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Semaine du 29 septembre au 5 octobre 2003
Les mécanismes
qui participent à la maladie de Behçet (Br.
J. Ophthalmol. 2003 ; 87(9) : 1175-83, D.H. Verity et al.) http://bjo.bmjjournals.com
La maladie de Behçet est une vascularite systémique chronique
et récidivante. La triade pathognomonique associe uvéite et aphtose
bipolaire. Si l'association avec l'immunophénotype HLA-B51 est connue
depuis plus de vingt ans, d'autres associations ont été décrites
récemment (région du gène du TNF (Tumeur Necrosis Factor),
mutation du facteur V Leiden (qui prédispose aux thromboses) ou gènes
impliqués dans la cohésion intercellulaire). La maladie de Behçet
n'a cependant pas pu être attribuée à un gène unique.
Les phénomènes immunitaires seraient déclenchés
par un antigène d'origine microbienne puis contrôlés par
une influence génétique qui agirait sur la coagulation et le comportement
des leucocytes. La connaissance des facteurs de risque permet cependant d'avoir
une idée plus précise du pronostic chez un patient donné
et de développer de nouveaux traitements.
Que penser
d'un nouveau-né qui louche ? (Br. J. Ophthalmol. 2003 ; 87(9)
: 1146-50, A. Horwood) http://bjo.bmjjournals.com
Chez les nouveaux-nés, les anomalies du parallélisme oculaire
(dans le sens de la convergence) sont fréquentes et sont souvent considérées
comme physiologiques. Il ne faut pourtant pas méconnaître un véritable
strabisme. Pour essayer d'en savoir plus, 214 enfants ont été
surveillés au long cours par des mamans avisées, qui n'étaient
autres que des orthoptistes. Tous les bébés présentaient
à la naissance une convergence excessive. Le suivi a concerné
à la fois les phorie-tropies, le développement visuel et les anomalies
oculaires éventuelles. Ce travail a confirmé les conclusions des
études antérieures. Des troubles du parallélisme oculaire
au cours des huit premières semaines de vie témoignent en effet
le plus souvent d'une étape normale du développement des vergences.
Distinguer ce phénomène d'une authentique ésotropie peut
donc être difficile avant l'âge de deux mois.
Topographie
de la papille, épaisseur de la couche des fibres et champ visuel (Br.
J. Ophthalmol. 2003 ; 87(9) : 1135-41, Y.W. Lan et al.) http://bjo.bmjjournals.com
Si le diagnostic et la surveillance des glaucomes reposent encore en première
intention sur la mesure de la pression intra-oculaire, l'examen clinique de
la papille et l'analyse du champ visuel (CV), d'autres examens peuvent compléter
cette démarche, en analysant la papille et/ou l'épaisseur de la
couche des fibres. C'est le cas par exemple de l'HRT (Heidelberg Retina Tomograph,
tomographe par balayage laser confocal) et du GDx (Laser polarimètre).
A la recherche de corrélations anatomo-fonctionnelles, les auteurs ont
inclus 62 patients porteurs d'un glaucome primitif à angle ouvert et
confronté des informations issues de l'HRT, du GDx et du CV automatisé
(Humphrey). Les variations inter-individuelles de cette série n'ont pas
permis de conclure, mais les auteurs confirment l'intérêt d'évaluer
les glaucomes tant sur le plan anatomique que fonctionnel, afin de caractériser
au mieux les lésions et de choisir le meilleur traitement.
Le polymorphisme
du rétinoschisis juvénile liée à l'X (Br.
J. Ophthalmol. 2003 ; 87(9) : 1130-1134, F. Simonelli et al.) http://bjo.bmjjournals.com
Du fait de son mode de transmission, le rétinoschisis juvénile
lié à l'X (XLRS), intéresse principalement les garçons.
La macula est atteinte dans près de 100% des cas alors que des lésions
périphériques s'observent environ une fois sur deux. Le diagnostic
repose essentiellement sur l'examen clinique et l'analyse de l'électrorétinogramme.
L'expression de la maladie est très variable d'un sujet à l'autre
(ou d'un oeil à l'autre chez un même individu), l'atteinte étant
toujours bilatérale. Les mécanismes génétiques sous
jacents expliquent cette variabilité. En voici une démonstration,
issue de l'étude de huit familles, chez lesquelles six mutations différentes
du gène XLRS1 ont été identifiées, dont deux inconnues
jusqu'alors. Selon ces travaux, les mutations Trp122Cys et Trp122Cys s'associent
à des tableaux cliniques plus sévères, témoignant
d'altérations importantes de la fonction de la protéine rétinoschisine.
Blocage
pupillaire sur implant de chambre postérieure (Br. J. Ophthalmol.
2003 ; 87(9) : 1109-11, D.D. Gaton et al.) http://bjo.bmjjournals.com
Après extraction du cristallin le risque de blocage pupillaire était
autrefois beaucoup plus élevé qu'il ne l'est actuellement, du
fait des techniques utilisées. Lors de la mise en place d'un implant
de chambre antérieure, l'iridectomie périphérique per-opératoire
avait un rôle préventif. Un blocage peut cependant aussi s'installer,
bien que rarement, en présence d'un implant de chambre postérieure.
En témoignent les cas de six patients (sept yeux) opérés
entre 1990 et 2001 (dont un par phacoémulsification). Tous ces blocages
pupillaires se sont manifestés avant la fin de la première semaine
post-opératoire et une iridotomie par laser Yag a été effectuée
en première intention. Hormis deux cas, le problème n'en a pas
été résolu pour autant, justifiant plusieurs reprises (nouvelle
iridotomie Yag, capsulotomie Yag et/ou chirurgie). Les auteurs attirent l'attention
sur les difficultés thérapeutiques liées à cette
complication.
Glaucome
: une idée pour éviter les complications liées au tube
de drainage (Arch. Ophthalmol. 2003 ; 121(9) : 1324-6, S. Asrani et
al.) http://archopht.ama-assn.org
Certains glaucomes résistent aux traitements habituels et finissent par
imposer la mise en place d'un dispositif de drainage de l'humeur aqueuse. Dans
ce cas, la présence d'un tube de silicone en chambre antérieure
n'est pas dénuée de risque. Un tube trop long représente
en effet une menace pour l'endothélium cornéen et les autres structures
du segment antérieur. A l'inverse, raccourcir le tube n'est pas sans
poser de problèmes per-opératoire et peut se solder par une ré-intervention
pour repositionnement. Cas clinique à l'appui, les auteurs proposent
une nouvelle technique qui permet d'ajuster la longueur du tube in situ : à
même la chambre antérieure. Cette méthode serait de plus
en mesure de diminuer le temps opératoire.Infos générales
et socioprofessionnelles
Un locus
de susceptibilité au strabisme situé sur le chromosome 7p (PNAS
on-line - 30 septembre 2003 http://intl.pnas.org/cgi/content/abstract/2035118100v1
)
Cet article décrit une analyse génétique par algorithme
de reconnaissances des gènes appliquée à une analyse de
liaison dans des familles dont de nombreux membres sont atteints de strabisme.
Les auteurs démontrent notamment la faisabilité de l'identification
et du recrutement de vastes familles comprenant de nombreux membres souffrant
de strabisme, l'identification dans une de ces familles d'un locus de susceptibilité
présumé au strabisme situé sur le chromosome 7p, son absence
dans 6 autres familles ; données qui suggèrent qu'il sera possible
de localiser puis d'identifier des gènes de susceptibilité au
strabisme par ce type d'analyse génétique de liaison et un screening
des mutations des gènes candidats.
Progression
des maladies oculaires chroniques avec l'âge (Arch. Ophthalmol.
2003 ; 121(9) : 1303-10, P.P. Lee et al.) http://archopht.ama-assn.org
Glaucome, diabète et DMLA représentent trois problèmes
de santé publique préoccupants. Pour juger de leur ampleur, les
auteurs ont analysé l'évolution de leur prévalence sur
une période de neuf ans, à partir d'un échantillon de personnes
âgées sélectionnées parmi les bénéficiaires
de l'assurance maladie. Si plus de 20 300 personnes de plus 65 ans ont été
incluses dans cette étude en 1991, l'évaluation finale en 1999
n'a pu être effectuée que sur une population d'environ 10 500 sujets
survivants. Pendant ces années, la prévalence a augmenté
: de 14,5 à 25,6% pour le diabète, de 6,9 à 17,4% (des
diabétiques) pour la rétinopathie diabétique, de 4,6 à
13,8% pour les glaucomes primitifs à angle ouvert, et de 5 à 27,1%
pour les DMLA. Au terme de ce travail, près de la moitié des sujets
étaient atteints d'au moins une de ces trois pathologies, illustrant
les effets délétères de l'âge.
Occlusion
de la veine centrale de la rétine et qualité de vie (Arch.
Ophthalmol. 2003 ; 121(9) : 1297-302, D.A. Deramo et al.) http://archopht.ama-assn.org
En plus des critères de gravité et de pronostic classiques, les
médecins s'efforcent de plus en plus d'évaluer le retentissement
des pathologies sur le vécu des malades. Cette étude a inclus
51 patients qui avaient une occlusion de la veine centrale de la rétine
(OVCR). La qualité de vie de ces personnes a été estimée
à partir d'un questionnaire de fonction visuelle comportant 25 items
: le VQF-25. Les données recueillies ont été converties
de façon à être représentées sur une échelle
visuelle analogique (zéro étant le meilleur score et cent le plus
mauvais), puis ont été analysées. C'est ainsi que l'OVCR
a fait figure de facteur d'altération de la qualité de vie liée
à la vision. Il faut cependant préciser que les réponses
obtenues étaient davantage corrélées à l'acuité
visuelle du bon oeil, aux maladies intercurrentes et à l'état
général, qu'à l'acuité visuelle de l'oeil atteint.
Réaction
inflammatoire après injection intra-vitréenne de triamcinolone
(Arch. Ophthalmol. 2003 ; 121(9) : 1279-82, D.B. Roth et al.) http://archopht.ama-assn.org
Les injections intravitréennes (IVT) de triamcinolone sont préconisées
pour traiter certaines affections maculaires de nature exsudative. A partir
de sept observations, les auteurs attirent l'attention sur un effet secondaire
bruyant. Ces patients avaient reçu des IVT pour un oedème maculaire
(cystoïde ou diffus) ou des phénomènes exsudatifs dus à
des néovaisseaux occultes. Dans les 48 heures qui ont suivi l'administration
du corticoïde, une réaction inflammatoire majeure a fait son apparition,
associant uvéite (voire hypopion) et hyalite. Si la plupart des patients
ont été pris en charge comme s'il s'agissait d'une endophtalmie,
les recherches bactériologiques n'ont pas été concluantes
et le tableau s'est amélioré dans tous les cas. Devant une réaction
inflammatoire intra-oculaire après IVT de triamcinolone, il convient
donc de s'interroger sur une cause toxique avant de parler d'infection, surtout
en l'absence de douleur.
Manifestations
ophtalmologiques du syndrome oculocérébrorénal (Arch.
Ophthalmol. 2003 ; 121(9) : 1234-7, S.J. Kruger et al.) http://archopht.ama-assn.org
Le syndrome oculocérébrorénal est une maladie héréditaire
récessive dont la transmission est liée au chromosome X. Elle
associe une cataracte congénitale (plus ou moins glaucome ou hypotonie,
opacités cornéennes et énophtalmie), un retard mental et
un syndrome de Fanconi (dysfonctionnement du tubule rénal proximal avec
fuite urinaire de glucose, d'acides aminés, de sel, de bicarbonates et
d'eau, d'où polyuro-polydipsie et acidose métabolique). Ayant
surveillé (pendant en moyenne huit ans) sept enfants (14 yeux) opérés
dès le plus jeune âge de leur cataracte congénitale, les
auteurs décrivent leur évolution. Si une prise en charge précoce
de la cataracte est recommandée, les résultats visuels restent
médiocres et le nystagmus est fréquent. La plupart des enfants
de cette série ayant développé un glaucome, les auteurs
rappellent combien il est important de traquer son apparition au cours du oculocérébrorénal.