasaki et al.) www.ncbi.nlm.nih.gov
aki-kawasaki@ophthal.vd.ch
L'éruption cutanée du zona ophtalmique, typiquement annoncée
par une douleur orbito-frontale, siège habituellement dans le territoire
d'une des trois branches du nerf ophtalmique. La surveillance ophtalmologique
est systématique, à la recherche notamment d'une kératite
et d'une uvéite, complications qui surviennent en général
à la fin de la phase éruptive, voire 2 à 3 semaines après.
Les paralysies oculomotrices sont quant à elles fréquentes et
régressives. Cet article présente une observation atypique, avec
atteinte inflammatoire des muscles oculomoteurs, douleur rétro-bulbaire
et diplopie ayant précédé l'éruption vésiculeuse.
Sous acyclovir et prednisone, les signes se sont amendés et les algies
post-zostériennes ont pu être évitées. Devant une
myosite orbitaire, les auteurs conseillent donc d'évoquer, entre autres,
un zona ophtalmique, avant que les lésions cutanées ne viennent
confirmer le diagnostic.
Une araignée
"oculotoxique" (Am.
J. Ophthalmol. 2003 ; 136(3) : 563-4, G.K. Isbiter) www.ncbi.nlm.nih.gov gsbite@bigpond.com
La dangerosité des araignées varie considérablement d'une
espèce à l'autre. En effet, si les venins des quelques espèces
exotiques reconnues dangereuses pour l'homme ont une action neurotoxique ou
nécrotique, les morsures des araignées européennes ne provoquent
quant à elles qu'une douleur ou une sensation de brûlure. Les réactions
à une éventuelle injection ou aspersion varient elles aussi d'un
sujet à l'autre. Les auteurs en proposent un exemple de nature ophtalmologique.
Voulant écraser une araignée, un patient a reçu une projection
dans l'oeil droit et a immédiatement développé d'intenses
douleurs, un oedème péri-orbitaire, un chémosis et une
photophobie, sans baisse d'acuité visuelle. Ces manifestations ayant
rapidement régressé sous traitement local non spécifique,
les auteurs conseillent de rassurer les malades, de procéder à
des lavages oculaires et de prescrire un traitement symptomatique.
Asymétrie
liée à l'âge (Am.
J. Ophthalmol. 2003 ; 136(3) : 551-3, M. Guzowski et al, The Blue Mountains
Eye Study) www.ncbi.nlm.nih.gov
Les résultats qui suivent sont issus de l'étude "Blue Mountain
Eye Study", au cours de laquelle tous les sujets inclus ont bénéficié
d'un examen ophtalmologique. Les analyses ont porté notamment sur la
symétrie de la réfraction chez les personnes phakes, fondée
sur la comparaison des équivalents sphériques (ES) d'un oeil à
l'autre. Ont été considérés comme anisométropes
les patients dont les deux yeux différaient d'au moins une dioptrie en
matière d'ES. Ceci représentait près de 15% de la population
considérée, avec une prévalence plus élevée
dans le sous-groupe constitué des myopies de plus de 3 dioptries. La
prévalence et le degré de l'asymétrie réfractive
moyenne ont quant à eux augmenté significativement avec l'âge,
parallèlement à l'augmentation des amétropies, des astigmatismes
et de la cataracte. Une conséquence de l'âge qui vient s'ajouter
à une liste déjà longue.
Intense
activité cellulaire sur la cornée (Am. J. Ophthalmol.
2003 ; 136(3) : 530-6, S.E. Wilson et al.) www.ncbi.nlm.nih.gov
La transparence de la cornée en fait un organe unique et d'apparence
calme. Elle est cependant le siège d'une activité biologique intense
qui contribue au maintien de sa bonne santé. A partir d'une revue de
la littérature, les auteurs décrivent les interactions cellulaires
qui interviennent dans les phénomènes de développement,
d'homéostasie et de cicatrisation cornéens. On doit un grand nombre
de ces interactions à des cytokines, des chimiokines et des facteurs
de croissance. Les relations qui s'établissent entre les cellules épithéliales
et les cellules stromales (kératocytes, kératoblastes, myofibroblastes)
sont les mieux comprises. Restent à préciser les rapports qui
lient les cellules épithéliales aux nerfs cornéens, l'épithélium
aux cellules du stroma et aux cellules immunocompétentes ou encore les
kératocytes profonds à l'endothélium. Voilà de quoi
mesurer l'importance de ce réseau de communication.
Contexte
socio-économique, habitus et cataracte liée à l'âge
(Am. J. Ophthalmol. 2003 ; 136(3) : 506-12, B.E. Klein et al.) www.ncbi.nlm.nih.gov
kleinb@epi.ophth.wisc.edu
Cette étude épidémiologique longitudinale a été
conduite auprès d'environ 5 000 personnes âgées de 43 à
86 ans (Beaver Dam, Wiconsin), et suivies de 1988 à l'an 2000. Il s'agissait
de dépister l'apparition et le développement de cataractes en
recherchant des corrélations entre les facteurs socio-économiques,
le mode de vie et l'opacification du cristallin (documentée par des photographies
analysées selon un protocole précis). Pour cela, les chercheurs
ont dû tenir compte des antécédents médicaux, du
niveau d'études, des revenus, des activités exercées, ainsi
que de la consommation de tabac, d'alcool, de café et de suppléments
vitaminiques. Si les cataractes corticales et sous-capsulaires postérieures
n'ont semblé être influencées par aucun de ces facteurs,
l'incidence de la cataracte nucléaire a paru en revanche directement
corrélée au tabagisme et inversement corrélée au
niveau de revenus.
Infection
et thrombose (Surv. Ophthalmol. 2003 ; 48(5) : 555-61, M.A. Grassi
et al.) www.ncbi.nlm.nih.gov
Les auteurs présentent un cas clinique d'allure inquiétante, qui
a cependant pu trouver une issue favorable. Un malade s'est présenté
avec un tableau fébrile associant, à droite, un oeil rouge et
douloureux, une ophtalmoplégie, une exophtalmie et un chémosis.
Dans un contexte d'état bucco-dentaire déplorable, le patient
avait récemment auto-manipulé un abcès. L'IRM céphalique
et l'échographie orbitaire ont montré une congestion des muscles
oculomoteurs et une thrombose de la veine ophtalmique supérieure (dilatation
et absence de flux détectable). Bien que le bilan hématologique,
infectieux et inflammatoire complet ait été négatif, il
existait également un abcès pulmonaire. Grâce à une
antibiothérapie par voie intra-veineuse, toutes les lésions ont
progressivement régressé, amélioration documentée
par l'imagerie.
Pour une
meilleure reconnaissance de la tumeur fibreuse solitaire (Surv. Ophthalmol.
2003 ; 48(5) : 544-54, N. Subramanian et al.) www.ncbi.nlm.nih.gov
La tumeur fibreuse solitaire, rare, peut être bénigne ou maligne.
Elle se caractérise par la présence de cellules étoilées
disposées de façon aléatoire, qui alternent avec des régions
dépourvues de cellules. Richement vascularisée, elle se développe
typiquement à partir des séreuses et peut provoquer une exophtalmie
unilatérale. Cette localisation orbitaire, reconnue depuis peu, plaide
en faveur d'une origine mésenchymateuse plutôt que mésodermique.
Les cellules tumorales expriment fortement l'antigène CD34 et sont "vimentine-positives".
Elles expriment aussi la NSE (Neuron Specific Enolase) et l'antigène
Leu 7. Le diagnostic repose sur l'imagerie, l'histologie et l'immunohistochimie.
Dans la littérature, les descriptions de localisations orbitaires ne
sont pas nombreuses. Les auteurs en rapportent pourtant six nouveaux cas et
encouragent les praticiens à mieux connaître cette entité
pathologique.
Lasik
sur greffon : quelles indications ? (Surv. Ophthalmol. 2003 ; 48(5)
: 503-14, RB Vajpayee et al.) www.ncbi.nlm.nih.gov
Certaines kératoplasties transfixiantes induisent d'importants troubles
réfractifs. Afin essentiellement de réduire les myopies, avec
ou sans astigmatisme, mais aussi de corriger les hypermétropies (avec
ou sans astigmatisme), on est amené de plus en plus fréquemment
à proposer un Lasik. Le but de cette intervention est de rendre possible
une correction par lunettes et de limiter les anisométropies. Bien que
la méthode ne diffère en rien de celle que l'on utilise sur oeil
sain, des variations techniques ont été décrites. Le Lasik
ne peut être envisagé qu'après la première année
post-opératoire, les sutures cornéennes doivent toutes avoir été
enlevées et le bilan pré-opératoire se doit d'être
complet (réfraction, biomicroscopie, topographie cornéenne, microscopie
spéculaire). Cette chirurgie n'est pas exempte de complications, mais
selon la littérature elle semble préserver la transparence du
greffon.
Congrès
commun de la SFHO et son homologue allemande : l'histoire de l'ophtalmologie
(Le Quotidien du Médecin - 8 octobre 2003)
Organisé à Luxembourg le 3 octobre dernier, la réunion
conjointe de la Société francophone d'histoire de l'ophtalmologie
(SFHO) et de la Julius-Hirschber Gesellschaft a mis en lumière les personnalités
singulières de plusieurs ophtalmologistes. Parmi eux, le Dr Ludwic Zamenhof
(1859-1917) est entré dans l'histoire pour avoir inventé l'esperanto,
une langue internationale mise au point pour pouvoir comprendre ses confrères
étrangers. Jean l'aveugle (1296-1346), comte de Luxembourg et roi de
Bohème, parvint à se maintenir au pouvoir pendant sept ans en
dépit de sa cécité. Ce monarque semblait en réalité
souffrir d'une uvéite qui s'est compliquée de cataracte, atteignant
l'oeil droit avant de toucher le gauche. La cécité aurait été
une conséquence de l' « abaissement » de la cataracte,
seul traitement connu à l'époque.
Uvéite
et arthrite juvénile : où en est-on ? (Surv. Ophthalmol.
2003 ; 48(5) : 489-502, K. Kotaniemi et al.) www.ncbi.nlm.nih.gov
L'arthrite juvénile idiopathique peut s'accompagner d'une uvéite
antérieure chronique, typiquement bilatérale. Habituellement asymptomatique,
elle peut être méconnue jusqu'à l'apparition des complications.
Des examens ophtalmologiques systématiques, deux à quatre fois
par an, sont donc indispensables. Les localisations oculaires concernent environ
un enfant sur cinq, dans les années qui suivent le début de la
maladie. Il arrive cependant que l'uvéite se déclare avant le
début de l'atteinte articulaire, posant un problème spécifique.
Le risque d'uvéite est plus important chez les filles dont l'oligoarthrite
s'est déclarée tôt, et en présence d'anti-corps antinucléaires.
Le traitement local associe corticoïdes et mydriatiques. Les cas les plus
sévères peuvent justifier l'utilisation d'immunosuppresseurs ou
la chirurgie en cas de complications. Bien que le pronostic s'améliore,
certains cas résistent aux traitements.
Les spécificités
des DR du pseudophake (Surv. Ophthalmol. 2003 ; 48(5) : 467-87, N.
Lois et al.) www.ncbi.nlm.nih.gov
Si le décollement de rétine (DR) reste une complication classique
de la chirurgie de la cataracte, il est relativement rare. Les techniques d'extraction
actuelles du cristallin (dont extra-capsulaire manuelle) en ont en effet nettement
diminué l'incidence par rapport à ce qu'elle était au temps
de l'extraction intra-capsulaire. Le risque de DR est cependant plus élevé
chez les myopes, après issue de vitré per-opératoire ou
après capsulotomie postérieure au laser Yag. Bien des patients
se présentent avec une baisse d'acuité visuelle, alors que la
macula est déjà décollée. L'examen du fond d'oeil
est souvent difficile du fait des opacités capsulaires, de la présence
de l'implant ou d'un myosis relatif. Le traitement peut faire appel au cerclage,
à une rétinopexie pneumatique et/ou à la vitrectomie. La
chirurgie vitréo-rétinienne permet d'obtenir de bons résultats
anatomiques, mais la récupération visuelle paraît souvent
décevante.